Street food. A la conquête de Beyrouth
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Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

Street food. A la conquête de Beyrouth

 
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A emporter, à consommer chez soi ou sur place, le phénomène de ces plats à manger dans la rue a déjà conquis Beyrouth. Ces événements gourmands servent de vitrine, voire de tremplin, à une nouvelle génération de
restaurateurs amateurs, qui pourraient bien se transformer en professionnels.


Au Liban, la street food figurait déjà dans les coutumes culinaires. Falafels, manou’ché, shawarma ou même le maïs grillé, se dégustent, depuis longtemps, directement dans la rue.
Depuis quelques années, la tendance s’est, en quelque sorte, institutionnalisée, avec la création de plusieurs événements entièrement dédiés à la découverte culinaire. Souk el-akel, Beirut Street Food Festival ou Souk el-tayyeb, qui a introduit le concept en 2004, sont devenus des rendez-vous incontournables pour nombre de Libanais. D’un simple marché regroupant des producteurs locaux issus de toutes les régions libanaises, l’événement a rapidement évolué en plate-forme gourmande où des chefs amateurs proposent des spécialités locales.

Gastronomie en direct
Il faut dire que la formule de la street food a de quoi séduire. Elle combine tout ce que le consommateur attend aujourd’hui: la découverte de la préparation du met devant ses yeux, une variété de spécialités à portée de main, un service rapide et une ambiance festive. Une véritable fête des papilles.
Pour Youmna Mteiny et Zeina Halawi, les créatrices du Beirut Street Food Festival (BSFF) en 2015, ce concept se résume en un mot : l’accessibilité et ce, dans tout les sens du terme. «Ayant longtemps vécu à l’étranger, de retour à Beyrouth, nous avons trouvé qu’il était difficile pour des passionnés de cuisine d’ouvrir leur propre restaurant», expliquent-elles. «Nous sommes persuadées que l’on n’est pas obligé d’être chef pour bien cuisiner! D’où l’idée de partager tous ces talents que nous avons rencontrés au Liban: ces amateurs qui cuisinent comme des chefs mais qui sont inconnus du grand public. Ils viennent de tous les horizons. On trouve des architectes, des ingénieurs, des avocats ou des designers, avec un point commun, ils partagent tous l’amour de la cuisine». «Nous trouvions dommage qu’ils n’aient pas l’opportunité de cuisiner en dehors de chez eux. C’est ainsi qu’est née l’idée du Beirut Street Food Festival», indiquent les deux amies.

Emergence de nouvelles tendances
Youmna Mteiny et Zeina Halawi, qui ont toutes deux fréquenté les cuisines du prestigieux Institut Paul Bocuse à Lyon, ont imposé trois règles aux participants: les chefs doivent participer, les recettes doivent être préparées en direct et la cuisine doit se montrer innovante. «Nous avons remarqué que dans l’industrie libanaise de la restauration, les professionnels ont tendance à se recopier dès qu’ils constatent qu’une tendance fonctionne bien. Par exemple, si les burgers ont la côte, une dizaine de marques de burger va voir le jour. Nous avons souhaité que le Beirut Street Food festival booste la créativité, en imposant aux participants d’imaginer des nouvelles recettes», soulignent les deux jeunes femmes. Des critères exigeants, mais porteurs de succès. La réussite de leur événement a été tel que beaucoup de restaurateurs amateurs se sont depuis lancés en tant que professionnels sur le marché. «Nous avions beaucoup de passionnés qui hésitaient à lancer leur propre affaire avant le BSFF. Cela leur a permis de tester leur cuisine, leur lien avec les consommateurs, le concept et même de développer une vraie marque».
C’est le cas de Fadi el-Hout, qui a quitté le monde de l’industrie automobile, pour lancer son entreprise de traiteur. «Jusque-là, cuisiner constituait simplement une passion, un loisir», raconte ce professionnel de 38 ans. «Je préparais des barbecues pour mes amis, j’ai toujours adoré manger, au point que je choisissais mes destinations de voyage en fonction des spécialités culinaires. J’ai créé ma marque, spécialement pour le BSFF, et depuis, j’ai lancé mon entreprise de traiteur: (catering) Beybq. La tendance de la street food a beaucoup séduit, au point que les individus font appel à nos services pour leurs événements. Ils aiment découvrir de visu ce qu’ils vont manger, nous observer cuisiner devant le barbecue avant de déguster. C’est un spectacle vivant!»
Pour Fadi el-Hout, ce phénomène est en train de modifier le visage de la restauration classique, dans le sens où les professionnels veulent désormais investir la rue. Les restaurants eux-mêmes développent parfois le concept : à Mar Mikhael, Junkyard a ainsi introduit dans son établissement, plusieurs stands où des chefs concoctent des spécialités devant les clients.
Aujourd’hui, Fadi travaille sur un concept de restaurant inspiré de son expérience dans la street food. «La cuisine de rue n’a aucune limite, les gens sont curieux et veulent découvrir de nouveaux goûts, tout en assistant à un spectacle durant la dégustation. C’est cela qui contribue à créer une meilleure concurrence sur le marché», conclut-il.

Soraya Hamdan

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Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

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