Le repas idéal. Où petit déjeunerez-vous ce matin?
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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Le repas idéal. Où petit déjeunerez-vous ce matin?

 
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    A l’heure du «manger sain», le premier repas de la journée reprend des couleurs dans l’esprit des consommateurs. Résultat: cafés et restaurants misent de plus en plus sur les menus...
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A l’heure du «manger sain», le premier repas de la journée reprend des couleurs dans l’esprit des consommateurs. Résultat: cafés et restaurants misent de plus en plus sur les menus matinaux.

Le petit déjeuner n’est plus l’apanage des boulangeries ou des fours à manakichs. Les restaurateurs se saisissent à leur tour d’un créneau en pleine croissance. Breakfast Barn a ouvert en mai 2016 à Achrafié. «On a constaté qu’il y avait peu d’endroits spécialisés dans les petits déjeuners. Nous offrons le repas idéal pour commencer la journée», explique Chantal Salloum sa directrice. Le restaurant propose un menu sur mesure 100% organique. «Chacun choisit ce qu’il veut mettre dans son bol ou sur sa tartine. Par exemple, les vegans peuvent opter pour du fromage d’amandes à la place du labneh ou de la mozzarella», poursuit la restauratrice. La grande tendance du moment sont ces bols de lait ou de yaourt garnis de super food, des ingrédients naturels à fortes valeur énergétique. «Au lieu de commander un milk-shake composé d’aliments artificiels avec des produits chimiques, on optera par exemple pour du lait d’amandes mélangé à des fruits secs, des bananes et des graines de shia, des ingrédients beaucoup plus riches en nutriments et de surcroît naturels», détaille Chantal Salloum.
A Hamra, le café Urbanista tourne à un rythme de 50 à 70 couverts tous les matins. La chaîne a élaboré un menu complet destiné au repas le plus important de la journée servi tous les jours de 8h à 12h. «Hamra a toujours été le quartier de Beyrouth le plus animé le matin en raison de la présence d’universités et d’hôpitaux. A titre d’exemple, là bas les fours envoient 5 000 mankouchés par jour. Avant, les gens avaient l’habitude de se retrouver dans des endroits comme le Café de Paris pour lire le journal, remplacés depuis par de nouvelles enseignes. Aujourd’hui, ils vont chez Paul ou à Urbanista. Ça a toujours beaucoup bougé, seules les destinations changent», remarque Maya Bekhazi Noun, membre du conseil d’administration du syndicat des propriétaires de restaurants.
Aux côtés des traditionnels croissants et omelettes, on trouve les ingrédients healthy du moment: avoine, graines, avocats, miel, etc. Pour Sara Chaaban, responsable de développement «c’est justement la prise de conscience quant à la nécessité de renouer avec des habitudes saines qui a poussé les gens à s’intéresser de nouveau au petit déjeuner.» Même constat du côté de Breakfast Barn. «Les gens sont de plus en plus exigeants quant à leur consommation. Parmi nos clients figurent beaucoup de sportifs et de personnes sensibles à leur alimentation. La livraison marche très bien. Certains commandent tous les jours un petit déjeuner à heure fixe, que ce soit chez eux ou au bureau», confie Chantal Salloum.

«On livre des omelettes»
D’après la syndicaliste, la demande pour les produits healthy commence à gagner le marché tout en restant encore assez embryonnaire. «Certes, aujourd’hui, beaucoup d’enseignes vont proposer des produits healthy pour être en accord avec une tendance grandissante, mais les gens continuent de commander des bagels, des brioches et des croissants», nuance-t-elle. «Les consommateurs cherchent avant tout à diversifier le repas du matin. Ils ne veulent plus manger tous les jours une mankouché. Et les nouveaux concepts de petits déjeuners offrent un choix varié. La livraison de petits déjeuners à domicile explose depuis trois ans. Aujourd’hui, on livre même des omelettes, chose impensable il y a quelques années.»

Philippine de Clermont-Tonnerre

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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