Caesar Cider. Du cidre au secours des producteurs de pommes
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

Caesar Cider. Du cidre au secours des producteurs de pommes

 
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    Caesar Cider. Du cidre au secours des producteurs de pommes
    A 27 ans, Nassim Njeim est revenu au Liban avec une ambition: aider les agriculteurs libanais à pouvoir vivre de leurs récoltes. Rencontre. Pouvez-vous présenter Caesar Cider? Comment avez-vous eu...
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A 27 ans, Nassim Njeim est revenu au Liban avec une ambition: aider les agriculteurs libanais à pouvoir vivre de leurs récoltes. Rencontre.


Pouvez-vous présenter Caesar Cider? Comment avez-vous eu l’idée?
C’était en 2015, les agriculteurs libanais vivaient ce que l’on appelait alors «la crise des pommes». Avec la guerre en Syrie, la fermeture des frontières et la concurrence des produits européens, les producteurs libanais étaient en grande souffrance. Ils ne parvenaient plus à écouler leur production. A ce moment-là, j’étais en Afrique du Sud pour un stage de master. Là-bas, j’ai découvert le «Hunter», un cidre qui faisait sensation. Je me suis dit que cette boisson faite à partir de pommes pourrait être un bon moyen d’aider les producteurs libanais à s’en sortir. C’est ainsi qu’est née l’idée de Caesar Cider, un cidre libanais, élaboré à partir de pommes fraîches.

Comment travaillez-vous aujourd’hui?
Entre 40 et 45 % de la production de pommes libanaises va directement à la poubelle, en raison de la forme ou de l’aspect des fruits qui sont invendables sur le marché. Pourquoi ne pas transformer cette production en jus et cidre frais? C’est toute l’idée de Caesar Cider, nous récupérons ces pommes et les transformons en boissons fraîches. Nous travaillons aujourd’hui avec deux coopératives de producteurs au Liban soit 170 agriculteurs.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez en tant qu’entrepreneur au Liban?
Il y en a beaucoup. Si l’accès au capital est devenu un peu plus aisé qu’auparavant, les coûts d’enregistrement d’une société sont toujours très élevés, il en est de même pour les taxes. Il existe aussi beaucoup de challenges au niveau de mon secteur. Certains équipements ne sont pas disponibles au Liban et je suis obligé de les commander de l’étranger, ce qui revient plus cher mais également plus coûteux. Pour vous donner un exemple, nous n’avons même pas de bouteilles en verre au Liban. Il faut souligner aussi que le secteur des pommes a toujours été laissé pour compte par le gouvernement contrairement à la production d’olives qui bénéficie de nombreuses incitations. Il est donc plus difficile de développer ce secteur en l’absence de politique incitative sur le long terme.

Soraya Hamdan
 

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un passeport biométrique?
Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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