Un milliard de dollars. Pour sauver les promoteurs du luxe
Logo

Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

Un milliard de dollars. Pour sauver les promoteurs du luxe

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Un milliard de dollars. Pour sauver les promoteurs du luxe
    La création d’un fonds privé doté d’une enveloppe d’un milliard de dollars pour sauver les acteurs ayant investi dans l’immobilier de luxe a été annoncée fin 2017. Comment fonctionne ce...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

La création d’un fonds privé doté d’une enveloppe d’un milliard de dollars pour sauver les acteurs ayant investi dans l’immobilier de luxe a été annoncée fin 2017. Comment fonctionne ce fonds? Quel impact aura-t-il sur le secteur? Est-ce une bonne affaire pour l’acheteur? Explications.

«Un fonds privé a été créé dans le but de soutenir le secteur immobilier en crise au Liban, plus particulièrement l’immobilier de luxe qui se concentre de Ramlet el-Bayda à Achrafié, explique à Magazine Massaad Fares, directeur-associé de la société Legacy Central, créée spécifiquement pour gérer ce fonds. Concrètement, Legacy Central va acquérir des propriétés dans des projets de luxe presque achevés ou inachevés, diversifiés et demandés, sur le marché stagnant, auprès de développeurs qui se trouvent en difficulté de remboursement de prêts ou de manque de liquidités, et qui n’arrivent plus, par conséquent, à financer la fin des travaux.
Car si l’immobilier tourne au ralenti depuis le début de la crise syrienne, c’est bien le secteur du luxe qui est le plus affecté. Les propriétaires arabes revendent aujourd’hui leurs biens et ne trouvent pas d’acheteurs et ce, pour plusieurs raisons. Les grandes surfaces et les appartements à grands budgets n’ont pas la côte en ce moment, le pays étant en pleine crise économique, la diaspora libanaise attend des jours plus favorables. Résultat: de nombreux projets en construction sont achevés et l’offre est très largement supérieure à la demande. Parmi les zones concernées, le centre-ville, le front de mer ou encore quelques appartements luxueux à Achrafié.

 

Immeubles vides
«C’est la première fois que l’on voit autant d’immeubles vides sur le marché, insiste de son côté Guillaume Boudisseau, expert immobilier à Ramco. Il y a des promoteurs qui essaient de vendre depuis quatre ou cinq ans et qui n’y parviennent pas. On parle de gros budgets, allant de 1 à 2 millions de dollars. Au centre-ville par exemple, il y a environ 250 appartements de luxe qui sont terminés, et qui restent invendus, indique Guillaume Boudisseau. Cela représente un stock de 79 500 m2 de surfaces résidentielles sur 425 000 m2 bâtis. Ces appartements correspondent à une valeur marchande d’environ 750 millions de dollars sans tenir compte de la marge de négociation lors de l’achat». Selon l’expert, il est aujourd’hui possible de trouver des appartements de luxe au centre-ville à partir de 5 000 dollars le mètre carré en premier étage, une situation pratiquement inédite.
Pour Massaad Fares, le fonds va donc se concentrer particulièrement sur l’immobilier de luxe, qui est le plus en difficulté pour l’instant avec une baisse d’environ 30 à 35% depuis 2011. «Le stock du marché de luxe comprend à présent environ 1 200 unités dont la valeur s’élève à plus de 3 milliards de dollars, ajoute Massaad Fares. Evidemment, ce fonds ne peut pas liquider la totalité du stock qui s’accumule au fil des années, mais il sera d’une aide majeure».

Sauver le promoteur

La question se pose alors de savoir quels seront les effets de ce fonds sur le marché immobilier libanais? Pour Guillaume Boudisseau, «il s’agit surtout d’un fonds pour sauver le promoteur en premier lieu. C’est une forme de spéculation car le fonds consiste à racheter un appartement à prix cassé pour ensuite le revendre à un client en réalisant un petit profit. Cela permet de sauver tous les acteurs ayant investi dans l’immobilier de luxe et n’ayant pas pu honorer leurs engagements: le promoteur mais aussi le plombier qui n’a pas pu être payé, le cuisiniste etc...». Massaad Fares insiste sur la nécessité «que le gouvernement introduise quelques initiatives stimulantes qui encourageraient le marché de l’immobilier à se relever, des initiatives qui s’appliquent par exemple ailleurs, telles que l’enregistrement gratuit ou la réduction des frais d’enregistrement, l’abolition ou la réduction de certaines taxes. Comme par  exemple, les efforts faits par la BDL qui a introduit des initiatives très encourageantes auprès des expatriés et des émigrés, principalement les prêts hypothécaires au taux d’intérêt de 2%».
Le lancement de ce fonds ne devrait affecter le marché immobilier que légèrement, dans le sens où il va surtout soulager les promoteurs immobiliers en difficulté, permettre aux banques d’être remboursées et apporter un petit bénéfice aux investisseurs. En revanche, l’acheteur final risque de payer plus cher que s’il avait négocié directement avec le promoteur.

Soraya Hamdan

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

7,9 milliards $. Les besoins des finances en 2018
Le ministère des Finances aurait besoin de 7,9 milliards $ pour couvrir ses obligations venant à échéance en 2018 alors que la solvabilité de la Banque du Liban (BDL) contribue…

Santé

Podologie. Quand la santé des pieds affecte celle du corps
Pieds plats, déformations plantaires, tendinite achilléenne, … Tout dysfonctionnement au niveau du pied entraîne inéluctablement des douleurs au niveau du…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved