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Nº 3100 du vendredi 5 avril 2019

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Start up (44)

Imaginée par Solène Esber-Atwi et Louis Munoz-Zagury, la plateforme Hiwayati met en relation les familles à la recherche d’activités pour leurs enfants et les professionnels des métiers de l’art, de la culture et du sport au Liban.
 

L’idée est née il y a 5 ans lorsque Solène, en vacances dans sa famille au Liban, prend conscience de la difficulté qu’ont les parents à occuper leurs enfants après l’école. Dans un pays où les espaces publics et verts sont rares et avec des journées d’école finissant tôt, un membre de la famille, souvent la mère, se voit contraint d’écourter ses journées de travail. Conséquence de cela, les enfants ont tendance à passer leurs après-midis devant des écrans. Avec comme élément de comparaison, le dispositif français d’Aménagement des rythmes de vie des enfants et des jeunes (ARVEJ), dont Solène a bénéficié plus jeune, elle réalise que cette situation est néfaste pour le développement personnel des plus jeunes. Or, au pays du cèdre, nombreux sont les professionnels offrant des activités variées et de qualité. Ils rencontrent néanmoins des difficultés à se faire connaître. C’est ainsi qu’Hiwayati se veut être la réponse à une double demande: apporter un épanouissement aux enfants en occupant leur temps libre – et libérer conjointement celui des parents – ainsi qu’offrir une visibilité et un service de gestion aux professionnels.

De MyAftersCool à Hiwayati

La rencontre entre la jeune femme et Louis s’est faite à l’école de commerce Audencia, à Nantes, dans le cadre de leur Master en Entrepreneuriat. C’est lors de cette formation que le projet, baptisé dans un premier temps MyAftersCool a mûri, avec l’objectif initial d’occuper les espaces vacants des établissements scolaires en organisant des activités à des tarifs abordables.
En mai 2017, Solène et Louis s’installent à Beyrouth et entament un tour des écoles libanaises. Ils se voient rapidement confrontés à la difficulté de s’adapter aux modes de fonctionnement propre à chaque établissement. Pour y remédier, ils décident de réorienter le projet en lui apportant une dimension digitale. C’est au sein de Berytech – un incubateur libanais qui accompagne l’entreprise depuis octobre 2017 – que les fondateurs vont imaginer une plateforme web permettant aux parents de trouver et de réserver des activités pour leurs enfants. En février 2018, ils mettent en ligne une version prototype du site et la soumettent à des parents et des professionnels libanais. Leurs retours ont permis de concevoir une nouvelle plateforme pensée pour répondre aux attentes des familles et des professionnels. En début d’année, ils ont rebaptisé l’entreprise Hiwayati car ils souhaitent étendre l’offre d’activités à tous les âges d’ici 2022.

Parents et professionnels
Les familles ont accès à un annuaire en ligne comprenant un large spectre d’activités, du théâtre au judo en passant par le hip-hop. Depuis un moteur de recherche, le parent indique la localisation (par exemple: Badaro) et la thématique souhaitée (par exemple: violon). Il accède alors aux activités proposées au sein de structures, à domicile et aux camps de vacances.
Un système de réservation intuitif permet à l’utilisateur de réserver l’activité de son choix. Le paiement ne s’effectue pas en ligne mais directement auprès du professionnel. Une fois la réservation validée, le parent accède à des fonctionnalités de gestion du temps extra-scolaire de l’enfant.
Les professionnels, eux, disposent d’une interface dédiée au référencement de leurs activités et à la gestion de leurs réservations. Ils pourront également bénéficier d’une offre de services incluant du conseil, de l’aide pour améliorer leur communication et un accompagnement dans l’organisation d’événements. Ces services s’adressent autant aux professionnels établis qu’aux personnes souhaitant proposer des activités à domicile.
Les fondateurs souhaitent qu’il y ait des activités variées et à tous les prix mais restent attachés à la qualité de l’offre. L’équipe d’Hiwayati rencontre tous les professionnels ou étudiants avant de valider la création de leur compte sur la plateforme. Mettant un point d’honneur à la pertinence des thématiques proposées, ils privilégient les activités autour du développement durable et du patrimoine libanais.

Les citoyens de demain
Avec la conviction que c’est par l’éducation, la culture et la sensibilisation à la protection de l’environnement que l’avenir du Liban se façonne, cette plateforme veut favoriser l’épanouissement et l’ouverture culturelle de la jeunesse et offrir de la visibilité aux professionnels des secteurs artistiques, culturels et sportifs afin d’encourager leur développement. Le lancement de la plateforme est normalement prévu dans quelques semaines. Parallèlement, l’équipe d’Hiwayati s’est lancée dans la préparation d’une campagne de crowdfunding qui devrait débuter durant l’été.

Par Noémie de Bellaigue

En marge de la remise des prix décernés aux lauréats du Challenge Startupper de l’année par Total, Daniel Alvarez, Directeur général de Total Liban, a répondu aux questions de Magazine. Par Joëlle Seif

Dans quel cadre s’inscrit l’initiative du Challenge Startupper de l’année par Total?
Total est une entreprise pétrolière qui exerce la politique de responsabilité sociétale  ou corporate social responsibility dans un souci d’avoir un impact positif sur l’ensemble de l’environnement du marché. C’est en Afrique que fut lancée la première édition du Challenge Startupper de l’Année par Total  en 2015. Devant le succès de cette initiative, le groupe Total a décidé de l’étendre à une soixantaine de pays en 2018. Ce n’est pas une démarche économique et Total n’agit pas dans le but d’investir dans des start-up pour réaliser des profits. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la volonté de Total de soutenir le développement socioéconomique des pays dans lesquels le groupe est implanté à travers le monde. Il contribue localement au renforcement du tissu social, à travers l’appui apporté aux entrepreneurs les plus innovants, dans la réalisation de leur projet.

Quels sont les critères de sélection des candidats?
Au départ quelque 300 dossiers ont été soumis, dont plus de 90 ont été retenus. La première sélection a été faite sur base des questions fermées du questionnaire en ligne. Dans une deuxième phase, l’agence Sparknews a revu les dossiers et a sélectionné 15 finalistes qui ont présenté leurs projets. Trois aspects importants ont été retenus pour la sélection. D’abord, le caractère innovateur de la start-up au niveau de l’idée, de la technique et du concept. Ensuite l’impact social ou l’utilité pour la société et finalement, la faisabilité et l’applicabilité de l’idée.

Quels seront les prix décernés?
Le premier prix est d’un montant de 12 500 euros, le second de 7 500 euros  et le troisième de 5 000 euros. En outre, les trois lauréats bénéficieront d’un coaching ainsi que d’une campagne de communication pour donner de la visibilité à leur projet. En outre, l’affichage dans les stations-service Total portera sur les gagnants. Le label «coup de cœur féminin» est décerné pour primer le meilleur projet féminin. Généralement, le monde des start-up est un univers masculin et c’est la raison pour laquelle nous avons voulu encourager les initiatives féminines. Toutes les gagnantes du label «coup de cœur féminin» seront invitées à Paris pour suivre une semaine de formation. Les projets présentés concernent plusieurs domaines: la santé, le traitement des déchets, l’environnement, les transports, le développement de la jeunesse, etc.… La composition du jury est très diversifiée, chacun venant d’un monde différent.

Joëlle Seif

 

 

 

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Sharon Stammers et Martin Lupton ont lancé l’initiative Women in lighting, un site web qui promeut la représentation féminine dans ce secteur. Cherine Saroufim, architecte partenaire à IDEPCONSULT- Mounir Saroufim and Partners à Beyrouth, est l’ambassadrice du projet au Liban.


Bien qu’elles représentent plus de 50% des professionnels du secteur de la conception d’éclairage dans le monde, les femmes n’y sont pas représentées à leur juste valeur. «Il suffit de regarder le nombre de femmes s’exprimant lors de grandes conférences, juges lors de récompenses, pour se rendre compte que leur représentativité est nettement inférieure à celle des hommes. Nous voulons changer cela», témoigne Martin Lupton, fondateur du projet avec Sharon Stammers, tous deux architectes d’intérieurs et concepteurs d’éclairage suédois.
Pour Cherine Saroufim, diplômée de l’Alba et de la très prestigieuse Parsons Art and Design School à New-York et revenue au Liban depuis 11 ans, il ne faudrait pas y voir un nouveau mouvement féministe. La jeune femme ne se décrit d’ailleurs pas comme telle. «Je ne suis pas féministe. Je n’ai jamais eu à m’imposer et sur les chantiers, je me sens à ma place. Même si c’est un métier difficile pour les femmes. Women in Lighting, ce n’est pas une question d’égalité homme-femme, nous ne sommes pas là pour dire que nous sommes meilleures qu’eux. Mais dans notre domaine en tant qu’éclairagiste, alors que nous sommes plus nombreuses que les hommes, nous sommes sous-représentées. Lors des conférences, 90% des intervenants sont des hommes. Même au Liban, nous sommes une majorité. Sharon Stammers et Martin Lupton ont voulu créer un mouvement pour essayer de retrouver toutes ces femmes à travers le monde. Des femmes qui sont prêtes à faire bouger la communauté et à réaliser qu’elles constituent une grande masse».
Très présente au niveau international et active dans des associations américaines, enseignante à l’Alba et à la LAU, le profil de Cherine Saroufim séduit rapidement les fondateurs du projet qui voient en elle une potentielle ambassadrice. «Un étudiant libanais dans le secteur est rentré de ses études en Allemagne et connaissait les fondateurs. Il leur a parlé de moi et Women in Lighting m’a contacté. C’était du bouche-à-oreille, je pense que cela a été le cas pour les autres ambassadrices du projet dans le reste du monde». Une aubaine pour le secteur de l’éclairage au Liban où la profession n’est pas toujours bien représentée, parfois rejetée, voire méconnue du grand public. Pour Cherine Saroufim, être ambassadrice est une mission pour les générations futures: «Qu’elles sachent qu’elles peuvent arriver à faire ce qu’elles veulent comme moi j’ai réussi à le faire. J’ai été très bien secondée, que ce soit au niveau de la famille mais aussi grâce à mon appartenance à cette université de Parsons. J’ai aussi travaillé avec le cabinet Tillotson Design Associates qui fait partie de l’association de femmes Working women dont le but était d’atteindre 70% de femmes en poste afin de promouvoir leur présence dans la profession. Cela m’a énormément encouragée. Je suis là pour promouvoir mon domaine qui est l’éclairage, mais aussi pour encourager les jeunes». 

Marguerite Silve

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Éditorial
Ces mafias qui nous gouvernent

La situation économique et financière a atteint un tel bas-fond que l’édifice risque de s’écrouler sur tout le monde. Le cercle vicieux déficit/dette/hausse des taux d’intérêt/baisse de la consommation/chômage risque de se refermer durablement si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées. Pour ne prendre que l’exemple de l’électricité, chaque mois qui s’écoule coûte au Trésor 160 millions de dollars. Le temps est compté, et pourtant, les dirigeants ne semblent pas pressés. Le gouvernement a été formé il y a maintenant plus de deux mois et il n’a encore pris aucune décision sérieuse susceptible de freiner la chute. Celle-ci sera tellement brutale que le pays aura du mal à s’en remettre. Ce n’est plus de l’incurie mais carrément de l’irresponsabilité qui s’apparente à une haute trahison. Tous savent que le pays n’a jamais traversé une situation économique et financière aussi mauvaise, même du temps de la guerre civile. Malgré cela, ils continuent à palabrer, à polémiquer, à se livrer à leur jeu favori de la surenchère stérile et destructrice. Ce n’est plus de l’insouciance mais une perverse complicité avec ces mafias sectorielles qui contrôlent des pans entiers de l’économie et du commerce, et qui font des milliards, dans l’illégalité et l’impunité les plus totales, au détriment du portefeuille et de la santé de centaines de milliers d’honnêtes citoyens, qui, malgré leur dur labeur, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois. Sinon comment expliquer les tergiversations, les lenteurs, le laxisme et autres travers qui rythment l’action (ou faut-il dire l’inaction!) de ceux qui nous gouvernent? Pour ne parler que des générateurs privés, ceux-ci génèrent (en plus des particules hautement polluantes) entre un milliard et un milliard et demi de dollars par an. Cette manne providentielle est appelée à tarir progressivement puis à disparaître définitivement si le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité est mis en œuvre comme prévu. Les propriétaires sans scrupules de ces générateurs, qui n’ont pas hésité, il y a quelques mois, à plonger 4 millions de Libanais dans l’obscurité pour faire pression sur l’Etat, accepteront-ils candidement de fermer boutique? Certains d’entre eux n’ont-ils pas comme partenaires, ou comme complices ou protecteurs, des hommes politiques hauts placés? N’utiliseront-ils pas leur influence, achetée à coups de pots-de-vin et autres cadeaux pernicieux, pour saboter le plan de réhabilitation de l’électricité? Ce cas de figure, il faut le multiplier par cent, par mille peut-être, pour d’autres secteurs de l’économie, du commerce et des finances. Tant que les passerelles ne sont pas coupées entre les mafias et les dirigeants, tant que le tri n’est pas fait entre les affairistes et les hommes d’Etat, l’espoir de voir un véritable changement s’amorcer dans le pays reste mince.


 Paul Khalifeh
   
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