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Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

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Start up (40)

Paul Barakat, Elie Matta et Elie Nahas, trois ingénieurs informatiques ont eu l’idée de lancer, en 2016, Augmental. Cette application adapte sur tablette l’apprentissage de toutes les matières scolaires aux besoins personnalisés de l’élève.


«L’étudiant travaille sur un document
Au fur et à mesure qu’il répond à certaines questions, en analysant ses réponses, l’application s’adapte à son profil comme un assistant virtuel. Elle va donc l’encadrer en prenant en compte sa façon de réfléchir jusqu’à ce qu’il comprenne la notion. Beaucoup de paramètres sont pris en compte, ce qui nous donne une longueur d’avance sur nos compétiteurs», explique Paul Barakat, 24 ans, passionné par son produit. Ce logiciel utilise la réalité augmentée pour permettre à l’élève de mieux visualiser des schémas interactifs en 3D comme celui d’un poumon vascularisé en SVT ou d’une carte multidimensionnelle en géographie. L’étudiant peut manipuler et faire pivoter à 360 degrés le schéma.
A la maison, il peut se reconnecter pour profiter de l’assistance virtuelle. La possibilité de «chatter» avec le robot pour mieux comprendre, facilite encore le processus. C’est une grande avancée en pédagogie, spécifiquement pour les élèves qui réfléchissent autrement. L’étudiant gagne en assurance. En classe, le professeur peut aussi suivre le travail de ses élèves qui sont connectés sur l’application. Quand l’un d’eux fait face à une difficulté, le professeur pourra ainsi être alerté par l’application en temps réel pour aider celui qui en a le plus besoin sans attendre d’être sollicité par l’élève. Efficacité assurée.
Augmental s’adresse aux 12-18 ans. Les tests faits dans une classe pilote de 4ème pour l’enseignement des Sciences de la vie et de la terre, à la Sagesse de Aïn el-Remmané, se sont avérés très positifs. «Nous faisons payer par cours et non par nombre d’élèves. L’application est gratuite pour les professeurs et les administrations», déclare Paul Barakat.

Une idée issue des besoins des élèves
«Chaque étudiant est unique. Certains apprennent mieux grâce à des schémas, d’autres en sollicitant leur mémoire auditive ou mnésique», souligne Paul Barakat, qui a lui-même eu à une période de sa scolarité des difficultés à suivre son parcours d’orientation.  L’idée de créer un outil d’apprentissage adapté est venue ainsi. Les professeurs de leur faculté ont aidé les trois ingénieurs à l’université Antonine au démarrage, puis le programme Smart ESA a complété leur formation en 2018 au niveau financier et leur a donné des contacts utiles au niveau des investisseurs, du cadre légal et du design de l’application. Des professeurs de différentes écoles libanaises ainsi que des mentors bénévoles basés au Royaume-Uni leur donnent des idées et conseils pour rendre l’application pédagogique. Le siège se trouve à Baabda, les 3 cofondateurs ont déjà recruté 3 employés à temps complet pour le développement de l’application.
«Nous adapterons l’application à toutes les matières scientifiques puis à tout le programme scolaire et universitaire. Nous avons gagné 33 000$ lors de compétitions et bénéficions d’un prêt de 15 000$ de Kafalat», avance Paul Barakat. L’objectif désormais consiste en une expansion au niveau du produit dans différents domaines de formation et dans l’espace (région Mena, à l’international). Pour cela, Augmental a besoin de nouveaux investisseurs.

Micheline Abukhater

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Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   

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