Mushtic. Une alternative au plastique
Logo

Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Mushtic. Une alternative au plastique

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Mushtic. Une alternative au plastique
    Cette entreprise, en fabriquant des emballages biodégradables, propose une réelle solution pour faire face aux dégâts environnementaux et sanitaires du plastique et du polystyrène. En 2015, lorsque le Liban est...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Cette entreprise, en fabriquant des emballages biodégradables, propose une réelle solution pour faire face aux dégâts environnementaux et sanitaires du plastique et du polystyrène.

En 2015, lorsque le Liban est touché par une crise des déchets sans précédent, trois étudiants de l’USEK, Lama Antonios, Rayanne Beayno et Charbel Sayah, découvrent que le polystyrène – un matériau rigide fait de plastique – constitue 18 à 30% des sites d’enfouissement des ordures. Il est utilisé pour protéger des éléments fragiles contre la casse et les fissures. Mais si le plastique était la matière révolutionnaire des années 60, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Très toxiques, les emballages qui en sont composés polluent les mers, en particulier la Méditerranée qui est même l’une des plus axphyxiées. Avec cette conscience environnementale accrue, les jeunes décident de chercher une solution et réfléchissent alors à des packagings entièrement composés d’éléments naturels. À l’époque, ils s’inspirent notamment des réalisations de l’entreprise de biotechnologie américaine, Ecovative Design, qui est aujourd’hui partenaire de la start-up, assurant leur mise à la page en recherche et de développement.

100% naturel et résistant
Mushtic – entièrement accompagnée par l’incubateur spécialisé dans les innovations agricoles, Agrytech – propose une pâte composée de mycélium (racines de champignons) qui agit comme une colle pour lier des matériaux naturels comme des copeaux de bois ou encore des céréales comme le blé. Un fois la substance obtenue, elle est placée dans un moule pour obtenir la forme souhaitée, selon l’objet à protéger ou la réalisation à effectuer. «Le mélange est très modulable, ce qui nous permet de répondre à toutes les demandes et d’offrir une large palette d’emballages de protection mais pas seulement, nous pouvons aussi proposer des solutions de construction ou encore d’acoustique» explique Elie Abou Haydar, responsable du marketing et des ventes chez Mushtic. Très solide, cette matière est même plus résistante aux chocs que le polystyrène et détient les mêmes propriétés de tolérance à la chaleur et de résistance à l’eau, indispensables pour le transport et le conditionnement.

Livraisons dès 2020
La petite entreprise livrera au marché ses premières réalisations à sa clientèle, composée pour le moment de sociétés de distributions, de logistique ou
encore d’appareils ménagers, début 2020. Composée aujourd’hui de cinq personnes, David Achdjian et Elie Abou Haydar s’étant ajoutés aux trois fondateurs,  l’équipe espère abolir l’utilisation du polystyrène au Liban et dans la région Mena grâce à leur alternative biodégradable, proposée à des prix abordables, tout en créant et alimentant une campagne de sensibilisation aux ravages des emballages plastiques pour la santé humaine, l’écologie, la faune
et la flore.

Noémie de Bellaigue

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

L’entretien d’un potager
S’engager dans le secteur agricole revient à dire se soumettre au caractère ingrat du métier. Du moins, au Liban. Nombre de citoyens s’adonnent à cette pratique, que ce soit par…

Santé

Maladie de Parkinson. Les cellules cérébrales endommagées bientôt rétablies?
La science continue encore et toujours de nous étonner. Une découverte importante pour les personnes souffrant de la maladie de…

Bannière
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved