Les plaques minéralogiques
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Nº 3086 du vendredi 2 février 2018

Les plaques minéralogiques

 
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    Les plaques minéralogiques
    Un mois après la mise en service des nouvelles plaques minéralogiques, de nombreux automobilistes affirment avoir payé, pour le remplacement des anciennes plaques, une somme allant jusqu’à 68 000 L.L.. Pourtant,...
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Un mois après la mise en service des nouvelles plaques minéralogiques, de nombreux automobilistes affirment avoir payé, pour le remplacement des anciennes plaques, une somme allant jusqu’à 68 000 L.L.. Pourtant, le ministère de l’Intérieur avait affirmé que le prix à débourser serait de 46 000 L.L.: 15 000 pour l’émission de chaque plaque, 15 000 pour le moulage et un timbre de 1 000 L.L.. La somme supplémentaire versée par certains est donc perçue d’une manière illégale dans quelques-uns des 18 points de vente agréés par le ministère de l’Intérieur. La directrice du département de la circulation et des véhicules au ministère, Hoda Salloum, a déclaré à la presse que les contrôles et les inspections vont être renforcés pour lutter contre le renchérissement du prix et a invité les automobilistes à informer les services concernés de toute infraction.

Un long processus
Le remplacement de toutes les plaques d’immatriculation s’échelonnera jusqu’en juin 2019. A cette date, les anciennes plaques ne seront plus en service. Ceux qui le souhaitent peuvent conserver leurs anciens numéros. L’installation des nouvelles plaques est obligatoire lors de la mise en service d’un nouveau véhicule ou lorsque la voiture change de propriétaire. En revanche, l’installation est optionnelle lors du paiement de la taxe mécanique en 2018. Les 6 premiers mois de 2019, le passage à la nouvelle plaque devient obligatoire et les automobilistes devront débourser le prix en s’acquittant de la taxe annuelle. Le paiement des frais de remplacement peut être effectué à LibanPost qui ne prend pas en charge le moulage et l’installation des plaques.
Les nouvelles plaques sont difficiles à installer ou à retirer et par conséquent, sont plus sécurisées que les anciennes, ce qui rend toute falsification «extrêmement ardue», selon le ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk. «Cette opération est l’une des garanties de la  sécurité au Liban, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Nous sommes entrés dans une phase où il ne peut plus y avoir de fraude», a-t-il ajouté.

Brèche sécuritaire?
Le ministre a expliqué qu’un sticker contenant toutes les informations du véhicule, notamment celles concernant son propriétaire, sera dorénavant apposée sur le pare-brise des voitures ayant effectué le contrôle mécanique annuel.
Le projet de renouvellement des plaques avait suscité les craintes des milieux du Hezbollah, qui ont vu d’un mauvais œil «le fichage par puces biométriques de tous les véhicules du pays». La polémique a pris de l’ampleur lorsque l’appel d’offres a été remporté par la société Inkript, appartenant à Hicham Itani. Certains articles de presse ont rapporté que «la société possède une succursale appelée Inkript Cards, spécialisée dans le domaine des cartes cryptées, et utilise un programme Gemalto, qui permet de copier les informations personnelles du propriétaire, et de surveiller et suivre le véhicule».
Des sources du ministère de l’Intérieur ont toutefois affirmé que le procédé est appliqué dans le monde entier et que les informations disponibles sur les stickers n’ont rien de «confidentiel». «Si le remplacement des plaques constituait réellement une brèche sécuritaire pour le Liban, le ministre ne l’aurait jamais agréé, pas plus que le Hezbollah d’ailleurs», a conclu cette source.

Jenny Saleh

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Éditorial
Des chiffres introuvables

La catégorie de Libanais qui peinent à boucler leurs fins de mois grossit à vue d’œil. Sciemment ou inconsciemment, de plus en plus de familles éliminent du panier de la ménagère des produits devenus trop coûteux. Avant d’en arriver là, elles ont réduit, progressivement, leur train de vie, reportant le remplacement d’une voiture, espaçant leurs voyages, ajournant le renouvellement d’un salon ou d’un appareil électroménager. Les gens consomment moins et moins cher. Tous les mois, des familles voient leur statut socioéconomique se détériorer, passant de la classe moyenne aux couches les plus défavorisées et démunies de la société.   Les acteurs économiques et sociaux se renvoient la balle et échangent les accusations. Chacun propose des solutions partielles, à travers le seul prisme de ses intérêts étroits et sectoriels. Les syndicats réclament une augmentation du Smic, sans s’interroger sur les possibles implications d’une telle mesure sur l’ensemble de l’économie (voir page 38). Le patronat ne se soucie que de ses marges de gains et du poids des charges sociales qui pèsent sur ses comptes. Tous rejettent la faute sur l’emploi de la main-d’œuvre syrienne, qualifiée ou sans qualifications, qui envahit des pans entiers de l’économie.L’Etat, premier concerné par les grands choix stratégiques, régulateur en chef et principal catalyseur de l’activité économique, aussi bien dans les secteurs public que privé, est inscrit aux abonnés absents. Il faut dire que les dirigeants ont d’autres chats à fouetter en ce moment. A quelques mois des élections législatives, ils sont occupés à s’écharper, tantôt pour un décret de promotion d’officiers, tantôt pour des réformes de la loi électorale. Ils sont surtout motivés par l’obsession de perdre un peu de leur influence.Mais à quoi sert cette influence sinon à protéger leurs intérêts immédiats, souvent au détriment de ceux de l’Etat et du bien général? Et même si les dirigeants étaient réellement soucieux de freiner la chute vers les abysses de la pauvreté d’une grande partie de la classe moyenne, ils n’ont ni les compétences ni les outils nécessaires pour le faire. Pour arrêter des choix stratégiques et établir des plans intégrés de relance de l’économie, il faudrait disposer de données précises et de chiffres exacts. Tous les Etats qui se respectent sont capables de fournir, en temps réel, le nombre de chômeurs. Ici au Liban, le pourcentage de personnes sans emploi est une «opinion». Qui est capable de nous dire combien de Libanais sont au chômage? Hier encore, le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, affirmait que 30% de la population active est sans travail. Si tel est le cas, nous sommes déjà au fond de l’abysse sans le savoir.La situation n’est guère plus reluisante pour toutes les autres données et chiffres fondamentaux et indispensables pour établir des plans. Ceux dont nous disposons, concernant notamment les comptes de l’Etat, remontent à 2015.Tout compte fait, avoir des chiffres exacts c’est peut-être trop demander à un Etat qui n’a pas procédé à un recensement de la population depuis 1932.


 Paul Khalifeh
   
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