A la découverte du Liban. Les trésors de l’arrière-pays
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Nº 3005 du vendredi 12 juin 2015

A la découverte du Liban. Les trésors de l’arrière-pays

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    A la découverte du Liban. Les trésors de l’arrière-pays
    Beyrouth et le littoral. Tous les Libanais connaissent. Mais qu’en est-il de l’arrière-pays, des régions montagneuses, luxuriantes de végétation ou rocailleuses, des lacs et rivières et de l’ensemble de villages...
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Beyrouth et le littoral. Tous les Libanais connaissent. Mais qu’en est-il de l’arrière-pays, des régions montagneuses, luxuriantes de végétation ou rocailleuses, des lacs et rivières et de l’ensemble de villages qui ne demandent qu’à être explorés? D’autant que le tourisme local est en pleine expansion avec des hôtes qui ne demandent qu’à faire découvrir aux Libanais leur propre pays.

Après un hiver plus rude et pluvieux que les années précédentes, place aux températures printanières. Un temps idéal pour découvrir week-end après week-end les beautés des régions libanaises, parées de leurs couleurs et odeurs florales. Pour quelques heures de randonnée, pour les plus sportifs, la découverte d’une gastronomie régionale, si diverse selon les localités, ou encore celle de traditions et d’artisanat ancrés au fil des ruelles d’un village perché, à la découverte de vieilles pierres bien sûr, mais aussi d’habitants fiers de leur région et de leurs traditions. Si l’on connaît généralement les grands sites qui ont fait la réputation du Liban, comme Byblos (nominée par le ministère pour briguer le titre Capitale arabe du tourisme en 2016), Baalbeck, Beiteddine, la grotte de Jeita, Bécharré et les Cèdres, de nombreuses régions restent encore inexplorées pour les Libanais. Le Akkar est une perle de la nature, encore à l’état sauvage. La vallée de la Qadisha et ses monastères subjuguent chaque visiteur qui s’y rend. Que dire de la région du Chouf, bien préservée, qui offre des vues à couper le souffle et une nature verdoyante et où de nombreuses escapades sont possibles. Ou encore du Sud, protégé des folies immobilières, et qui compte une variété de paysages énorme. Sans oublier la fertile Békaa, avec ses vignes et vergers à perte de vue. Le Liban, c’est aussi des villages, des régions, des traditions et une nature qui, malgré ce que persistent à croire certains, n’a rien à envier aux Alpes suisses ou françaises. Prompts à critiquer leur propre pays - parfois à raison! - les Libanais ne sont pas encore assez conscients des richesses de leur territoire. Bien sûr, ils seront les premiers à vanter qu’au pays des Cèdres, on peut skier et nager dans la même journée. Mais à part ce cliché abondamment véhiculé, connaissent-ils réellement leur pays? Savent-ils, par exemple, que le Liban compte plus de vingt châteaux, forteresses et sites archéologiques, ainsi que 188 sites religieux chrétiens et musulmans? Que, malgré le bétonnage acharné du littoral et de la basse montagne, il existe tout de même dix réserves naturelles dans le pays? Ou encore qu’un chemin de montagne s’étend sur 470 km de Qoubaiyat au Nord jusqu’à Marjeyoun au Sud, traversant pas moins de 75 villages situés à une altitude de 400 à 2 000 mètres? Ces chiffres là, dont le ministère du Tourisme s’est servi pour véhiculer sa campagne Live, Love, Lebanon, peu les connaissent réellement.

 

Un éveil national
Malgré ce constat quelque peu regrettable, depuis plusieurs années, les consciences s’éveillent. Ici et là, dans l’ensemble des régions libanaises, de nouveaux projets ont fleuri, vantant enfin les richesses naturelles du pays. Nour Farra-Haddad, professeur à l’Université St-Joseph, à l’Université libanaise et à l’AUST, explique qu’«à la fin des années 90, un plan stratégique du tourisme a été établi, ciblant davantage les pays arabes et un tourisme plutôt élitiste». «Ensuite dans les années 2000, il y a eu un éveil au tourisme alternatif, qui englobe l’écotourisme, le tourisme nature et le tourisme rural», indique-t-elle encore. Egalement directrice gérante de la société de conseil en tourisme NEOS et auteur de deux guides, Wiz Kids et Eco-Lebanon, Nour Farra-Haddad note qu’il y a eu une volonté «d’encourager ce type de tourisme». Des écotour-opérateurs voient le jour, même si la plupart sont dotés d’un statut d’ONG ou de sociétés. Mais la dynamique est lancée. De nombreuses associations sont dédiées à la randonnée pour certaines, aux sports extrêmes, ou encore proposant des sorties mêlant nature et escalade ou spéléologie. Dans le même temps, de petites structures d’hébergement naissent. «Toute une série d’écoprojets ont commencé à se développer, des centres d’accueil, des maisons d’hôtes, qui proposaient des hébergements alternatifs», souligne Nour Farra-Haddad. D’autres projets plus importants ont fleuri dans les régions, comme le Sharewood Camp à Mar Moussa, dans le Nord-Metn ou encore la Maison de la Forêt à Bkassine, dans la région de Jezzine, Jabalna Ecolodge, à Qoubaiyat, le Tanaïl Ecolodge, dans la Békaa, ainsi que beaucoup d’autres. Ces structures proposent pour la plupart l’hébergement, mais aussi la restauration, assortis d’activités de loisirs, de découvertes en tout genre. Farra-Haddad explique que l’«objectif de son guide Eco-Lebanon était de partager les informations avec le plus de monde possible». D’autres en ont aussi fait leur affaire, soucieux de partager leurs découvertes avec le plus grand nombre. Le magazine Lebanon Traveler, édité par Hospitality Services et Beyond Beirut, participe de ce mouvement. Myriam Shuman, consultante en tourisme pour la revue, soutient que l’on sent «une envie des Libanais de découvrir leur pays». Avec un problème récurrent toutefois, qui pèse sur le secteur. «Dès la moindre escarmouche, les Libanais rechignent à se déplacer», relève-t-elle. A ces craintes, se greffent d’autres préjugés liés à la guerre civile. «Quand le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, s’est rendu dans le Akkar, dans le cadre de la campagne sur le tourisme rural, tout le monde s’en est étonné», note encore Myriam Shuman. «Les Libanais ne bougent pas trop. Ils ne vont dans les régions que s’ils sont invités quelque part, ou alors, seulement pour la journée, pour aller manger», regrette-t-elle. Pour elle, il existe aussi «un manque de curiosité des Libanais vis-à-vis de leur pays, c’est culturel». A ce frein, s’ajoutent les barrières claniques, géographiques, religieuses. «Il n’y a pas longtemps, je me suis rendue à Tripoli où j’ai été émerveillée par l’état du Hammam Ezzeddine, mais beaucoup de gens autour de moi m’ont demandé comment j’étais allée à Tripoli par les temps qui courent», la ville pâtissant d’une mauvaise réputation sécuritaire.

 

Week-ends de rêve
La plupart des expatriés, présents au Liban, connaissent bien mieux les méandres des régions libanaises que leurs propres habitants. Une Française, montrant des photos d’une randonnée effectuée dans les environs de Feytroun, à des Libanais, s’est ainsi entendu demander «dans quel pays était donc ce magnifique endroit?». Un comble!
Toutefois, force est de constater que le tourisme alternatif rencontre de plus en plus d’aficionados. Les régions, conscientes du filon que constitue ce secteur, s’activent à développer une offre touristique dans ce domaine. Dans la région de Jezzine, par exemple, les municipalités ont uni leurs forces, pour dynamiser l’activité, réalisant même un jumelage avec un parc naturel français. La région du Chouf, selon Myriam Shuman, apparaît comme l’une des pionnières dans ce domaine, et aussi comme l’une des plus développées. Dans certaines régions qui ne disposent pas d’hôtels à proprement dit, de plus en plus d’habitants de petits villages proposent des chambres à leurs hôtes. Parfois une, jusqu’à dix. Avec des prix démarrant à 50 000 livres libanaises. la nuitée et le petit-déjeuner. Le Liban a vu éclore une bonne centaine de chambres d’hôtes, de guesthouses ou de boutiques-hôtel. Si certains proposent des services basiques, comme le petit-déjeuner, d’autres s’investissent réellement, en garantissant à leurs hôtes des activités annexes, la piscine pour la saison estivale, ou encore des randonnées, des excursions à vélo ou à cheval dans la région et des conseils sur les itinéraires intéressants à découvrir. Plusieurs ONG les aident d’ailleurs à améliorer leurs prestations, ainsi que leur visibilité. Tania Mehanna, directrice des éditions Tamyras qui a publié, en début d’année, son agenda 2015 proposant des week-ends de rêve au Liban, souligne que «le mouvement du tourisme interne s’est structuré, en grande partie, grâce au Lebanon Mountain Trail, et cela a donné des idées aux habitants des villages. En parallèle, les maisons d’hôtes se sont multipliées. A Tamyras, nous en avons recensé plus de 180 sur le territoire». Batroun, Zahlé, Tripoli, Tyr, Dmit, Qartaba, jusqu’au petit village de Qamamine, dans le Akkar, ou tout simplement dans le Metn, à Aabadié, les possibilités sont très nombreuses. «Il y a trois genres d’hébergement de tourisme rural, explique encore Tania Mehanna, les petits hôtels de 4 à 10 chambres, les chambres d’hôtes et, enfin, le séjour chez l’habitant, qui propose une à deux chambres pour un tarif modique». Sans oublier, bien sûr, les auberges de jeunesse, les monastères et couvents qui ouvrent leurs portes aux gens de passage, ou les campings. L’éditrice, qui doit bientôt sortir un ouvrage consacré au tourisme rural au Liban, salue par ailleurs le travail du ministre du Tourisme, Michel Pharaon, qui a fait du tourisme rural son cheval de bataille. Un point de vue partagé par Nour Farra-Haddad et Myriam Shuman, qui soulignent toutes deux «l’engagement de Pharaon et les encouragements donnés à ce secteur». L’Usaid, l’agence gouvernementale américaine, joue également un grand rôle, finançant bon nombre d’initiatives et de programmes pour soutenir le tourisme rural. Car du point de vue économique, le développement des régions et des villages les plus reculés permet de fournir une autre source de revenus à une population souvent modeste et de freiner l’exode rural, tout en misant sur le développement durable.

 

Jenny Saleh
 

A chacun sa maison d’hôte
D’ici quelques semaines, les Libanais pourront consulter le site de l’association Diyafa, une émanation de l’ONG internationale Anera. Comme l’explique Mayssoun Korban, manager du Programme Tourisme rural de l’ONG, Diyafa est une plateforme supportant l’industrie touristique. «Sur le site, nous présenterons les guesthouses dans les différentes régions libanaises, afin que les touristes puissent disposer d’une base de données fiable dans ce domaine. Du cœur du Mont-Liban à la réserve des Cèdres, en passant par la Békaa, le Nord ou le Sud, de nombreuses maisons d’hôtes ou auberges proposent leurs services, à partir d’un ticket moyen de 35 dollars jusqu’à 200 dollars la nuitée avec petit-déjeuner. Selon Mayssoun Korban, il y aurait «plus de 100 guesthouses sur le territoire», tandis que l’association en aide plus d’une trentaine. Sa mission? Assister les guesthouses afin de coller aux standards internationaux en matière de sécurité sanitaire entre autres, mais aussi de les aider à offrir le meilleur confort possible à leurs hôtes. «Certains ont également besoin qu’on les aide à élargir leurs gammes de services, pour proposer des activités lors du séjour, etc», ajoute Mayssoun Korban.
Pour plus d’infos: diyafa.org (en ligne d’ici quelques semaines).

Tous à vos agendas!
Avec ces quatre agendas régionaux, développés avec le support de l’Usaid et soutenus notamment par le ministère du Tourisme et la revue Lebanon Traveler, il ne sera plus question de rater un seul événement. Pour cette première édition lancée mercredi 3 juin, quatre grandes régions sont mises en valeur: le district de Zahlé, celui de Hadath el-Jebbeh, Tannourine, Ehmej, Douma et ses environs, la région de Jezzine et le district de Rachaya. Les brochures recensent mois par mois les festivités et activités à découvrir dans les villes et villages de cette région. Les 8 et 9 août, par exemple, rendez-vous à Anjar pour le Festival des oiseaux migrateurs, ou encore à la Foire de la mouneh, à Qab Elias, de septembre à décembre… Dynamique, la municipalité de Qab Elias propose d’ailleurs aux Libanais de venir ramasser, durant l’été, leurs propres fruits et légumes. Dans la région de Jezzine, le mois de juin est marqué par des activités de canyoning sur l’Azzibeh, des randonnées, de l’escalade, tandis que le village de Benouati organise son festival les 24, 25 et 26 juillet. Le 21 juin, rendez-vous pour une marche dans la vallée somptueuse de la Qadisha, ou le 26 juillet, pour une randonnée VTT à Hadath el-Jebbeh. A Rachaya, en juin et juillet, on vous propose de devenir apiculteur pour un jour, ou berger, dans le Jabal el-Sheikh. Très bien conçus, ces agendas vont vite se révéler indispensables.


Plus d’infos
Côté livres/presse:
Eco-Lebanon, Nature & Rural Tourism, a guide to unveil Lebanon, de Nour Farra-Haddad, disponible dans toutes les librairies. Activités, hébergement, écotourisme, restauration, l’ouvrage est organisé en 6 parties selon le point d’intérêt: tourisme vert, tourisme maritime, tourisme hiver et tourisme rural, auxquels s’ajoutent tous les contacts et adresses pour un écotour. Une mine d’informations.
Lebanon Traveler, trimestriel version papier, en librairie, ou en ligne sur www.lebanontraveler.com
Agenda 2015, 365 jours pour des week-ends de rêve au Liban, aux éditions Tamyras. Pour découvrir régions et guesthouses au fil des semaines.

Sur le Web:
Les sites du ministère du Tourisme: www.livelovelebanon.com et www.destinationlebanon.gov.lb
Le site de l’association du Lebanon Mountain Trail pour tout savoir de cette route qui parcourt le Liban du nord au sud: www.lebanontrail.org
Le site de Beyond Beirut, une ONG qui promeut entre autres le tourisme rural:
www.beyondbeirut.com
La région d’Ehmej avec ses 12 éco-randonnées: www.ehmej.org
Forêt et réserve biosphère de Jabal Moussa: www.jabalmoussa.org
Réserve naturelle de Bentael: www.bentaelreserve.org
n Réserve biosphère du Chouf: www.shoufcedar.org
Union des municipalités de Jezzine: www.jezzine-union.com

Endroits secrets, magie garantie
Nour Farra-Haddad confie aimer particulièrement deux endroits magiques. «Les bords du Nahr el-Joz (Batroun) avec ses vieux moulins, le monastère de Saydet Kaftoun et le petit port d’Enfé, avec les bicoques construites face à la mer comme un village grec et qui risquent d’être détruites par un projet de réaménagement de toute la baie. C’est vraiment très triste… Au lieu de les mettre en valeur». Autres lieux qu’elle affectionne, le lac Qaraoun, sur les rives duquel on peut cueillir des framboises, ou la chasse aux crabes sur les bords du fleuve de Jisr el-Qadi.
Myriam Shuman conseille de se rendre au Akkar, une région «qui possède une nature fabuleuse et des paysages à perte de vue».

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Éditorial
La nostalgie du «Livre»

Alors que les hommes politiques d’aujourd’hui, faisant fi des principes fixés dans la Constitution, ou les interprètent au gré de leurs intérêts personnels ou claniques, paralysent le pays depuis une très longue durée et dont on ne voit toujours pas l’issue, il est difficile de ne pas revenir à l’une des plus belles périodes de l’histoire contemporaine du Liban. Comment ne pas être nostalgiques du temps où les antagonismes, pourtant profonds, étaient résolus sur la base des règles fondamentales de la République libanaise et non dictés par des querelles de boutiquiers. Il serait trop long de revenir en quelques lignes sur les performances d’une République qui n’a rien à voir avec celle que nous vivons et où prédomine l’ego de chacun des «présumés» dirigeants du pays. Mais on peut en rappeler le climat, histoire de réveiller les mémoires et les consciences.En 1958, au lendemain d’une crise provoquée par des tensions internes politiques et religieuses, qui avaient divisé le pays, l’élection à la tête de l’Etat du commandant de l’Armée libanaise avait ramené l’ordre sur la scène locale. Accédant à la plus haute autorité de la République, le général Fouad Chéhab avait réussi à sécuriser la scène locale où s’affrontaient des forces antagonistes, elles aussi guidées par des alliés étrangers. Sa bible était «le Livre» qu’il respectait et appliquait à la lettre. Les conflits inévitables entre dirigeants étaient résolus par ce simple mot magique. Il n’avait pas besoin d’en référer aux juristes, mais simplement aux principes édictés dans la Constitution et approuvés par les pères de l’Indépendance. Sa carrière d’officier l’avait amené à sillonner le pays, à rencontrer toutes sortes de problèmes. Surtout la misère dans de nombreuses régions abandonnées. Très vite, conscient des réformes indispensables, il s’y attela en revenant sans cesse au «Livre». «Son ambition, selon les témoins qui l’ont accompagné dans son mandat, ne se limitait pas au seul développement dans les domaines économiques et sociaux, mais ses efforts portaient à fondre tous les Libanais dans le creuset d’une société dont l’unité nationale était basée sur la conviction de faire partie intégrale d’un seul peuple et d’une fidélité à une même patrie».Comment ne pas avoir la nostalgie du «Livre», certes amendé par l’accord de Taëf, mais toujours ignoré dans les débats politiques. Les constitutionnalistes chevronnés ne manquent pourtant pas au Liban. Ils sont entendus très souvent à travers les médias, mais ignorés par la classe politique que les intérêts personnels rendent aveugle et sourde.Après le palais de Baabda, les vacances place de l’Etoile, le Sérail est menacé de fermer ses portes. Ce qu’il aurait fait, il y a belle lurette, sans la sagesse et la ténacité de son principal locataire. Mais toute patience a une fin.Le vide administratif et institutionnel n’est pratiquement plus évoqué. C’est comme si nous nous étions, hélas, habitués à une situation aussi complexe et dont nul ne semble estimer la gravité. Sauf que, de temps à autre, surgissent un problème économique crucial, des dettes qui bloquent toute action et que les richesses pétrolières annoncées permettraient de combler. Mais nul n’en a cure négligeant cette source naturelle et laissant le champ libre à Israël et à Chypre.Des prêts et des dons importants, chiffrés en milliards de dollars, sont promis au Liban, qui en a grand besoin. Ils sont bloqués faute de pouvoir être votés par un Parlement absent. Ils iront, nous menace-t-on déjà, à d’autres pays.Entre-temps, le Liban perd ses fils désespérés de pouvoir redresser une situation qui se dégrade au fil des années et cherchent à se forger, non sans déchirement, un avenir meilleur loin de leurs racines. La nouvelle loi électorale tant espérée pour renouveler la physionomie d’une Chambre désuète et pour ouvrir la voie à une nouvelle génération, n’est pas encore pour demain.Nous avons un véritable dédain des cadeaux qui nous tombent du ciel, comme nous ne nous inquiétons pas du sort futur du pays devenu, hélas, si fragile et ouvert à tous les vents. Mais le célèbre miracle libanais, auquel nous nous accrochons, faute de mieux, nous permet de survivre et de profiter des festivités estivales programmées malgré tout.




 Mouna Béchara
   
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