2018. Les pronostics des banquiers
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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

2018. Les pronostics des banquiers

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    À conjoncture d’exception, mesures d’exception Et si le coupable n’était pas celui qu’on désigne? A chaque nouvelle passe conflictuelle au sein de l’Etat, les politiques jettent la première pierre à «la...
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À conjoncture d’exception, mesures d’exception

Et si le coupable n’était pas celui qu’on désigne? A chaque nouvelle passe conflictuelle au sein de l’Etat, les politiques jettent la première pierre à «la BDL et à ses alliés, les banques». Pourtant, lorsque les entités internationales spécialisées évoquent la résilience du pays du Cèdre, il s’agit bien de la résilience économique et non de celle politique ou sécuritaire.
Pourquoi ce silence subit de certains ténors de la caste politique qui mettaient en doute, urbi et orbi, la politique monétaire expansionniste de la Banque centrale?  Précisément parce que la vague de peur qui s’est emparée des déposants et de la clientèle bancaire à l’annonce de la démission surprise du Premier ministre Saad Hariri a été contenue par cette politique expansionniste. Si le Parlement souhaite réellement auditer les comptes des dépenses publiques de la BDL, qui ne représentent qu’une partie infime des charges financières qui lui incombent, il doit, a priori, se tourner vers les causes du paiement par celle-ci de taux d’intérêts exorbitants sur les volumes importants des dépôts que les banques et institutions financières placent auprès d’elle.
Que ferait le régime politique libanais s’il découvrait être le principal coupable de l’adoption d’une telle politique monétaire et que «toute erreur supposée» commise par la BDL est la conséquence de ses propres erreurs? Les lourdes responsabilités monétaires, qu’assume la BDL, sont la résultante de l’échec de la politique financière suivie par l’Etat, du creusement du déficit budgétaire, du gonflement de la dette publique et de l’aggravation du déficit de la balance des paiements.      
C’est bien grâce aux actifs en devises étrangères de la BDL, constitués pendant un quart de siècle et dénoncés par des personnalités opportunistes à l’approche des législatives, que le pays a été sauvé, in extremis, d’une possible débâcle. Désormais, le citoyen de culture moyenne sait que la préservation d’une stabilité monétaire dans le pays est assurée grâce à des opérations inhabituelles et coûteuses menées par la BDL avec le consentement des banques. Des ingénieries coûteuses qui ont des limites, à terme, et qui hypothèquent l’économie nationale pour les générations futures. Une fois ces limites atteintes, l’explosion socioéconomique serait inévitable. Certes, à des conditions d’exception, des mesures d’exception s’imposent. Toujours est-il que cette situation anormale n’est pas irréversible en présence de dirigeants politiques de bonne volonté, qui aborderaient les dossiers épineux avec prudence.     
Le FMI a qualifié la situation économique de «difficile» en dépit du fait que la perturbation des marchés de change sur la place de Beyrouth n’a duré qu’un mois. Les taux d’intérêts sur les dépôts en livres ont dû flirter avec les 10%, avec l’approbation des agents du secteur financier, associés à un relèvement des taux sur les dépôts en dollars. L’équation est simple: les priorités des autorités monétaires sont d’une part, la préservation de la stabilité de la monnaie nationale et, d’autre part, le dégagement d’un surplus de la balance des paiements. Ce surplus lui permettrait de continuer à financer les besoins de l’Etat. Parallèlement, les coûts de financement des agents des secteurs public et privé progressent, tout comme le volume de la dette publique. Un phénomène à prendre avec des pincettes.

 

 

Une relance économique dans le futur prochain
Par Joseph Torbey
Pdg du Groupe Crédit Libanais SAL


En ce début d’année, nous souhaitons au Liban et à la région prospérité, stabilité et sécurité, ainsi que des perspectives économiques prometteuses. Nous profitons de cette occasion pour nous adresser aux différents partis politiques, les appelant à assurer un climat politique plus convenable et à apaiser les tensions régnant dans le pays dans le but de restaurer le niveau de confiance et d’attirer les flux de capitaux. Nous invitons aussi les autorités concernées à adopter les mesures de réformes indispensables à l’amélioration des finances publiques et à la lutte contre la corruption pour mieux positionner le pays vis-à-vis de la communauté internationale.
Nous nous attendons à une relance économique dans le futur prochain suite, entre autres, aux nouveaux développements concernant les ressources d’hydrocarbures, l’adoption d’un nouveau budget pour l’Etat, ainsi que la promulgation d’une nouvelle loi électorale et l’élection du Conseil économique et social. Dans ce contexte, et suivant le FMI, les prévisions de croissance économique réelle pour 2018 et 2019 s’élèvent, respectivement, à 2% et 2,5%, à comparer avec 1,5% en 2017. Cette croissance serait néanmoins inatteignable sans la contribution du secteur bancaire libanais, qui demeure la source de financement principale des secteurs publique et privé.
Nous rassurons d’ailleurs que le secteur bancaire sera solide et résilient face aux différents chocs qui menacent l’économie, sachant que l’impact de la démission temporaire du Premier ministre Saad Hariri sur les dépôts bancaires et sur la parité de change fut limité et bien absorbé. Ceci s’est traduit par une hausse saine au niveau du bilan total des banques au Liban de l’ordre de 5,62% jusqu’à octobre 2017, une augmentation de 4,25% des dépôts de la clientèle et une croissance de 3,4% des crédits octroyés à l’économie. De surcroît, nous sommes confiant que le secteur sera capable de maintenir ses niveaux de croissance robustes jusqu’à la fin de l’année.
En tant que président de l’Association des banques au Liban, nous nous engageons à demeurer conformes à toutes les lois et normes internationales, notamment celles concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que la gestion des risques, la gouvernance, Bâle III, FATCA, GATCA, et, plus récemment, les normes comptables internationales (IFRS 9), etc. 
Quant au Crédit Libanais, notre banque a réussi à maintenir son rang parmi les plus grands établissements bancaires au Liban, enregistrant une performance satisfaisante durant les neuf premiers mois de 2017, à la suite de laquelle nous prévoyons une hausse des bénéfices nets avoisinant les 10% durant l’année en cours, une augmentation aux alentours de 6,3% au niveau du total des actifs, de 7,5% au niveau du portefeuille de crédits et de 4% en termes de dépôts de la clientèle.


Les banques jouent un rôle vital dans l’économie
Par Adnan Kassar
Président du Groupe Fransabank


2017 a été une année aux dimensions politiques, économiques et bancaires positives en général, notamment au terme de l’élection du président de la République, Son Excellence le président Michel Aoun, et le début d’une nouvelle ère pour le pays. Par ailleurs, la formation d’un gouvernement d’union nationale, dirigé par le président Saad Hariri, a constitué une étape politique clé en cette nouvelle ère, de même que la dynamisation du travail de la Chambre des députés, sous la direction du président Nabih Berri, complétant ainsi la reprise du travail au niveau des institutions constitutionnelles libanaises. Le Liban a ainsi pu surmonter récemment une épreuve interne grâce à la solidarité entre les Libanais, qui reste toujours un gage de sécurité protégeant et stabilisant le Liban à tous les niveaux.
 
Budget et PPP
Il ne fait aucun doute que le Liban a maintenu une croissance globale au cours des dernières années, bien qu’à des taux qui restent inférieurs à ceux qu’on aurait souhaité et au vu du potentiel latent. En outre, les autorités politiques ont tenté, cette année, de réactiver la situation économique et financière, et ceci s’est manifesté dernièrement par l’approbation, au gouvernement, du projet de budget de l’année 2017 prévoyant certaines réformes financières ainsi que le lancement du projet de partenariat entre les deux secteurs public et privé (PPP). S’il est bien géré, le PPP déclenchera un chantier tant attendu au niveau du développement des infrastructures libanaises. Il est important que l’Etat se concentre sur la réalisation de ces réformes financières et économiques stratégiques mais surtout sur la réalisation de réformes élargies aux niveaux des administrations, ce qui renforcera les performances du secteur privé afin qu’il joue pleinement son rôle au service de l’économie nationale et de la société libanaise.
 
Confiance dans l’avenir
Nous sommes confiants que l’économie libanaise continuera à croître dans l’année à venir, soutenue par un consensus politique autour du renforcement de l’unité nationale et de l’action politique en faveur d’un environnement économique, financier et social soutenu par un secteur bancaire stable et développé. En effet, l’un des piliers les plus importants de la stabilité et de la croissance économique au Liban, dans le passé, le présent et le futur, est la stabilité, la croissance et le développement de notre secteur bancaire. Les banques libanaises jouent un rôle vital dans l’économie nationale en ce qui concerne les prêts accordés aux secteurs économiques, aux entreprises, aux institutions et aux particuliers, ainsi que ceux accordés au secteur public.
Nous espérons également que les autorités politiques libanaises préserveront et renforceront les relations internationales et arabes du Liban et serviront le processus de stabilité interne et de développement économique. Le Liban fait partie de son environnement arabe et est également actif au niveau international. Nous souhaitons que la nouvelle année concrétise toutes les aspirations des Libanais à une vie meilleure, une meilleure stabilité politique et une meilleure croissance économique, parce qu’ils méritent tout cela et davantage.


Paris IV pourrait rapporter au Liban 12 milliards de dollars

par Saad Azhari
Pdg de BLOM BANK SAL


Malgré la crise politique de novembre 2017, l’année s’est terminée sur une très bonne note. Le renoncement  du Premier ministre Saad Hariri à sa démission a inauguré une  nouvelle ère  politique pour le Liban qui pourrait s’avérer être à la fois stable et durable.
L’approbation du gouvernement libanais sous la présidence du chef de l’Etat Michel Aoun, le 14 décembre 2017, pour la première phase d’attribution des licences d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures dont le forage des puits de pétrole commencera début 2019, est prometteur. Ces deux développements à eux seuls promettent de très bonnes perspectives pour 2018.
D’autre part, les bonnes perspectives pour 2018 seront également renforcées par la conférence économique Paris IV, qui se tiendra en mars/avril 2018.

Réformes nécessaires
Cela pourrait rapporter au Liban en subventions et financements concessionnels des pays internationaux et régionaux et des institutions financières plus de 12 milliards de dollars incluant les investissements prévus du secteur privé, et ce afin de réparer et de restructurer l’économie. Heureusement, ces fonds seront soumis à la préparation et l’exécution au Liban d’un plan de réforme structurelle abordant les déséquilibres fiscaux et externes, les pénuries d’infrastructures, la compétitivité et les déficits investissement-climat, la gouvernance et les réformes du secteur public. Cette conditionnalité est cruciale pour inciter les autorités à entreprendre les réformes tant attendues depuis longtemps.
Les élections législatives prévues en mai 2018 constitueront un autre élément positif optimiste car elles se dérouleront selon la nouvelle loi électorale, qui est probablement plus représentative du paysage politique complexe du pays. 
Ceci réaffirmerait le retour à la vie politique normale et au travail gouvernemental au Liban tels que l’adoption régulière des budgets de l’Etat et le renforcement des capacités techniques du gouvernement.
De plus, les différents ministères et organismes gouvernementaux seront obligés d’assumer entièrement leurs nouvelles responsabilités.

Nouvelles opportunités
Sur le plan politique, une solution possible à la crise syrienne et à la fin des hostilités là-bas pourrait renforcer les bonnes perspectives en 2018. Cela pourrait alléger le fardeau des réfugiés syriens qui pèse sur le pays et ouvrir sans aucun doute de nouvelles opportunités, telles que participer à la reconstruction et au réaménagement de la Syrie.
Un timide développement intellectuel crucial et global est en train de s’opérer. De ce fait, la prise de conscience croissante des politiciens permettra de mettre urgemment en œuvre des réformes donnant aux questions économiques la priorité qu’elles méritent. On assurera de la sorte aux programmes de réforme le consensus et la continuité qui sont si importants pour leur succès.
Bien qu’optimiste par nature, la conjonction des développements ci-dessus donne à mon optimisme une base solide, et ce, en dépit des risques possibles de réalisation. Si ces développements se concrétisent, les perspectives de voir le Liban à partir de 2018 redevenir un centre bancaire, commercial, informatique et culturel n’est plus une éventualité lointaine!


La priorité de 2018, le développement des projets digitaux

Par Salim Habib, Pdg de l’IBL


En 2017, la banque IBL a réalisé une bonne performance dans un contexte pour le moins qu’on puisse dire assez mouvementé. Les résultats, en phase avec notre stratégie de développement, sont le fruit d’un professionnalisme que toute l’équipe de la banque a déployé tout au long de l’année.
Je tiens à remercier très chaleureusement toute la famille IBL, ainsi que notre fidèle clientèle sans qui la banque n’aurait pas accédé à ce rang. Nos résultats attestent du bien fondé de notre «business model», qui nous a permis d’obtenir ces réalisations.
L’IBL repose sur un socle de fondamentaux solides et évolue en s’adaptant aux changements qu’impose l’environnement.
Nous préparons l’avenir en introduisant un plan qui a pour objectif d’accélérer la transformation digitale, la diversification des services, l’efficacité opérationnelle ainsi que le renforcement des talents.
Pour 2018, nous allons développer nos projets digitaux, surtout les Fintechs, les start-up qui sont appelées à s’étendre sur des segments très prometteurs. Nous allons proposer des services innovants, qui répondent aux attentes du marché et aux aspirations de nos partenaires et de nos clients.

Une banque d’avenir
Dans une région en perpétuelle déstabilisation et en profondes mutations, l’IBL est une banque d’avenir, capable d’anticiper, afin d’être toujours au service de sa clientèle. Dans cet environnement où les tensions sont fortes et en dépit d’une géopolitique très complexe, la sécurité ainsi que la protection des intérêts de nos clients restent les objectifs ultimes de nos actions et de nos préoccupations, car nous sommes animés par des valeurs fondamentales qui nous motivent afin de relever les défis et de surmonter les obstacles. L’intégrité, le sens de la responsabilité, l’engagement de chaque membre de la famille IBL nous donnent la force et le courage de regarder l’avenir avec beaucoup d’espoir. L’IBL croit en l’avenir prometteur du Liban. Au nom de toute la famille IBL je vous souhaite une excellente année 2018, pleine de bonheur, de prospérité et de stabilité.

Liliane Mokbel




 

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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