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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Champagne et coup de chapeau! Le Blue Note a fêté ses 30 ans. Niché à Ras Beyrouth, cet antre de la belle musique, qui accueille depuis 3 décennies les mélomanes, amateurs et fous de belle musique, a ouvert grand ses portes le 4 décembre dernier pour recevoir ses invités et célébrer avec eux, beaucoup plus qu’un anniversaire, un lieu de mémoire. De grands noms américains, arabes et libanais, ont contribué à asseoir la réputation du Blue Note au fil des ans. Le club a lancé la carrière de talents libanais et cela continue aujourd’hui encore, malgré une situation sociale et politique pour le moins que l’on puisse dire, préoccupante. Souhaitons leur encore de longues années de musique!

Rania Chiniara

Cette année, Takreem a choisi la capitale jordanienne pour célébrer des réussites arabes qui ont impacté différentes communautés. SM La Reine Noor Al-Hussein, les membres de la famille royale hachémite et 1 200 invités venus des quatre coins du monde ont répondu à l’invitation de Ricardo Karam pour applaudir, et souvent debout, le cru 2017 des lauréats. Un dîner de gala a suivi cette remise de prix.
Le lendemain, une conférence de presse, différents panels et un déjeuner ont été organisés. La communauté jordanienne s’est mobilisée tout le long du week-end Takreem où une série d’invitations a été donnée.

Lundi, 08 Janvier 2018 23:19

Noise. Hommage aux médias

L’agence de relations publiques Noise a rendu hommage aux médias libanais en les invitant lors d’une belle soirée organisée à Stereo Kitchen, rue Pasteur à Gemmayzé. L’événement a rassemblé plus de 150 figures incontournables des médias audiovisuels et différents supports de presse libanais, ainsi que des plateformes médiatiques digitales et des représentants des régies publicitaires.
L’ambiance festive et amicale de la soirée a permis à Noise d’étendre ses souhaits aux médias pour un joyeux Noël et une nouvelle année pleine de prospérité.
Noise est une jeune agence de relations publiques fondée en 2012 qui se concentre principalement sur les services de relations médias, la gestion événementielle, les affaires publiques, le lobbying, ainsi que les services d’édition et de rédaction.

 

C’est au Casino du Liban que la BLC Bank a récompensé, pour la sixième année consécutive, deux entrepreneurs qui se sont démarqués par la maîtrise et l’optimisation de leur projet. Un jury de 13 personnes issu du milieu des affaires et de la finance a récompensé la joaillière Nada Ghazal (Nada G) comme Femme entrepreneuse de l’année ainsi que Georges el-Ayli (Spectronite) à la tête d’une PME spécialisée dans l’électronique.
Maurice Sehnaoui et Nadim Kassar, respectivement Pdg et vice-président et directeur général de la BLC Bank, ont remis aux gagnants leurs trophées ainsi qu’un chèque de 30 000$. Quand à Mohammad Ali Baydoun, fondateur de l’agence d’architecture Art-qui-tecte, lauréat des votes en ligne, il s’est vu remettre un chèque de 5 000$. Enfin, Nadim Kassar a annoncé au cours de la cérémonie animée par la chanteuse Elissa, la création pour l’année prochaine d’un nouveau prix consacré aux nouvelles technologies. Il est important de noter que par cette initiative, la BLC Bank encourage les multiples talents libanais, les met en lumière et essaie, par ce biais, de limiter la fuite des cerveaux à l’étranger.

Rania Chiniara

L’Association de bienfaisance grecque catholique de Beyrouth a organisé un déjeuner en l’honneur des personnes âgées à l'occasion des fêtes de fin d’année, dans les locaux de l’association à Achrafié, le 19 décembre 2017, en présence de l’évêque de Beyrouth Mgr Cyrille Bustros, du président de l'association, Roger Nasnas, et des membres.
Mgr Bustros a remercié l'association pour son action humanitaire, mettant l'accent sur «la nécessité de prendre soin des personnes du troisième âge, notamment dans les circonstances économiques difficiles que le Liban traverse». «D'autant que ces personnes représentent le Liban de naguère, un passé resplendissant et l'esprit de sacrifice et de don de soi pour les autres, qu'ils ont inculqué à leurs enfants».
Pour sa part, M. Nasnas a remercié Mgr Bustros, estimant que «les principes de solidarité, d'entraide mutuelle et de fidélité envers nos aînés s'incarnent dans ce genre d'occasions humanitaires». Il a par ailleurs souhaité que la prochaine activité similaire ait lieu à la maison de convalescence Oasis de vie - Fondation Marie Hebbé, à Achrafié – «un rêve qui est enfin devenu réalité» –, comportant plus de 130 lits. «Cet espace devrait créer plus d'interactions entre les membres de la société, toutes générations confondues», a ajouté Roger Nasnas.
Des cadeaux ont été distribués aux participants durant le déjeuner, dans une atmosphère alternant hymnes religieux, chants patriotiques et danses.

 

 

Engagé dans la politique jusqu’au bout, extrémiste dans ses positions, le journaliste Charles Jabbour occupe une place particulière dans le paysage médiatique libanais.  

C’est à Maarab, dans le bureau qu’il occupe depuis le 24 novembre 2016 en tant que responsable du département de l’information et de la communication au sein des Forces libanaises (FL), que Charles Jabbour nous reçoit. La politique, il en est «obsédé» depuis qu’il était tout jeune. «J’ai toujours pensé que je devais avoir un job qui ne me tienne pas éloigné de la politique». Il hésite un moment entre le journalisme et l’histoire avant d’opter pour la seconde. «Je voulais faire des études capables de me donner un background politique. Connaître l’histoire permet de mieux comprendre l’avenir». Avec sa licence et son DEA en poche, Charles Jabbour devient… journaliste. «Entre la politique et le journalisme il y a un fil très mince».
Etudiant, il est membre de la section estudiantine des Forces libanaises. Il fait ses débuts en tant que journaliste dans la revue des FL, al Massira. «J’écrivais des articles d’opinions jusqu’à ce que je reçoive une offre d’un centre d’études, le Lebanese Information Center». Par la suite, il occupe les fonctions de responsable du service local au quotidien al-Joumhouriya, dont il devient rédacteur en chef au bout de six mois.
«J’ai beaucoup travaillé dans un quotidien, où le contact avec le monde de la politique est permanent. C’était un moyen de créer et de dessiner une ligne politique». Il est proche de l’ancien ministre Elias Murr, le propriétaire du journal, qu’il rencontre une à deux fois par semaine. «Au sein du quotidien, dont la mission était de créer un équilibre entre 8 et 14 mars et où il fallait donner aux lecteurs le choix, j’étais devenu le fer de lance du 14 mars».

Le clash avec Murr
Malgré ses positions extrémistes et ses opinions tranchantes, il n’y a pas de véritable désaccord entre lui et Elias Murr. «Il n’y avait pas de contact régulier entre nous car tout se faisait à travers Georges Soulage, le directeur de la rédaction». A plusieurs occasions, l’ancien ministre couvre les excès de Charles Jabbour jusqu’au jour du fameux clash où Elias Murr lui interdit d’écrire pendant deux semaines. Le bouillonnant journaliste préfère partir et présente alors sa démission. «Malgré cela, j’ai quitté le journal en restant en bons termes avec Elias Murr», dit-il.
Durant quelques temps, il écrit pour des sites en ligne ainsi que pour le quotidien al-Charq el-awsat. En septembre 2016, Melhem Riachi lui propose de prendre en charge le site web des Forces libanaises. «Malgré la profusion des versions électroniques, je reste convaincu que c’est le journal qui crée l’événement. Mon but était de transformer le site en quotidien, en faisant une manchette tous les jours».
Avec l’élection du général Michel Aoun à la présidence et la formation d’un nouveau cabinet, Melhem Riachi devient ministre. «Je ne cherchais pas à occuper sa place. Etre aux côtés de Samir Geagea signifiait que je devrais baisser le plafond alors que je ne m’en suis jamais fixé un. Depuis toujours, j’essaie de repousser le plafond en le touchant à chaque fois pour le faire reculer». A son nouveau poste, il publie, expose, fait circuler la position des FL. «J’établis des contacts réguliers avec les journalistes et je fais en sorte que les FL soient présentes constamment sur la scène. J’aime ce que je fais et j’essaie de promouvoir le plus possible la vision du parti».
Quelle objectivité? Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il est extrémiste dans ses positions et manque d’objectivité, Charles Jabbour estime qu’il faut d’abord se mettre d’accord sur la définition de l’objectivité. «Si être objectif signifie être sans saveur, sans odeur et sans couleur alors oui, je ne suis pas objectif. Dans un pays comme le Liban, où les divergences et les divisions sont profondes, et où l’on n’est d’accord sur rien, on ne peut pas être objectif. Il faut être extrémiste». Pour le journaliste, l’objectivité consiste à transmettre l’information telle quelle, en toute transparence, sans détournement. «Etre objectif, c’est ne pas mentir ou déformer l’info ou carrément l’inventer. C’est prendre l’événement en lui-même mais l’expliquer selon notre propre vision. Il faut souscrire au contenu de l’information mais le journaliste doit avoir sa propre opinion».
Charles Jabbour dit ne pas avoir d’ambitions politiques. «Tout le monde pense que le poste que j’occupe actuellement est un tremplin. Pas moi. Je ne me retrouve pas dans une position politique. Je suis bien là où je suis mais le jour où je partirais d’ici, je voudrais faire de nouveau ce que j’aime: redevenir journaliste et analyste politique. L’homme politique est différent du journaliste. Chacun a sa mission. Je suis journaliste et je voudrais le rester».


En chiffres
5
Charles Jabbour a passé 5 années au journal al-Joumhouriya.

624
Il écrit plus de 624 articles dans ce quotidien.

540
Depuis 2008, il compte plus de 540 apparitions à la télévision.

Joëlle Seif

Mercredi, 03 Janvier 2018 23:24

Riad Salamé. Collectionneur de records

Riad Salamé dresse pour Magazine le bilan économique et financier de la crise qui a frappé le Liban en novembre. Le pays a bien résisté et continuera à le faire en 2018. Mais le grand boom doit attendre la fin de la guerre en Syrie.  


Gouverneur de la Banque du Liban (BDL), habile expert des marchés, fin technicien des instruments financiers, Riad Salamé est, aussi, un grand collectionneur. Son domaine de prédilection, ce sont les records. Celui de la longévité à la tête d’une banque centrale, celui des distinctions et autres décorations reçues tout au long de sa carrière, celui du nombre de crises majeures gérées pendant ses mandats. Gardien de la stabilité de la livre pour les uns, dynamiseur de l’économie en période de marasme pour les autres, grâce à son soutien aux start-up et aux prêts logements, le patron de la BDL ne fait pas pour autant l’unanimité. D’aucuns le soupçonnent de défendre les riches, voire les plus riches, d’autres lui reprochent de favoriser l’économie de rente, les jusqu’au-boutistes l’accusent carrément d’être responsable de la dette publique abyssale, à cause de sa politique des taux d’intérêts vertigineux versés sur la livre, dans les années 1990. Riad Salamé est peut-être tout cela en même temps. Il n’en reste pas moins le témoin-acteur privilégié d’un quart de siècle de l’histoire du Liban, marqué par l’immense espoir suscité par la période de la reconstruction, les grandes angoisses provoquées par l’assassinat de Rafic Hariri, et les lancinantes incertitudes liées à la furie démentielle qui secoue le Proche-Orient depuis 2011.

Les leçons du passé
C’est grâce aux expériences vécues depuis 1993, quand il est nommé gouverneur de la BDL à 43 ans, que Riad Salamé aborde avec calme et assurance les crises qui frappent le Liban. Comme toutes celles qui l’ont précédé, la dernière en date, consécutive à la démission surprise du Premier ministre Saad Hariri, a eu des répercussions sur la situation économique et financière. «Les marchés ont été affectés par la crise politique mais les normes que nous prévoyions n’ont pas été dépassées, précise le patron de la banque centrale à Magazine. L’avantage est que nous étions préparés pour faire face à une éventuelle crise, car la BDL agit suivant des critères bien définis». Parmi ceux-ci figurent les indicateurs financiers et économiques mais aussi le fait d’être prêts, «vu la nature du pays et les risques politiques ou sécuritaires qui peuvent surgir à tout moment». «Le fait d’être préparés nous a permis de rester dans les normes naturelles, donc la stabilité a été préservée», ajoute-t-il.
Certes, la livre a subi des pressions lors de la récente affaire Hariri, cependant, la BDL était prête sur ce front aussi. «Nos prévisions, qui se basent sur des événements vécus dans le passé, essentiellement l’assassinat du président Rafic Hariri et les réactions du marché à cette époque, ainsi que la guerre israélienne de 2006 et les réactions qu’elle a provoquées, nous ont incité à garder des montants prêts pour les interventions. Nous n’avons pas eu à utiliser la totalité de ces montants, donc la réaction a été en deçà des prévisions», tempère Riad Salamé.
Même constat au niveau de la fuite de capitaux, que certains experts ont estimé à 1,5 milliard  de dollars pendant le mois de novembre. «La sortie a été moins importante que celle à laquelle nous avions été confrontée en 2005 et 2006, en terme de pourcentage du total des dépôts, indique le gouverneur de la BDL. Nous prévoyons toujours, en période de crise, que 3 à 4% des dépôts peuvent bouger, or nous avons été très loin de ce chiffre. D’ailleurs, les fonds entrant dans le pays ont continué à affluer. En fait, il y a eu un réajustement. Mais globalement, il n’y a pas eu de seuil critique par rapport à nos prévisions».

Hausse des taux d’intérêt
Il est vrai que les fonds qui ont émigré ne constituent que 1% des dépôts bancaires mais n’ont-ils pas atteint 20% du total des capitaux entrants en une année, estimés à 7,5 milliards de dollars en 2016? La réponse de Riad Salamé est toute prête: «Nous analysons d’une autre manière. Nous regardons la progression des dépôts en général pour l’année. Les prévisions tablaient sur une progression de 6 à 7%, (après la crise) elle se situera entre 5 et 6%. Le bon signe, c’est qu’il n’y a pas eu de régression».
La récente sortie de capitaux, couplée à la baisse du volume des transferts effectués par les Libanais non-résidents, n’affectera pas, à moyen terme, le financement des besoins des secteurs privé et public. «Le secteur privé est amplement financé puisque la dette des banques vers ce secteur est, aujourd’hui, de 60 milliards de dollars, soit un peu plus de 115% de notre PIB, explique M. Salamé. L’Etat, lui, possède les fonds nécessaires pour sa solvabilité, dans le sens où son solde créditeur auprès de la BDL dépasse les 2,5 milliards de dollars en livres libanaises évidemment. Donc, l’année vient de se terminer et il n’y a pas de stress ni dans un secteur ni dans l’autre».
La hausse des taux d’intérêt sur la livre est sans doute l’une des conséquences les plus négatives de la dernière crise. «Ce sont les risques politiques qui ont provoqué la hausse naturelle de la base des taux d’intérêt, explique M. Salamé. Ceci affectera certainement le crédit au secteur privé mais pas les activités qui ont un caractère nécessaire ou utilitaire pour le pays, parce que les taux d’intérêt des prêts à l’habitat, par exemple, sont rattachés aux bons du Trésor de un an ou deux ans, émis en livres libanaises par l’Etat. Celui-ci n’aura donc pas besoin de procéder à de nouvelles émissions puisqu’un accord avait été établi avec le ministère des Finances, avant que cette crise n’éclate, pour que la banque centrale souscrive à l’équivalent de 3000 milliards de livres en bons du Trésor émis en L.L. par l’Etat et à des taux très bas. Les prêts à caractère utilitaire, comme l’habitat, resteront à des taux constants comme l’année dernière», poursuit le patron de la BDL.
Rassurant, M. Salamé pense que les prévisions d’une croissance de 2,5% de l’économie en 2017 n’ont pas changé car la crise a touché le pays en fin d’année. «Nous estimons que si les choses se déroulent normalement au niveau politique comme c’est le cas actuellement, la sécurité étant préservée et décembre étant un mois «fort» dans le cycle économique, les prévisions seront atteintes», dit-il.
Bien que les effets de la crise politique sur l’économie étaient en-deçà des prévisions, pourront-ils être réparés et dans combien de temps? «Tout dépend du facteur politique, répond le gouverneur. En gros, ce qu’on peut dire, c’est qu’après un an et demi de campagne systématique – vous l’avez lu et entendu – pour miner la confiance dans le pays, et avec cette secousse dont l’objectif était de provoquer une déstabilisation monétaire, je pense que les marchés ont bien résisté, la BDL s’est bien comportée et les banques ont été sages». Cette résilience va renforcer la confiance dans le pays, poursuit M. Salamé, qui n’avance cependant pas de dates concernant un retour à la situation antérieure, notamment au niveau des taux d’intérêt, dans le sens de leur baisse pour revenir à des taux plus bas, proches de ceux qui étaient en vigueur avant la crise en novembre.

Les sanctions US
Pour le gouverneur de la BDL, les nouvelles sanctions américaines décrétées contre le Hezbollah dans le cadre de la loi contre le blanchiment et le financement du terrorisme, n’affecteront pas outre-mesure le secteur bancaire libanais. A ce niveau aussi, le Liban fait prévaloir son expérience dans ce domaine. Explications: «En 2016, nous avons mis au point un mécanisme pour pouvoir appliquer les lois émises par des pays quand on traite avec leur monnaie ou leurs banques. Ce mécanisme s’applique à toutes les lois de sanctions qui peuvent toucher directement ou indirectement le marché libanais et donc nous sommes un pays qui possède déjà un appareil d’exécution. Il n’y aura donc pas de secousses dues à de nouvelles initiatives nécessaires pour rester en conformité avec la loi internationale.»
Les lois américaines et autres législations internationales ne portent pas un préjudice irréparable à l’un des atouts qui ont fait la force de secteur bancaire libanais ces dernières décennies. «Le secret bancaire existe sauf quand il y a des exceptions qui relèvent du blanchiment de l’argent ou de l’évasion fiscale pour des résidents fiscaux qui ne sont pas Libanais. Mais la loi sur le secret bancaire couvre toute l’activité bancaire à part ces deux cas», précise M. Salamé.

Quid de 2018?
Prudent, le patron de la BDL évite de faire des pronostics sur le taux de croissance en 2018. «La banque centrale n’émet pas de prévisions avant juillet de chaque année, ça a toujours été le cas à cause de la volatilité qu’il y a au Liban. Il est certain qu’une stabilité politique aidera l’économie», dit-il. Il a toutefois confiance dans les capacités du Liban à résister sur le plan économique. Il pense que «la résilience continuera en 2018 car le Liban est un pays qui compte sur l’activité domestique mais aussi sur l’activité des Libanais de l’étranger». Mais la reprise et le retour des taux de croissance semblables à ceux qu’il y avait avant la guerre syrienne ne reviendront qu’avec la fin de cette crise. «C’est le conflit en Syrie qui a le plus coûté à l’économie libanaise, rappelle-t-il. La Banque mondiale a estimé le coût direct à un milliard de dollars par an. Cette guerre a coûté en termes de concurrence pour la main-d’œuvre qualifiée libanaise, et également en termes de sortie de devises du pays, car les Syriens qui travaillent au Liban touchent des salaires qu’ils envoient en Syrie. Cela existait dans le passé mais avec la guerre, cela a pris d’autres proportions.»
L’autre point important pour le redémarrage de l’économie est la cohésion politique interne, qui pourrait remettre en chantier le projet du gouvernement d’organiser une conférence pour financer l’infrastructure du pays. Selon lui, une telle conférence pourrait assurer des rentrées de capitaux car la communauté internationale réalise que le Liban a beaucoup sacrifié dans la guerre syrienne et qu’«il mériterait un financement par la dette mais à des taux d’intérêt bas pour reconstruire l’infrastructure qui elle-même créera durant la phase d’exécution une croissance meilleur et sera une base pour une croissance continue.»
Les secteurs les plus affectés par la crise globale sont ceux qui sont en relation avec l’exportation. «Tous les secteurs qui comptent sur l’étranger pour générer des revenus sont affectés, explique M. Salamé. C’est pour cela que la BDL a émis une circulaire pour faciliter le financement des entreprises libanaises qui ont des exportations. Cela va du tourisme jusqu’à l’industrie, l’agriculture, la publicité. Tout ce qui touche à l’étranger a été affecté, y compris l’immobilier car une grande proportion de la demande vient des non-résidents libanais». Ce secteur a le plus souffert car il y a eu dans toutes les économies des Proche et Moyen-Orient un manque de liquidités dû à la baisse des prix du pétrole et aux dépenses découlant de la guerre», conclut le patron de la banque centrale.  Prudent et mesuré dans ses propos, Riad Salamé ne promet rien. Il croit cependant dans l’avenir du pays. Dans le Liban de demain, les secteurs stratégiques seront ceux de l’économie de la connaissance digitale, la finance et probablement le pétrole et le gaz.


L’économie de la connaissance
Riad Salamé dresse un bilan très positif de la circulaire 331, de la BDL, qui fournit des facilités de financement aux start-up. Il souligne que Gen, qui regroupe plusieurs universités anglaises, a classé le Liban numéro 1 dans la région pour les pays débutants et numéro 8 sur un plan mondial, dans le domaine de l’économie de la connaissance. «Ce secteur représente aujourd’hui 1,5% du PIB, en quatre ans, dit-il. 800 compagnies ont émergé, plusieurs fonds, ainsi que de nombreux accélérateurs pour former les entrepreneurs. Le Liban va profiter de ce secteur qui est aujourd’hui réellement le moteur de toute économie dans le monde. Donc d’autres secteurs traditionnels en profiteront».

Gaz, pétrole et Syrie
● Sur le gaz et le pétrole, Riad Salamé déclare: «La BDL n’a pas été impliquée dans tout le dossier et à aucun moment. Logiquement, le Liban est un pays qui n’a jamais possédé de ressources naturelles. Quels que soient le volume des revenus provenant de ressources naturelles, ils seront un plus pour le Liban. D’autre part, nous constatons que trois grandes compagnies ont uni leurs efforts pour prospecter la mer libanaise à un moment où la plupart des sociétés dans le monde ne font plus de la recherche ou du forage à cause de la baisse des prix. Cela signifie qu’il y a quelque chose d’intéressant. Je n’en sais pas plus».
● Concernant la reconstruction de la Syrie, Riad Salamé pense qu’il est prématuré de juger ce qui va se passer dans ce pays, de la reconstruction et de son financement. «Le Liban en général est exportateur de services et de connaissances, dit-il. Les métiers qui profiteront de la reconstruction sont ceux qui sont liés à ces secteurs, comme les ingénieurs, les planificateurs, les services de montages financiers».

Paul Khalifeh

Le samedi 5 mars, en l’espace de quelques heures, les émissions télévisées The Voice Kids, version arabe, et The Voice version française, étaient le sujet de toutes les «conversations» et «monologues» virtuels: le Liban porté aux nues grâce à ses talents vocaux, Lynn el-Hayek et Marc Hatem.
 

Samedi 5 mars, dès 20h, la voix du Liban se taille une place de choix à travers la victoire de la très jeune Lynn el-Hayek à la première saison de The Voice Kids dans sa version arabe, diffusée sur la chaîne MBC. Lors de cette grande finale, six participants se sont disputé le titre, en deux mouvements, puisque chacun des membres du jury, Nancy Ajram, Kazem el-Saher et Tamer Hosni avait deux finalistes. Dans une première partie donc, Lynn el-Hayek, membre de l’équipe de Kazem el-Saher, a concouru contre Mirna Hanna (Irak), Ghady Béchara (Liban), Zein Obeid (Syrie), Jowayriya Hamdy (Egypte) et Amir Amuri (Syrie). A la suite de son interprétation d’Abaad kuntum de Mohammad Abdou, elle remporte la manche et se fait sélectionner pour la deuxième phase de la finale qu’elle dispute aux deux autres finalistes, tous deux d’origine syrienne, Zein Obeid  et Amir Amuri. Elle est la seule Libanaise à rester encore sur le plateau de The Voice Kids. Et elle l’emporte, grâce à son talent tout empreint de fraîcheur quand elle interprète la chanson de Zikra, Kol li lamouny.
 

Dans la cour des grands
Dans la dernière phase de l’émission, selon les règles du jeu, c’est le public qui tranche. C’est donc grâce aux votes massifs que le Liban se glisse en tête de la compétition à travers la victoire de Lynn el-Hayek. A l’annonce des résultats, c’est un visage surpris et souriant qu’elle affiche, avant de faire preuve d’une grande modestie et humilité, tenant à embrasser et à saluer tous les autres finalistes. Le pays, en particulier Tripoli dont elle est originaire, et les réseaux sociaux de s’enflammer aussitôt pour saluer cette victoire du Liban, cet espoir placé dans la jeunesse, non seulement du pays, mais de toute une région croulant autrement sous la pression, l’oppression, les catastrophes et les désastres. La première saison arabe de The Voice Kids, grâce à son professionnalisme et surtout grâce à la fraîcheur, l’authenticité et le talent de nos jeunes, très jeunes participants, a pu fidéliser un large public, par-delà les frontières, distillant un brin d’espoir et affirmant la culture et les arts comme le seul espace encore possible d’échange.

 

Sur l’autre versant de la langue
21h55, pour les plus francophones c’est l’heure de hausser le volume de l’écran télévisé, bloqué sur TF1 en toile de fond. The Voice: la plus belle voix avait une saveur particulière ce soir-là: on attendait le passage du candidat libanais Marc Hatem. Voilà l’écran qui s’illumine de son visage assuré et ultra-confiant.
Devant les quatre fauteuils tournés, Marc Hatem entonne son interprétation très personnelle du tube de 2014 de Hozier, Take me to church. Dès la première note, voix grave, caverneuse, la caméra enregistre l’expression agréablement surprise de Mika. Et les réactions à l’avenant s’enchaînent de la part des quatre membres du jury qui ne tardent pas à se retourner l’un après l’autre, Garou, Mika, Florent Pagny et Zazie affichent leur «Je vous veux», selon les règles du jeu.
Les compliments des quatre coachs de s’enchaîner. Garou relève une interprétation qui a apporté «plus de rage qu’on n’a jamais eue», soulignant cette «décharge électrique» sur scène. Zazie va même jusqu’à avouer préférer cette version à celle originale de Hozier, relevant au passage l’absence de tout cliché dans ce que le jeune Libanais, architecte de profession, a présenté. Entre la «colère» et la «force», le «gospel» et le «rock», «pour nous, affirme Florent Pagny, c’est du caviar, des talents comme vous».
C’est à Marc Hatem de décider lequel des quatre membres du jury sera son coach. Et c’est Garou qu’il estime être le meilleur choix pour lui; un choix qui, d’emblée, semble tonner juste au vu de son potentiel effectivement très rock au timbre cassé. Une voix qui, pourtant, a pris du temps pour s’affirmer, la présence présomptueuse du chanteur éclaboussant l’écran, de quoi pousser à saisir l’importance de ces auditions à l’aveugle. Sans oublier que sa voix, à plusieurs reprises, semblait effectuer une mauvaise note, mais sans jamais le faire, et c’est en cela que réside sa puissance. Retourné en loges, sa famille l’accueille à bras grands ouverts, sa mère le gratifiant même d’un «habibi mama!». A 25 ans, l’aventure du Libanais Marc Hatem ne fait que commencer. Il y a du travail à faire dans l’espoir d’un long chemin d’interprète à entreprendre, puisqu’il ne suffit pas d’avoir une voix qui sort de l’ordinaire, il y a une présence sur scène, humble et généreuse, à maîtriser.

Leila Rihani

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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