Roula Hamadeh. Une actrice engagée
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Roula Hamadeh. Une actrice engagée

 
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    Roula Hamadeh. Une actrice engagée
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Elle ne se contente pas d’être une actrice de talent. C’est une femme engagée qui n’hésite pas à apporter son soutien et à mettre sa célébrité au profit des causes humanitaires. Ses apparitions télévisées se comptent à peine et ses interviews sont rares, mais pour Magazine elle lève le voile sur son parcours, son expérience et livre ses impressions. Portrait de Roula Hamadeh.

C’est une femme d’une grande simplicité. Des caprices de star, Roula Hamadeh n’en a pas. Discrète, elle n’aime pas attirer l’attention. A huit ou neuf ans, elle rêve déjà de devenir actrice, au grand désespoir de sa mère, qui se disait qu’en grandissant elle l’oublierait. «Je ne savais pas alors si j’avais le talent, mais du moins j’avais la volonté». Inexorablement attirée par la magie de la télévision, elle ne change pas d’avis avec les années. A l’école, elle monte des pièces de théâtre dans lesquelles elle joue. «Je reprenais des morceaux des pièces des frères Rahbani. J’étudiais en écoutant la radio et, très souvent, j’écrivais les paroles des chansons sur mes cahiers de devoir». Pour faire plaisir à sa mère, elle obtient une licence en gestion d’entreprises et une maîtrise en Marketing de l’Université Saint-Joseph. «Ma mère tenait absolument à ce que j’aie un diplôme en poche pour pouvoir un jour éventuellement travailler», confie Roula Hamadeh en souriant.
Sa première expérience est aux côtés de l’acteur Antoine Kerbage dans la pièce Zelmak ya Rayess. Elle apparaît dans des films cinématographiques, des feuilletons télévisés et participe à plusieurs pièces de théâtre. Pour elle, aucun de ces trois domaines ne ressemble à l’autre. «Ce sont des mondes totalement différents et il est difficile de faire des choix. Chacun a sa spécificité, ses frustrations et ses satisfactions. Mais il est indéniable que le cinéma immortalise l’acteur». Roula Hamadeh a brillé dans plusieurs rôles, mais ses deux dernières prestations dans les feuilletons Jouzour et Wa achrakat el-chams sont inoubliables. L’actrice constate que, depuis Jouzour, il y a eu une évolution et une nette amélioration au niveau des productions locales et cela la rend plus optimiste sur l’avenir des feuilletons dramatiques et des films cinématographiques libanais. «Les spectateurs n’acceptent plus n’importe quoi», dit-elle. Son interprétation de Dina, une attardée mentale dans le feuilleton Jouzour était impressionnante, mais a nécessité une grande préparation. «Ce n’est pas un caractère que l’on croise dans la rue et que l’on peut aisément imiter. Nous n’avons pas l’occasion de côtoyer tous les jours des personnes atteintes d’un retard mental. Je me suis rendue chez Sesobel, j’ai participé à des ateliers, j’ai pris des photos et j’ai passé beaucoup de temps avec des attardés mentaux. J’ai beaucoup travaillé sur ce rôle et c’est d’ailleurs la première fois qu’un acteur incarne une personnalité pareille dans le monde arabe. C’est une chance qu’on n’a pas souvent». Roula Hamadeh estime avoir réussi ce rôle dans la mesure où elle a réveillé les sentiments et provoqué une réaction positive chez les gens à l’égard des personnes atteintes d’un retard mental. «Aujourd’hui, la vision des enfants envers un attardé mental a changé. Ils comprennent maintenant que ces personnes ont des sentiments qu’ils ne peuvent pas exprimer. Il fallait trouver le juste équilibre pour faire parvenir le message aux téléspectateurs. C’était là le défi de ce rôle de ne pas pour autant tomber dans l’excès».
Tout à fait différent était son rôle dans la série Wa achrakat el-chams qui a remporté un immense succès. «C’était surtout la production qui a n’a pas lésiné sur les frais et qui a su placer l’acteur qu’il faut à l’endroit où il faut». La réunion de trois producteurs a été nécessaire pour réaliser ce feuilleton. «Pendant cinq ans, j’avais le script avec moi. Le rôle de Yasmine/Amar était toujours présent dans ma tête. Il a mûri chez moi tranquillement sur le plan affectif et humain».

 

Activiste sociale
Engagée jusqu’au bout, Roula Hamadeh ne refuse jamais de se mobiliser pour les causes sociales. «Je réponds toujours présente à tous les appels». Elle soutient des associations telles que Sesobel, Kafa, Home of hope et participe à toutes leurs activités. Elle est déjà apparue dans plusieurs publicités de sensibilisation du public aux problèmes de l’ostéoporose, du port de la ceinture de sécurité, de la vaccination des enfants et bien d’autres. «Je suis actrice pour que les gens m’aiment et pour réduire les distances entre eux et moi. Aujourd’hui, c’est chose faite. Je veux faire quelque chose, utiliser tout ce que j’ai réalisé pour aider les autres dans la mesure des moyens dont je dispose. Je fais partie d’un ensemble. Nous sommes tous connectés. Je suis tout et tout est moi».
Mère à part entière, elle se retire de la scène pendant neuf ans pour s’occuper de son fils unique, Zamann, âgé de dix ans aujourd’hui. «Les premières années de la vie d’un enfant sont les plus importantes. Je voulais être présente à chaque instant et ne rien rater de son développement, c’est la raison pour laquelle j’ai mis ma carrière en veilleuse». Une décision que Roula Hamadeh n’a jamais regrettée. «J’estime n’avoir rien raté pendant ces années». Même maintenant, elle refuse de le quitter pour une longue période. Quand on lui demande comment elle a choisi un prénom si rare pour son fils, elle sourit en répondant: «J’aime beaucoup la langue arabe et je voulais que mon fils ait un prénom rare pas trop véhiculé. J’ai eu neuf mois pour réfléchir à un prénom et c’est finalement en lisant un poème de Mahmoud Darwiche que je suis tombée sur Zamann».
Dans un monde où l’aspect physique devient primordial et où chaque fille dotée d’un physique agréable veut faire de la télévision, Roula Hamadeh pense qu’il fut une période au Liban où celui-ci a prévalu, alors qu’il n’était accompagné d’aucun talent. «Celles qui sont belles et
possèdent un certain talent ont réussi à percer, alors que les autres ont vite disparu de la scène. Si c’est seulement la célébrité qu’on recherche, on ne dure pas longtemps dans ce métier. C’est un travail difficile qu’il faut passionnément aimer pour réussir». La célébrité n’a nullement changé Roula Hamadeh qui a su rester simple. «Je suis un être humain comme tout le monde et je vis comme tout le monde. Dans la vie de tous les jours je suis moi-même. La célébrité est un bonus. On travaille pour que les gens nous aiment et pour réduire les distances entre nous. J’aime ce que je fais et lorsque le public apprécie mes choix c’est tant mieux». Elle n’est jamais hautaine et traite tout le monde avec la même gentillesse. «Comment peut-on être hautain avec les autres, alors que nous cherchons à nous faire aimer d’eux? Si je les traite de haut, c’est moi qui perd et non pas eux».
Aucune confession ne peut limiter Roula Hamadeh. «J’ai une vie spirituelle très riche et une foi à la carte. Je choisis ce que je veux de chaque religion et je n’ai que le ciel pour limite». C’est ce qu’elle communique à son fils. «Je lui dis toujours que Dieu appartient à tout le monde. Nous célébrons toutes les fêtes, musulmanes et chrétiennes et je jeûne avec toutes les religions. Chaque Libanais a en lui un mélange musulman et chrétien. Nier cette évidence c’est se duper soi-même. Nous nous aimons tellement que l’on se dispute et s’entretue». Elle explique à son fils le sens du carême selon sa propre conviction. «Le but est de sentir avec les autres. Si on n’a pas faim et soif, on ne peut sentir avec ceux qui ont faim et soif. Dieu est beaucoup plus grand et plus large que tout ce qu’on nous apprend à l’école».

Joëlle Seif

Photos DR
 

Roula Hamadeh 2014
Roula Hamadeh a commencé le tournage d’un feuilleton pour la télévision qui doit être diffusé durant le mois du Ramadan. Produit par la société Moon and Stars, il réunit plusieurs acteurs du monde arabe dont Rafi Wehbé, Khaled Saleh, Maxime Khalil, Farah Bssisso et bien d’autres. Un autre feuilleton est également en gestation. A l’automne 2014, elle sera de nouveau sur les planches dans le cadre d’une pièce de théâtre.  

Ce qu’elle en pense
Social media: «Ils ont rapproché les gens entre eux mais, en même temps, ils ont augmenté leur solitude. On se parle à travers écrans interposés à tel point qu’on ne sait plus se parler face à face. Les gens croient que le monde est réduit à cet écran. Je suis très active sur Facebook et Twitter à travers lesquels je partage mes opinions. Cela me permet aussi d’être en contact avec ma famille à l’étranger».
Ses loisirs: «Tous les loisirs sont du travail pour l’acteur qui doit tout le temps travailler son esprit et son corps. Je n’en ai pas à part celui d’élever mon fils».
Sa devise: «Le but ultime de la vie c’est l’Amour. Toutes les relations dans la vie sont des relations d’amour, mais avec des visages différents. Se retrouver avec des personnes que rien n’unit et trouver soudain quelque chose qui nous réunisse. Chacun fait partie d’un tout et en même temps est un tout. Il faut apprendre à aimer tout le monde, 
s’élever dans son humanité, sinon nous serions en marge de la vie».        

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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