Nada Saliba Chouéiri. Une fidèle de la chaîne nationale
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Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

Nada Saliba Chouéiri. Une fidèle de la chaîne nationale

 
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    Nada Saliba Chouéiri. Une fidèle de la chaîne nationale
    Rédactrice en chef du journal télévisé à Télé Liban, Nada Saliba Chouéiri revient sur sa longue carrière dans la chaîne étatique et lance un cri du cœur: «Sauvez Télé Liban!». Son...
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Rédactrice en chef du journal télévisé à Télé Liban, Nada Saliba Chouéiri revient sur sa longue carrière dans la chaîne étatique et lance un cri du cœur: «Sauvez Télé Liban!».

Son moteur, c’est une curiosité professionnelle, centrée sur un besoin d’aller au-delà des faits, de poser des questions et de comprendre les tenants et les aboutissants de chaque événement. Enfant, elle aimait discuter avec acharnement, «comme un avocat ou un journaliste». Nada Saliba Chouéiri a longtemps hésité entre ces deux métiers avant d’opter pour le second.
Pour la jeune femme, le journalisme est un message à transmettre de manière objective. «Aujourd’hui, la presse ne me ressemble plus. Quand j’ai commencé, c’était différent. La conception du journalisme n’était pas ce qu’elle est actuellement. On peinait pour trouver une information, s’assurer de sa crédibilité. Les réseaux sociaux n’existaient pas».
Nada Saliba fait ses premiers pas dans l’écriture dans le palmarès de son école, où chaque année elle rédigeait un article. «Mes professeurs m’ont encouragée dans cette voie», se souvient-elle. Elle se classe parmi les premiers au concours d’entrée de la Faculté d’information de l’Université libanaise (UL), où elle se familiarise avec les techniques et les principes de la profession. «Je n’avais jamais pensé travailler à la télévision ou à la radio.  J’avais choisi la presse écrite. J’étais convaincue que j’allais travailler dans un quotidien». Elle intègre le journal al-Amal, organe du parti Kataëb, an-Nahar puis Dar al-Sayyad et collabore en free lance avec des revues et des quotidiens.

Sélectionnée par la VDL
Lorsque la Voix du Liban commence à recruter, ils sont 400 à se présenter. «Trois candidaes et moi-même avons été sélectionnés. A l’époque la VDL était une école. J’ai fait 6 mois de stage avec Omar el-Zein avant d’accéder à l’antenne. Mon premier passage pour les nouvelles avait lieu entre 3h15 et 4h15 du matin. Maguy Farah estimait qu’une speakerine de la VDL n’avait pas droit à l’erreur. Même le bulletin de 5h15 nous était interdit car il y avait une chance que ceux qui se rendent très tôt à leur travail puissent nous écouter».  
Avec le début de la guerre entre l’armée et les Forces libanaises et pour des raisons de logistique, Nada Saliba quitte la radio. De son passage à la VDL, elle tire beaucoup de fierté. «Cette radio était une école où j’ai acquis les bases du métier. Je me vantais d’en être sortie et cela m’a donné une grande expérience». Après la réunification des deux stations de Télé Liban (Hazmieh et Tallet el-Khayat), Nada Saliba, présente aussi sa candidature, à la Mbc, qui venait d’être lancée à Londres. «Je me suis rendue en Grande-Bretagne mais finalement j’ai choisi de rentrer à Télé Liban, à Beyrouth. Je pensais que ma présence était plus utile à mon pays». Des désillusions, elle affirme en avoir connu dans sa vie. «Toutes ces déceptions m’ont rendu plus forte. J’ai donné plus à Télé Liban que je n’en ai reçu. J’ai toujours espéré que les autorités finiraient par redresser cette chaîne qui mérite de survivre».  
Lorsqu’elle y débute, Fouad Naïm en est le Pdg. «C’était l’âge d’or de la chaîne». Durant cette période, elle est de nouveau sollicitée par la Mbc qui avait déjà commencé à diffuser ses programmes depuis Londres. «Lorsque j’ai demandé conseil à Fouad Naïm, il m’a dit qu’à la Mbc tu seras juste un numéro. J’étais impressionnée par leur news room et par l’idée qu’on était regardé partout dans le monde. C’était mieux payé et on pouvait y faire carrière. La priorité était ma vie familiale. L’argent et la gloire ne durent pas. J’ai reçu plusieurs offres mais ce n’était pas la vie que je souhaitais. J’ai finalement décidé de rentrer pour de bon au Liban et d’y fonder une famille». A ce moment, Télé Liban réussissait encore à faire la concurrence aux autres chaînes. «Des séries dramatiques étaient même produites et avaient beaucoup de succès tels que Al Assifa tahoub marratayn. J’avais au Liban tout ce que je souhaitais».

Animatrice d’émissions
Elle présente des émissions notamment 5/7 avec Zaven Kouyoumjian et Massikon bel kheir, un magazine. Malheureusement, les conflits politiques ont éclaté dans le pays. «Télé Liban en a fait les frais et la station était de plus en plus délaissée. Malgré de légères améliorations, il reste encore beaucoup à faire pour devenir compétitifs». Y a-t-il des espoirs pour redresser la chaîne? «S’il y a une décision politique dans ce sens, il est possible d’améliorer la situation. Nous avons beaucoup de gens qualifiés. Mais il faut d’abord la mettre à l’abri des frictions politiques. Aujourd’hui, la télévision nationale est en train de mourir. Sauvez-la!».  
Des personnages politiques, Nada Saliba en a rencontré durant sa longue carrière. Chaque personne croisée a laissé un impact dans sa vie. «En 1993, alors que le sida était encore un sujet tabou, j’ai interviewé Robert, un malade qui m’a beaucoup marquée». Elle se souvient également de Rafic Hariri, qui «aimait beaucoup écouter les gens et savoir ce qu’on disait de lui». Il l’a aussi encouragée à rester au Liban. «J’étais reporter au Grand Sérail et un jour où il faisait son briefing quotidien, il m’a dit: Nada, ne quitte pas le pays».


En chiffres
30
Elle passe à la VDL trente mois.  

27
Le nombre d’années passées à Télé Liban.

6 000
A son actif, plus de 6 000 heures d’antenne.

Joëlle Seif

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 Paul Khalifeh
   

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