Achraf Rifi. Le Hezbollah a commis tous les crimes au liban
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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

Achraf Rifi. Le Hezbollah a commis tous les crimes au liban

 
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    Achraf Rifi. Le Hezbollah a commis tous les crimes au liban
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Son franc-parler tranche avec la langue de bois des hommes politiques. Achraf Rifi se qualifie de «modéré fort», ayant pour mission de rendre aux sunnites leur dignité, pour les empêcher de s’égarer dans les bas-fonds de la radicalité. Pour cela, il développe un discours très hostile à l’égard du Hezbollah et de l’Iran. Magazine l’a rencontré.  

Ils sont devenus présidents de la République, ministres ou encore députés. Dès le lendemain de l’indépendance du Liban, de nombreux officiers issus de l’armée ou des Forces de sécurité intérieure (FSI) se sont impliqués activement dans la vie politique. Achraf Rifi en fait partie. Même s’il assure n’avoir jamais clairement envisagé une carrière politique, l’ancien directeur des FSI et ex-ministre de la Justice affirme qu’il a toujours aimé le contact avec les gens. Comment aurait-il pu en être autrement pour cet homme qui a dirigé, de 1981 à 1988, le Bureau des relations publiques des FSI? «Lorsque j’ai fait valoir mes droits à la retraite, je n’imaginais pas une seule seconde une reconversion dans le business. Je me suis naturellement tourné vers la vie publique, mais je ne croyais pas que les choses iraient si vite», confie-t-il à Magazine.
Achraf Rifi a réussi, sans transition, le passage du statut de haut fonctionnaire à celui de figure politique incontournable dans sa ville de Tripoli et sur la scène sunnite libanaise. Son ascension, il la doit aussi bien à des hommes, comme Saad Hariri et Nagib Mikati, qu’aux circonstances qui ont suivi l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en février 2005. Pour sa part, il minimise le rôle de ceux qui l’ont aidé à gravir les échelons, et estime que son assiduité au travail et ses succès dans ses fonctions ont plaidé en sa faveur. Ingratitude? «Je n’ai jamais été employé par quiconque, à part l’Etat», se défend-il.
Au-delà du rôle joué par certaines personnalités, il est incontestable qu’Achraf Rifi doit son ascension à ses succès à la tête des FSI. Nommé directeur général quatre jours seulement après le retrait de l’armée syrienne, le 30 avril 2005, par le gouvernement de Nagib Mikati, il entame une refondation profonde de cette institution. Il se souvient: «Lorsque j’ai pris en main les FSI, elles avaient des effectifs réduits, ses membres suivaient un entraînement élémentaire, sans spécialisation, et les équipements étaient vétustes. De plus, la décision sécuritaire était contrôlée par le tuteur syrien. Les défis auxquels nous étions confrontés étaient d’autant plus grands que le pays était secoué par une vague d’assassinats politiques.»

Ancrage occidental
Dès son entrée en fonction, Achraf Rifi prend le choix stratégique de reconstruire les FSI conformément «à une vision occidentale». «Nous avons mené des concertations avec les services de sécurité arabes et occidentaux ainsi qu’avec Interpol pour sauver le Liban et établir une feuille de route afin de renforcer la sécurité, dit-il. Nous avons construit un solide réseau de relations pour profiter de leur expérience à une époque où les crimes et la sécurité sont devenus mondialisés». La transformation des FSI n’était pas une mince affaire, se souvient-il: «Il fallait se débarrasser de la mentalité syrienne, basée sur l’école du bloc de l’est (soviétique, ndlr), qui ne valorise pas l’être humain et n’a aucun respect pour la vie de l’homme. Nous avons résolument choisi l’école occidentale, qui respecte les droits de l’homme. Nous avons ouvert, pour la première fois, nos prisons à la Croix-Rouge, tout en sachant que leur état était lamentable et dégradant. Avec le procureur Saïd Mirza, nous avons, en quelque sorte, ouvert les fenêtres pour permettre à l’air frais de chasser la puanteur et la pourriture. En parallèle, nous avons introduit les méthodes scientifiques dans la lutte contre la criminalité, comme l’analyse des datas des télécoms, de l’ADN, des empreintes digitales, l’installation de caméras et autres matériels modernes. Nous avons construit le plus performant laboratoire technique et scientifique du Moyen-Orient, ainsi que de nouveaux bâtiments pour les FSI. Nous avons fondé un département des droits de l’homme et une commission pour lutter contre la torture…». L’objectif était de former une nouvelle génération d’agents, d’enquêteurs et d’inspecteurs, qui ont à leur disposition de nombreux outils autre que la torture et les mauvais traitements, utilisés abondamment par «l’école de l’est».
Achraf Rifi reconnaît avoir entretenu une relation étroite avec la CIA et le FBI «pour replacer le Liban sur la carte sécuritaire mondiale». Cette coopération avec les services américains n’explique-t-elle pas la méfiance que nourrissait le Hezbollah à l’égard de l’ancien directeur des FSI? «Le 8-Mars a essayé de nous mettre les bâtons dans les roues, bien qu’il ait lui-même profité de la modernisation des FSI, explique M. Rifi. Nous sommes, en effet, le seul service de sécurité arabe à avoir réussi à démanteler toute une structure d’espionnage israélienne. Nous avons neutralisé 33 réseaux israéliens, dont certains étaient actifs au sein même du Hezbollah ou du régime syrien. Malgré nos divergences, nous les avons prévenus et en exploitant les informations que nous leur avons fournies, les Syriens ont pu démanteler 17 réseaux dans leur pays.»
Achraf Rifi a dû se battre pour mener à bien son plan de reconstruction des FSI, questionné par un Hezbollah inquiet de l’influence grandissante des Américains au sein des services de sécurité libanais. «J’ai été convoqué plusieurs fois pour expliquer en Conseil des ministres ce qui a été convenu d’appeler le mémorandum Rifi-Feltman (du nom de l’ambassadeur américain de l’époque, Jeffrey Feltman, ndlr), déclare-t-il. J’ai clairement dit que je n’abandonnerais pas la coopération avec n’importe quel pays ami, si celle-ci sert l’intérêt du Liban et des Libanais. Lors d’une réunion du gouvernement, je leur ai dit que j’aspirais à envoyer mes enfants poursuivre leurs études, et mes officiers perfectionner leur formation, aux Etats-Unis, non pas à Téhéran. Je leur ai expliqué que je croyais uniquement en un Etat exerçant sans partage sa souveraineté sur son territoire, et que je refusais d’accorder une quelconque légitimité à un mini-Etat (en allusion au Hezbollah, ndlr), car cela cautionnerait une situation anormale. Mes convictions n’ont pas changé».

Un seul tueur
L’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri était le dossier le plus dangereux sur lequel travaillaient les FSI. «Tous ceux qui ont été la cible d’attentats étaient membres du service de renseignement des FSI, précise l’ancien ministre de la Justice. Le chef de ce département, Samir Chéhadé, a échappé à une tentative d’assassinat car il enquêtait sur la mort de Rafic Hariri. Son successeur, Wissam el-Hassan, a été tué parce qu’il possédait des preuves. L’affaire Michel Samaha y est également pour quelque chose. Wissam Eid a été assassiné parce qu’il a joué un rôle important dans l’enquête». Achraf Rifi est convaincu qu’«un seul tueur» a commis tous les assassinats et les attentats qui ont visé des personnalités du 14-Mars. «La décision est venue d’Iran et de Syrie et le Hezbollah est l’exécutant, soutient-il. Ma conviction se base sur les données que nous avons obtenues lors des enquêtes menées».
La vague d’attentats contre des officiers du service de renseignement des FSI n’était-elle pas une riposte au soutien qu’ils auraient apporté aux rebelles en Syrie? «Nous étions effectivement impliqués dans le dossier syrien mais pas directement aux côtés de la révolution, indique M. Rifi. A une certaine époque, les Français, les Britanniques et les Espagnols ont sollicité notre aide pour la libération de journalistes détenus à Homs. Ces pays ont essayé d’obtenir leur libération à travers les révolutionnaires syriens mais ils ont échoué. Nous avons alors coopéré avec les services français, qui avaient des contacts avec les rebelles, puis nous avons accueilli les (journalistes) à la frontière avant de les remettre à leurs ambassades respectives, sains et saufs. Wissam el-Hassan assurait les moyens de sortir de Syrie à ceux qui fuyaient la répression du régime. Nous avions de la sympathie pour la révolution syrienne car nous étions convaincus que l’avènement d’un pouvoir libéral dans ce pays servirait les intérêts du Liban sur les plans sécuritaires, politiques et économiques».
Cette position n’était-elle pas en contradiction avec celle du gouvernement libanais, qui prônait, alors, la distanciation? «Le Hezbollah ne pratiquait pas la distanciation, souligne l’ancien patron des FSI. Pourquoi ce qui lui est permis me serait-il interdit? Pourquoi ceux qui ont soutenu la révolte syrienne sont-ils jugés devant le tribunal militaire alors que les hordes du Hezbollah, qui traversent ouvertement la frontière pour aller se battre aux côtés du régime, ne sont pas jugées, ni inquiétées?»
M. Rifi affirme que la distanciation n’était pas la position officielle du gouvernement libanais, qui n’exerçait pas un contrôle centralisé sur ses institutions. «Certains services de sécurité tournaient dans l’orbite du Hezbollah, ce qui n’était pas notre cas, dit-il. Nous servions le Liban, non pas le mini-Etat qui vit en son sein. Un officier ne peut pas accepter que des armes soient détenues par une partie autre que l’Etat. Nous exprimions notre vision avec clarté et nous étions les seuls à nous opposer aux armes du Hezbollah, que nous considérions comme illégales».

Entre paroles et actes
Achraf Rifi se pose donc en défenseur de l’Etat et de sa souveraineté. Toutefois, ne s’est-il pas rendu coupable d’un grave manquement aux principes qu’il prétend défendre lorsqu’il a refusé d’exécuter les instructions du ministre de l’Intérieur, Ziad Baroud, en mai 2011? Ce dernier lui avait demandé de retirer les agents des FSI qu’il avait postés devant un bâtiment relevant du ministère des Télécoms, à Adlié, pour empêcher le ministre Charbel Nahas d’entrer dans l’immeuble. «Dans cette affaire, j’ai scrupuleusement respecté la loi, se défend M. Rifi. M. Baroud était le représentant du pouvoir politique et moi le directeur des FSI. Mon devoir est de protéger les biens publics et en cas de dégradation, c’est moi qui risquait d’être questionné, pas lui. De plus, le ministre Nahas nous avait refusé l’accès aux datas des télécoms alors que nous en avions besoin pour l’enquête que nous menions sur l’enlèvement des sept touristes estoniens. Nous avions réussi à localiser leur lieu de détention, à Damas. Nous avions besoin des datas pour poursuivre les investigations. J’ai senti que le ministre Nahas complotait contre la sécurité nationale en raison de ses liens avec le Hezbollah et le régime syrien (…)». M. Rifi précise que la mission des agents des FSI déployés consistait à empêcher le démantèlement des équipements du troisième réseau de téléphonie mobile, offerts par la Chine, non pas d’empêcher le ministre Nahas d’accéder à l’immeuble.

Le divorce avec Hariri
Cet incident illustre parfaitement le type de relations heurtées que M. Rifi entretient avec la classe politique, aussi bien avec ses adversaires que ses amis supposés. «Les hommes politiques ne m’aiment pas car je ne suis pas comme eux, dit-il. Je ne leur ressemble pas et je ne veux pas traiter avec eux. En plus de la mauvaise gestion de l’administration, cette classe politique est responsable de la corruption sans précédent qui gangrène l’Etat et la société.» L’ancien ministre de la Justice rappelle qu’il a présenté une déclaration de patrimoine pour lui-même, son épouse et ses enfants, lorsqu’il a été nommé à la tête des FSI et le jour où il a quitté ses fonctions. «Je suis convaincu que celui qui veut faire de la politique doit faire preuve de transparence et ne doit avoir aucun objectif à part celui de servir les citoyens», dit-il.
Mais n’a-t-il pas œuvré pour obtenir la prorogation de son mandat à la tête des FSI? «Jamais, dit-il d’un ton catégorique. Un jour, Fouad Siniora m’a demandé si je souhaitais être reconduit dans mes fonctions. Je lui ai répondu par la négative. Toute cette affaire de prorogation supposée a été inventée par Nagib Mikati, qui voulait faire de la surenchère pour mobiliser les Tripolitains et les sunnites. Cela s’est retourné contre lui, car tous les mandats des responsables sécuritaires ont été prorogés à l’exception de celui du directeur des FSI. C’était un échec cuisant pour lui».
Achraf Rifi rejette les accusations d’ingratitude qui lui sont adressées et affirme qu’il ne doit rien à aucun homme politique, y compris Saad Hariri. «Ce n’est pas lui qui m’a nommé ministre de la Justice, c’est la base populaire que je représentais, explique-t-il. Ils avaient besoin d’une couverture, notamment de Tripoli, pour justifier leur participation à un gouvernement aux côtés du Hezbollah, ce qui était en contradiction avec nos positions antérieures. Je suis donc entré au gouvernement (de Tammam Salam, ndlr) pour apaiser la rue, c’est pour cela qu’ils avaient besoin de ma présence.»
Très vite, Achraf Rifi réalise que son rôle était d’être «un faux témoin», pour couvrir la politique dictée par le Hezbollah après que les règles du jeu aient changé en sa faveur, à l’issue de la vacance à la présidence de la République. «Ils ont inventé une hérésie constitutionnelle qui consistait à ce que toute décision, rejetée par deux entités politiques, soit bloquée en Conseil des ministres, dénonce-t-il. Puis le Hezbollah a commencé à hausser le ton contre l’Arabie saoudite. Je ne pouvais pas jouer le rôle du figurant.»
Deux événements sont à l’origine de la cassure survenue entre M. Rifi et Saad Hariri, et qui ont abouti à sa démission du ministère de la Justice: le soutien de Hariri à la candidature de Sleiman Frangié et l’affaire Michel Samaha. «Samaha est un assassin par excellence, dit-il. Ils ont tenté de le condamner à 7 ou 8 ans de prison seulement, ce qui était inacceptable. Toute compromission autour de la sécurité est inadmissible.»
Après ces deux «affaires», les chemins de Rifi et de Hariri se sont séparés et les deux hommes ne se sont plus jamais parlés.
Achraf Rifi se défend de développer un discours populiste et extrémiste pour rassembler autour de lui les sunnites mécontents. «Je suis un modéré fort, Saad Hariri est un modéré faible, dit-il. Son discours ne rassure pas les sunnites, qui se sentent humiliés. C’est pour cela qu’une partie d’entre eux a rejoint les groupes terroristes et extrémistes. Il faut leur rendre leur dignité. C’est ce à quoi je m’applique.»
Achraf Rifi se sent investi d’une mission, celle de faire face au «projet iranien». «L’Iran veut dominer le Liban à travers son bras libanais, le Hezbollah, prévient-il. Je n’accorderais pas de légitimité à ce projet, afin que nous puissions vivre, chrétiens et musulmans, sunnites, chiites et alaouites, ensemble et égaux. Le projet iranien est une occupation du Liban».
Pour contrer ce «danger», Achraf Rifi doit avoir une vision nationale. C’est pour cela qu’il examine actuellement la possibilité de présenter ou de soutenir des listes dans les différentes circonscriptions, à l’exception de celle de Saida-Jezzine «par respect à Bahia Hariri et Fouad Siniora».

Les FSI pour tous
En 2009, le député Ahmad Fatfat déclarait dans une interview à un journal américain que les FSI étaient «l’armée des sunnites». Toutefois, Achraf Rifi se défend d’avoir reconstruit une institution sur mesure pour une communauté bien déterminée. «J’ai porté les effectifs de 13 000 à 27 000, dit-il. Lorsque j’ai pris la tête de l’institution, les chrétiens ne représentaient que 27% des effectifs. Quand j’ai quitté mes fonctions, ils étaient 40,2%.» Contrairement aux idées reçues, les chiites étaient majoritaires aux FSI lorsque le général Rifi est nommé directeur. Il affirme qu’à travers son action, il a essayé de rééquilibrer la répartition communautaire au sein de l’institution.  

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

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