Alexander Zasypkin. Il ne faut pas toucher aux frontières des Etats
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Alexander Zasypkin. Il ne faut pas toucher aux frontières des Etats

 
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Autant géopoliticien que diplomate, Alexander Zasypkin ne cache pas son inquiétude quant à l’évolution de la situation au Liban, dans la région et dans le monde. Il pense, cependant, que c’est le discours de la sagesse qui va l’emporter sur les diatribes belliqueuses. L’ambassadeur écarte le partage des Etats et prévoit l’émergence d’un monde multipolaire.


Un poste au Liban depuis sept ans, Alexander Zasypkin a partagé avec les Libanais des moments intenses et d’autres moins glorieux. De la crise des déchets au vide présidentiel, en passant par l’élection de Michel Aoun, le retour de Saad Hariri et la victoire sur les groupes jihadistes, l’ambassadeur de Russie a été ce qu’il affectionne le plus: un témoin de l’Histoire. Ce diplomate chevronné, formé à l’époque soviétique, est un grand connaisseur du monde arabe, qu’il a arpenté pendant 40 ans, dont quinze passés en Syrie. Sa mission consiste tout simplement à trouver de nouveaux amis à sa patrie, qu’il sert avec passion et professionnalisme.
C’est dans cet esprit qu’il s’est employé à préparer la visite de Saad Hariri à Moscou, à la mi-septembre. Un voyage qui a permis, selon le Premier ministre, d’ouvrir «une nouvelle page dans les relations entre le Liban et la Russie». Accompagnés d’une importante délégation ministérielle et de plusieurs hommes d’affaires, M. Hariri a signé quatre accords-cadres dans les domaines de l’économie, de la culture, de la jeunesse et les sports, et de l’industrie.
M. Zasypkin a indiqué que l’intérêt du Liban se focalise principalement «sur la coopération dans le domaine du gaz et du pétrole, ainsi que la production de l’énergie électrique et la construction de barrages». Autre objectif prioritaire, élargir les échanges commerciaux. Sur le plan militaire, une nouvelle ère de coopération va commencer, elle se traduira par la réunion, prochainement, d’une commission militaire et technique conjointe, afin d’établir un plan d’action (voir encadré). «Les premiers résultats de cette nouvelle étape vont apparaître prochainement», commente sobrement le diplomate.
«Le Liban peut jouer un rôle dans la reconstruction de la Syrie». Cette petite phrase lancée par le président Vladimir Poutine devant Saad Hariri a aiguisé les appétits au pays du cèdre. Est-ce le signal que le Liban prendra des parts importantes dans cet immense chantier, estimé à 200 milliards de dollars? La création par des hommes d’affaires libanais de joint-ventures avec des sociétés russes signifie-t-il que la Russie est un passage obligé pour tous ceux qui souhaitent participer au processus de reconstruction du voisin de l’est? «La Syrie va inéluctablement être reconstruite et les discussions préliminaires à cet effet ont commencé. Mais à quel rythme va se faire la reconstruction, qui va y participer, par quels moyens et dans quelle mesure, ces questions restent ouvertes, déclare Alexander Zasypkin, prudent. Nous estimons que la reconstruction est indispensable pour la normalisation de la situation en Syrie. Elle est importante dans la résolution du conflit, car la solution comporte des volets politique, militaire et sécuritaire, humanitaire et économique».

Coordination avec Damas
En dépit des imperfections et des erreurs, l’ambassadeur de Russie se déclare satisfait de la manière avec laquelle les Libanais ont géré les conséquences sur leur pays de la guerre en Syrie. Il qualifie de «grande victoire nationale» l’éradication des foyers terroristes à la frontière orientale. «Le territoire a été libéré des terroristes, c’est là l’objectif de tous les pays de la région qui luttent contre ces groupes, dit-il. C’est pourquoi la Russie est intervenue en Syrie. Nous pensons que la lutte contre le terrorisme est la même pour tous, notamment le Liban, la Syrie et l’Irak. Une victoire au Liban contre ces groupes est très importante». En fin diplomate, M. Zasypkin estime que la polémique au Liban sur l’opportunité de coopérer avec Damas dans la guerre contre le terrorisme est une «question interne». Il enchaîne, cependant, que «sur le plan du principe, nous sommes favorables à une coordination entre toutes les parties qui combattent ces groupes». «Le président Poutine a proposé de créer un large front contre le terrorisme. En Syrie, il existe déjà une alliance composée de l’armée syrienne, de ses alliés et de la Russie. D’un autre côté, il y a la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Nous appelons à une coordination entre tous ceux qui combattent les terroristes».
Le devoir de réserve que lui impose sa fonction ne l’empêche pas d’exprimer prudemment son opinion sur une autre question qui divise les Libanais: l’opportunité d’établir des contacts avec Damas pour organiser le retour des déplacés. Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité que le président américain, Donald Trump, a récemment suggéré que les réfugiés devraient être installés dans les pays voisins. «Les propos de Trump ne sont pas clairs, tempère-t-il. Cependant, la moindre allusion à l’implantation des réfugiés peut avoir de graves répercussions sur le Liban. Les positions sur cette question doivent être très précises, surtout lorsqu’elles émanent d’une grande puissance. L’implantation est un sujet sensible au Liban. La position de la Russie est stable et inchangée: nous sommes catégoriquement opposés au maintien des réfugiés au Liban».

Le Hezbollah: une résistance
Mais pour assurer le retour des réfugiés, il faut d’abord réunir les «conditions favorables». «Le retour peut être graduel, en commençant par les régions sûres, dit-il. Les divergences interlibanaises sur l’opportunité d’établir des contacts avec la Syrie à cet effet sont une question d’ordre interne. Nous pensons, cependant, que les intérêts du Liban doivent primer dans tout débat, et que les Libanais ont un besoin direct de discuter certains dossiers avec l’Etat syrien. Les Libanais sont les mieux qualifiés pour parler de sujets qui les concernent en premier lieu. Il y a des impératifs logistiques, comme les modalités de transfert des réfugiés du Liban vers des régions syriennes. Ces divergences interlibanaises sont motivées par des considérations politiques liées à la position vis-à-vis du régime en Syrie. Nous ne sommes pas d’accord avec les jugements qui font assumer à ce régime la responsabilité de tout ce qui s’est passé ces dernières années. C’est le rôle d’un Etat que de défendre son pays et de combattre les ingérences étrangères. Tout autre Etat aurait fait de même. Le refus d’établir des contacts avec le régime syrien dans l’affaire des réfugiés sous prétexte qu’il est responsable de leur drame ne nous convainc pas», fait-il remarquer.
La position de la Russie concernant la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie est sans ambages et mécontente une partie de la classe politique libanaise. «Nous coopérons avec l’armée syrienne et ses alliés, y compris le Hezbollah, affirme Zasypkin, avant de poursuivre: «Avec les Syriens nous combattons un même ennemi terroriste, tout comme le Hezbollah. Nous sommes des compagnons dans une même lutte. L’autre point concerne la légitimité de la présence de la Russie, des Iraniens et du Hezbollah. Nous sommes tous présents en Syrie à la demande des autorités légales. Nous ne pouvons pas en dire autant des Américains et des autres membres de la coalition internationale. Ceci dit, la Russie est un Etat, et elle traite avec l’Etat syrien. Le Hezbollah, lui, est un mouvement de résistance, qui possède ses spécificités au Liban. Nous devons cependant reconnaître que la Résistance a une histoire, des accomplissements. Dans la guerre actuelle, nous identifions parfaitement l’ami de l’ennemi. Ce dernier est le terrorisme takfiriste, ou le terrorisme d’el-Qaïda et de ses affidés».
Bien qu’il ne soit pas un «expert militaire», le diplomate estime que «le rôle des alliés de la Syrie dans la lutte contre les terroristes, était très capital». Et M. Zasypkin de poursuivre: «Il est important de noter que le vaste réseau qui a permis à des combattants extrémistes de plus de 80 pays d’affluer en Syrie a été organisé dès le début de la crise. Cela constitue une gigantesque intervention internationale. Le régime syrien était seul pour faire face à cette attaque. Ce n’est que par la suite que les alliés de Damas se sont mobilisés pour soutenir l’armée syrienne. Cela a permis de renverser les rapports de force».

Risques de déstabilisation
Le pays du cèdre était cité comme un modèle de stabilité dans une région dévastée par les conflits. Mais ce fameux «parapluie international» existe-t-il toujours, surtout après les propos de Trump sur l’implantation des réfugiés, ses menaces contre l’Iran et les pressions sur le Hezbollah? L’analyse de M. Zasypkin déborde sur le contexte géopolitique régional, et au fil de l’entretien, on constate que le destin du Liban semble lié à des enjeux qui dépassent ses frontières. «Dans ces principaux éléments, l’équation (à l’origine de la stabilité) est toujours valable, rassure-t-il. Il faut cependant reconnaître que la remise en question par les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et leurs critiques de ce qu’ils appellent le renforcement de l’influence de l’Iran, suscitent des craintes légitimes». Selon lui, l’attachement à la stabilité du Liban repose sur le respect de tous les équilibres, internationaux, régionaux et locaux. «Toute atteinte à ces équilibres, notamment d’éventuelles sanctions contre le Hezbollah, pourrait avoir des répercussions négatives, car celles-ci affecteront les intérêts du Liban tout entier, prévient-il. Donc, les risques (de déstabilisation) existent, il faut rester vigilant. Il est difficile de savoir si ces répercussions seront de nature sécuritaire. En tout cas, il est préférable que les Etats-Unis n’adoptent pas des mesures susceptibles de compliquer la situation.»
Le facteur israélien peut également jouer un rôle déstabilisateur. «Israël a fait savoir qu’il ne s’opposait pas au maintien du régime syrien à condition que la Syrie change la nature de ses relations avec l’Iran et le Hezbollah, dit-il. Mis à part le fait que l’influence de l’Iran n’est pas aussi grande que ne l’affirment Tel-Aviv et Washington, la condition posée au pouvoir syrien n’est pas réaliste. Peut-on vraiment imaginer que le régime syrien va s’éloigner de l’Iran et du Hezbollah alors qu’ils font partie d’une même alliance, appelée l’axe de la Résistance»? L’ambassadeur estime que poser une telle condition traduit un manque de sérieux politique, «sauf s’il s’agit d’un prétexte pour se lancer dans de malheureuses aventures». «Le danger existe, mais je pense que ce jeu est sans perspective. La situation reste sous contrôle, poursuit-il. En tout cas, les développements futurs dépendent de l’attitude des Etats-Unis, surtout qu’il est de plus en plus question de nouvelles alliances entre l’Amérique, certains pays arabes et Israël, pour contrer l’Iran et l’axe de la Résistance. La position américaine, basée sur une certaine évaluation de la situation, ne doit pas conduire à une accumulation de problèmes qui risquent de provoquer de nouveaux conflits. Nous déployons actuellement des efforts pour éradiquer le danger terroriste et entrer dans une phase de compromis», dit-il.

Pas de partage
Les risques d’une guerre israélienne contre le Hezbollah au Liban ou en Syrie sont-ils aujourd’hui plus grands? «La situation générale sur le plan international est compliquée et l’évolution est difficile à prévoir, répond M. Zasypkin. L’équilibre de la terreur entre le Hezbollah et Israël empêchait l’éclatement d’une guerre. Nous constatons que le ton a changé ces derniers temps, aussi bien dans le cas de la Corée du Nord que du Hezbollah. Il y a des parties qui menacent de déclencher des hostilités. Les Américains contre Pyongyang ainsi que les Israéliens, qui intensifient leurs raids en Syrie contre des positions du Hezbollah. Ces actions et ces propos belliqueux peuvent avoir de graves conséquences, qui doivent faire bien réfléchir ceux qui en sont responsables. Personnellement, je ne pense pas que l’Etat hébreu choisira l’option militaire. Nous sommes plutôt dans une optique d’encerclement du Hezbollah à travers des sanctions et des pressions».   
Dans ce contexte incertain, le référendum sur l’indépendance organisé dans le Kurdistan irakien ne prélude-t-il pas au partage des pays de la région en entités ethniques et confessionnelles? «Le projet de partage n’est pas nouveau, fait remarquer M. Zasypkin. Avant même la fondation du califat (de Daech), l’idée d’un sunniland était évoquée non pas par les terroristes mais par des intellectuels arabes et occidentaux. Ledit printemps arabe s’inscrivait déjà dans ce contexte. Certes, les populations avaient des revendications parfois légitimes, mais d’autres acteurs possédaient des agendas politiques, économiques et sécuritaires qui aboutissaient, in fine, au démembrement des Etats. Le projet de modification des frontières au Moyen-Orient et de création de cantons confessionnels ne date pas d’hier. La question du référendum est une partie de ce grand tableau. Chaque acteur possède ses objectifs et les Kurdes ont les leurs. Au début de chaque nouvelle étape, les acteurs redéfinissent leurs priorités pour tenter d’atteindre leurs buts. La position de la Russie est claire: nous sommes catégoriquement opposés à tout changement des frontières des Etats de la région et nous luttons, militairement et politiquement, contre le partage. Dans le même temps, il faut garantir les droits des composantes ethniques et confessionnelles à travers un dialogue national. Dans ce cadre, il est important de noter que les zones de désescalade en Syrie visent à normaliser la situation et non pas à consacrer des zones d’influence. Nous sommes parfaitement conscients que ces arrangements doivent prendre fin lors de la solution politique. Cela va se produire inéluctablement car les enjeux ne sont pas régionaux mais internationaux et sont liés à l’émergence d’un nouvel ordre mondial multipolaire. Un ordre basé sur le pluralisme auquel participeraient non pas des cantons ou des pays démembrés mais des Etats souverains. C’est pour prévenir le partage de la Syrie que l’armée gouvernementale et les Russes se sont dirigés vers l’est pour reprendre Deir Ezzor, tout comme les autres batailles livrées ces deux dernières années, depuis l’intervention de la Russie, et qui ont permis de renverser les rapports de force en faveur de l’Etat syrien. Plus l’armée syrienne libère des territoires, moins la division du pays est possible. Mais le réalisme nous pousse à dire qu’il existe encore sur le terrain des forces étrangères, présentes d’une manière illégale. Cette présence suscite chez nous des craintes quant à l’avenir».
Une solution politique durable en Syrie peut-elle être trouvée avec le maintien au pouvoir du président Bachar el-Assad? «C’est une question extrêmement sensible qui est totalement du ressort du peuple syrien, répond M. Zasypkin. Il est préférable que les responsables étrangers n’abordent pas ce sujet car cela pourrait compliquer les efforts en cours pour mettre fin à cette terrible guerre. Nous pouvons constater, cependant, que le président Assad est un dirigeant qui, en période de crise, a décidé de résister et de faire face à l’agression contre son pays. D’autres ont fui devant le danger. La Russie et la communauté internationale doivent faire en sorte que les prochaines élections en Syrie soient intègres et libres», conclut-il.


Coopération militaire
Il n’est plus question de la livraison gratuite, au Liban, de 10 chasseurs-bombardiers Mig, comme cela avait été suggéré il y a quelques années. Concrètement, il s’agit d’une coopération sur le long terme, concernant plusieurs types d’armement destinés aussi bien à l’armée qu’aux Forces de sécurité intérieure. «Il y a quelques années, se souvient Alexander Zasypkin, l’idée était que la Russie accorde un prêt consacré à l’achat de matériel militaire russe. Le projet a été gelé avec le déclenchement du printemps arabe. La coopération militaire a de nouveau été envisagée dans le cadre du don saoudien de trois milliards de dollars, qui n’a finalement plus vu le jour. Aujourd’hui, c’est une nouvelle page qui est ouverte sur des bases nouvelles. Il encore trop tôt d’entrer dans les détails car les négociations sont en cours».
L’ambassadeur ne pense pas qu’il existe un veto américain à l’achat par le Liban d’équipements militaires russes. «De toute manière, s’il y a des objections, c’est à Beyrouth à les traiter. Nous partons du principe qu’il est dans l’intérêt du Liban qu’il diversifie ses sources d’armement».

Paul Khalifeh

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   

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