Imad Marmal. Le journaliste cravaté sur al-Manar
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Nº 3081 du vendredi 1er septembre 2017

Imad Marmal. Le journaliste cravaté sur al-Manar

 
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    Imad Marmal. Le journaliste cravaté sur al-Manar
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Depuis sa plus jeune enfance, Imad Marmal savait parfaitement ce qu’il voulait devenir: un journaliste. Une brillante carrière au Safir, présentateur du talk-show politique Hadiss el-saa sur al-Manar, il a imposé son style et son empreinte à la télévision du Hezbollah, en étant le seul présentateur à porter la cravate.


Très tôt, Imad Marmal est déjà atteint du «syndrome» de la passion pour la profession. «Nous habitions la région de Hadath et, tous les matins, alors que j’étais encore à l’école, je courais dans la rue acheter le journal, dès que j’entendais la voix du marchand de journaux». Il se prend au jeu et écrit son propre journal, en découpant des photos qu’il collait les accompagnant d’un texte. Ses deux uniques lecteurs sont son père et sa mère. Il écoute les nouvelles à la radio: la Voix du Liban, la station des Mourabitoun, Radio Monte Carlo et la BBC (British Broadcasting Corporation). «Je connaissais par cœur les horaires de toutes les stations».
Imad Marmal fait des études en information et, en dernière année d’université, il commence un stage au quotidien al-Liwa’. «En un an au Liwa’, j’avais fait le tour de tous les services». En 1993, il reçoit une proposition du quotidien as-Safir. «J’ai commencé par la page culturelle, alors que j’étais au service politique dans le Liwa’. Par la suite, j’ai travaillé dans tous les services jusqu’à devenir responsable de la manchette du Safir».
En 2000, M. Marmal est contacté par Nayef Krayem, directeur à l’époque de la chaîne du Hezbollah, al-Manar, pour présenter une émission politique. «C’est un homme à l’esprit très ouvert, qui avait le désir de sortir al-Manar de son milieu purement chiite et engagé, pour atteindre une nouvelle audience. J’avais toutes les compétences requises. Je suis ouvert, accepté de tous et en accord avec les constantes politiques de la chaîne», sans être directement engagé. Contrairement à tous les présentateurs de la station, Imad Marmal pose, comme première condition, le port de la cravate et c’est ainsi qu’il est le seul à apparaître sur cette télévision engagée affichant cet ornement considéré comme une marque culturelle occidentale. «J’estimais que cette différence faisait partie de ma mission d’ouverture. Pour la première fois, al-Manar employait quelqu’un qui portait une cravate et ce fait a contribué à me donner une spécificité. La cravate est devenue mon identité personnelle, ma trademark en quelque sorte». Les critiques fusaient de toutes parts, des membres du parti ainsi que des personnes conservatrices. «Au début, il y a eu un rejet de la part des uns et un impact positif chez les autres, mais par la suite, le port de la cravate a été accepté par tous lorsque j’ai fait mes preuves».  

Un monde nouveau
S’il a bien choisi la presse écrite, en revanche, c’est la télévision qui l’a choisi. «Je n’ai pas voulu faire de la télévision, c’est al-Manar qui a fait appel à moi. C’était un monde nouveau pour moi. Je le compare à celui qui a deux épouses. Je les aime toutes les deux et j’ai réussi à les faire vivre sous un même toit. Mes informations et mes relations de la télévision me servent pour le journal et vice versa. La télévision m’a donné la célébrité et réduit la distance entre les gens et moi». Pour le journaliste, la télévision et le direct, surtout, sont un champ de mines, dans lequel il faut avancer prudemment. «Tout peut arriver en direct. Il faut rester constamment vigilent, ne pas perdre le fil de ses idées. C’est une énorme responsabilité qui réclame un effort mental et physique. En revanche, lorsque j’écris un article, je suis le maître absolu de la situation. C’est une sorte de one man show, alors qu’à la télé, j’ai des partenaires».
Pour Imad Marmal, il ne suffit pas de recevoir une personnalité de premier rang pour réussir une émission. «C’est une arme à double tranchant. Avec une personnalité de premier rang, on peut lamentablement échouer, si on n’est pas bien préparé et si on n’est pas du niveau. Quel que soit l’invité, le succès de l’émission est une responsabilité partagée entre lui et le journaliste».
De ses multiples interviews, M. Marmal confie qu’une émission avec des personnes telles que le président Michel Aoun ou Sayyed Hassan Nasrallah est facile, car ce sont des hommes francs et directs. «Sayyed Hassan Nasrallah met tout de suite son interlocuteur à l’aise. Il a beaucoup de charisme, de présence et, quelles que soient la dureté de ses propos et la force de leur contenu, il reste toujours poli et courtois». S’agissant du président Aoun,
M. Marmal précise qu’il a un caractère fait pour la télévision. «Sa franchise, sa spontanéité et son impulsivité font partie de sa personnalité. S’il ne s’emporte pas, ce ne serait pas lui. C’est sa personnalité qui fait le succès de l’émission». Interviewer Walid Joumblatt est un réel plaisir pour le journaliste. «Il faut être bien préparé et avoir beaucoup de questions en réserve car, souvent, ses réponses sont lapidaires. Il faut être prêt à toutes les éventualités, parce qu’il peut surprendre et, brusquement, prendre une nouvelle position ou une position contraire». La franchise et le courage de Sleiman Frangié font également de l’émission un succès. «Il ne fatigue pas son interlocuteur, car il manifeste toujours beaucoup de courage et de sincérité dans ses réponses».
Si on demande à Imad Marmal si la chaîne al-Manar ne l’a pas quelque peu limité, il répond que, bien au contraire, c’est elle qui l’a rendu célèbre. «Je me considère l’enfant gâté d’al-Manar. Ma cravate serait passée inaperçue sur une autre chaîne. C’est bien sur al-Manar qu’elle possède un sens». Il pense avoir détruit des idées préconçues. Quoique son audience soit plus faible que d’autres, car c’est une chaîne partisane, M. Marmal estime qu’il reste gagnant dans cette équation. Après un bref passage au Diyar, il rejoint, dès septembre, le nouveau quotidien al-Ittihad. Malgré la célébrité, c’est un homme qui ne se prend pas au sérieux. Il a réussi à garder les pieds sur terre et les feux des projecteurs ne lui ont pas tourné la tête. «Je m’oublie», conclut-il avec le sourire.   


En chiffres

24
Imad Marmal a travaillé au Safir 24 ans, avant la fermeture du quotidien
en 2017  

17
Depuis 17 ans, Imad Marmal présente le talk-show politique Hadiss el-saa sur la chaîne al-Manar

 

900
Le nombre d’épisodes de son émission hebdomadaire,  sur al-Manar

Joëlle Seif

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Éditorial
Il faut saisir l’opportunité

Avant même que ne soient versés les salaires des fonctionnaires et des militaires, indexés à la nouvelle grille, les prix de certains produits de première nécessité et denrées alimentaires ont augmenté. Les prix avaient déjà fait un bond, il y a quelques mois, lorsque le Parlement avait entamé l’examen de l’échelle des salaires, avant de la renvoyer en Commission. Qui est responsable de cette montée injustifiée des prix? Les détaillants? les grossistes? les importateurs? C’est à l’Etat de trouver la réponse et de prendre les mesures nécessaires. C’est au gouvernement d’enrayer la montée des prix, qui risque de torpiller l’un des seuls aspects positifs de la grille des salaires, celui du renforcement du pouvoir d’achat de 270000 familles, ce qui devrait avoir pour effet de booster la consommation des ménages et, par conséquent, de relancer, même timidement, une économie moribonde.La situation économique est tellement mauvaise que certains acteurs du secteur lient le sort du pays au volume des transferts effectués par la diaspora. Si les flux de capitaux rentrants venaient à baisser pour une quelconque raison, les banques n’auraient plus les moyens de financer l’Etat. La seule lueur d’espoir est la reconstruction de la Syrie et le rôle que le Liban pourrait y jouer, entend-on de plus en plus souvent dans les cercles économiques. Or, la reconstruction semble, aujourd’hui, le thème principal qui occupe les discussions des responsables syriens avec leurs visiteurs étrangers. Des journalistes occidentaux, de retour de Damas, affirment que, «pour la première fois», leurs interlocuteurs étaient plus focalisés sur les questions de la reconstruction que sur les détails des opérations militaires, pourtant marquées par d’importantes avancées de l’armée régulière et de ses alliés sur tous les fronts, notamment face à Daech. «C’est mon dixième voyage à Damas depuis le début de la guerre, nous déclare un journaliste d’un quotidien français. Mais c’est la première fois que j’entends plus parler des projets immobiliers, des perspectives d’investissements et des grands chantiers à venir que des ‘‘victoires’’ de l’armée face aux ‘‘terroristes’’».La Foire internationale de Damas, qui a rouvert ses portes après cinq ans d’absence, était sur toutes les langues. Même les médias officiels syriens l’ont placée au cœur de l’actualité, reléguant au second rang la progression de l’armée dans le désert de la Badiya.Pendant ce temps, les Libanais se chamaillent et font de la surenchère sur l’opportunité de rétablir les contacts avec la Syrie. Il est du devoir de l’Etat de prendre toutes les mesures, politiques ou autres, afin que le Liban soit bien positionné en perspective de la reconstruction de la Syrie. Sinon, le pays risque de laisser passer une chance réelle de redressement.


 Paul Khalifeh
   

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