Nadim Koteich. Le trend setter, faiseur d’opinion
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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

Nadim Koteich. Le trend setter, faiseur d’opinion

 
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On peut l’aimer ou le détester, apprécier son style provocant ou pas, mais le journaliste Nadim Koteich ne laisse pas indifférent. Du lundi au vendredi, il présente l’émission satirique DNA sur la Future TV, où il vient d’être nommé directeur exécutif du journal télévisé et des programmes politiques.

A 10 ans, Nadim Koteich savait parfaitement ce qu’il voulait devenir: journaliste. Ses premiers pas dans le métier, il les fait dans Nahar el-Chabeb, «un espace créé par Gebran Tuéni, où des jeunes de tout bord et de toutes confessions pouvaient s’exprimer et discuter librement». Cette expérience confirme l’ouverture d’esprit de ce jeune chiite qui a vécu entre Saïda et Abra. «J’ai grandi dans un milieu mixte, entre chrétiens et druzes. Je me souviens avec tendresse de tante Lody, ma voisine chrétienne, qui arrivait chez nous tous les matins en robe de chambre avec sa raqwa de café, et de l’épicier druze au bas de l’immeuble». Ses lectures sont nombreuses et variées. «J’ai lu beaucoup de livres écrits par des chrétiens après la guerre, comme ceux de Joseph Abou Khalil ou Karim Pakradouni.
Cela m’a aidé à comprendre les choix que des gens font».
Il n’a jamais été en accord avec les choix politiques ou militaires chiites. La guerre, Nadim Koteich l’a vécue. «Les Forces libanaises nous ont poussés à l’exode. Je sais ce que c’est que de perdre sa maison, ses points de repère et ses jouets. C’était un vrai traumatisme! C’était une guerre qui n’avait pas de sens. J’ai toujours haï la guerre et les combats mais jamais les combattants. C’est pour cette raison que je suis radical dans mes positions en ce qui concerne les armes».
Avec les débuts des talk-shows politiques, il se passionne pour ce genre d’émissions et suit tous les jeudis l’émission de Marcel Ghanem, Kalam el-nas. «J’appelais régulièrement pour donner mon point de vue». Il écrit quelques articles pour Moulhak Annahar. «Mes articles avaient du succès. Malgré les erreurs et les hésitations des débuts, je me suis amélioré au fur et à mesure».

Un globetrotter
En l’an 2000, il fait sa première véritable expérience à la télévision d’Abou Dhabi. «En 2001, avec les attaques du 11 septembre, il n’y avait plus de reporters à la télé, chacun couvrant des conflits un peu partout. On m’a alors demandé de faire le rapport politique principal de la station. Ceci a été un vrai push pour ma carrière».
En 2003, il accepte une offre de la télévision al-Horra et se retrouve rapidement à Washington DC. «J’étais le producteur du journal télévisé. Mais en 2004, avec l’assassinat de Abdel Aziz al-Rantissi (cofondateur du mouvement palestinien Hamas avec cheikh Ahmad Yassine) par les Israéliens, le directeur de la chaîne, Mouaffak Harb, me demande d'assurer la couverture en direct de cet événement. Je l’ai fait pendant sept heures consécutives, recevant des invités du monde entier. A partir de là, j’étais devenu le principal journaliste de la station». Nadim Koteich présente alors le programme Ahad al as’ilat pendant trois ans avant de quitter en 2007 Washington DC pour s’installer au Koweït, où il travaille au quotidien al-Jarida.
Ce n’est qu’en 2008 que le journaliste  rentre au Liban et intègre la Future TV, où il présente l’émission Beit el yek suivie de Studio 24. «Ce dernier programme d’une heure trente, consistait en une couverture live des nouvelles locales et internationales de manière analytique». Lorsqu’on lui demande en 2012 de réduire son émission à 15 minutes, au lieu de se laisser démonter, Nadim Koteich décide de relever le défi. «Je voulais offrir les 15 meilleures minutes de la télé. C’est ainsi que DNA est né». De la provocation, de l’ironie et du sarcasme à gogo. «Je suis influencé par l’école américaine et j’aime appeler les choses par leur nom. J’ai brisé beaucoup de tabous avec cette émission. Je suis fier d’être un trend setter. Après Kalam el-nas, c’est le deuxième programme politique au Liban». Ne pas être apprécié par une grande marge de la population ne le dérange pas outre mesure. «Dans mon métier, je ne cherche pas la popularité. Le journalisme n’est pas un concours de beauté ou de popularité. Personne ne peut impacter      l’opinion publique sans être tranchant dans ses positions. Je dis souvent que je ne suis pas un expert en accident qui doit départager les responsabilités entre les deux parties. Quand on fait de la politique, il y a des gens qui vous aiment et d’autres pas. Cela m’est égal».

La politique, une drogue
Des ambitions politiques, Nadim Koteich dit en avoir eu dans le passé. «Maintenant, je n’en ai plus. Ce qui me motive c’est de faire la politique pour la politique, pas pour le titre. C’est comme une drogue pour moi. Malheureusement aujourd’hui au Liban, il n’y a pas de politique. J’ai un avis très clair et je suis un faiseur d’opinion». Derrière le journaliste provocateur, se cache un être d’une exquise gentillesse, qui aime l’art et la cuisine. Il a d’ailleurs débuté une collection d’œuvres de l’artiste Hussein Madi et Rachid Wehbé.


En chiffres

 

1 300
Le nombre d’épisodes de son émission DNA.

20
Vingt ans de carrière dans le journalisme.

1 500
Le nombre d’heures d’analyse politique dans le cadre de l’émission Studio 24.

Joëlle Seif

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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