Charles Jabbour. Un journaliste obsédé de politique
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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

Charles Jabbour. Un journaliste obsédé de politique

 
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    Engagé dans la politique jusqu’au bout, extrémiste dans ses positions, le journaliste Charles Jabbour occupe une place particulière dans le paysage médiatique libanais.   C’est à Maarab, dans le bureau qu’il...
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Engagé dans la politique jusqu’au bout, extrémiste dans ses positions, le journaliste Charles Jabbour occupe une place particulière dans le paysage médiatique libanais.  

C’est à Maarab, dans le bureau qu’il occupe depuis le 24 novembre 2016 en tant que responsable du département de l’information et de la communication au sein des Forces libanaises (FL), que Charles Jabbour nous reçoit. La politique, il en est «obsédé» depuis qu’il était tout jeune. «J’ai toujours pensé que je devais avoir un job qui ne me tienne pas éloigné de la politique». Il hésite un moment entre le journalisme et l’histoire avant d’opter pour la seconde. «Je voulais faire des études capables de me donner un background politique. Connaître l’histoire permet de mieux comprendre l’avenir». Avec sa licence et son DEA en poche, Charles Jabbour devient… journaliste. «Entre la politique et le journalisme il y a un fil très mince».
Etudiant, il est membre de la section estudiantine des Forces libanaises. Il fait ses débuts en tant que journaliste dans la revue des FL, al Massira. «J’écrivais des articles d’opinions jusqu’à ce que je reçoive une offre d’un centre d’études, le Lebanese Information Center». Par la suite, il occupe les fonctions de responsable du service local au quotidien al-Joumhouriya, dont il devient rédacteur en chef au bout de six mois.
«J’ai beaucoup travaillé dans un quotidien, où le contact avec le monde de la politique est permanent. C’était un moyen de créer et de dessiner une ligne politique». Il est proche de l’ancien ministre Elias Murr, le propriétaire du journal, qu’il rencontre une à deux fois par semaine. «Au sein du quotidien, dont la mission était de créer un équilibre entre 8 et 14 mars et où il fallait donner aux lecteurs le choix, j’étais devenu le fer de lance du 14 mars».

Le clash avec Murr
Malgré ses positions extrémistes et ses opinions tranchantes, il n’y a pas de véritable désaccord entre lui et Elias Murr. «Il n’y avait pas de contact régulier entre nous car tout se faisait à travers Georges Soulage, le directeur de la rédaction». A plusieurs occasions, l’ancien ministre couvre les excès de Charles Jabbour jusqu’au jour du fameux clash où Elias Murr lui interdit d’écrire pendant deux semaines. Le bouillonnant journaliste préfère partir et présente alors sa démission. «Malgré cela, j’ai quitté le journal en restant en bons termes avec Elias Murr», dit-il.
Durant quelques temps, il écrit pour des sites en ligne ainsi que pour le quotidien al-Charq el-awsat. En septembre 2016, Melhem Riachi lui propose de prendre en charge le site web des Forces libanaises. «Malgré la profusion des versions électroniques, je reste convaincu que c’est le journal qui crée l’événement. Mon but était de transformer le site en quotidien, en faisant une manchette tous les jours».
Avec l’élection du général Michel Aoun à la présidence et la formation d’un nouveau cabinet, Melhem Riachi devient ministre. «Je ne cherchais pas à occuper sa place. Etre aux côtés de Samir Geagea signifiait que je devrais baisser le plafond alors que je ne m’en suis jamais fixé un. Depuis toujours, j’essaie de repousser le plafond en le touchant à chaque fois pour le faire reculer». A son nouveau poste, il publie, expose, fait circuler la position des FL. «J’établis des contacts réguliers avec les journalistes et je fais en sorte que les FL soient présentes constamment sur la scène. J’aime ce que je fais et j’essaie de promouvoir le plus possible la vision du parti».
Quelle objectivité? Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il est extrémiste dans ses positions et manque d’objectivité, Charles Jabbour estime qu’il faut d’abord se mettre d’accord sur la définition de l’objectivité. «Si être objectif signifie être sans saveur, sans odeur et sans couleur alors oui, je ne suis pas objectif. Dans un pays comme le Liban, où les divergences et les divisions sont profondes, et où l’on n’est d’accord sur rien, on ne peut pas être objectif. Il faut être extrémiste». Pour le journaliste, l’objectivité consiste à transmettre l’information telle quelle, en toute transparence, sans détournement. «Etre objectif, c’est ne pas mentir ou déformer l’info ou carrément l’inventer. C’est prendre l’événement en lui-même mais l’expliquer selon notre propre vision. Il faut souscrire au contenu de l’information mais le journaliste doit avoir sa propre opinion».
Charles Jabbour dit ne pas avoir d’ambitions politiques. «Tout le monde pense que le poste que j’occupe actuellement est un tremplin. Pas moi. Je ne me retrouve pas dans une position politique. Je suis bien là où je suis mais le jour où je partirais d’ici, je voudrais faire de nouveau ce que j’aime: redevenir journaliste et analyste politique. L’homme politique est différent du journaliste. Chacun a sa mission. Je suis journaliste et je voudrais le rester».


En chiffres
5
Charles Jabbour a passé 5 années au journal al-Joumhouriya.

624
Il écrit plus de 624 articles dans ce quotidien.

540
Depuis 2008, il compte plus de 540 apparitions à la télévision.

Joëlle Seif

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 Paul Khalifeh
   

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