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Nº 3094 du vendredi 5 octobre 2018

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Portrait (24)

Sélectionnée par le fameux DJane Mag pour figurer parmi les 100 meilleures DJ du monde, Chloé Kteily est la seule Libanaise à faire partie de la compétition dont les résultats seront connus début décembre.

Une tête bien remplie, un joli minois, à 22 ans Chloé Kteily est une DJ confirmée qui a déjà derrière elle 7 ans de métier. Elle a 15 ans lorsque pour la première fois elle réussit à convaincre son père de l’emmener dans un club. «Je me suis maquillée pour paraître plus âgée. Mon ami Rodd était DJ mais je ne savais même pas que ça existait et que c’était un métier. J’ai mis le casque, j’ai pris une photo avec lui et j’ai tout de suite été séduite. Rodd a proposé de m’aider et m’a appris les bases du métier, la technique, la mesure, comment mixer les chansons et il m’a surtout fourni la musique».
Détentrice d’une licence en Relations publiques et Publicité, Chloé Kteily prépare sa deuxième année de master et songe sérieusement à poursuivre ses études en vue d’obtenir un doctorat. Mais sa passion reste incontestablement la musique. Enfant, elle fréquentait déjà le Conservatoire national. «J’étais tellement petite que je devais grimper pour m’installer sur le tabouret pour jouer au piano», confie la jeune femme en souriant. Au bout de quatre ans, elle laisse tomber le piano pour le chant et le oud. «Mes études scolaires étaient ma priorité et j’ai dû arrêter le conservatoire car les examens de chant tombaient au même moment q
ue les examens de fin d’année à l’école».   
A 16 ans, Chloé Kteily fait ses premiers pas en tant que DJ et anime des soirées privées, des mariages et des événements «Au début, j’avais un peu peur car je n’étais pas majeure mais par la suite je me suis affirmée et à 21 ans j’ai commencé à jouer dans les clubs les plus renommés. J’ai appris à me comporter avec les gens, à lire l’ambiance, deviner le genre de musique qu’ils apprécient, comprendre leur mood et leur jouer les chansons qu’ils apprécient».

La belle surprise
Elle joue de la musique au Seven Sisters du Biel et depuis un an, anime les samedis soirs du club Raw à Dbayé, où elle est aussi partenaire. «Au Seven Sisters, je jouais principalement de la musique anglo-saxonne, du Deep house, alors
qu’au Raw, c’est surtout de la musique orientale. Le public a beaucoup aimé». Son succès est tellement grand qu’elle est sélectionnée par le site électronique britannique DJane Mag pour figurer dans la compétition des 100 meilleurs DJ du monde. Elle se souvient de sa surprise en recevant cette nouvelle. «Je ne m’y attendais pas du tout. Lorsque j’ai reçu le mail m’annonçant ma sélection, je n’en croyais pas mes yeux. J’ai d’abord cru à une farce. Je suis la première Libanaise à être nominée dans ce magazine. C’était un rêve d’enfant qui se réalise. Je disais toujours à mes parents que mon ambition était d’être un jour dans ce magazine où figurent les DJ  les plus renommés. Armin Van Buuren et David Guetta ne sont pas les DJ les plus importants du monde par hasard. Ils ont participé à des compétitions, fait un travail sur eux-mêmes et sont devenus producteurs». Les votes pour la compétition seront arrêtés le 1er décembre. «Ceux qui désirent voter peuvent aller sur ma page Facebook ou Instagram et cliquer sur le lien».
Cette nomination est une sorte de consécration pour la jeune femme. «Cela m’a rendue très heureuse car elle a changé la perception négative que les gens peuvent avoir de ce métier surtout pour une fille, qui travaille la nuit. Mes études m’ont servi à montrer aux gens que je ne faisais rien de mal. J’ai décidé de mettre la caméra de mon téléphone devant moi et de me filmer en train de travailler pour que les gens comprennent ce que je fais. Cette démarche a changé leur vision du métier. Tous les DJ m’ont supportée. J’ai fait des mixages de musique anglo-saxonne et arabe en direct».

Un père protecteur
Alors que sa mère a toujours été son plus fervent support, au début son père était quelque peu réticent à l’idée et l’accompagnait partout. «De toute manière, je tenais à ce qu’il soit présent pour voir que je ne faisais rien d’autre que d’exercer une passion et un talent qui sont devenus par la suite une carrière. J’arrivais, je faisais mon boulot et je m’en allais.» Contrairement aux pratiques courantes dans ce milieu, Chloé Kteily ne bois pas d’alcool et ne fume pas. «Ni cigarette ni narguilé». Même la caféine n’est pas appréciée par la DJ. «Je n’ai pas besoin de la stimulation de l’alcool. Je suis guidée par ma passion pour la musique. En plus, j’étais tout à fait consciente du fait que j’ai commencé ce métier très jeune et je ne voulais pas me laisser entraîner sur cette voie alors que je n’avais même pas 18 ans. Je travaillais souvent très tard le soir et le lendemain très tôt j’arrivais à l’école puis plus tard à l’université. Mes profs étaient sidérés de me voir aussi matinale».  
La jeune femme est parfaitement organisée et gère son temps entre sa passion et ses études. «C’est un mode de vie un peu difficile mais j’aime ce que je fais. Si j’arrive à m’en sortir entre le travail et les études, en revanche je sacrifie beaucoup de choses sur le plan personnel. Je n’assiste pas à de nombreux événements familiaux, je ne vois pas mes amis. Alors que eux sortent en week-end, moi je travaille». Très sérieuse en matière d’études, Chloé Kteily estime que celles-ci lui ont beaucoup servi pour planifier sa promotion, négocier ses contrats et surtout «faire du business avec son talent». «Il faut aimer ce métier et être passionné pour réussir. C’est une grande responsabilité. Le public est exigeant, je ne peux pas me permettre de le décevoir. Les gens viennent m’écouter pour passer un moment agréable et s’amuser. Il faut être à la hauteur. Je ne peux pas tomber malade ou m’absenter».

Au Beirut marathon
Chloé Kteily anime des soirées et des mariages partout dans le monde: Doha, Dubaï, Jordanie, Egypte. «Je me rends là où on fait appel à moi. Je sais m’adapter et je ressens tout de suite ce que les gens aiment écouter». En tant que femme, exerçant un métier la nuit, elle n’a pas connu de mauvaise expérience. «Il y a toujours un dispositif de sécurité autour de moi. En outre je ne voyage jamais seule. Je suis toujours accompagnée par mon père ou ma mère».
Avec la notoriété, on devient mieux payé, dit Chloé Kteily mais ce n’est pas un métier stable. Le 11 novembre, elle sera sur la ligne d’arrivée du Beirut Marathon où elle jouera sa musique. Son ambition est de devenir connue mondialement et de produire sa propre musique. «Je souhaite, surtout, rendre les gens heureux et contribuer à leur donner de merveilleux souvenirs».

Joëlle Seif

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Éditorial
Gouvernement: le dernier sprint

Le processus de formation du gouvernement devrait être redynamisé à partir de cette semaine après un gel consécutif aux voyages du président Michel Aoun à Strasbourg et à New York, début et fin septembre. Les démarches en étaient restées, officiellement, à la mouture présentée le lundi 3 septembre par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et que le chef de l’Etat avait poliment déclinée. Mais les discussions s’étaient poursuivies loin des projecteurs entre MM. Aoun et Hariri, qui se seraient rencontrés à plusieurs reprises, discrètement, à la demande du chef du gouvernement sortant, afin de se soustraire aux pressions politiques et médiatiques. Aucun accord n’a été finalisé mais ces tête-à-tête ont montré une volonté des deux hommes de maintenir leur partenariat et d’essayer de surmonter les écueils qui ont retardé la naissance du Cabinet. Le plus sérieux obstacle est la répartition des quotas et des portefeuilles entre les deux principales formations chrétiennes: le Courant patriotique libre (CPL) et les Forces libanaises (FL). Cette question a été examinée lors de la rencontre à la Maison du centre, le 27 septembre, entre M. Hariri et le chef des FL, Samir Geagea. Des sources politiques informées affirment que des progrès ont été réalisés lors de cette réunion. Après le refus du camp présidentiel d’accorder quatre maroquins aux FL, comme le proposait M. Hariri, M. Geagea aurait accepté un compromis avancé par le Premier ministre désigné: quatre sièges ministériels dont la vice-présidence du Conseil (sans portefeuille) et les portefeuilles de l’Education, des Affaires sociales et de la Culture.   Lorsque la formule lui a été présentée avant son départ pour New York, le président Aoun ne s’est pas prononcé. Mais des milieux proches de la présidence ont laissé filtrer que la vice-présidence du Conseil pourrait être accordée aux FL, bien que le chef  de l’Etat considérait ce poste comme faisant partie de son quota, ainsi que trois autres ministères: la Culture, les Affaires sociales et un ministère d’Etat.Pour une bonne partie de l’opinion publique, toutes ces formules s’apparentent à des calculs de boutiquiers et à des querelles de puissants, qui se partagent le pouvoir entre eux. Quoi qu’il en soit, ces informations, confirmées par des sources diverses, dénotent une volonté de déblocage chez les principaux protagonistes, dont les revendications et les contre-revendications empêchent la formation d’un gouvernement depuis le mois de mai. Ce sursaut de conscience est surtout motivé par la crainte d’une détérioration irréversible de la situation économique et financière et par la conviction apparue chez les FL et le Parti socialiste progressiste (PSP) que le président Aoun ne cèdera pas aux revendications maximalistes de ces deux formations. Une fois l’écueil chrétien surmonté, les autres obstacles moins épineux de la représentation druze et des sunnites du 8-Mars seront rapidement réglés. C’est dans ces dispositions plutôt positives que les démarches pour la formation vont reprendre et s’accélérer dans les jours qui viennent.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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