Karen Boustany. Connecter le Liban et la diaspora
Logo

Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Karen Boustany. Connecter le Liban et la diaspora

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Karen Boustany. Connecter le Liban et la diaspora
    Après six ans de succès continu, la journaliste et écrivain Karen Boustany, présentatrice, créatrice et productrice de la série Asmaa Min al Tarikh, lance une plateforme et une application mobile....
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Après six ans de succès continu, la journaliste et écrivain Karen Boustany, présentatrice, créatrice et productrice de la série Asmaa Min al Tarikh, lance une plateforme et une application mobile. 500 interviews de personnalités d’origine libanaise sont désormais disponibles.

Comment est née l’idée du programme Asmaa Min al Tarikh?
C’est mon père, disparu en 2012, qui m’a inspiré l’idée de l’émission Asmaa Min al Tarikh. Mon père était un émigré qui a bien réussi et dont l’histoire est belle à raconter. J’ai d’ailleurs écrit un livre, Mon père, le roi du monde, qui retrace son parcours. Il a quitté le Liban à l’âge de 21 ans et il est revenu en 1978 pour y investir alors que beaucoup quittaient le pays. Aujourd’hui, à Lomé, au Togo, des rues portent son nom et sont baptisées Le Baron Boustany. Dans les années 80 les gens voulaient qu’il devienne ministre ou député, il leur répondait immanquablement: «J’aime toujours mon pays plus que moi-même. Le jour où je l’aimerai moins, je deviendrai député.»

 

Quel est l’objet de la série Asmaa Min al Tarikh?
Cette série retrace l’histoire de personnalités d’origine libanaise qui ont réussi dans le monde, mais pas nécessairement sur le plan financier. Leur réussite peut être politique comme celle du président du Brésil Michel Tamer, ou sociale, économique, médicale ou littéraire comme celle d’Amin Maalouf ou de Venus Khoury-Ghata, que j’ai tous reçus dans mon émission.  

Quand a-t-elle été lancée?
En 2012, au départ, elle portait le nom Ecrire l’histoire. En 2013, je l’ai changé et Asmaa Min al Tarikh a commencé à être produite par Eyestrategy, ma société de communication et de production opérant à Beyrouth et Dubaï. Dans la même année, j’ai tourné plusieurs épisodes aux Etats-Unis, à Los Angeles et Detroit au cours desquels j’ai notamment reçu Carlos Ghosn et Charles Achi, directeur de la NASA. Nous étions la première caméra arabe à entrer à l’agence spatiale.

Vous avez rencontré plus de 500 personnalités dans plus de 20 pays dans le monde. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée?
J’ai réussi à faire parler un grand nombre de personnes qui, à la fin de chaque interview, n’en revenaient pas de s’être dévoilées autant. Mes invités m’ont souvent confié qu’ils ont fait une rétrospective de leur vie au cours de l’entretien. A travers l’émission, ils retracent leur histoire. C’est un moment unique pour eux et pour moi. Ce qui m’a particulièrement émue chez la plupart d’entre eux, c’est le fait que ce sont des personnes humbles malgré leur grand succès. Elles ne manifestent aucun orgueil et aucune arrogance et cela est très touchant. Elles ne se vantent pas de leurs succès et respectent les lois et règlements de leur pays. J’ai été marquée par leur sincérité, par l’intelligence hors du commun de Carlos Ghosn et la simplicité du président brésilien Michel Tamer qui s’est déplacé lui-même de Brasilia à Sao Paolo pour faire l’interview. Ils ont tous parlé de leurs débuts très modestes. Ils se sont tous battus pour arriver. La qualité commune à toutes les personnes interviewées est l’ambition et l’acharnement au travail. Ce sont des personnes qui lisent beaucoup et qui consacrent un peu de temps pour tout. Elles sont totalement investies dans leur travail, leur famille et leur passion personnelle.

Pourquoi y a-t-il moins de femmes que d’hommes sur votre plateforme?
En effet, les femmes sont moins nombreuses et plus difficiles à trouver car les sociétés patriarcales se trouvent partout au monde. Celles que j’ai interviewées en Europe et aux Etats-Unis ont connu les mêmes difficultés que les femmes au Liban. Chaque histoire est passionnante. C’est l’aspect humain qui est primordial dans mes entretiens. Il représente la base et c’est ce qui différencie une histoire d’une autre.

Comment avez-vous eu l’idée de créer la plateforme et de lancer cette application?
Je suis quelqu’un de très innovateur et mon travail concerne la technologie, les sites électroniques, les réseaux sociaux. Je me suis dit pourquoi ne pas créer une plateforme électronique et une application regroupant les huit saisons d’Asmaa Min al Tarikh? Il y avait continuellement une demande pour revoir ces épisodes. Avec mon équipe, nous avons rassemblé toute cette data dans une application, sur youtube Channel et sur un site électronique. Ceci est une première dans le monde. Il existe des télévisions qui ont une application mais pas une émission. Asmaa Min al Tarikh est la première application dans ce sens. Chaque année j’aime innover. Etre vivant, c’est créer continuellement.

Quel est l’intérêt de cette application?
L’application est faite de manière très professionnelle et son usage est facile. Elle est interactive et donne la chance aux utilisateurs de se connecter directement avec les grands noms de la diaspora. Cette application gratuite peut surtout aider les jeunes à connaître les personnes d’origine libanaise qui ont réussi à l’étranger, retrouver leur histoire, leurs réalisations et entrer en contact direct avec eux. Je suis prête à apporter mon aide à de jeunes talentueux, qui n’ont pas les moyens de monter leur propre start-up ou financer leurs études en les mettant en contact avec ces personnes qui ont réussi dans le monde. Beaucoup de gens se sont inscrits et je reçois de nombreux mails. C’est une manière de se rapprocher de son audience et de faire quelque chose pour le Liban. Aider le pays économiquement, c’est le faire vivre.

Quels sont vos projets?
Je ne me contente pas de faire des émissions sur les émigrés qui ont réussi et sur la diaspora, j’encourage aussi ceux-ci à revenir au Liban et à y investir. J’ai encouragé par exemple la maison Samira Maatouk à ouvrir au Liban. Avant Asmaa Min al Tarikh personne ne se souciait de la diaspora. J’ai été contactée par le ministère des Affaires étrangères et aujourd’hui je suis membre de la Lebanese Diaspora Energy (LDE). De 2014 à 2018, j’ai fait la couverture exclusive du congrès de la LDE au Liban. L’émission Asmaa Min al Tarikh va continuer sur la LBCI et prochainement sur une autre station arabe où elle va inclure des réussites de personnes d’origine arabe. J’ai également l’intention de publier un livre regroupant toutes les biographies des personnes que j’ai rencontrées toutes ces années.

Joëlle Seif

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Les employées de maison
Se décharger des tâches ménagères et familiales pour mener une vie «active» sur le plan professionnel est devenu, depuis la fin de la guerre, un phénomène très fréquent. Or, un…

Santé

Quels remèdes pour les verrues?
Excroissances cutanées touchant une personne sur 4 (les enfants et les patients immunodéprimés surtout), les verrues sont inoffensives, mais inesthétiques…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved