Semaan Bassil, Pdg de Byblos Bank. Limiter les risques et mieux servir la clientèle
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Semaan Bassil, Pdg de Byblos Bank. Limiter les risques et mieux servir la clientèle

 
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Semaan Bassil, Pdg de Byblos Bank, répond aux questions de Magazine concernant les grandes lignes de la stratégie de la banque. Les idées-clés tournent autour de l’excellence des services à la clientèle, d’une prudence dans la prise de risque, du soutien à la politique de la BDL et, surtout, du renforcement continu de l’organisation et des ressources humaines de la banque pour qu’elle soit mieux préparée aux futurs défis.

Quelle est la vision stratégique de Byblos Bank portant sur la concurrence serrée des banques commerciales libanaises, vu la saturation du marché et la forte bancarisation dans le pays? Sachant que ces facteurs provoquent des soucis même au niveau des banques de la catégorie Alpha, dont fait partie Byblos Bank?
Les banques libanaises disposent, plus ou moins, de produits et de services bancaires similaires. La Byblos Bank continue à investir dans ses efforts pour assurer un service de haute qualité à ses différents clients, tout en étant à l’écoute de leurs demandes pour mieux satisfaire leurs besoins.
De plus, la banque poursuit ses projets visant à simplifier et informatiser ses activités en optant pour les outils les plus avancés des nouvelles technologies bancaires, afin de mieux servir sa clientèle. En effet, Byblos Bank s’est positionnée à la pointe de l’innovation en obtenant récemment un prix d’excellence dans ce domaine pour le lancement de la première application de paiement mobile dans la région, ByblosPay, et la mise sur le marché du service d’émission instantanée de cartes bancaires, disponible dans nos agences à travers le Liban.

Vous avez opté pour une déconsolidation de votre entité libanaise par rapport aux autres qui se trouvent à l’étranger et une politique très conservative qui s’est reflétée par une baisse du niveau de vos profits au 1er semestre de 2017. Pourquoi?
Les résultats financiers de Byblos Bank pour l’année 2016 et pour les six premiers mois de 2017 sont conformes au niveau de l’appétit de risques que la banque s’est assignée à respecter. Depuis plusieurs années déjà, la direction de Byblos Bank, soutenue par son conseil d’administration, mène une politique prudente dans la prise de risques. L’objectif étant de renforcer ses actifs liquides, de maintenir un portefeuille de crédit sain et d’assurer continuellement des fonds propres solides, afin d’amortir des chocs potentiels pouvant provenir de l’instabilité locale et régionale sur le plan économique, financier et sociopolitique.
Nous opérons déjà, depuis plusieurs années, dans certains pays émergents à fort potentiel économique (exemple: Afrique, Proche-Orient) ainsi qu’en Europe (Paris, Londres, Bruxelles). Certains de ces marchés émergents ont été affectés soit par des sanctions économiques, soit par des conflits militaires, soit par la baisse de leurs revenus, à la suite de la chute des prix du pétrole. Nous avons donc décidé de déconsolider nos investissements dans nos filiales dans deux de ces pays afin de préserver et d’optimiser la performance et la solidité financière de la banque à long terme. Cependant, nous nous préparons activement, en interne, à assurer les outils, les hommes et les femmes adéquats, afin d’être prêts pour profiter des retournements positifs dans les pays où nous opérons. Par ailleurs, nous continuons à étudier de nouvelles opportunités qui peuvent se présenter à notre groupe, que ce soit au niveau local ou international.

Il est clair que la Banque du Liban joue un rôle important pour doper la croissance économique. Elle s’occupe de la politique monétaire et du contrôle des institutions financières mais elle assume également un rôle essentiel au niveau de la politique économique, à savoir celui du financement en partie des déficits du budget et de la stérilisation ensuite des liquidités qui en découlent, pour maintenir sa masse à un niveau acceptable. Que proposez-vous pour mettre fin à ce phénomène anormal au sein des compétences de la banque centrale?
Et que pensez-vous de l’ingénierie financière de la BDL?
Il est impératif que le gouvernement s’attelle rapidement à mener des réformes sérieuses et en profondeur dans le secteur public afin de mettre un terme au gaspillage, d’améliorer l’efficacité de l’administration publique pour mieux servir le citoyen contribuable et rétablir sa confiance, ainsi que de stimuler des flux d’investissements nécessaires en provenance de l’étranger.
La Banque du Liban est une institution publique qui travaille de manière très efficace dans l’intérêt de l’économie libanaise et de la société libanaise, tout en adhérant aux règlements de prudence internationaux du secteur bancaire. Cela a largement contribué à la stabilisation monétaire et financière du Liban. En tant que citoyens libanais, nous devons faire de notre mieux pour protéger cette institution, afin qu’elle puisse continuer à nous protéger et jouer son rôle.
L’ingénierie financière de la banque centrale a permis, en gros, de renforcer ses réserves en devises étrangères à court terme, un indicateur important pour les agences internationales de notations qui peuvent influencer fortement le coût que l’Etat et le secteur privé pourraient payer pour emprunter sur le marché international. Des réserves en devises très basses peuvent faire chuter la notation du Liban et du coup augmenter le coût du crédit pour les entreprises au Liban. D’autre part, cette ingénierie financière permet aux banques de dégager un profit non-récurrent qui les oblige à les mettre en réserve pour satisfaire les nouvelles réglementations internationales de prudence ainsi que pour couvrir d’autres types de risques. Cela n’est pas nouveau, même à l’étranger, différentes banques centrales (comme en Europe ou aux États-Unis) entreprennent certaines ingénieries financières pour améliorer leurs économies et renforcer leur secteur bancaire.

Quelles sont vos prévisions économiques pour le Liban à court et moyen termes?
Nous nous attendons à une amélioration des conditions économiques et politiques au Liban dans les années à venir, suite à un début de prise de conscience de la part de certains politiciens sur la nécessité de prendre
des décisions difficiles. Nous travaillons à différents niveaux pour être bien préparés à réagir activement lors de la reprise de l’économie, grâce au financement par les banques d’une partie importante des infrastructures du pays.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   

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