Kamal Sfeir. Les fleurs pour semer le bonheur
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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Kamal Sfeir. Les fleurs pour semer le bonheur

 
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    Depuis plus de 70 ans, Bouquet appose sa signature à de grands évènements. Ce grand spécialiste de la décoration florale est l’un des pionniers sur le marché libanais. A la...
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Depuis plus de 70 ans, Bouquet appose sa signature à de grands évènements. Ce grand spécialiste de la décoration florale est l’un des pionniers sur le marché libanais. A la tête de la compagnie depuis plus de vingt ans, Kamal Sfeir, directeur général, nous raconte cette aventure au milieu des fleurs, des plantes et des douces senteurs.

C’est sous l’époque du mandat français, en 1943, que les deux frères, Georges et Fayez Sfeir, ont lancé la société Bouquet dont le nom a été donné par les Français eux-mêmes. «Mon père et mon oncle plantaient des fleurs dans un terrain où les Français se rendaient régulièrement pour y composer des bouquets de leur choix. Quand les gens leur demandaient où ils allaient, ils répondaient: chez monsieur bouquet. Ainsi, le nom était né», raconte Kamal Sfeir. Mais ce n’est qu’en 1948 que la société est officiellement enregistrée.
Lorsqu’il s’installe dans l’immeuble des Lazaristes, au centre-ville, Bouquet est l’un des premiers magasins de fleurs à Beyrouth. «Par la suite nous nous sommes agrandis. Mon père voyageait régulièrement en Italie, en Belgique et en Hollande pour introduire tout ce qui est accessoire à la décoration florale.» Détenteur d’un diplôme en Business administration de la LAU, Kamal Sfeir s’intéresse dès son plus jeune âge aux affaires. «A partir de 13 ans, j’ai commencé à travailler dans la société. J’ai débuté au bas de l’échelle, en apprenant comment s’occuper des fleurs, la manière de les couper, de les mettre dans l’eau, comment composer un bouquet ou un arrangement.» Par la suite, il s’attelle au côté administratif et se familiarise avec la gestion de la compagnie. «A partir de 16 ans, je voyageai avec mon père pour assister aux foires et aux expositions, faire la connaissance des fournisseurs et introduire de nouvelles idées. Avec le recul, j’ai réalisé que cette expérience acquise et ces instants vécus étaient plus importants que tout ce que j’ai étudié à l’université», souligne Kamal Sfeir.

Innovations
Un peu businessman, un peu artiste, Kamal Sfeir allie un goût exquis pour la décoration florale, doublé d’un solide sens des affaires. Il est toujours étudiant lorsque son père tombe malade et, à 22 ans, il prend totalement en charge la compagnie à son décès. «J’ai alors tenté de trouver d’autres horizons et d’élargir notre champ d’activité. Alors que l’on importait des sapins depuis tout temps, j’ai découvert une autre variété qui est le fameux sapin bleu. Bouquet était le premier à introduire au Liban cette variété et, pendant 10 ans, nous étions les seuls à en importer. Les sapins bleus ont la particularité de résister plus à la chaleur et d’être plus beaux que les sapins ordinaires. Nous les coupons directement dans les forêts, en Europe, où chaque année je vais les choisir personnellement.» C’est un moment privilégié, «un instant de pur bonheur» pour Kamal Sfeir, de se retrouver en pleine nature, dans la forêt, à choisir les sapins. «C’est un des instants que j’aime le plus dans mon travail.» 
Toujours innovateur, à 25 ans il visite la Thaïlande, et fait la connaissance des fournisseurs d’orchidées. Il devient ainsi le premier à importer les dendrobium –vulgairement connus sous le nom de «baby orchidée»–, directement de Thaïlande, alors qu’auparavant, ils étaient exportés en Hollande puis acheminés vers le Liban. «C’est la raison pour laquelle, le prix de cette plante a considérablement baissé car désormais nous les importons directement de la source», souligne Kamal Sfeir.
Chaque année, après la saison des mariages qui commence au printemps et se termine en été, Kamal Sfeir assiste à plusieurs foires et expositions de décoration et d’accessoires. «Ces manifestations sont source d’inspiration, nous y puisons les idées pour la réalisation de grands évènements tels que ceux qui ont contribué à créer la notoriété de Bouquet dans la décoration des mariages intimes et des grands mariages.»

Divorce party
Fait sur mesure, chaque mariage est un évènement unique pour Kamal Sfeir. «La décoration s’inspire généralement du caractère de la mariée, de ses goûts et de ses affinités. Certaines aiment le classique, d’autres affectionnent une touche d’originalité ou alors préfèrent la simplicité. C’est en fonction de tous ces éléments que nous créons la décoration en y ajoutant notre touche personnelle.» Comment définit-il la tendance actuelle des mariages au Liban? «Aujourd’hui, les mariages se divisent en deux catégories: soit les grands mariages où l’on parle de 600 à 1 000 invités, soit les mariages intimes de 60 à 80 personnes. On assiste de plus en plus souvent à des mariages à l’étranger qui intéressent surtout la classe moyenne.» Il existe plusieurs explications à ce phénomène qui prend de l’ampleur. «Dans ce genre de mariage, ceux qui s’y rendent sont généralement les amis et la famille proche des mariés. De plus, les mariages à l’étranger coûtent moins chers qu’au Liban. Les mariés misent sur le cadre et se passent de choses comme l’éclairage, le défilé des voitures, la zaffé et le folklore traditionnel auquel on assiste dans les mariages libanais et qui représentent 30% du budget.» Fort d’une longue expertise acquise au cours de nombreuses années au Liban, Bouquet a déjà fait la décoration florale de plusieurs mariages en dehors du Liban, en Italie, en France et en Suisse. «Dans ces évènements, nous faisons venir les fleurs directement de Hollande et je me rends avec mon équipe sur place. Dans ces cas-là, la décoration reste simple parce qu’on essaie d’exploiter le cadre qui est généralement d’une grande beauté et de le mettre en valeur.»
En raison des nouvelles dispositions prises par la Banque de l’Habitat, plusieurs mariages ont dû être reportés cette année. «Nous n’avons pas été touché par ce phénomène mais son existence est une évidence.» En revanche, le manque à gagner à la suite de ces mesures est compensé par les «Divorce party» qui sont de plus en plus fréquentes en raison du nombre élevé de divorces dans le pays.
En marge de la décoration d’évènements, Bouquet importe des graines et de jeunes plantes destinées aux agriculteurs locaux. «Nous nous occupons également du suivi avec eux, leur indiquons les couleurs en vogue à planter, selon les saisons.» La société introduit également de nouvelles tendances, destinées à promouvoir la décoration florale, comme les pots de la marque mondiale Elho dont Bouquet détient l’exclusivité. «Nous avons aussi ouvert un nouveau secteur destiné aux jardins et en particulier aux  municipalités pour l’entretien de la propreté (jardins et routes) en utilisant des machines innovatrices, écologiques et qui fonctionnent grâce  à  des batteries.»
Soixante-dix ans de vie et pour Kamal Sfeir les défis à relever restent nombreux. «Alors que de nombreux commerces sont acculés à la fermeture pour des raisons financières et économiques, l’essentiel reste la pérennité et la durée dans le temps.»

Joëlle Seif

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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