Antonine International School Ajaltoun. Eduquer à l’environnement
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

Antonine International School Ajaltoun. Eduquer à l’environnement

 
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    Antonine International School Ajaltoun. Eduquer à l’environnement
    Dans l’ombre, avec beaucoup de sérieux, d’entrain et d’espoir, des professeurs de l’Antonine International School Ajaltoun essaient d’inculquer aux enfants ce qui manque tant au pays: l’engagement, l’appartenance citoyenne, la...
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Dans l’ombre, avec beaucoup de sérieux, d’entrain et d’espoir, des professeurs de l’Antonine International School Ajaltoun essaient d’inculquer aux enfants ce qui manque tant au pays: l’engagement, l’appartenance citoyenne, la démocratie en action, le sens de l’environnement et la fierté de pouvoir changer les choses.

Avec ces objectifs en tête, plutôt que de faire travailler les jeunes sur des projets théoriques sur lesquels ils n’ont pas de prise, l’Antonine International School Ajaltoun a décidé de motiver les élèves de 1ère et de 5ème en les orientant vers un projet concret. Sous l’impulsion dynamique et décidée de la professeure d’histoire-géographie Véronique Karam,  Valérie Aoun du Club Environnement de l’école et Maryse Ghanem du CDI ont voulu donner à leurs élèves l’occasion d’expérimenter quelque chose de nouveau et aussi l’envie de poursuivre leur action, une fois adulte. 
Les quatre élèves de Première qui préparent leurs TPE (travaux personnels encadrés) et huit autres de la classe de 5ème dans le cadre de leur EPI (enseignement pratique interdisciplinaire) ont donc décidé de s’attaquer à ce qui entache leur pays irrémédiablement: la pollution par le plastique. Un projet préparé et élaboré en classe, mais réalisé avec les communautés des localités environnantes: Ajaltoun et Ballouneh.

CHANGER LES MENTALITéS

Au départ de ce projet d’éducation à l’environnement et de sensibilisation aux effets négatifs des sacs en nylon, les élèves ont commencé par effectuer des recherches sur les véritables problèmes posés par le plastique en général. Une campagne d’initiation a ensuite été orchestrée par l’équipe, essentiellement axée sur les sacs en plastique que les supermarchés distribuent sans compter. Quatre supermarchés de la région d’Ajaltoun ont été approchés par les élèves eux-mêmes qui ont tenté de convaincre les propriétaires de ces grandes surfaces de prendre part à leur projet en proposant à leur clientèle des sacs réutilisables. Et là, bonne nouvelle: l’accueil a été plutôt favorable, bien que prudent.  Les supermarchés doivent faire face à des frais  importants de fabrication et d’impression de sacs (entre 40 000 et 60 000 $/an). Par ailleurs, il s’agit aussi et surtout de changer la mentalité d’une clientèle d’habitués qui estime que c’est son droit de prendre des sacs supplémentaires à la caisse. 
L’idée des étudiants étant attrayante, trois des quatre supermarchés se sont engagés à faire un effort.  Pour les convaincre du bien-fondé de leur action, les élèves ont prévu des solutions pour motiver les clients: cartes de fidélité, interviews télévisées, distribution de sacs réutilisables gratuits. Surtout, les jeunes ont élaboré une véritable campagne d’information et de sensibilisation avec affiches,  brochures, photos,  etc.

Concrétiser et durer
Mais pour que l’initiative ne soit pas qu’une opération ponctuelle ou celle de «la semaine du sac réutilisable», les élèves ont été initiés à poursuivre leur engagement.  Ainsi, ils ont poursuivi leurs actions auprès des municipalités, des parents,  des professeurs et des autres élèves. La municipalité d’Ajaltoun, très active par ailleurs, a immédiatement été intéressée par le projet de l’école Antonine et a promis de trouver un partenaire sponsor pour préparer une campagne d’affichage dans le village, organiser une conférence de sensibilisation (donnée par les élèves) destinée aux habitants de la localité, etc. La municipalité de Ballouneh est également en voie d’implication.
Pour donner plus de poids et de sérieux à leur projet, les jeunes, assistés de leurs mentors, ont créé un slogan qui résume bien leur action: «0% plastique, 100 % Liban», ainsi qu’un logo où sont associés celui de leur école et bien sûr le cèdre fédérateur. Leur première opération a été annoncée au journal télévisé et retransmise par une chaîne locale avant de faire l’objet d’une interview en bonne et due forme sur un plateau télé.
En attendant de voir leur initiative s’étendre à d’autres écoles, supermarchés et localités, les jeunes présenteront leur projet scolaire en avril, avant de proposer un projet clé en main et une action auprès des ministères de l’Education et de l’Environnement.


 Quels bénéfices pour les élèves?  
● Le développement de la créativité et de l’autonomie. 
● La recherche des causes d’un problème pour mieux le résoudre. 
● L’implication de la société civile. 
● Le travail sur le terrain et ses difficultés.
● La quête pour fournir les éléments de motivation. 
● L’engagement local.
● Le désir et l’action pour  véritablement rendre le monde meilleur.
● L’application des connaissances et la formation scolaire dans la vie réelle ainsi que la concrétisation d’un projet.
● La sensibilisation à l’environnement et au développement durable.
● La prise de conscience de l’impact de chacun sur la société.

Gisèle Kayata Eid

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

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Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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