«Superfoods». Des vertus extraordinaires, vraiment?
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Nº 3095 du vendredi 2 novembre 2018

«Superfoods». Des vertus extraordinaires, vraiment?

 
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    «Superfoods». Des vertus extraordinaires, vraiment?
    Depuis quelques années, les super aliments envahissent les rayons des magasins bio, tandis que leurs supposées vertus foisonnent dans les médias et réseaux sociaux. Qu’en est-il vraiment?   Il ne se passe...
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Depuis quelques années, les super aliments envahissent les rayons des magasins bio, tandis que leurs supposées vertus foisonnent dans les médias et réseaux sociaux. Qu’en est-il vraiment?
 

Il ne se passe presque plus une semaine sans que les magazines ne révèlent l’existence d’un nouveau super aliment aux vertus extraordinaires, sinon miraculeuses. Dans le rayon des «superfoods», on trouve des fruits, des légumes, des baies, des algues ou encore des plantes dont les bienfaits seraient supérieurs aux autres aliments plus classiques. Selon le Oxford English Dictionary, il s’agirait d’un «aliment riche en nutriments considéré comme particulièrement bénéfique en termes de santé et de bien-être». Parmi les fruits estampillés comme tels, figurent les baies de Goji, la myrtille, la canneberge, la baie d’açaï, le camu-camu, entre autres, tandis qu’au rayon légumes, le chou kale, le reishi, etc. tiennent le haut du pavé. Les graines de lin, de chia, ou de courge apparaissent également comme les stars des superfoods, au même titre que les algues comme la spiruline, le klamath ou le chlorelle, tandis que le rayon des épices se voit dominé par le curcuma ou le gingembre. Côté plantes, on ne jure plus ces derniers temps que par les feuilles de moringa.
Bienfait ou argument marketing? Les super aliments pullulent tellement que l’on a même du mal à suivre la cadence et surtout à savoir si leurs bienfaits sont réels. A lire certains articles et blogs consacrés au bien-être et à l’alimentation saine, leurs valeurs nutritives et leurs qualités protectrices contre certaines maladies seraient exceptionnelles. Certaines études menées par les scientifiques confortent la théorie des bienfaits de ces super aliments. Avec un petit bémol. Les aliments sont analysés au sein de laboratoires et la plupart des expériences sont menées sur des cobayes comme des rats, ou lors de tests in vitro sur des lots de cellules humaines. Difficile dans ce cas d’être trop affirmatif quant à la véracité de telle ou telle vertu pour ces ingrédients, au grand dam des industriels de l’agroalimentaire qui surfent sur la  tendance du «healthy» en vantant la composition de leurs produits. Le fait est qu’aucun super aliment n’a jusqu’à présent fait l’unanimité autour de ses capacités de guérison. Le Dr Richard Béliveau, professeur et chercheur en prévention et traitement du cancer à l’université du Québec, souligne dans le magazine Top Santé que le terme de super aliment «ne renvoie à aucune réalité scientifique». Le Dr Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste, rappelle qu’«aucun aliment ne réunit à lui seul tous les nutriments dont on a besoin; c’est une série d’aliments qui va constituer une super-alimentation, non un seul». Soit «les antioxydants, qui se trouvent dans de nombreux produits, mais aussi les oméga 3, les fibres et les vitamines», rappelle-t-il. L’essentiel est donc surtout de maintenir une alimentation variée et équilibrée.

Jenny Saleh




 

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Éditorial
Le réflexe de Samson

La guerre menée par les Etats-Unis et ses alliés contre le Hezbollah est entrée dans une nouvelle phase. C’est l’impression qu’ont eue des diplomates européens et des hommes politiques libanais après avoir rencontré des responsables américains ces dernières semaines. Washington durcit progressivement les sanctions contre le Hezbollah dans le but de «l’affamer». Le président Donald Trump a signé, jeudi 25 octobre, un projet de loi élargissant la liste des personnes pouvant être sanctionnées pour avoir fait affaire avec le parti chiite. «Nous allons cibler, déstabiliser et démanteler leurs réseaux opérationnels et financiers, qui étaient nombreux, et qui le sont beaucoup moins maintenant», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, avait désigné le Hezbollah comme étant une «organisation transnationale criminelle contre laquelle les Etats-Unis vont mener des enquêtes approfondies et engager des poursuites». «Une équipe spéciale de procureurs expérimentés dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme, le crime organisé et le blanchiment d’argent va enquêter sur des individus et réseaux soutenant le Hezbollah», a affirmé Jeff Sessions. Le durcissement des sanctions américaines n’est pas une surprise. Dans une interview publiée par le quotidien israélien The Jerusalem Post à la mi-août, un ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, avait reconnu qu’il n’était plus possible de vaincre militairement le Hezbollah mais qu’il fallait imposer des sanctions au Liban pour en venir à bout. Cette nouvelle stratégie mise au point entre Washington et ses proches alliés n’a pas échappé au commandement du parti, qui les prend très au sérieux. «Le Hezbollah fait l’objet de pressions, a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah dans un de ses discours de Achoura. C’est plutôt une menace psychologique qu’une véritable menace. Ceux qui conspirent contre notre région, comme Israël, les Etats-Unis et leurs alliés, ne reconnaîtront pas notre victoire. Ils ont échoué dans la guerre militaire contre nous, alors ils essaient de nous frapper de l’intérieur».   Le Hezbollah pense que le véritable objectif des mesures américaines est de l’isoler sur le plan interne en le coupant de sa base populaire et de ses soutiens au sein des autres communautés. C’est ce qui expliquerait le fait que les sanctions pourraient être progressivement élargies pour englober des noms et des entités qui ne sont pas forcément liés au parti mais qui appartiennent à des alliés de différentes communautés. Des sources informées affirment, qu’à terme, entre 300 et 1 000 noms seraient inscrits sur les listes américaines. Si elle est prise, une telle mesure risquerait d’avoir de sérieuses répercussions sur l’économie. C’est cela qui a inquiété les diplomates européens et les hommes politiques libanais, qui ont senti que Washington ne se souciait plus de la stabilité du Liban et avait développé un réflexe de Samson, qui a détruit le temple sur sa tête et sur celles de ses ennemis philistins. Le Hezbollah ne reste pas les bras croisés face à ce changement de tactique. Il a lui aussi entamé une nouvelle étape de son parcours politique. La première étape, en 1992, a été son entrée sur la scène politique libanaise avec sa participation aux élections législatives. La deuxième, en 2005, a marqué sa participation au pouvoir exécutif, avec, pour la première fois, des ministres nommés au gouvernement. En 2018, le Hezbollah entame la troisième étape: la conquête de l’administration publique.


 Paul Khalifeh
   

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