La spéléologie. Sport, tourisme et science
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Nº 3075 du vendredi 3 mars 2017

La spéléologie. Sport, tourisme et science

 
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Plus qu’un sport, la spéléologie concerne l’étude des grottes via l’exploration du monde souterrain et comprend parfois de nombreux aspects scientifiques. Hélène Rechmany Maasri, spéléologue de l’Association Libanaise d’Etudes Spéléologiques (ALES), souligne que cette activité est pratiquée au Liban depuis les années 50, période à laquelle débuta activement l’exploration de la grotte de Jeita.
Selon Mme Maasri, qui est journaliste de métier, «le danger est nul pour celui qui connaît les règles, mais comme partout, des accidents peuvent survenir. Avec un impératif toutefois, celui de ne jamais s’aventurer seul dans une grotte, car les risques peuvent alors être nombreux, voire mortels». «L’approche des grottes requiert un entraînement beaucoup moins rigoureux que celui des gouffres, qui nécessitent également l’apprentissage de la progression sur des cordes et des échelles », poursuit la spéléologue aguerrie.
Pratiquante de cette discipline depuis déjà 21 ans, Hélène Rechmany Maasri indique que les clubs de spéléologie, dont l’ALES, organisent régulièrement des séances et des stages d’initiation. «Pour une sortie touristique, il faut juste s’acquitter d’une cotisation symbolique auprès du club qui l’organise. Cependant, toute personne désirant développer son activité devra alors acheter son matériel qui est coûteux, car importé et très spécialisé», précise-t-elle. Certaines grottes sont déjà exploitées au Liban, comme les grottes de Jeita, Ain w Zein, Mebaaj…
D’autres splendeurs souterraines, comme la grotte de Roueiss, non aménagée mais facile d’accès, sont utilisées par les spéléologues pour y organiser des excursions et sorties découvertes.
Par ailleurs, des études scientifiques y sont parfois menées à la demande d’organisations gouvernementales no-tamment, et les rapports sont publiés dans la revue de l’ALES «Spéléorient».

EQUIPEMENT

● Casque obligatoire pour protéger la tête des chocs et fournir la lumière nécessaire à la progression dans ces milieux complètement obscurs.
●  Indispensables, les combinaisons en fibre polaire et semi étanches pour réchauffer le corps et le protéger.
● Bottes anti dérapantes.
● Harnais, delta ou demi-rond, une poignée autobloquante, une pédale, un bloqueur ventral, un descendeur, et des longes.

Mohamed Fawaz

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Éditorial
Cette mafia qui pille l’Etat

Une association secrète de malfaiteurs» ou un «groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts, par toutes sortes de moyens». Ces deux définitions du mot mafia dans le dictionnaire Larousse en ligne illustrent parfaitement le système en place au Liban. Depuis l’indépendance, et bien avant, cette structure n’a pas évolué, seuls les noms de ses opérateurs ont changé.Cette mafia transcende les communautés religieuses et les partis politiques. Elle est implantée partout où sa présence est nécessaire pour couvrir et protéger ses activités douteuses et illégales. Organisée comme une véritable structure criminelle, elle est composée de «consigliere», de «capos» et de soldats, dirigés par des parrains installés directement ou par proxys aux commandes de l’Etat. Parfois, des disputes entre chefs sur la répartition du butin ou le partage des zones d’influence dégénèrent en conflits violents. Lorsque l’un des parrains estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte par ses collègues, il menace d’une guerre totale entre les grandes familles, qui prend alors la forme de guerre civile.Cette mafia étend ses réseaux tentaculaires partout où il est possible de réaliser des profits rapides et illégaux. Aucun secteur ne lui échappe. Elle est très influente dans les ports et à l’aéroport, où ses activités feraient perdre à l’Etat, en manque à gagner, des sommes colossales en raison des droits de douanes qui ne seraient pas perçus conformément aux lois. C’est en quelque sorte de la contrebande institutionnalisée, qui permet d’introduire au Liban toutes sortes de marchandises, favorisant des «commerçants» privilégiés, qui pourront casser les prix, à partir du moment qu’ils ne paient pas de droits de douanes ou la TVA.Les grandes familles de la mafia ont instauré un système quasi-monopolistique dans plusieurs secteurs. Elles sont présentes dans l’importation et la distribution des hydrocarbures, de certains produits alimentaires, de produits pharmaceutiques… Elle prélève sa part des profits générés par les générateurs de quartier, qui rapporteraient près d’un milliard de dollars par an, et par les distributeurs de bouquets de chaînes satellitaires, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.Cette mafia, qui dispose de partis-écrans et d’associations de bienfaisance, entretient une clientèle nourrie avec les miettes de l’argent pillé, qui finit dans les poches des parrains, au lieu d’être déposées dans les caisses de l’Etat.La volonté de réforme, qui consiste à transformer la caricature d’Etat en institutions authentiques, existe. Mais elle s’est toujours heurtée aux forces réactionnaires derrière lesquelles se cache la mafia. Pour la vaincre, il faut affaiblir son pouvoir économique, assécher ses sources de financement, qui lui permettent d’entretenir sa vaste clientèle. Il faut opter pour une approche graduelle, procéder secteur par secteur, en jouant les familles les unes contre les autres, et en offrant à celles qui le souhaitent, la possibilité de se repentir.


 Paul Khalifeh
   

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