Vera el-Khoury Lacoeuilhe. Développer l'intelligence culturelle
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

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Entretien avec Vera el-Khoury Lacoeuilhe, officiellement candidate pour le Liban au poste de Directrice générale de l’Unesco, dont l’élection doit se tenir début octobre. Elle revient pour Magazine, sur sa vision de l’institution internationale et du Liban.

Quelles sont vos motivations pour accéder à la direction générale de l’Unesco?
Tout d’abord, je suis fière d’être la candidate du Liban au poste de directeur général de l’Unesco. Le Liban porte haut les valeurs de la diversité, de la liberté religieuse, de la liberté d’expression, de l’ouverture, de la générosité, et incarne à lui seul l’humanisme universel dont l’Unesco se doit d’être le garant le plus fervent.
Si j’ai décidé d’engager toute mon énergie pour remporter ces élections, c’est parce que l’Unesco est à un moment clef de son existence, comme le monde en général. Après 22 ans passés au sein de cette organisation, je ne pouvais pas rester passive.
Depuis sa fondation, l’Unesco a pour objectif de contribuer à la paix, à la dignité, à l’égalité, au respect mutuel, à la protection des libertés fondamentales, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, la libre circulation des idées et l’accès au savoir. Pour rester crédible et atteindre ses objectifs, l’Unesco doit, avec la bonne volonté de ses États membres, réduire la politisation excessive de ses travaux, qui l’a parfois transformée en «poudrière», au point de l’empêcher d’atteindre ses objectifs.
Est-ce une demande excessive que de vouloir un avenir pacifique pour les générations futures? Ce sont des leçons de vie que ma génération – «la génération de la guerre» – au Liban, a apprises au détriment d’elle-même, alors que mon pays sortait lentement et douloureusement de dix-sept ans de folie, de violence, de haine et de destruction.
Engager le débat sur les sujets les plus sensibles et les plus clivants ne doit pas nous empêcher de nous concentrer sur ce qui nous unit.

Quelle est votre vision pour l’Unesco?
L’Unesco est l’agence des Nations Unies qui offre ce havre de dialogue et d’action, l’expertise et la connaissance pour améliorer à travers ses programmes, la vie des gens et des sociétés. L’institution est dotée des outils nécessaires pour ce faire mais il faut savoir diriger, gérer et guider pour réussir.
Ma vision s’adresse à nos enfants et aux générations futures. Nous vivons dans l’ère de la connectivité et les emplois d’aujourd’hui ne seront plus les emplois de demain. Pour cela, nous devons adopter une attitude positive à l’égard du progrès technologique en l’exploitant de manière responsable afin qu’il serve le progrès de l’humanité et améliore le niveau de vie dans des sociétés inclusives.
Par ailleurs, nous devons investir dans un enseignement de qualité à tous les niveaux. L’éducation doit favoriser la créativité, la résolution de problèmes, la résilience et l’esprit d’entreprise. Il faut investir dans le développement de l’intelligence culturelle,  la capacité à communiquer et à travailler efficacement entre les cultures.

Et votre vision du Liban?
Le Liban est considéré comme un pays en crise ce qui veut dire qu’il est doit être considéré comme prioritaire pour toutes les entités des Nations Unies. Pour moi, le Liban est un exemple de courage et d’énergie, un modèle de diversité et de vivre ensemble malgré toutes les difficultés qu’il confronte. Le Liban est reconnu par son accueil des réfugiés et par sa mobilisation pour assurer l’éducation aux enfants déplacés en travaillant aussi avec les entités internationales.
Le Liban est le seul pays dans la région à lutter avec l’aide de nos experts, de notre police et des services de douane contre le trafic illicite des objets culturels. Le Liban n’est pas le seul pays à avoir des problèmes et il peut aussi apporter des solutions dans les meilleures pratiques, le renforcement des capacités et la créativité.
Donc on doit toujours travailler ensemble autour de ce qui nous unit et de ce qui nous rend plus forts. Vous savez, la compassion et l’empathie existent mais elles ont tellement disparu de notre dictionnaire. Dans ma vision, j’insiste là-dessus et c’est ça le message que nous devons transmettre à nos enfants.
Le Liban regorge de talents, de valeurs et de compétences. Il n’y a pas que des conflits chez nous. Nous pouvons beaucoup apporter à la communauté internationale: la connaissance, la culture, la recherche scientifique, l’éducation… Ce que je sais, c’est qu’il y a beaucoup d’opportunités actuelles à exploiter et d’autres à explorer.

Soraya Hamdan

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   

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