Thamer al-Sabhan à Beyrouth. Deux lectures contradictoires
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Nº 3075 du vendredi 3 mars 2017

Thamer al-Sabhan à Beyrouth. Deux lectures contradictoires

 
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    Thamer al-Sabhan à Beyrouth. Deux lectures contradictoires
    La visite au Liban, le 5 février dernier, du ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan, a donné lieu à deux lectures contradictoires. La première, résolument  optimiste, s'est basée...
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La visite au Liban, le 5 février dernier, du ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan, a donné lieu à deux lectures contradictoires. La première, résolument  optimiste, s'est basée sur les déclarations de l'émissaire du roi Salman, qui a annoncé la prochaine nomination d'un ambassadeur saoudien à Beyrouth et le retour des ressortissants du royaume au pays du Cèdre. Les tenants de cette thèse soutiennent que le Liban ne tirera que des bénéfices du regain d'intérêt saoudien pour le Liban. L'autre lecture est nettement plus alarmiste. Elle estime que le choix de l'émissaire du roi est très significatif, car Thamer al-Sabhan est très impliqué dans la confrontation régionale entre Riyad et Téhéran. Par conséquent, la visite avait plus une portée régionale que bilatérale. Les promoteurs de cette seconde thèse affirment qu'al-Sabhan est en fait venu annoncer aux Libanais le retour à l'ère de la confrontation entre les Etats-Unis et l'Iran. Ces milieux craignent que le Liban ne soit l'une des arènes de cette nouvelle confrontation. Ils mettent sur le compte de ce changement le durcissement de ton enregistré chez le 8 et le 14 mars.

Des Questions inhabituelles
Fait inhabituel, des diplomates occidentaux en poste à Beyrouth ont interrogé des journalistes et des chercheurs sur le niveau des relations entre la Russie et le Hezbollah. Certains de ceux qui ont été questionnés ont établi un lien entre ce regain d'intérêt soudain et la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a appelé Washington à reconnaître que «le Hezbollah combat Daech en Syrie».   

Des ambassadeurs donneurs de leçon
Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, est très sollicité ces derniers temps par les ambassadeurs, qui se bousculent au siège du ministère, à Sanayé. Naturellement, les questions des diplomates portent sur les élections législatives: auront-elles lieu aux dates prévues? Selon quelle loi? Le président de la République Michel Aoun est-il prêt, comme il l'a dit, à provoquer un vide législatif si une nouvelle loi n'était pas adoptée? Certains ambassadeurs se contentent de collecter des informations pour rédiger leurs rapports. D'autres se transforment en donneurs de leçon et mettent l'accent sur la nécessité de respecter le calendrier électoral, «une des principales exigences dans un système démocratique».


Nouvelle génération de diplomates
Le président de la République, Michel Aoun, a donné ses instructions au ministère des Affaires étrangères pour qu'il prépare un vaste plan de nominations et de permutations diplomatiques. Selon des sources proches du palais de Baabda, la majorité des postes d'ambassadeur seront concernés, y compris ceux des grandes capitales et la représentation du Liban aux Nations unies. La priorité ira à la nouvelle génération de diplomates, et des ambassadeurs hors-cadre seront nommés dans des capitales dites «sensibles».


Les attachés militaires défilent à Yarzé
Les attachés militaires étrangers accrédités au Liban multiplient  les va-et-vient au ministère de la Défense, à Yarzé, depuis les opérations antiterroristes spectaculaires menées par les forces spéciales de l'armée libanaise, avec notamment la capture, le 22 septembre dernier, de l'émir de l'Etat islamique à Aïn el-Héloué, Imad Yassine. Selon des sources informées, les diplomates ne cachent pas leur admiration vis-à-vis des performances des services libanais et veulent connaître tous les détails des opérations.

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Éditorial
Cette mafia qui pille l’Etat

Une association secrète de malfaiteurs» ou un «groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts, par toutes sortes de moyens». Ces deux définitions du mot mafia dans le dictionnaire Larousse en ligne illustrent parfaitement le système en place au Liban. Depuis l’indépendance, et bien avant, cette structure n’a pas évolué, seuls les noms de ses opérateurs ont changé.Cette mafia transcende les communautés religieuses et les partis politiques. Elle est implantée partout où sa présence est nécessaire pour couvrir et protéger ses activités douteuses et illégales. Organisée comme une véritable structure criminelle, elle est composée de «consigliere», de «capos» et de soldats, dirigés par des parrains installés directement ou par proxys aux commandes de l’Etat. Parfois, des disputes entre chefs sur la répartition du butin ou le partage des zones d’influence dégénèrent en conflits violents. Lorsque l’un des parrains estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte par ses collègues, il menace d’une guerre totale entre les grandes familles, qui prend alors la forme de guerre civile.Cette mafia étend ses réseaux tentaculaires partout où il est possible de réaliser des profits rapides et illégaux. Aucun secteur ne lui échappe. Elle est très influente dans les ports et à l’aéroport, où ses activités feraient perdre à l’Etat, en manque à gagner, des sommes colossales en raison des droits de douanes qui ne seraient pas perçus conformément aux lois. C’est en quelque sorte de la contrebande institutionnalisée, qui permet d’introduire au Liban toutes sortes de marchandises, favorisant des «commerçants» privilégiés, qui pourront casser les prix, à partir du moment qu’ils ne paient pas de droits de douanes ou la TVA.Les grandes familles de la mafia ont instauré un système quasi-monopolistique dans plusieurs secteurs. Elles sont présentes dans l’importation et la distribution des hydrocarbures, de certains produits alimentaires, de produits pharmaceutiques… Elle prélève sa part des profits générés par les générateurs de quartier, qui rapporteraient près d’un milliard de dollars par an, et par les distributeurs de bouquets de chaînes satellitaires, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.Cette mafia, qui dispose de partis-écrans et d’associations de bienfaisance, entretient une clientèle nourrie avec les miettes de l’argent pillé, qui finit dans les poches des parrains, au lieu d’être déposées dans les caisses de l’Etat.La volonté de réforme, qui consiste à transformer la caricature d’Etat en institutions authentiques, existe. Mais elle s’est toujours heurtée aux forces réactionnaires derrière lesquelles se cache la mafia. Pour la vaincre, il faut affaiblir son pouvoir économique, assécher ses sources de financement, qui lui permettent d’entretenir sa vaste clientèle. Il faut opter pour une approche graduelle, procéder secteur par secteur, en jouant les familles les unes contre les autres, et en offrant à celles qui le souhaitent, la possibilité de se repentir.


 Paul Khalifeh
   

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