Confidences personnalités
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Confidences personnalités

 
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Le Hezbollah protège Moqtada
Le leader chiite irakien, Moqtada Sadr, dont la visite fin juillet en Arabie saoudite et sa rencontre avec le prince héritier Mohammad Ben Salman avaient provoqué un tollé dans certains milieux de la communauté, a passé quelques jours au Liban, à la mi-septembre. C'est le Hezbollah qui a assuré sa protection ainsi que celle des membres de sa famille qui l'accompagnaient, démentant ainsi toutes les informations sur la détérioration des relations entre Sadr et le chef du parti, sayyed Hassan Nasrallah. Des observateurs ont vite établi un lien entre la venue de Moqtada à Beyrouth et sa tournée en Arabie et aux Emirats. Mais ce lien reste encore à prouver.

Qui est Maher el-Sakkal?
L'ancien président du Conseil chérié de Dar el-Fatwa, qui préside aussi la Ligue islamique sunnite, Maher el-Sakkal, risque de donner du fil à retordre au Premier ministre Saad Hariri lors des prochaines élections législatives à Beyrouth. Ennemi juré de Fouad Siniora, M. Sakkal avait été écarté de Dar el-Fatwa, sous les pressions de l'ancien Premier ministre. Aujourd'hui, il affiche des ambitions électorales et jouit du soutien d'un important réseau à Beyrouth. Il est également appuyé par le Hezbollah, qui lui a promis l'apport de ses voix chiites dans la capitale.  

Cap sur Damas
Une personnalité libanaise proche de Damas raconte dans les salons, non sans un brin d'ironie, que les Libanais ont contribué, ces derniers mois, à tirer vers le haut le taux d'occupation des chambres d'hôtel dans la capitale syrienne. Selon cette personnalité, depuis que l'armée syrienne a repris l'initiative sur presque tous les fronts, et que la perspective de la chute du régime ou du président Bachar el-Assad s'est éloignée, des personnalités libanaises, qui n'avaient plus mis les pieds à Damas depuis 2011, ont été aperçues dans les lobbys des hôtels. Des hommes d'affaires, qui avaient misé sur la chute du régime, et qui s'étaient rapprochés des milieux de l'opposition dans l'espoir de faire du business dans «la Syrie post-Assad», essayent aussi de renouer leurs vieilles relations, selon la même source.

Tandem druze
Le président de la Rencontre démocratique, le député  Walid Joumblatt, et le chef du Parti démocratique libanais, le député Talal Arslan, ont amorcé un rapprochement en prévision des élections législatives. Les chefs des maisons joumblattiste et yazbakie auraient décidé de s'allier afin de barrer la route aux outsiders, notamment à Wiam Wahhab, qui ne fait pas partie des grandes familles qui se partagent le leadership de la communauté druze depuis des siècles.

Gloria Abi Zeid
La directrice générale des coopérative au ministère de l'Agriculture, qui donne du fil à retordre au ministre Ghazi Zéaïter, a failli être sacrifiée sur l'autel des magouilles entre les hauts responsables. Elle ne doit son salut qu'au patriarche Béchara Raï, qui est intervenu auprès des présidents Michel Aoun et Nabih Berry pour la maintenir à son poste. Le prélat a refusé qu'elle soit écartée alors qu'aucune irrégularité ne lui est reprochée. Il est question d'une réconciliation entre elle et Ghazi Zéaïter.      

Nadim Koteich
Le journaliste polémiste de la Future TV, qui anime l'émission satirique DNA, a pris avec véhémence la défense du cheikh Moustapha Hojeiry, dit Abou Takié. Selon lui, ce cheikh extrémiste aurait aidé à la libération des militaires otages. Moins d'une semaine plus tard, le 13 septembre, l'armée libanaise découvrait une grande quantité d'armes et de munitions dans le complexe industriel Abou Takié, dans la vallée al-Hosn, à Ersal.

La chasse aux voix islamistes
Salem el-Raféi, Daï el-Islam el-Chahhal, Haïdar Dokmak, Fahd Othman... autant de cheikhs et de personnalités islamistes, intouchables il y a encore deux ans, et dont l'influence sur la scène sunnite était incontournable. Aujourd'hui, ces figures salafistes sont soit en fuite, soit elles adoptent un profil bas pour essayer de se faire oublier. Mais ces personnalités continuent d'avoir une forte influence sur leurs partisans, qui se comptent par centaines, voire par milliers, surtout à Tripoli, Saïda et dans certaines localités de la Békaa-Ouest. Le Courant du Futur, l'ancien Premier ministre Najib Mikati, voire l'ex-ministre Abdel Rahim Mrad, tentent d'attirer vers eux ces précieuses voix qui peuvent faire la différence lors des prochaines législatives. Leurs arguments: aides financières et matérielles, promesses de protection et engagement à défendre la «cause» des détenus islamistes. A Tripoli, il est clair que c'est Achraf Rifi qui a les faveurs de ces orphelins de l'islam salafiste.   

Nader avec Rifi?
Le général Georges Nader, ancien officier d'élite de l'armée libanaise (chef du régiment héliporté), envisagerait de se présenter aux prochaines élections législatives, prévues en mai 2018, sur une liste incomplète, parrainée par l'ex-ministre de la Justice, Achraf Rifi. Originaire de la localité de Kobeiyat, au Liban-Nord, le général Nader était considéré comme un officier proche de Michel  Aoun, avant qu'il ne soit élu à la présidence. Mais les relations entre les deux hommes se sont détériorées.   


Les dessous d'une défection
La défection de Omar Chami, principal conseiller de l'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi, qui a rejoint le bercail haririen, n'est pas dû à une désillusion ou à un sursaut de conscience. Selon des sources tripolitaines, le départ de M. Chami a été provoqué par le refus de M. Rifi de trancher en sa faveur dans les litiges qui l'opposent au président du Conseil municipal de Tripoli, Ahmad Kamareddine. Selon ces sources, M. Rifi a préféré rester à égale distance des deux protagonistes afin de ne pas froisser M. Kamareddine, l'un de ses plus importants soutiens dans la ville. M. Chami a interprété cette attitude comme un désaveu et en a tiré les leçons qui s'imposent.


Un nouveau gendre candidat?
Depuis une vingtaine d'années, les «gendres» ont fait irruption avec force sur la scène politique. On se souvient d'Elias Murr, gendre d'Emile Lahoud, et on connaît Gebran Bassil ou Chamel Roukoz. Un nouveau gendre a fait son apparition au Metn: il s'agit de Richard Riachi, époux de la fille du député Assaad Hardan, ex-président du PSNS. Me Riachi envisagerait de se porter candidat aux élections législatives.

Deux records seront brisés
Un observateur de la scène électorale s'attend à ce que deux records soient pulvérisés lors du prochain scrutin législatif, prévu en mai 2018. Le premier est le nombre d'anciens officiers de l'armée et des Forces de sécurité intérieure (FSI) à faire acte de candidature. Le second record sera celui du nombre de journalistes qui convoitent un strapotin dans l'hémicycle. «A ce jour, 15 ex-officiers et 10 journalistes, hommes et femmes, ont affiché leurs ambitions électorales», indique cet observateur, qui prévoit que ce chiffre doublera d'ici au mois de mars prochain.


Élections 2018: Bassil, l'homme à abattre
Avec l'approche des élections législatives, prévues en mai 2018, l'inquiétude grandit dans l'entourage du président du Courant patriotique libre (CPL), Gébran Bassil. Ces milieux se rendent compte que le ministre des Affaires étrangères s'est fait tellement d'ennemis qu'il lui sera difficile de trouver des alliés de poids pour former une liste forte et unie. En effet, il existe une convergence d'intérêts entre les principales figures chrétiennes du Liban-Nord pour abattre Gebran Bassil, dans l'espoir de lui barrer définitivement la route du palais de Baabda. Même les Forces libanaises, qui ont signé un accord avec le CPL, œuvreraient à la chute de M. Bassil. Une alliance entre Sleiman Frangié, Farid Makari, Boutros Harb et le Parti syrien national social (PSNS) serait en gestation pour servir cet objectif. 

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   
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