Confidences partis
Logo

Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

Confidences partis
Confidences partis

Confidences partis (12)

Vendredi, 15 Février 2019 13:46

Okab Sakr réhabilité par Hariri

La carrière politique de l'ancien député de Zahlé, Okab Sakr, a été bien vite enterrée par les analystes. L'ex-journaliste, soupçonné d'avoir fait le jeu de l'ancien ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan, accusé d'avoir organisé la démission forcée et la séquestration à Riyad du Premier ministre Saad Hariri, en novembre 2017, a disparu des radars depuis plus d'un an. D'aucuns affirmaient qu'il était tombé en disgrâce à cause de son «manque de loyauté envers son chef et ami». Visiblement, il n'en est rien. M. Sakr vient d'être réhabilité par Saad Hariri, qui l'a nommé à la mi-janvier secrétaire général adjoint du Courant du Futur pour les Affaires politiques et culturelles. Ahmad Hariri a été confirmé à son poste de secrétaire général et l'ancien député de Beyrouth, Ammar Houry, a décroché le titre de conseiller dans le cabinet de Hariri.

 

Les chrétiens scrutés par tous
Plus que toute autre, la scène chrétienne au Liban est scrutée avec une attention particulière par les puissances régionales et internationales impliquées au pays du cèdre et au Levant. Ces puissances, qu'elles s'appellent la France, les Etats-Unis, la Russie, la Syrie ou l'Iran, s'intéressent de près aux évolutions sociales et politiques qui sont en train de s'opérer au sein de la communauté chrétienne. En plus du foisonnement de «partis» ou de la réactivation d'anciennes formations, des études sociologiques sont effectuées pour essayer de comprendre les transformations actuelles et deviner leur impact sur la situation à venir. Des diplomates de ces pays posent des questions ciblées à des chercheurs, des professeurs d'université et à des journalistes. La situation des Eglises maronite et grecque-orthodoxe n'échappe pas à l'attention de tous ces curieux.

 

L'incident de Jahiliya, un cadeau
L'incident de Jahiliya (Chouf), le 1er décembre, lorsqu'une patrouille du service de renseignement des Forces de sécurité intérieure (FSI) a tenté en vain d'arrêter le chef du parti al-Tawhid, Wiam Wahhab, a finalement été un cadeau inespéré pour l'ancien ministre proche de la Syrie et du Hezbollah. Cette affaire a transformé M. Wahhab en personnalité politique incontournable de le communauté druze. Mais ce n'est pas tout. Le 1er décembre 2018 peut être considéré comme la refondation du parti al-Tawhid. Depuis cette date, des dizaines de jeunes druzes du Chouf, de Aley, de Baabda et de Hasbaya ont présenté des demandes d'adhésion à cette formation dont le rayonnement dépassait difficilement Jahiliya, le village natale de M. Wahhab. «L'incident de Jahiliya a brisé le mur de la peur qui empêchait les jeunes déçus par le leadership de Walid Joumblatt de rejoindre d'autres chefs. Aujourd'hui, il faut compter avec Wahhab», a commenté une personnalité druze de la montagne.

 

Amendement de la loi de 1905?
Un avocat proche d'un grand parti chrétien a préparé une étude exhaustive visant à amender la loi de 1905 sur les associations, qui, bien que datant de l'époque de l'empire ottoman, continue de règlementer la création et le fonctionnement des partis politiques au Liban. Un de ses collègues, qui a lu l'étude à sa demande, a estimé que le texte proposé est «pire que la loi ottomane». «Ce texte ne contribuera pas à moderniser la vie politique mais pérennisera les partis actuels», lui a-t-il dit, en lui conseillant de renoncer à son projet. 

 

Malaise chez les Kataëb
Le malaise qui a surgi en novembre entre le député Nadim Gemayel et la direction des Kataëb, présidé par son cousin Sami Gemayel, est en train d'être réglé loin des médias pour éviter qu'il ne se transforme en cassure lors du prochain congrès du parti. La colère de Nadim Gemayel a été provoquée par l'alliance entre des candidats Kataëb et du Parti syrien national social (PSNS) et d'autres formations du 8-Mars aux élections de l'ordre des Pharmaciens, en novembre. A la mi-décembre, une réunion du bureau politique avait ete le théâtre d'un débat houleux après la proposition de Nadim Gemayel de former un comité de salut pour «sauver le parti».

Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un déménagement?
Avec la multiplication du nombre d’entreprises de déménagement au Liban, le changement de domicile se fait désormais facile. Mais à quel prix? Rangement, emballage, transport, déballage, mise en place d’un…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved