Confidences sécurité
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Nº 3086 du vendredi 2 février 2018

Confidences sécurité

 
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Attentat de Saïda
Des suspects identifiés en 72h

Il n'a fallu que 72 heures aux services de sécurité pour identifier les auteurs présumés de l'attentat qui a visé, à Saïda, le 13 janvier, un cadre militaire du Hamas chargé de la coordination avec les Territoires palestiniens, Abou Hamza Hamdan. C'est le service de renseignement des Forces de sécurité intérieure (FSI) qui a mené l'enquête, avec le soutien technique des SR de l'armée libanaise. Le chef du commando qui a planifié et exécuté l'attentat, Ahmad Beytiyé, a été extradé, le 23 janvier, par la Turquie, où il avait trouvé refuge au lendemain de l'explosion d'une bombe placée dans la voiture de Hamdan. Originaire de Tripoli, Beytiyé aurait été recruté par le Mossad israélien à Amsterdam, selon des sources de sécurité. Il serait arrivé à Beyrouth le 9 janvier, pour superviser les préparatifs. Le commando compterait aussi une femme et quatre autres hommes.

El-Lino veut protéger ses arrières
L'ancien chef du Fatah à Aïn el-Héloué, le général Mahmoud Issa, plus connu sous le nom d'el-Lino, aurait sollicité une médiation pour tenter de se réconcilier avec les représentants officiels de l'organisation au Liban. Réputé proche de l'ex-homme fort du Fatah à Gaza, Mohamed Dahlan, tombé en disgrâce et qui vit entre le Caire et les Emirats, el-Lino craindrait de faire les frais d'une entente entre le Fatah, le Hamas et l'Etat libanais, selon des sources sûres.

La Sûreté de l'Etat reprend du service
Depuis la nomination du général Tony Saliba au poste de directeur de la Sûreté de l'Etat (SE), ce service s'est illustré par un regain d'activité qui a abouti à l'arrestation d'un grand nombre de personnes soupçonnées de liens avec des organisations terroristes ou d'espionage au profit d'Israël. Les hauts dirigeants politiques ont tenu à féliciter personnellement le général Saliba pour les succès enregistrés par le service qu'il dirige. La Sûreté de l'Etat avait été paralysée pendant plus de trois ans par les profondes divergences entre son ancien directeur, Georges Karaa, et son adjoint, Maher Toufeily. Les budgets alloués à la SE étaient débloqués au compte-gouttes et souvent amputés de sommes importantes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.


1 500 est le nombre de détenus islamistes qui pourraient bénéficier d'une loi d'amnistie actuellement en gestation et qui serait votée en avril au plus tard. Cette loi prévoit les modalités d'amnistie pour quelque 5 000 Libanais réfugiés en Israël et l'annulation de 48 000 mandats de justice émis essentiellement contre des prévenus de confessions chiites, dans la Békaa. Le Premier ministre Saad Hariri a discuté du «déséquilibre» des chiffres avec le chef de l'Etat, Michel Aoun.

Retour des repentis
Les services de sécurité libanais craignent un retour massif de jihadistes libanais repentis, après la défaite de Daech en Irak et en Syrie. Les informateurs des différents services ont été invités à plus de vigilance et à accroître leur surveillance des familles des jihadistes les plus connus. Aucune statistique officielle du nombre de jihadistes libanais n'est diponible. Le chiffre varie entre 700 et 2 000, sans compter la centaine de jeunes tués au combat en Syrie et en Irak dans les rangs de Daech ou de l'ex-Front al-Nosra.


Révélations
L'ancien homme d'affaires Salah Ezzeddine, qui a fait faillite en 2009, entraînant dans sa chute des centaines de familles chiites, aurait été victime d'une unité israélienne spécialisée dans la lutte contre les «financements terroristes», appelée Harpoon. C'est ce que révèle dans un livre paru en novembre 2017 une célèbre avocate israélienne, Nitsana Darshan-Leitner, qui préside l'agence juridique Shurat Hadin. L'avocate affirme dans le livre intitulé Harpoon, que le Mossad a subtilisé, avec la complicité de son agence, des milliards de dollars des comptes de Ezzeddine,dont un milliard appartenant au Hezbollah. Selon elle, l'homme d'affaires n'a jamais pu expliquer à ses partenaires comment l'argent avait disparu.

 

 

 

Le Missile S-200
La surprise aérienne du Hezbollah

La discrète communauté des diplomates «intéressés» par les questions sécuritaires et militaires à Beyrouth bruisse de questions sur les «surprises» que réserverait le Hezbollah à Israël lors d'une éventuelle guerre. Les pronostics sont partagés entre les missiles balistiques, les missiles sol-mer de longue portée ou les unités de commandos entraînés pour les opérations offensives, en prévision d'une tentative de percée vers la Galilée, comme l'avait clairement dit le leader du parti, Hassan Nasrallah. «Ce ne sont pas de vraies surprises, a cependant commenté un fin connaisseur du Hezbollah. C'est dans les airs qu'il faut chercher», a-t-il ajouté devant ses interlocuteurs. Les questions des «diplomates» ont alors commencé à pleuvoir sur le fait de savoir si le Hezbollah disposerait dans son arsenal du fameux missile russe anti-aérien S-200, appelé par l'Otan SA-5 (Gammon), qui peut avoir une portée de 250 kilomètres. Le «fin connaisseur» s'est contenté d'un sourire évasif.

Abou Malek al-Tallé
Blessé dans les combats d'Idleb

Des sources proches du Hezbollah ont déclaré à Magazine qu'Abou Malek al-Tallé, l'ancien émir de l'ex-Front al-Nosra dans le Qalamoun et le jurd de l'Anti-Liban, a été grièvement blessé lors des combats contre l'armée syrienne et ses alliés, au sud-est de la province d'Idleb. Al-Tallé, qui avait été évacué avec plusieurs centaines de ses hommes vers la province syrienne, en août 2017, a été touché près de l'aéroport militaire d'Abou Zouhour. Ses jours ne seraient pas en danger. L'ancien émir avait perdu, il y a trois mois, l'un de ses fils dans des règlements de compte portant sur la répartition du butin amassé grâce à l'argent des rançons payées pour la libération de détenus d'al-Nosra.


Trois fronts simultanés
Des commentateurs des médias israéliens se font de plus en plus l'écho des craintes de l'establishment politico-militaire israélien d'un embrasement simultané de trois fronts, celui du Liban, celui de Syrie (le long du Golan occupé) et, enfin, celui de Gaza. Cette question aurait été débattue, début janvier, entre des membres du Conseil national de sécurité israélien et des hauts responsables militaires américains, à Washington. La chaîne de télévision à capitaux saoudiens, al-Arabia, qui rapporte la nouvelle, ajoute que le cabinet restreint israélien aurait établi des «plans détaillés» pour ce qui porte désormais en Israël le nom de la «Première guerre du Nord», contre le Liban et la Syrie.    


Le mufti sous haute protection
Les mesures de sécurité entourant le mufti de la République, cheikh Abdel Latif Deriane, ont été discrètement renforcées, selon des sources bien informées. Le dispositif sécuritaire mis en place pour assurer la protection du dignitaire religieux a été remanié et des agents supplémentaires ont été affectés. Les sources affirment que les services de sécurité ne possèdent aucun renseignement sur des menaces particulières planant autour du mufti, précisant que le nouveau dispositif s'inscrit dans le cadre de «mesures préventives dictées par l'analyse du contexte politique». Rappelons que le rôle de cheikh Deriane dans la crise liée à la démission surprise du Premier ministre, Saad Hariri, le 4 novembre, n'a pas été apprécié par les autorités saoudiennes. Le dignitaire avait positionné Dar al-Fatwa sur la même ligne que celle adoptée par la famille Hariri, menée par la député Bahia Hariri, qui a fait primer le retour du Premier ministre d'Arabie saoudite sur toute autre considération politique.


les réfugiés de Zabadani rentrent
Les autorités syriennes ont entamé, début janvier, un vaste chantier de déblaiement des décombres et de réhabilitation  de l'infrastructure dans la ville de Zabadani, située à 11 kilomètres de la frontière libanaise. Cet ancien fief rebelle a subi d'importantes destructions lors des combats, avant qu'il ne soit repris par le Hezbollah et l'armée syrienne. Quelque 1 500 familles originaires de la ville et réfugiées à l'intérieur de la Syrie n'ont pas attendu la fin des travaux pour revenir chez eux. Des sources libanaises proches de Damas assurent que des centaines d'habitants de Zabadani, installés au Liban, sont entrés en contact avec les autorités syriennes, via des notables libanais et syriens de la région frontalière, pour organiser leur retour dans leur foyer.

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Éditorial
Des chiffres introuvables

La catégorie de Libanais qui peinent à boucler leurs fins de mois grossit à vue d’œil. Sciemment ou inconsciemment, de plus en plus de familles éliminent du panier de la ménagère des produits devenus trop coûteux. Avant d’en arriver là, elles ont réduit, progressivement, leur train de vie, reportant le remplacement d’une voiture, espaçant leurs voyages, ajournant le renouvellement d’un salon ou d’un appareil électroménager. Les gens consomment moins et moins cher. Tous les mois, des familles voient leur statut socioéconomique se détériorer, passant de la classe moyenne aux couches les plus défavorisées et démunies de la société.   Les acteurs économiques et sociaux se renvoient la balle et échangent les accusations. Chacun propose des solutions partielles, à travers le seul prisme de ses intérêts étroits et sectoriels. Les syndicats réclament une augmentation du Smic, sans s’interroger sur les possibles implications d’une telle mesure sur l’ensemble de l’économie (voir page 38). Le patronat ne se soucie que de ses marges de gains et du poids des charges sociales qui pèsent sur ses comptes. Tous rejettent la faute sur l’emploi de la main-d’œuvre syrienne, qualifiée ou sans qualifications, qui envahit des pans entiers de l’économie.L’Etat, premier concerné par les grands choix stratégiques, régulateur en chef et principal catalyseur de l’activité économique, aussi bien dans les secteurs public que privé, est inscrit aux abonnés absents. Il faut dire que les dirigeants ont d’autres chats à fouetter en ce moment. A quelques mois des élections législatives, ils sont occupés à s’écharper, tantôt pour un décret de promotion d’officiers, tantôt pour des réformes de la loi électorale. Ils sont surtout motivés par l’obsession de perdre un peu de leur influence.Mais à quoi sert cette influence sinon à protéger leurs intérêts immédiats, souvent au détriment de ceux de l’Etat et du bien général? Et même si les dirigeants étaient réellement soucieux de freiner la chute vers les abysses de la pauvreté d’une grande partie de la classe moyenne, ils n’ont ni les compétences ni les outils nécessaires pour le faire. Pour arrêter des choix stratégiques et établir des plans intégrés de relance de l’économie, il faudrait disposer de données précises et de chiffres exacts. Tous les Etats qui se respectent sont capables de fournir, en temps réel, le nombre de chômeurs. Ici au Liban, le pourcentage de personnes sans emploi est une «opinion». Qui est capable de nous dire combien de Libanais sont au chômage? Hier encore, le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, affirmait que 30% de la population active est sans travail. Si tel est le cas, nous sommes déjà au fond de l’abysse sans le savoir.La situation n’est guère plus reluisante pour toutes les autres données et chiffres fondamentaux et indispensables pour établir des plans. Ceux dont nous disposons, concernant notamment les comptes de l’Etat, remontent à 2015.Tout compte fait, avoir des chiffres exacts c’est peut-être trop demander à un Etat qui n’a pas procédé à un recensement de la population depuis 1932.


 Paul Khalifeh
   

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