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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

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A l’heure du «manger sain», le premier repas de la journée reprend des couleurs dans l’esprit des consommateurs. Résultat: cafés et restaurants misent de plus en plus sur les menus matinaux.

Le petit déjeuner n’est plus l’apanage des boulangeries ou des fours à manakichs. Les restaurateurs se saisissent à leur tour d’un créneau en pleine croissance. Breakfast Barn a ouvert en mai 2016 à Achrafié. «On a constaté qu’il y avait peu d’endroits spécialisés dans les petits déjeuners. Nous offrons le repas idéal pour commencer la journée», explique Chantal Salloum sa directrice. Le restaurant propose un menu sur mesure 100% organique. «Chacun choisit ce qu’il veut mettre dans son bol ou sur sa tartine. Par exemple, les vegans peuvent opter pour du fromage d’amandes à la place du labneh ou de la mozzarella», poursuit la restauratrice. La grande tendance du moment sont ces bols de lait ou de yaourt garnis de super food, des ingrédients naturels à fortes valeur énergétique. «Au lieu de commander un milk-shake composé d’aliments artificiels avec des produits chimiques, on optera par exemple pour du lait d’amandes mélangé à des fruits secs, des bananes et des graines de shia, des ingrédients beaucoup plus riches en nutriments et de surcroît naturels», détaille Chantal Salloum.
A Hamra, le café Urbanista tourne à un rythme de 50 à 70 couverts tous les matins. La chaîne a élaboré un menu complet destiné au repas le plus important de la journée servi tous les jours de 8h à 12h. «Hamra a toujours été le quartier de Beyrouth le plus animé le matin en raison de la présence d’universités et d’hôpitaux. A titre d’exemple, là bas les fours envoient 5 000 mankouchés par jour. Avant, les gens avaient l’habitude de se retrouver dans des endroits comme le Café de Paris pour lire le journal, remplacés depuis par de nouvelles enseignes. Aujourd’hui, ils vont chez Paul ou à Urbanista. Ça a toujours beaucoup bougé, seules les destinations changent», remarque Maya Bekhazi Noun, membre du conseil d’administration du syndicat des propriétaires de restaurants.
Aux côtés des traditionnels croissants et omelettes, on trouve les ingrédients healthy du moment: avoine, graines, avocats, miel, etc. Pour Sara Chaaban, responsable de développement «c’est justement la prise de conscience quant à la nécessité de renouer avec des habitudes saines qui a poussé les gens à s’intéresser de nouveau au petit déjeuner.» Même constat du côté de Breakfast Barn. «Les gens sont de plus en plus exigeants quant à leur consommation. Parmi nos clients figurent beaucoup de sportifs et de personnes sensibles à leur alimentation. La livraison marche très bien. Certains commandent tous les jours un petit déjeuner à heure fixe, que ce soit chez eux ou au bureau», confie Chantal Salloum.

«On livre des omelettes»
D’après la syndicaliste, la demande pour les produits healthy commence à gagner le marché tout en restant encore assez embryonnaire. «Certes, aujourd’hui, beaucoup d’enseignes vont proposer des produits healthy pour être en accord avec une tendance grandissante, mais les gens continuent de commander des bagels, des brioches et des croissants», nuance-t-elle. «Les consommateurs cherchent avant tout à diversifier le repas du matin. Ils ne veulent plus manger tous les jours une mankouché. Et les nouveaux concepts de petits déjeuners offrent un choix varié. La livraison de petits déjeuners à domicile explose depuis trois ans. Aujourd’hui, on livre même des omelettes, chose impensable il y a quelques années.»

Philippine de Clermont-Tonnerre

Excroissances cutanées touchant une personne sur 4 (les enfants et les patients immunodéprimés surtout), les verrues sont inoffensives, mais inesthétiques et provoquent un certain inconfort. Les remèdes sont multiples. Lesquels sont les plus efficaces?

Il suffit d’un simple contact direct (de peau à peau) avec une personne porteuse de verrues pour que le virus soit transmis d’un individu à l’autre. Plus encore, certains milieux peuvent favoriser le développement de ces «papillomes viraux» (VPH – virus papillome humain) et la contamination. Il s’agit notamment des douches collectives, du sol des vestiaires des salles de sport ou des piscines, des saunas, etc. Bénignes (non cancéreuses), les verrues apparaissent, dans la plupart des cas, sur les doigts, près des ongles, sur les mains, sur les pieds voire sur le visage. Elles sont souvent de la même couleur que la peau et sont rugueuses. Elles peuvent toutefois, dans certains cas, être foncées (marron ou gris-noir), plates et lisses. A noter que des  types particuliers de VPH peuvent engendrer l’apparition de verrues dans la région génitale.

Ne pas gratter
Il est impératif d’abord de noter qu’il ne faut surtout pas retirer ou gratter la corne de la lésion. Des risques de saignement et d’augmentation de l’infection pourraient alors survenir et entraîner des complications encore plus graves. La disparition naturelle de certaines verrues peut être espérée, mais il revient au médecin traitant, généralement un dermatologue, d’en juger. Plusieurs facteurs déterminent ainsi la nature du traitement: la localisation de la verrue, son stade de développement, sa sévérité, l’âge du patient. Il n’en demeure pas moins que détruire la verrue n’implique pas nécessairement la garantie que le virus est complètement éliminé du corps. Des cas de récidive peuvent se manifester. Les méthodes de traitement varient donc et sont principalement au nombre de quatre:
● Le curetage chirurgical: on retire la verrue à l’aide d’une curette. Cette technique concerne surtout les lésions volumineuses. Une cicatrice risque d’apparaître à la suite d’une telle intervention qui est généralement suivie d’un autre traitement.
● La cryothérapie ou la congélation (traitement à froid): c’est la méthode de traitement la plus commune. Le médecin traitant applique de l’azote liquide (généralement à l’aide d’un coton-tige ou par pulvérisation) sur la verrue, ce qui permet de la geler. Plusieurs séances sont nécessaires pour s’en débarrasser.
● Le laser à gaz carbonique: un rayon laser est axé sur la verrue pour la détruire complètement. Dans bon nombre de cas, on retrouve des cicatrices au niveau de la lésion, raison pour laquelle il s’agit d’une méthode relativement exclusive pour l’éradication des verrues plantaires.
● Les traitements chimiques: ils sont à base de kératolytiques et renferment des concentrations d’acide salicylique associé ou non à d’autres acides allant de 10 à 60%. Ce type de traitement vise à éliminer la couche superficielle de la peau et donc agit en «décapant» la verrue ciblée.
Prévention. Des mesures préventives peuvent en outre être prises pour éviter la contagion ou l’atteinte:
● Ne jamais toucher ou gratter les verrues d’une personne atteinte du virus.
● Éviter d’utiliser les serviettes, chaussures, chaussettes, gants de toilettes, etc. d’autrui.    
● Éviter de marcher pieds nus dans des lieux publics (piscines, vestiaires, salles de sport, douches publiques, etc.).
● Utiliser ses propres ustensiles pour toute séance de manucure et/ou pédicure.
● Bien se sécher les pieds après une douche ou un bain (que ce soit à la maison ou dans un lieu collectif).

Natasha Metni Torbey

Se décharger des tâches ménagères et familiales pour mener une vie «active» sur le plan professionnel est devenu, depuis la fin de la guerre, un phénomène très fréquent. Or, un tel «luxe» s’avère onéreux. Combien coûte le recrutement d’une employée de maison?
Du XIXe jusqu’à la moitié du XXe siècle, les familles aisées libanaises recouraient aux employées de maison syriennes, égyptiennes ou libanaises. Dans les années 90, l’afflux de main-d’œuvre en provenance d’Asie ou d’Afrique a changé la donne. Les faibles salaires que cette main-d’œuvre demande a permis à une grande partie de Libanais (aisés ou moins aisés) d’embaucher des employées de maison. Les coûts varient certes en fonction de la nationalité des ressortissants et les agences se sont multipliées dans le pays pour faciliter les procédures administratives. A quel prix?

Les montants varient
Une fois que l’employeur aura reçu, de l’agence concernée, plusieurs CV de différents ressortissants étrangers souhaitant travailler au Liban et que le choix tombe sur l’un d’entre eux, la procédure de recrutement commence. Il faudra attendre au moins un mois avant l’arrivée de l’employée de maison. L’agence s’occupe de la réservation du billet d’avion et de la préparation des dossiers nécessaires pour la constitution des documents de voyage dans le pays de résidence de l’immigré. Aux sommes relatives à ces procédures s’ajoute la commission que prélève l’agence pour le travail effectué. Un autre facteur peut faire varier la facturation: il s’agit des relations diplomatiques qu’entretient le Liban avec les pays d’origine des ressortissants. Depuis un certain temps, les Philippines, par exemple, interdisent à leurs ressortissants de se rendre au Liban. Le départ se fait alors de manière détournée, via un pays tiers, ce qui rend le voyage plus long, et donc plus coûteux. Ainsi, pour les Philippines, les frais s’élèveraient à 3 500 dollars et peuvent atteindre, parfois, les 4 500 dollars. Un tel montant n’est pas sans cause: les Philippines bénéficient généralement d’un niveau d’éducation relativement convenable et sont connues pour la bonne garde des enfants. L’arrivée des Sri Lankaises au Liban coûte 2 500 à 3 000 dollars. Celles-ci connaissent assez bien le Liban, y sont bien intégrées et n’ont souvent pas besoin d’avoir recours à des intermédiaires pour conclure leur contrat. Pour embaucher une femme d’origine camerounaise (maîtrisant en général le français et l’anglais), la somme peut s’élever jusqu’à 2 700 dollars. Entre 2 000 dollars et 2 400 dollars varie le montant pour le recrutement de toute employée de maison venant du Nigeria, du Bénin, du Kenya ou du Togo. Quant aux ressortissants du Bangladesh, ils font leur entrée au Liban avec un prix de base tournant autour de 1600 dollars. A ces sommes s’ajoute le salaire mensuel de l’employée de maison qui diffère aussi en fonction de la nationalité et qui tend à augmenter au fil des années (Voir tableau).
Le contrat rédigé par l’agence et conclu entre les deux parties fixe les conditions. Il est, dans un premier temps, valable sur une période de deux ans et est renouvelable avec l’accord des deux parties. Une période d’essai (d’une durée d’un mois) est allouée à l’employeur.
Des frais annuels viennent par ailleurs s’imposer à ce dernier (en plus des frais quotidiens). Il s’agit du permis de travail dont le prix s’élève à 300 000 L.L. et du permis de séjour (300 000 L.L.), de l’assurance médicale (150 000 L.L.), des examens de sang (100 000 à 150 000 L.L.), des radios du thorax que requiert le ministère du Travail (100 000 L.L.) et les frais de notaire, qui s’élèvent à 135 000 LL.  
Le total maximal des frais par an varierait aux alentours de 810 0000 L.L., soit 675 000 L.L. par mois (450 dollars). L’on peut ainsi se poser la question suivante: comment un Libanais dont le revenu mensuel dépasse à peine le salaire minimum peut-il s’offrir un tel service?

Natasha Metni Torbey

Depuis plus de 70 ans, Bouquet appose sa signature à de grands évènements. Ce grand spécialiste de la décoration florale est l’un des pionniers sur le marché libanais. A la tête de la compagnie depuis plus de vingt ans, Kamal Sfeir, directeur général, nous raconte cette aventure au milieu des fleurs, des plantes et des douces senteurs.

C’est sous l’époque du mandat français, en 1943, que les deux frères, Georges et Fayez Sfeir, ont lancé la société Bouquet dont le nom a été donné par les Français eux-mêmes. «Mon père et mon oncle plantaient des fleurs dans un terrain où les Français se rendaient régulièrement pour y composer des bouquets de leur choix. Quand les gens leur demandaient où ils allaient, ils répondaient: chez monsieur bouquet. Ainsi, le nom était né», raconte Kamal Sfeir. Mais ce n’est qu’en 1948 que la société est officiellement enregistrée.
Lorsqu’il s’installe dans l’immeuble des Lazaristes, au centre-ville, Bouquet est l’un des premiers magasins de fleurs à Beyrouth. «Par la suite nous nous sommes agrandis. Mon père voyageait régulièrement en Italie, en Belgique et en Hollande pour introduire tout ce qui est accessoire à la décoration florale.» Détenteur d’un diplôme en Business administration de la LAU, Kamal Sfeir s’intéresse dès son plus jeune âge aux affaires. «A partir de 13 ans, j’ai commencé à travailler dans la société. J’ai débuté au bas de l’échelle, en apprenant comment s’occuper des fleurs, la manière de les couper, de les mettre dans l’eau, comment composer un bouquet ou un arrangement.» Par la suite, il s’attelle au côté administratif et se familiarise avec la gestion de la compagnie. «A partir de 16 ans, je voyageai avec mon père pour assister aux foires et aux expositions, faire la connaissance des fournisseurs et introduire de nouvelles idées. Avec le recul, j’ai réalisé que cette expérience acquise et ces instants vécus étaient plus importants que tout ce que j’ai étudié à l’université», souligne Kamal Sfeir.

Innovations
Un peu businessman, un peu artiste, Kamal Sfeir allie un goût exquis pour la décoration florale, doublé d’un solide sens des affaires. Il est toujours étudiant lorsque son père tombe malade et, à 22 ans, il prend totalement en charge la compagnie à son décès. «J’ai alors tenté de trouver d’autres horizons et d’élargir notre champ d’activité. Alors que l’on importait des sapins depuis tout temps, j’ai découvert une autre variété qui est le fameux sapin bleu. Bouquet était le premier à introduire au Liban cette variété et, pendant 10 ans, nous étions les seuls à en importer. Les sapins bleus ont la particularité de résister plus à la chaleur et d’être plus beaux que les sapins ordinaires. Nous les coupons directement dans les forêts, en Europe, où chaque année je vais les choisir personnellement.» C’est un moment privilégié, «un instant de pur bonheur» pour Kamal Sfeir, de se retrouver en pleine nature, dans la forêt, à choisir les sapins. «C’est un des instants que j’aime le plus dans mon travail.» 
Toujours innovateur, à 25 ans il visite la Thaïlande, et fait la connaissance des fournisseurs d’orchidées. Il devient ainsi le premier à importer les dendrobium –vulgairement connus sous le nom de «baby orchidée»–, directement de Thaïlande, alors qu’auparavant, ils étaient exportés en Hollande puis acheminés vers le Liban. «C’est la raison pour laquelle, le prix de cette plante a considérablement baissé car désormais nous les importons directement de la source», souligne Kamal Sfeir.
Chaque année, après la saison des mariages qui commence au printemps et se termine en été, Kamal Sfeir assiste à plusieurs foires et expositions de décoration et d’accessoires. «Ces manifestations sont source d’inspiration, nous y puisons les idées pour la réalisation de grands évènements tels que ceux qui ont contribué à créer la notoriété de Bouquet dans la décoration des mariages intimes et des grands mariages.»

Divorce party
Fait sur mesure, chaque mariage est un évènement unique pour Kamal Sfeir. «La décoration s’inspire généralement du caractère de la mariée, de ses goûts et de ses affinités. Certaines aiment le classique, d’autres affectionnent une touche d’originalité ou alors préfèrent la simplicité. C’est en fonction de tous ces éléments que nous créons la décoration en y ajoutant notre touche personnelle.» Comment définit-il la tendance actuelle des mariages au Liban? «Aujourd’hui, les mariages se divisent en deux catégories: soit les grands mariages où l’on parle de 600 à 1 000 invités, soit les mariages intimes de 60 à 80 personnes. On assiste de plus en plus souvent à des mariages à l’étranger qui intéressent surtout la classe moyenne.» Il existe plusieurs explications à ce phénomène qui prend de l’ampleur. «Dans ce genre de mariage, ceux qui s’y rendent sont généralement les amis et la famille proche des mariés. De plus, les mariages à l’étranger coûtent moins chers qu’au Liban. Les mariés misent sur le cadre et se passent de choses comme l’éclairage, le défilé des voitures, la zaffé et le folklore traditionnel auquel on assiste dans les mariages libanais et qui représentent 30% du budget.» Fort d’une longue expertise acquise au cours de nombreuses années au Liban, Bouquet a déjà fait la décoration florale de plusieurs mariages en dehors du Liban, en Italie, en France et en Suisse. «Dans ces évènements, nous faisons venir les fleurs directement de Hollande et je me rends avec mon équipe sur place. Dans ces cas-là, la décoration reste simple parce qu’on essaie d’exploiter le cadre qui est généralement d’une grande beauté et de le mettre en valeur.»
En raison des nouvelles dispositions prises par la Banque de l’Habitat, plusieurs mariages ont dû être reportés cette année. «Nous n’avons pas été touché par ce phénomène mais son existence est une évidence.» En revanche, le manque à gagner à la suite de ces mesures est compensé par les «Divorce party» qui sont de plus en plus fréquentes en raison du nombre élevé de divorces dans le pays.
En marge de la décoration d’évènements, Bouquet importe des graines et de jeunes plantes destinées aux agriculteurs locaux. «Nous nous occupons également du suivi avec eux, leur indiquons les couleurs en vogue à planter, selon les saisons.» La société introduit également de nouvelles tendances, destinées à promouvoir la décoration florale, comme les pots de la marque mondiale Elho dont Bouquet détient l’exclusivité. «Nous avons aussi ouvert un nouveau secteur destiné aux jardins et en particulier aux  municipalités pour l’entretien de la propreté (jardins et routes) en utilisant des machines innovatrices, écologiques et qui fonctionnent grâce  à  des batteries.»
Soixante-dix ans de vie et pour Kamal Sfeir les défis à relever restent nombreux. «Alors que de nombreux commerces sont acculés à la fermeture pour des raisons financières et économiques, l’essentiel reste la pérennité et la durée dans le temps.»

Joëlle Seif

La Banque centrale a émis récemment une batterie de décisions et de circulaires afin de verrouiller le marché financier et le rendre résilient aux chocs extérieurs.


Sur la base d’une entière autonomie vis-à-vis du pouvoir politique, consacrée par le Code de la monnaie et du crédit, le régulateur du marché monétaire a décidé d’agir, temporairement, pour la consolidation de la stabilité de la livre libanaise. La banque du Liban (BDL) a conçu des instruments financiers que la loi lui accorde tels l’encadrement des crédits et la fixation des taux d’intérêt directeurs. Ses démarches n’ont pas réussi à calmer les craintes des Libanais, qui appréhendent, malgré une politique d’ancrage de la livre au dollar américain, une réédition forcée du chaos du marché de change de 1993. De leurs côtés, les banquiers interrogés par Magazine considèrent que la BDL remplit ses obligations de régulateur, s’abstenant de plus de commentaires.
Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région Mena, a considéré que la situation économique du Liban n’est pas inquiétante, concédant cependant qu’elle était fragile. Cette fragilité peut rapidement dégénérer si la classe dirigeante continue à appliquer la politique de l’autruche. CEDRE a bien mis en relief la nécessité de la préservation de la stabilité monétaire, en attendant que soient mis en place «graduellement» une réforme financière et un plan d’investissement à long terme pour la réhabilitation et la modernisation des infrastructures du pays. Plus le temps passe, plus le coût de cette stabilité monétaire traduite par un ancrage de la livre au dollar américain s’accroît. Les indicateurs économiques sont aléatoires. La croissance économique a été d’environ 1% au cours des sept dernières années, représentant une part de 0% de celle de la dette publique, alors que la moyenne de la croissance démographique a été de 0,5% en rythme annualisé. Ajoutons à cela un élément grave, celui des pressions des déficits budgétaires et de la balance des paiements qui se creusent parallèlement. De toute façon, il est devenu clair que le jour où le Liban sera en position de cessation de paiement du service de sa dette, les experts de la communauté internationale ne seront plus en mesure de parler de «miracle de l’économie libanaise». Aussi faut-il rappeler que la politique monétaire non-conventionnelle suivie par la BDL à ce jour, qui a enregistré des performances, a, au bout du compte, des limites.

Financement de l’Etat
La BDL, qui est la banque de l’Etat conformément à l’article 84 du Code de la monnaie et du crédit (CMC), considère comme une priorité de son activité le financement de l’Etat. Elle souscrit souvent aux bons du Trésor en livres libanaises et en devises étrangères sur le marché primaire, parfois à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché, et assure tous les paiements du gouvernement en devises. Rebelote en mai dernier. Une ingénierie financière a été réalisée conjointement par le ministère des Finances et la BDL. L’opération de swap réalisée a consisté à ce que la banque centrale souscrive à l’ensemble des eurobonds en dollars émis par le ministère des Finances pour le montant de 5,5 milliards $. En contrepartie, le ministère des Finances a récupéré les bons du Trésor en livres pour le même montant détenu par la BDL dans son portefeuille. Cette ingénierie a stipulé que le ministère des Finances paie 1% de taux d’intérêt alors que la BDL se charge du paiement de la différence qui s’élevait à 1,4 milliard $. Dans la pratique, cette opération avait pour objectifs, d’une part, d’alimenter les réserves en devises étrangères de la BDL afin qu’elle poursuive sa politique de soutien à la monnaie nationale et, d’autre part, d’assurer une économie sur le service de la dette publique, de sorte que le déficit semble nominal, inférieur à la réalité, et assurer le paiement des obligations de l’Etat venues à termes en 2018. En plus, ce swap a permis l’augmentation de la part de l’endettement du gouvernement en devises qui est passé de 38% à 44%.

Stabilité des dépôts
Cette ingénierie financière n’a pas que des avantages. La prochaine émission d’obligations souveraines serait nécessairement plus coûteuse en comparaison avec la précédente. A priori, la BDL a emprunté des fonds en livres à 1% à l’Etat, ce qui signifierait que le taux d’intérêt de la prochaine émission de bons du Trésor dépasserait impérativement le taux d’intérêt de référence à Beyrouth. D’ailleurs, pour contrôler l’inflation et continuer à attirer les flux de fonds de la diaspora, la BDL a révisé à la hausse son taux directeur sur la monnaie nationale. A ce niveau, les taux d’intérêt appliqués par les banques commerciales sur les dépôts de leur clientèle en livre font l’objet de rumeurs de tous genres. Pour s’assurer du taux exact, il faut faire un tour des établissements de crédit opérant au Liban. N’empêche que les taux d’intérêt sur les dépôts bancaires en livres à terme sur cinq ans ont dépassé sensiblement 11%. Les rendements d’autres produits en livre offerts par certaines banques ont atteint 15%.
Ajoutons à cela l’augmentation des taux d’intérêt sur les dépôts bancaires en dollar américain due à la tendance haussière des taux de la FED entamée en 2015 et suivie par le Liban comme par les autres marchés émergents. Ainsi la BDL a été contrainte d’ajuster ses taux directeurs sur les capitaux en devises étrangères en fonction de cette augmentation pour ne pas perdre sa place en tant que marché financier préférentiel. Cet ajustement aura ses retombées sur les rendements de la prochaine émission d’eurobonds, d’autant que ceux-ci prennent en compte, les fluctuations des taux d’intérêt sur les marchés internationaux, les expectatives des investisseurs, et la notation du risque pays à long terme.

Encadrement du crédit
Pour mettre toutes les chances de son côté dans sa tentative de contrôler autant que possible la masse monétaire en circulation en livre, la BDL a émis les circulaires 503 et 504 (la dernière a été discutée au cours de la réunion du Conseil central de la BDL du 8/8/2018), qui encadrent les prêts. Ainsi l’autorité monétaire a fixé un plafond aux avances bancaires en livres destinées au secteur privé soit 25% du total des dépôts en monnaie nationale de chaque établissement de crédit. Elle a également autorisé les banques commerciales à rééchelonner les prêts subventionnés en livres si leurs bénéficiaires acceptaient de convertir le montant du prêt en dollars américains. Ce qui est certain c’est que le grand perdant dans le cadre de cette nouvelle équation est le client, qui souffre déjà d’un taux d’inflation de 7,1%. Un taux élevé pour le Liban mais pas nécessairement pour d’autres pays telle la Turquie, dont l’inflation a dépassé 25%.

Réserves de la BDL
Au cours des années, la Banque du Liban a réussi à engranger des réserves en devises étrangères qui ont passé de 300 millions $ à la fin des années 90 pour atteindre aujourd’hui non moins de 54,27 milliards $ à la mi-mai 2018. Ses réserves représentent 66,45% du total de la dette publique et couvrent 205 mois du service de la dette. 

Taux d’intérêt moyen de référence
Le taux d’intérêt moyen de référence sur le marché de Beyrouth a atteint son plus haut niveau en août 2018, enregistrant 5,7% sur le dollar américain et 7,01% sur la livre. Ces moyennes représentent l’un des indicateurs qui reflètent la tendance des rendements sur les dépôts bancaires sur le marché domestique ainsi que ceux sur les prêts bancaires dans l’avenir, constituant un élément d’anxiété dans la foulée de la crise économique que traverse le pays. Une montée des taux signifie des crédits à la consommation et immobiliers plus chers, ce qui est impopulaire auprès des consommateurs.

 

Liliane Mokbel

Jad Ghosn, grand sportif et amoureux de la mer, a fait le trajet Chypre-Batroun en planche à voile en 5h10’. Une prouesse.

Selon nos ancêtres, et par temps clair, des collines de Batroun, ma ville natale, l’on peut voir l’île de Chypre. Personnellement, je ne l’ai jamais vue, mais j’ai toujours rêvé de faire ce voyage moi-même», a déclaré le planchiste Jad Ghosn qui a ajouté: «Il a fallu vingt-quatre ans de planche à voile, une équipe formidable qui a tout organisé, un bon marin et beaucoup de vent pour rendre ce rêve possible».
«Il y a trois ans, le Festival International de Batroun m’a contacté ainsi que d’autres véliplanchistes dans l’espoir de faire quelque chose de différent pour mettre la lumière sur les sports nautiques à Batroun», a-t-il poursuivi.
Le défi était de taille: parcourir la distance entre Chypre et Batroun estimée à 170 kilomètres sur une planche à voile. Mais vu les dépenses exorbitantes pour une équipe de planchistes, on a alors décidé de réduire le nombre des participants à la traversée à une seule personne: Jad Ghosn.
«Après des mois de préparation, de montage d’une équipe spécialisée de soutien, dont un bateau d’escorte, on a décidé de réaliser notre rêve», précise le jeune homme.
«Le 19 juillet 2018, le défi était lancé. L’équipage du bateau est allé à Chypre où je me suis rendu par avion avec plusieurs membres de l’équipe le même jour. Le lendemain, les conditions étaient parfaites, mais nous n’avions pas les documents nécessaires pour quitter l’île, alors nous avons tout mis en place, le point de départ, le plan de sauvetage au cas où je suis en difficulté», a ajouté le planchiste.
«Le surlendemain, il n’y avait pas de vent, nous avons quand même pris le départ, mais à la vitesse que je parcourais, il me resterait 33 heures encore en mer, alors on a décidé d’interrompre la traversée en attendant de meilleures conditions et nous sommes rentrés à Cap Greco, notre site de départ à Chypre», a précisé Ghosn.
«Le dimanche 22 juillet, le défi était à nouveau lancé! Nous sommes partis à 11h30 avec un vent léger. Après 18 km, plus de vent et malheureusement je ne bougeais plus du tout. Sur la carte géographique, un vent était notable à 30 km. Ainsi, nous avons donc passé cette distance sur le bateau d’escorte avant de reprendre la traversée. Au site prévu, nous avons immédiatement été confrontés à de forts vents. À partir de là, tout s’est passé rapidement», Ghosn de poursuivre.

Des poissons volants
«A une vitesse de 50 km/heure, j’ai décidé de ne plus m’arrêter avant d’atteindre Batroun. Le trajet complet de Chypre jusqu’au Liban a pris 5 heures et 10 minutes, entretenu par 5 litres de boissons énergisantes et une barre énergétique. Des poissons volants m’ont également accompagné tout au long du trajet et j’ai même eu la chance de voir une baleine, ce qui m’a permis d’oublier les douleurs au dos et les crampes», a expliqué le champion.
Et de poursuivre: «Au large de Batroun, à «Bahsa Bay», m’attendaient mes amis sur des planches à voile et des pagaies pour m’accueillir. Une foule nombreuse de passionnés de sports nautiques se trouvait sur la petite plage de Batroun et tout le monde applaudissait. Des feux d’artifice étaient déclenchés et la foule saluait formidablement mon arrivée. Etait également présent le ministre sortant des Affaires étrangères Gebran Bassil, qui a salué ma traversée et mon courage.»
«Je suis tellement fier que tout Batroun ait vraiment partagé et célébré ce succès, affirme Jad Ghosn. Pour moi, c’était un défi personnel de faire quelque chose que personne n’avait jamais tenté auparavant. Je l’ai fait pour le plaisir, mais d’autres tentent des traversées largement plus dangereuses. Je pense aux réfugiés qui parcourent de plus longues distances sur des canots gonflables. Je veux dédier ce succès à tous les réfugiés qui sont morts en mer en luttant pour une vie meilleure et à tous ceux qui ont réussi.» Des boucliers commémoratifs ont été décernés à Bassil, el-Herek, Ghosn et à toute l’équipe qui a contribué au succès de l’évènement.

Mohamed Fawaz
 

Journaliste, correspondante de guerre, productrice de documentaires, Diana Moukalled est responsable du site électronique et des réseaux sociaux de la Future TV. Elle a couvert de nombreux conflits au Moyen-Orient et réalisé sa fameuse série de documentaires Bil Aïn al moujarrada.

«C’est en exerçant le métier de journaliste que j’ai découvert ce qu’était cette profession et réalisé que je n’aurais jamais pu faire autre chose», confie Diana Moukalled. Lorsqu’elle rentre au Liban en 1986 pour s’y inscrire à l’université, après être née et avoir vécu en Arabie saoudite, Diana Moukalled n’est pas sûre de ses choix et ne sait pas encore vraiment ce qu’elle voudrait étudier. «Le pays était en guerre et le choix était limité. Je me suis inscrite à la faculté d’Information de l’Université libanaise parce que je n’avais pas d’autre option», se souvient-elle.
Son diplôme en poche, Diana Moukalled travaille un an à la NTV avant de faire ses débuts en 1993 à la Future TV. Elle travaille au département du journal télévisé et des affaires sociales. En 1993, elle couvre l’offensive israélienne baptisée Règlement de compte contre le Liban et Les Raisins de la colère en 1996 ainsi que le premier massacre de Cana. «C’était mon premier choc, ma première expérience avec la guerre et ses victimes. Aujourd’hui je me dis que j’aurai dû couvrir plus profondément ce massacre. Mais la situation était différente et nous ne disposions pas de tous les moyens de communication disponibles actuellement. Même les appels par satellite n’étaient pas faciles», fait remarquer la jeune femme.   
Globetrotter. En 1999, la journaliste commence sa série de documentaires Bil Aïn al moujarrada (A l’œil nu). «Le premier épisode de cette série a été tourné en Irak du temps de Saddam Hussein et portait sur les Kurdes et les massacres perpétrés contre eux par l’ancien régime irakien.» Diana Moukalled sillonne le monde. Elle tourne des épisodes en Iran, au Yémen, en Algérie, au Koweït, en Jordanie, en Russie, en Arménie ainsi qu’aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Les sujets traités sont à caractère sociopolitique. «J’ai réalisé des reportages sur la situation des femmes, sur celle des minorités religieuses dans la région tels que les juifs au Yémen et les Arméniens en Iran ainsi que sur l’islam politique.» Diana Moukalled aime, à travers la caméra, rapporter les histoires des gens et les transmettre aux téléspectateurs.
Authentique correspondante de guerre, elle couvre en 2001 la guerre en Afghanistan et en 2003 celle d’Irak. «Mais avec l’assassinat de Rafic Hariri en 2005, le pays est entré dans une nouvelle phase. Désormais la page de Bil Aïn al moujarrada était tournée malgré moi. Des assassinats étaient perpétrés régulièrement et j’ai commencé à réaliser des documentaires sur les meurtres politiques comme celui de Samir Kassir, Bassel Fleyhane et la tentative contre Marwan Hamadé.»
A partir de 2010, elle travaille avec des sociétés de production et se lance dans une série de nouveaux documentaires. Elle réalise notamment trois épisodes sur l’exploitation des femmes en Irak. Avec les chaînes Al-Jazira et Al-Arabiya, elle a tourné des reportages sur les chrétiens du Liban, et sur les Alévis en Turquie. «J’ai aussi réalisé pour Al-Jazira un téléfilm sur l’histoire du cinéma libanais». La situation de la femme en Orient est un sujet qui lui tient à cœur. «J’ai réalisé des documentaires sur les crimes commis contre les femmes, dont, récemment, le film Against me produit par l’association Kafa, qui raconte les problèmes auxquels sont confrontées les femmes devant les tribunaux religieux en cas de divorce.» Pour Diana Moukalled, il est nécessaire de voter de nouvelles lois relatives au statut personnel. «Avec l’association Kafa, nous faisons la tournée du Liban pour sensibiliser les gens à cette question.»

Vers le public arabe
Avec son époux Hazem Al-Amin et Alia Ibrahim, elle vient de lancer un site d’information en ligne baptisé Daraj.com, qui traite de sujets intéressant le monde arabe. «Ce site est basé au Liban car, malgré tout ce qui se passe, le pays reste une oasis de liberté où l’on peut plus ou moins s’exprimer librement. Il a été créé en partenariat avec deux sociétés européennes. Alors que la presque totalité des sites électroniques sont financés par des courants politiques, nous avons tenu à conserver notre indépendance.» Si pour Diana Moukalled transmettre l’information en toute objectivité et sans manipulation est la mission sacrée du journaliste, en revanche, celui-ci ne peut pas se placer à égale distance entre le bourreau et la victime. «L’information et les faits sont une chose et la prise de position en est une autre. Avec tout ce qui se passe dans la région, on ne peut pas rester indifférent et se cacher derrière l’objectivité. Je ne peux pas être neutre. Entre le tueur et la victime, il faut délimiter la responsabilité. Il n’y a pas un avis et un avis opposé. Les réseaux sociaux ont permis aux gens de s’exprimer car dans la vie réelle le dialogue est devenu très limité.» Selon la journaliste, la voix de la raison doit prévaloir alors que nous vivons au cœur d’une grande guerre régionale. «Perdre la boussole serait une véritable catastrophe.»
Malgré le fait d’avoir vécu et couvert de nombreuses guerres, Diana Moukalled ne peut pas parler d’un évènement particulier qui l’a marquée. «C’est une question de cumul. Ce que nous vivons actuellement est la période la plus difficile. C’est comme si nous étions anesthésié. Plus rien ne nous affecte. Trop de violence a poussé les gens au désespoir, à se sentir totalement impuissants face à tout ce qui arrive. Le lancement de mon site Daraj.com s’inscrit dans une tentative pour ne pas se laisser abattre et renoncer. Je crois en ce pays. J’envie les gens qui vivent dans leur bulle et se tiennent à l’écart de chaque situation. Le Liban est influencé par ce qui a lieu dans la région. Je suis sensible à ce qui se passe dans le monde. Nous sommes au cœur de plusieurs histoires et ma responsabilité est de ne pas perdre mon équilibre mental face aux évènements qui se succèdent autour de nous et de continuer à réfléchir de manière saine et correcte.»  

Femme révoltée
Depuis sa naissance en Arabie saoudite, Diana Moukalled a toujours vécu dans une ambiance traditionnelle. «J’ai grandi en étant révoltée contre la situation de la femme en Orient. C’est la raison pour laquelle j’ai réalisé de nombreux documentaires sur la condition de la femme dans notre région. Partir à Kaboul était une décision bien réfléchie car je savais à quel point la femme y est maltraitée. Il y a déjà de la discrimination à votre égard en tant que femme du fait même de se trouver dans un pays arabe musulman.» La journaliste raconte la légèreté avec laquelle elle fut traitée en Irak. «J’ai forcé les gens à me prendre au sérieux par mon attitude. J’ai établi une distance tout en restant gentille. Je voulais convaincre que j’étais sérieuse et que je venais pour faire mon travail.» Elle a tenu absolument à se rendre en Jordanie, «car je savais que le nombre de crimes d’honneur qui y étaient commis était le plus élevé dans la région.» Souvent, on lui interdit l’accès à certains pays. «J’ai réussi à entrer en Afghanistan alors que l’accès est refusé à de nombreuses personnes.»
Dans la couverture des guerres, Diana Moukalled préfère rester en retrait, à l’arrière des troupes et ne se trouve pas directement sur la ligne de front. «Je ne veux pas que l’armée que j’accompagne sur le front influe sur mon point de vue. C’est une manière de conserver ma liberté de penser.»
Diana Moukalled s’estime libre. «Dans la vie, il n’y a pas que le blanc et le noir. Je suis contre le Hezbollah mais je ne suis pas contre les chiites. Je suis contre le CPL mais je ne suis pas contre les chrétiens. Je suis contre les agissements de l’armée à Ersal, contre le fait que des personnes meurent sous la torture, mais je suis avec l’idée qu’il n’y ait pas de forces armées autres que l’armée libanaise. Je me considère comme un citoyen qui ne se résume pas à une religion. Je suis Libanaise (chiite, ndlr), mais je refuse d’être limitée à une confession.»


En chiffres
25
Ses années de carrière dans le journalisme

40
Le nombre de documentaires qu’elle a réalisés.

35
Le nombre de pays visités en sa qualité de journaliste

7
Les guerres qu’elle a couvert, dont 3 au Liban, ainsi qu’au Yémen, en Irak, en Afghanistan et en Algérie. 

Joëlle Seif

Les 2 et 3 août, l’espace déteint aux tentures rouges de l’Aresco Palace, à Hamra, a accueilli Ziad Rahbani, pour deux soirées consécutives, placées sous le signe de la convivialité et de la musique; deux soirées presque privées dans une ambiance très Broadway.

Durant plus de trois heures, Ziad Rahbani a fait son show. Véritable et seul maître à bord, il a tenu son public en haleine, le menant tout au long d’une carrière riche de plus de 40 ans. Tonnant comme un spectacle-rétrospective, il a déroulé, dans un ordre qui relève de son génie et d’une tension en crescendo, les différents mondes qui composent son univers si particulier: des compositions des frères Rahbani, des chansons écrites pour Feyrouz, des morceaux de ses pièces, des titres de Monodose, un hommage à Joseph Sakr, des airs jazz et bossa nova… Les clins d’œil étaient nombreux, et nombreuses aussi les jouissances qu’a ressenti son public, trié sur le vif. Ziad Rahbani au mieux de sa forme, dans son élément, un élément qu’il a tenu lui-même à composer loin du tohu-bohu d’une foule éclectique, attirée par l’idée d’assister à un concert de Ziad Rahbani. Et il y fera allusion dans son spectacle, à travers une espèce de pop-up comédie, qui replace Ziad Rahbani au cœur de notre époque, loin de toute image nostalgique à laquelle certains pourraient l’associer. Sur le devant du podium, trois femmes, trois spectatrices, selfies et minauderies à l’appui, gesticulent et se débattent dans leurs futilités d’un soir, ne se souciant de la scène qu’au moment des applaudissements, y allant alors de leur bravo et de leurs appréciations musicales.

Spectacle pop-up
C’est à l’Aresco Palace, à Hamra-Clémenceau, que s’est déroulée la soirée, ajoutant à l’ensemble une touche circa, un peu vintage, un peu Broadway, en couleurs et en paillettes, en danse et en déhanchements féminins, exploitant tous les potentiels de l’espace, de la scène jusqu’à la salle, en passant par la balustrade des coulisses où une danseuse fera vibrer la musique au rythme des froufrous swinguant de sa robe pailletée, avant de se diriger vers la scène puis vers la salle. Rien n’est laissé au hasard, tout est étudié dans ses moindres détails, chaque note, chaque mot, chaque mouvement, chaque tableau. Un jouissif travail de composition.
Décontracté, plaisantant de temps en temps, lançant une tirade ou un sketch live, Ziad Rahbani a rendu, ce soir-là, un vibrant hommage à la musique, la sienne propre et celle qui l’a influencé. Passant de ses propres compositions à des standards de bossa nova, Astrud Gilberto et Jobim, jusqu’au mythique «Hit the road Jack», interprété par Lara Rain, avec Ziad Rahbani la musique retrouve son horizon illimité, ouvert à toutes les surprises et les jubilations.

Un bœuf entre amis
Et les jubilations furent nombreuses, toujours dans la retenue, cette retenue inhérente à un concert qu’on sent hors de l’ordinaire, un concert concocté avec passion et amour, l’amour de la musique bien faite, de la musique au-delà de tout, et du bon vouloir de Ziad Rahbani. Même durant l’entracte, il est toujours présent, à travers des extraits lus de ses articles, sur support CD et qui étaient à la portée du spectateur à l’entrée.
Accompagné d’une dizaine de musiciens, dirigé par Hani Siblini au synthétiseur, Ziad Rahbabi quittera rarement son piano, le délaissant parfois, le temps d’une chanson, le temps de quelques accords sur ses claviers synthétiques. Ce soir-là, il n’y a nulle place aux attentes d’un public éclectique, qui ne pourrait s’empêcher d’y aller de ses avis et contre-avis face à la figure publique que représente Ziad Rahbani, à toute cette passion qu’il véhicule. Ce soir-là, Ziad Rahbani a même orchestré son public, ses invités qui l’accompagneront lors de ce concert qui tonne comme un bœuf entre amis où tout pourtant est étudié, peaufiné, dosé, analysé, laissant libre cours à la liberté de la musique. A chaque note, c’est un bouquet de souvenirs et de sensations qui s’embrasent. Et c’est une clôture toute en beauté, avec la mythique composition Ateba clamée dans de nouvelles strophes, toutes en rimes, en jeux de mots et en humour ironique, celui qui constitue la marque de Ziad Rahbani. On en sort avec cette magnifique impression d’une soirée pop-up qu’on aimerait vivre et revivre, jusqu’à l’immortaliser.

Nayla Rached

En quelques clics, l’étudiant sélectionne et réserve le cours et le professeur qui lui conviennent selon ses préférences de prix, d’heure et d’appréciations données.
 

La plate-forme digitale Synkers répond à tous genres de besoins scolaires, universitaires ou formateurs, en apportant un soutien scolaire ou de tutorat à domicile et à la demande. Son moteur de recherche est souple et rapide. «Synkers est une start-up qui a été établie en 2016 et son application est disponible sur Apple Store, Google Play et solution Web», explique Cynthia Theresa Saad, 22 ans, responsable marketing de l’entreprise. Brand ambassador de Synkers, stagiaire dans cette start-up avant d’en devenir une employée cadrée, elle poursuit sa mission avec plein d’enthousiasme. «Plus de 20000 utilisateurs et 800 tuteurs ont travaillé ensemble depuis 2016. 30000 heures de tutorat sont comptabilisées jusqu’à aujourd’hui.»

Satisfait ou remboursé
Audrey Nakad et sa petite sœur Sibylle, la vingtaine, sont les fondatrices de Synkers. L’idée a germé quand Sibylle a eu besoin d’une aide dans ses cours de finance. Une fois leurs études terminées, elles ont décidé de rentrer au Liban avec une application mobile qui faciliterait la vie des étudiants. Ce n’était pas encore commun au Liban d’utiliser ce moyen pour contacter un professeur particulier. Aujourd’hui, l’application a eu 99% de satisfaction. «D’ailleurs, les administrateurs de la start-up vérifient les diplômes des professeurs», explique Cynthia Saad.
S’il obtient plus de deux mentions mauvais, le professeur est retiré de la plate-forme, et les parents totalement remboursés. La start-up n’arrête pas d’étendre ses services selon les demandes des jeunes et plus jeunes. En partenariat désormais avec le British Council et le College Hall, Synkers collabore avec des professeurs qui préparent pour le SAT, le GMAT, IELTS et MCAT. Et comme la demande en orientation universitaire se fait de plus en plus pressante, certains tuteurs spécialisés sont disponibles en ligne pour aider les étudiants à bien choisir leurs études.

Meilleur prix en 2017
En 2016, les deux sœurs ont gagné le concours de SPEED Lebanon qui leur a assuré un programme d’Accelerator, une aide pour créer leur application mobile en trois mois, et finalement, pour trouver des investisseurs comme Phoenician Funds. Onze employés à temps complet travaillent à Synkers entre Dubaï, Beyrouth et bientôt l’Arabie saoudite. Leurs bureaux se trouvent au Beirut Digital District. «Cette application est destinée à améliorer l’éducation en général au Liban en permettant à tout le monde d’accéder à la connaissance», conclut Cynthia Saad.
A Mzaar, le stand de la start-up vend des gadgets à des prix abordables pour permettre aux étudiants qui n’en ont pas les moyens, de bénéficier des cours en ligne. En mettant sur le marché ce service éducatif, Audrey Nakad a gagné le prix du meilleur entrepreneur femme en 2017.

Micheline Abukhater

 

Il est jeune, il a une chevelure de lion et l’envie de faire les choses comme il l’entend, c’est-à-dire en ligne avec le vivant et le respect de la planète. Nizar Haddad, la trentaine, diplômé de l’ALBA il y a sept ans environ, se positionne par  son projet pilote, baptisé Lifehaus -  clin d’œil au Bauhaus -  comme précurseur au Liban d’un courant d’architecture durable.

A travers cette initiative inédite au Liban, Nizar Haddad espère intéresser d’autres architectes et éventuellement promoteurs. Sur 130 mètres carrés, ce passionné de nature construit sa maison complètement écolo sur un terrain difficile, en terrasses, à Baskinta, au cœur d’un paysage riche et dense. Apres avoir travaillé sur différents projets pour le compte de promoteurs, pour la plupart insensibles aux arguments écologiques, les notions de coût et de rentabilité immédiats continuant à primer, il choisit de lancer sa propre initiative pour y montrer sa façon de voir les choses et de les vivre. Il n’a pas envie d’être en «mode survie, comme tout le monde au Liban»; il ambitionne un autre mode et il se projette. Le Lifehaus, qui devrait être achevé vers fin octobre, en est l’incarnation. La demeure, qui ressemble à une maison de Schtroumpf avec son toit arrondi en chaume blanche et sa vitre circulaire, offre une perspective autre.
Le projet se veut auto-suffisant. Conçu pour réduire la consommation en carbone, il fait appel à des matériaux locaux, naturels et récupérés, et à des techniques ancestrales, tout en procurant un niveau de confort moderne. Et le coût n’est pas plus cher que pour une maison conventionnelle, explique le bâtisseur visionnaire. «Ce n’est pas un truc de hippies, ni de bobos, ça fonctionne et ça concerne toutes les classes sociales», fait-il remarquer. Lifehaus est une alternative non conventionnelle à ce qui se fait actuellement, jalouse de la préservation de l’environnement et invitant à un mode de vie conscient.

Travail d’adaptation
L’industrie de la construction est très polluante, les lois parfois obsolètes comme celles qui imposent les revêtements en pierres et toits rouges;  car les pierres viennent de carrières et les tuiles rouges doivent passer dans un four à haute énergie. «L’idée serait donc de s’inspirer de l’existant de l’environnement et de faire avec subtilité plutôt que de juste répliquer sans réfléchir ou d’appliquer des recettes», fait observer M. Haddad. «Il s’agit de s’adapter aux différents climats et environnements, mais aussi aux différentes cultures. Au Liban par exemple, nous ne disposons pas de bois, il faut l’importer; et les  ouvriers ne savent pas bien le travailler; il faut faire aussi avec ce qu’ils savent faire.» C’est ainsi que Lifehaus utilise principalement les pneus à la suite d’un apprentissage auprès de Earthship en Indonésie, un organisme global qui promeut des méthodes d’architecture et de construction durable. Le projet utilise aussi  des briques d’adobe et d’autres techniques de construction en terre. Le roseau, plante abondante localement, est adopté comme isolant thermique. Des pneus récupérés constituent les murs de soutènement et structuraux de la maison, ils sont recouverts d’un enduit en terre crue peints avec de la chaux. Des bouteilles en verre sont recyclées en briques de verre. La maçonnerie est en pierre massive, les partitions en cob. La terre vient du site lui-même et la pierre de la localité, pour une économie de transport aussi et donc moins de pollution également. 

Economies à tous les niveaux
Un des points forts de cette construction est d’avoir intégré plusieurs technologies bioclimatiques en même temps, selon l’architecte. Les concepts majeurs sont: le comportement passif de la maison, grâce à la conception bioclimatique qui permet un confort thermique toute l’année; nul besoin de chauffage ou de climatisation –ce qui réduit en même temps le coût de l’installation solaire–, et la technique du «puits canadien». Celle-ci permet de profiter de la masse thermique du sol pour rafraîchir et réchauffer l’air et aérer sans pertes calorifiques. Le confort thermique de la maison vient du concept du stockage thermique passif saisonnier, qui permet d’utiliser l’inertie thermique de la terre pour stocker puis restituer la chaleur dans un temps décalé. De la même manière, la consommation en eau est divisée par quatre: l’eau de la pluie est récupérée et utilisée pour la douche, l’évier et le lavabo, pour ensuite servir à irriguer un bac à plantes qui la filtre et la renvoie vers la chasse d’eau, pour finalement irriguer les arbres fruitiers après avoir été traitée dans une station d’épuration.
Soucieux de précision, l’architecte explicite que «quand on dit écolo, c’est que l’on économise au moins 50% en énergie grise ou en consommation, ce n’est pas zéro énergie grise ou consommation.» Dans le Lifehaus, ce ratio est de 70%. «L’étanchéité polymère, ce n’est pas 100% écolo; la plomberie en PVC, non plus; nous ne pouvons pas être super-puristes.» Malgré cela, Nizar Haddad pense la globalité et la continuité. Pour lui, l’intérieur est aussi complémentaire de l’architecture: des éléments et des installations qui complètent le concept, qui garantissent encore une fois le confort et le côté sain. Il vise ainsi à travailler avec des matériaux qui sont traités le moins possible et à les maîtriser afin qu’ils soient esthétiques. Il signale que les matériaux sont dans ce sens plus accessibles au Liban maintenant qu’il y a une dizaine d’années; et que l’on peut les trouver ici; soulignant au passage qu’«il faudrait que les gens comprennent que ce n’est pas facultatif que de vivre sainement.»
L’architecte éclairé sait bien qu’il ne peut répliquer la même expérience dans les villes, l’environnement n’étant pas le même; il reste néanmoins possible de capitaliser sur cette expérience surtout au niveau des matériaux par exemple. «En ville on pourrait intégrer des matériaux recyclés, faire les cloisons de la salle de bains avec des bouteilles en verre, enduire toute la maison en terre, construire les cloisons en brique d’adobe, faire des roof garden… La plupart des gens sont inconscients de la toxicité de l’environnement dans lequel ils vivent, selon la façon dont l’immeuble a été construit et ce que les matériaux utilisés exhalent.»
Averti et complètement engagé dans sa vision, Nizar Haddad –qui a fait son projet de diplôme sur les prisons écolo auto-suffisantes et de nombreuses formations en lien avec l’écologie– fait un parallèle avec la permaculture à laquelle il est tout particulièrement sensible: «Je ne suis pas en train de combattre la nature; j’utilise ses ressources  pour mon intérêt. Je m’adapte à la puissance de la nature.» Dans cet esprit qui s’inscrit dans une mouvance mondiale, il a mobilisé autour du projet des volontaires recrutés grâce aux réseaux sociaux, lesquels viennent donner un coup de main sérieux aux ouvriers et qui sont logés et nourris en échange. Il poste des annonces sur Facebook, sur workaway.com, le site du projet. Il reçoit des Australiens, Anglais, Egyptiens, Français et même quelques Libanais… des jeunes qui souhaitent sortir de leurs routines urbaines et faire du tourisme autrement. Autant des jeunes femmes que des hommes viennent travailler avec leurs mains. La proximité avec la terre et l’activité manuelle ont le vent en poupe, comme l’atteste dernièrement le boom du «woofing», ces fermes organiques qui reçoivent des volontaires. Le Liban épouse la tendance. Nizar Haddad a d’autres projets de collaboration dans ce sens. Au-delà de la construction de sa maison, son idée est de relier des individus qui ont les mêmes centres d’intérêt et de sensibiliser de plus en plus de monde à l’architecture durable et a une certaine façon de vivre qui va avec.

Nicole Hamouche

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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