Remous au sein de l’église melkite
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

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    Remous au sein de l’église melkite
    Le pape François a accepté, le 6 mai, la démission du patriarche grec-catholique d’Antioche, Grégoire III Laham, dont la gestion était contestée. Son successeur devrait être élu le 23 juin. Pour...
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Le pape François a accepté, le 6 mai, la démission du patriarche grec-catholique d’Antioche, Grégoire III Laham, dont la gestion était contestée. Son successeur
devrait être élu le 23 juin.



Pour le chef spirituel de la deuxième Eglise d’Orient, qui compte 1,3 millions de fidèles, la démission était un choix personnel, dicté par la conviction. Pourtant, le cheminement des faits montre que le patriarche Grégoire III Laham, a démissionné sous la pression. Des rumeurs sur son prochain départ avaient circulé au lendemain du synode de l’Eglise, organisé le 23 février en présence des nonces apostoliques à Beyrouth et à Damas. Le patriarcat avait démenti catégoriquement ces informations, dans un communiqué daté du 6 mars. Le patriarche se lance dans de «nouveaux projets» au service des communautés des pays du Moyen-Orient frappées par la guerre, précisait le texte. Deux mois plus tard, la démission du prélat est acceptée par le pape. En outre, dans un communiqué expliquant les circonstances de sa démission, Mgr Laham déclare: «Je suis prêt à renoncer à ma charge patriarcale à 85 ans, donc le 15 décembre 2017.» Mais le Vatican en a décidé autrement et l’élection de son successeur interviendra entre le 19 et le 23 juin. L’archevêque d’Alep, Jean-Clément Jeanbart, a été nommé administrateur de l’Eglise jusqu’à l’élection d’un successeur.

Gestion contestée
La démission de Mgr Laham est le dernier épisode d’une longue crise qui a éclaté au grand jour en juin 2016, lorsqu’une dizaine d’évêques de la communauté ont boycotté le synode de l’Eglise convoqué par le prélat au couvent de Aïn Trez. A l’origine de cette fronde, des reproches adressés au patriarche pour son «autoritarisme» et sa «mauvaise gestion» des affaires de la communauté. Certains critiquaient aussi son soutien sans faille au régime syrien.
Les frondeurs lui reprochaient d’avoir vendu des biens de l’Eglise, sans avertir le Vatican ou les membres du synode. Selon des sources informées, 22 des 34 évêques réclament son départ. Ses détracteurs affirment que ces transactions ont manqué de «transparence» et que des investissements voués à l’échec ont été faits, écrit Marie Malzac dans La Croix, le 23 juin 2016.
Des sources proches de l’Eglise rapportent à Magazine qu’une parcelle de terrain, vendue à Raboué pour 5 millions de dollars, a servi à la construction d’une église et d’une école. Par ailleurs, le patriarcat aurait reçu un don de 10,5 millions de dollars du sultan d’Oman, Qabous Ben Saïd. Il n’est pas clair comment la moitié de cette somme a été dépensée.
Autre reproche fait à Mgr Laham, le fait d’avoir obtenu de l’ex-président Michel Sleiman la signature de 10 décrets de naturalisation pour ses proches.    

Le Vatican tranche
Le patriarcat n’a pas nié la vente de biens immobiliers. L’argent récolté aurait servi à financer «la construction de logements pour des personnes dans le besoin ainsi que celle d’un hôpital à Khabab», dans le sud de la Syrie, selon La Croix.
Faute de quorum, le synode de juin 2016 a été reporté à octobre. Nouvel échec. Sous la pression du Vatican, l’assemblée se tient finalement du 20 au 23 février 2017. Les informations sur une réconciliation avec le patriarche circulent. On fait état de discussions «franches», les évêques ayant reconnu avoir agi de manière «inadéquate» et le patriarcat avouant des «erreurs occasionnelles et non intentionnelles». Ce climat positif a vite été démenti par l’acceptation par le pape François de la «renonciation» de Grégoire III.
Des sources informées affirment que ce dénouement est le fruit de la conviction du Saint-Siège que la situation de pourrissement au sein des institutions ecclésiastiques grecques-catholiques avait atteint un point critique, surtout que les fidèles traversent des moments difficiles à cause de la guerre en Syrie, qui remet en question la présence physique des chrétiens en Syrie et au Levant. «L’Eglise se doit de donner l’exemple», concluent ces sources.

Paul Khalifeh

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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