Entre Sydney et Beyrouth. Un carnage évité de justesse
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Nº 3081 du vendredi 1er septembre 2017

Entre Sydney et Beyrouth. Un carnage évité de justesse

 
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    Entre Sydney et Beyrouth. Un carnage évité de justesse
    Une grave attaque terroriste visait un vol de la compagnie émiratie, Etihad Airways, qui devait relier Sydney à Abou Dhabi. Le kamikaze présumé, Amer Khayat, est libanais, originaire du Nord....
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Une grave attaque terroriste visait un vol de la compagnie émiratie, Etihad Airways, qui devait relier Sydney à Abou Dhabi. Le kamikaze présumé, Amer Khayat, est libanais, originaire du Nord. Les détails de cette affaire sont dignes d’un film d’horreur.

L’affaire est de la plus haute importance et c’est pourquoi c’est le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Nouhad Machnouk, qui l’a lui-même dévoilée, entouré du directeur général des FSI (Forces de sécurité intérieure), le général Imad Othman, et du chef du SR (service de renseignements) des FSI, le général Khaled Hammoud. Il s’agissait donc d’une grande attaque terroriste, qui visait un avion d’Etihad Airways devant relier Sydney à Abou Dhabi. Le kamikaze présumé est libanais, originaire du Liban-Nord, et s’appelle Amer Khayat. Il a été arrêté au Liban, alors que ses deux frères, Khaled et Mahmoud, sont incarcérés en Australie. L’affaire a été confirmée par le Premier ministre australien, Malcom Turnbull, et par le commissaire adjoint de la Police fédérale australienne, Michel Phelan. Seule la compagnie d’aviation émiratie a protesté, affirmant que la sécurité de ses avions est assurée.
En réalité, les terroristes projetaient bien de faire sauter l’un des avions de la compagnie, mais les explosifs n’ont pas été embarqués, le bagage dans lequel ils se trouvaient ayant été rendu à son propriétaire, parce qu’il était trop lourd.

Quatre frères
Les détails de cette affaire sont dignes d’un film d’horreur. Les principaux acteurs sont quatre frères de la famille Khayat. Trois sont installés en Australie, Amer, Khaled et Mahmoud, et le quatrième, Tarek, est à Raqqa, où il est devenu chef militaire dans l’Organisation de l’Etat islamique (Daech). C’est lui qui serait à l’origine de l’attentat, en comptant, pour son exécution, sur ses trois frères qui se rendent souvent au Liban. C’est d’ailleurs à cause de lui et des voyages fréquents de ses frères, que le SR des FSI a été alerté et a commencé à les placer sous surveillance étroite depuis près d’un an, sans qu’ils ne s’en rendent compte évidemment.
Les frères Khayat avaient donc décidé de placer à bord d’un avion de la compagnie Etihad une charge de 20 kg, qui aurait dû exploser en plein vol 20 minutes après le décollage. L’avion en question transportait 400 passagers, dont 120 Libanais, qui ont ainsi échappé à la mort qu’aurait causée l’attentat terroriste en préparation. Les terroristes avaient même minuté l’explosion au début du vol pour que l’avion et ses passagers sombrent dans l’océan et ne puissent pas être sauvés, alors que les boîtes noires seraient difficilement récupérables.
C’est Amer qui avait été désigné pour faire monter le bagage à main à bord de l’avion et choisi pour être le kamikaze. Les trois frères avaient d’ailleurs dissimulé les explosifs dans une grande poupée en plastique ainsi que dans un hachoir de viande, eux-mêmes rangés dans une petite valise que le suicidaire devait garder sous son siège. Mais au moment de l’enregistrement des bagages, les fonctionnaires de l’aéroport de Sydney ont estimé que cette valise était trop lourde et devait être envoyée dans la soute. Face au refus de Amer, ils ont décidé de la renvoyer aux frères Khayat encore en Australie et Amer a dû faire le voyage sans elle jusqu’à Beyrouth, via Abou Dhabi. Il est donc arrivé seul au Liban pour, en principe, célébrer la fête du Fitr. Mais le SR des FSI, qui le surveillait avec ses frères, a été alerté et l’a arrêté, le 15 juillet, le suspectant de préparer un attentat terroriste.

Le kamikaze avoue
Le kamikaze qui a raté sa vocation est rapidement passé aux aveux et la coopération entre le service libanais et la police antiterroriste de Sydney a permis l’arrestation, le 31 juillet, des deux autres frères restés en Australie. Entre-temps, ils avaient envisagé de faire exploser un autre avion de la même compagnie, en utilisant un engin diffuseur de sulfure d’hydrogène. Mais ce projet n’a pas pu se concrétiser. Grâce à l’échange des informations entre les deux pays et à la coopération sécuritaire, il a donc été possible de découvrir l’ensemble du scénario et d’arrêter les principaux acteurs, exception faite du cerveau présumé, Tarek Khayat, qui se trouve à Raqqa. Cette catastrophe évitée de justesse grâce à la vigilance des services libanais et australiens montre l’importance d’une coopération générale dans la lutte contre le terrorisme...

Joëlle Seif

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Éditorial
Il faut saisir l’opportunité

Avant même que ne soient versés les salaires des fonctionnaires et des militaires, indexés à la nouvelle grille, les prix de certains produits de première nécessité et denrées alimentaires ont augmenté. Les prix avaient déjà fait un bond, il y a quelques mois, lorsque le Parlement avait entamé l’examen de l’échelle des salaires, avant de la renvoyer en Commission. Qui est responsable de cette montée injustifiée des prix? Les détaillants? les grossistes? les importateurs? C’est à l’Etat de trouver la réponse et de prendre les mesures nécessaires. C’est au gouvernement d’enrayer la montée des prix, qui risque de torpiller l’un des seuls aspects positifs de la grille des salaires, celui du renforcement du pouvoir d’achat de 270000 familles, ce qui devrait avoir pour effet de booster la consommation des ménages et, par conséquent, de relancer, même timidement, une économie moribonde.La situation économique est tellement mauvaise que certains acteurs du secteur lient le sort du pays au volume des transferts effectués par la diaspora. Si les flux de capitaux rentrants venaient à baisser pour une quelconque raison, les banques n’auraient plus les moyens de financer l’Etat. La seule lueur d’espoir est la reconstruction de la Syrie et le rôle que le Liban pourrait y jouer, entend-on de plus en plus souvent dans les cercles économiques. Or, la reconstruction semble, aujourd’hui, le thème principal qui occupe les discussions des responsables syriens avec leurs visiteurs étrangers. Des journalistes occidentaux, de retour de Damas, affirment que, «pour la première fois», leurs interlocuteurs étaient plus focalisés sur les questions de la reconstruction que sur les détails des opérations militaires, pourtant marquées par d’importantes avancées de l’armée régulière et de ses alliés sur tous les fronts, notamment face à Daech. «C’est mon dixième voyage à Damas depuis le début de la guerre, nous déclare un journaliste d’un quotidien français. Mais c’est la première fois que j’entends plus parler des projets immobiliers, des perspectives d’investissements et des grands chantiers à venir que des ‘‘victoires’’ de l’armée face aux ‘‘terroristes’’».La Foire internationale de Damas, qui a rouvert ses portes après cinq ans d’absence, était sur toutes les langues. Même les médias officiels syriens l’ont placée au cœur de l’actualité, reléguant au second rang la progression de l’armée dans le désert de la Badiya.Pendant ce temps, les Libanais se chamaillent et font de la surenchère sur l’opportunité de rétablir les contacts avec la Syrie. Il est du devoir de l’Etat de prendre toutes les mesures, politiques ou autres, afin que le Liban soit bien positionné en perspective de la reconstruction de la Syrie. Sinon, le pays risque de laisser passer une chance réelle de redressement.


 Paul Khalifeh
   

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