Que pense-t-on du Liban à Washington? La stabilité du pays reste une priorité
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Nº 3101 du vendredi 3 mai 2019

Que pense-t-on du Liban à Washington? La stabilité du pays reste une priorité

 
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    Que pense-t-on du Liban à Washington? La stabilité du pays reste une priorité
    En dépit du renforcement des pressions sur le Hezbollah et l’Iran, la stabilité du Liban continue de faire la quasi-unanimité à Washington. Mais jusqu’à quand? La visite à la mi-mai...
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En dépit du renforcement des pressions sur le Hezbollah et l’Iran, la stabilité du Liban continue de faire la quasi-unanimité à Washington. Mais jusqu’à quand?

La visite à la mi-mai à Beyrouth du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo ne change pas vraiment la donne en ce qui concerne la politique américaine vis-à-vis du Liban ou de la région, et qui reste focalisée sur les sanctions financières contre l’Iran et ses alliés. Selon des sources interviewées par Magazine à Washington, le pays du cèdre n’est pas une priorité pour le moment, malgré l’escalade verbale opposant les Etats-Unis à l’Iran et la guerre économique que livrent les premiers au second. «Ni le Liban ni la Syrie ne sont des dossiers urgents pour l’administration américaine», souligne une source au sein de cette dernière ayant requis l’anonymat.
En effet, le débat qui semble captiver Washington et diviser Démocrates et Républicains se focalise essentiellement sur la politique américaine envers l’Arabie saoudite, la Maison-Blanche maintenant des relations privilégiées avec le royaume au grand dam du Congrès. Depuis l’assassinat, le 2 octobre 2018, au consulat saoudien d’Istanbul, du journaliste Jamal Khashoggi, la classe politique américaine s’est liguée contre la dynastie des Saoud, et plus particulièrement contre le prince héritier Mohamed ben Salman, exigeant une révision des relations américano-saoudiennes de la part de la Maison-Blanche, notamment pour ce qui est de la guerre du Yémen, de la détention de femmes activistes et de l’assassinat du journaliste, très respecté à Washington. Par ailleurs, le Congrès a approuvé en début de mois une résolution exhortant Donald Trump à arrêter tout soutien à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.

Les milices irakiennes
Dans une moindre mesure, l’Irak retient toujours l’attention de Washington en raison de la présence de troupes américaines sur son sol et la menace que représentent les milices pro-iraniennes comme Kataëb Hezbollah, Assaïb Ahl al-Haq, entre autres, dont le discours s’est exacerbé depuis l’élargissement des sanctions américaines, les plus récentes ayant visé Harakat Hezbollah al-Nujaba. A noter – cela malgré les pressions américaines contre le nouveau gouvernement visant à démanteler les milices irakiennes, notamment les forces de mobilisations populaires vues par Washington comme le bras armé de Téhéran en Irak, et l’importance que présente le dossier irakien aux yeux des Américains – qu’aucune haute délégation militaire ou diplomatique n’était présente lors du récent forum de Suleimaniya, organisé début mars par l’Université américaine d’Irak. Cet événement avait attiré les années précédentes des personnalités comme Brett McGurk, l’ancien envoyé présidentiel auprès de la Coalition internationale contre l’Etat islamique, et le général David Petraeus.
En ce qui concerne le Liban, la politique américaine envisage le dossier par le prisme de la délimitation des frontières et des sanctions contre le Hezbollah. A Beyrouth, Mike Pompeo avait appelé le pays à se démarquer des «sombres ambitions» de l’Iran et du Hezbollah, pressant le peuple libanais à «avancer courageusement en tant que nation indépendante» et ajoutant que les Etats-Unis continueront à utiliser tous les moyens pacifiques pour étouffer le financement et l’usage abusif de postes gouvernementaux» par le Hezbollah.
M. Pompeo s’est entretenu durant le mois de mars avec les dirigeants libanais sur les relations bilatérales entre les deux pays, l’importance de préserver la stabilité au Liban, l’aide militaire américaine à l’armée libanaise. Les discussions ont également porté sur la nécessité de régler le contentieux autour des frontières maritimes entre le Liban et Israël, notamment celui concernant la zone économique exclusive (ZEE) du Liban, à la lumière de l’exploitation des ressources en hydrocarbures offshores dans cette région.

Division sur le Liban
La visite de Pompeo à Beyrouth, faisant partie d’une tournée régionale, avait été précédée par celle de son adjoint David Satterfield, qui s’était également rendu à Beyrouth pour préparer le voyage de son patron, le diplomate ayant lui-même tenté en vain l’an dernier de négocier un accord sur la frontière maritime litigieuse entre le Liban et Israël afin de calmer les craintes libanaises suscitées par les opérations de forages israéliennes dans la zone contestée.
«La classe politique est divisée au sujet de la meilleure politique à adopter envers le Liban. D’un côté, certains comme l’ambassadeur John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, plaident pour un durcissement de position envers Beyrouth, alors que d’autres, comme le secrétaire Pompeo attendent de voir ce que le gouvernement peut livrer comme promesses. Paul Salem, président du think tank Middle East Institute à Washington, estime que l’instinct du président Donald Trump est de ne pas passer à la vitesse supérieure au Liban. La Maison-Blanche, le Département de la Défense et celui du Département d’Etat étant tous d’accord sur la question. «Le Congrès américain également ne tient pas à mettre en danger le secteur bancaire libanais», signale-t-il.  
La confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran restera donc avant tout économique et semble aller en crescendo avec la décision américaine de placer les Gardiens de la révolution iranienne sur la liste des groupes terroristes. Le Hezbollah, et à travers lui le Liban, continueront de subir cette escalade financière.
Le chercheur Matt Levitt signale en effet que de nouvelles sanctions pourraient être votées dans le cadre de l’HIFPA dans une tentative d’assécher toutes les sources de financement possibles dont bénéficie le Hezbollah afin de resserrer l’étau sur le parti. En octobre 2018, de nouvelles sanctions étaient venues renforcer le texte de l’HIFPA, soit le Hezbollah International Financial Act de 2015, visant le parti chiite libanais. Autre inquiétude de Washington est le prise en main du Hezbollah du ministère de la Santé. «Ce dernier dispose d’un gros budget et pourrait être utilisé par le Hezbollah pour blanchir ses fonds», ajoute Levitt.
Mais une escalade militaire contre le Hezbollah et l’Iran n’est toujours pas envisageable. «La guerre contre l’Iran restera avant tout économique et cela malgré la recrudescence des menaces américaines», signale le chercheur Hussein Ibish du Arab Gulf States Institute à Washington.
Bien que sanctionné par le biais du Hezbollah, Le Liban n’est toujours pas dans le collimateur des Etats-Unis, du moins pas encore. Il reste à voir si les sanctions américaines vont être élargies aux alliés du Hezbollah tels le mouvement Amal et le Courant patriotique libre (CPL), ou à certains cadres de ces deux formations dans un premier temps.

Mona Alami
 

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Éditorial
Un budget en deçà des ambitions

Le projet de budget 2019 proposé par le ministre Ali Hassan Khalil prévoit une réduction du déficit à travers une compression des dépenses de l’Etat. Toutefois, les mesures envisagées semblent plus motivées par le souci de répondre aux attentes de la communauté internationale afin de débloquer les fonds de la conférence Paris IV que par une réelle volonté d’assainir sérieusement les finances publiques et de jeter les bases d’une réforme sur le long terme. Le texte initial examiné par le Conseil des ministres mardi, et qui sera revu à maintes reprises avant d’être voté par le Parlement, prévoit des dépenses de 26 031 milliards de livres et des recettes de 18 256 milliards, soit un déficit de 5 352 milliards de livres, ou 3,55 milliards de dollars. Conformément à ces chiffres, le déficit s’élèverait à 5,95% du Produit intérieur brut (PIB). Mais c’est sans compter les avances octroyées à l’Electricité du Liban (EDL) pour acheter le fuel, qui seraient de 1,13 milliard de dollars, ce qui signifie que le déficit réel avoisinerait les 8% du PIB. Cette tentative d’enjoliver les chiffres prouve que les préposés à la gestion des deniers publics n’ont pas rompu avec cette fâcheuse manie d’user de mesures cosmétiques pour maquiller la réalité. Mais ce n’est pas la seule tare du projet. Une première lecture montre que les autorités financières tablent plus sur une réduction des dépenses que sur une amélioration des recettes. La tentative de revoir à la baisse les gros budgets et de combattre le gaspillage est certes louable, elle semble cependant sinon arbitraire du moins sélective. Sur les 500 milliards de livres d’économies faites sur les fonds alloués à certains ministères et administrations, la moitié (252 milliards de L.L.) est supportée par le ministère de la Défense, qui voit son budget passer de 3 199 milliards à 2 946 milliards de livres. Le ministère de l’Intérieur, lui, est amputé de seulement 17 milliards de livres (1 652 au lieu de 1 670 milliards); celui du Travail de 24 milliards (365 au lieu de 389 milliards); les Travaux publics perdent 73,6 milliards (368 au lieu de 441 milliards) etc.D’autres ministères voient leurs budgets augmenter, comme celui de l’Energie et de l’Eau, qui passe de 328 milliards à 400 milliards de L.L.; celui des Affaires sociales s’élève à 340 milliards au lieu de 228 milliards. Le plus frappant est l’augmentation du budget de la présidence du Conseil (qui passe de 1 523 à 1 592 milliards de L.L.), alors que les fonds alloués à la présidence de la République et au Parlement baissent respectivement de 2,1 milliards et 5,6 milliards de livres. Cela montre que la «mentalité» des préposés à la gestion des finances publiques n’a pas changé sinon comment expliquer le fait que le Grand Sérail continue de gérer une multitude de caisses et de fonds pour lesquels sont alloués plus d’un milliard de dollars, sans véritable audit et sans qu’aucune coupe ne soit opérée dans ces généreux budgets.La principale augmentation des recettes proviendrait de la hausse de l’impôt sur les dépôts bancaires qui passerait de 7 à 10%, et qui drainerait plus de 900 milliards de livres. Sinon, il y a peu de mesures pour pénaliser ceux qui ont fait des centaines de millions de dollars dans l’illégalité, comme les empiètements sur le domaine public maritime: les exemptions douanières qui permettent aux institutions religieuses d’user et d’abuser de leurs privilèges en important des produits pour le compte de commerçants, qui le revendent sur le marché en faisant du dumping des prix etc…Et évidemment, il n’est nulle part question de récupérer ne serait-ce qu’une infime partie des milliards de dollars détournés ou volés par les pontes du système.  


 Paul Khalifeh
   
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L’Eglise «vit», en grande partie, grâce aux quêtes dominicales et aux donations. Il n’existe pas de tarification officielle pour l’organisation d’un baptême. Toutefois, certains frais peuvent être estimés. «Le baptême…

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