Liban et Proche-Orient

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Nº 3097 du vendredi 4 janvier 2019

Liban et Proche-Orient
Mercredi, 02 Janvier 2019 14:51

Confidences sécurité

Terrorisme
Arrestation providentielle
L'annonce de l'arrestation par le service de renseignement des Forces de sécurité intérieure (FSI), «d'un ressortissant syrien recruté par des jihadistes pour transporter des explosifs au Liban» a pour objectif de «redorer le blason de ce service, dont l"image a été ternie par l'incident de Jahiliya avec Wiam Wahhab». C'est l'analyse qui circule dans les milieux politiques après cette annonce faite en grande pompe par le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, le 10 décembre. Certes, les SR des FSI ont bien arrêté un suspect, et les accusations portées contre lui sont sans doute vraies, mais le timing a été sciemment choisi pour des raisons politiques, entend-on dans certains cercles politiques. «Si ce suspect était surveillé depuis 10 mois, pourquoi ont-ils décidé d'agir maintenant?», s'est interrogé un député. 

 

Le conseiller de Aoun à Yarzé
Le président de la République, Michel Aoun, est déterminé à exercer pleinement les prérogatives que lui confère la Constitution, y compris sa qualité de commandant en chef des forces armées. C'est à ce titre qu'il a dépéché son conseiller pour les questions sécuritaires, le général à la retraite Paul Matar, le 12 décembre, à une réunion qui a groupé au ministère de la Défense, à Yarzé, le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, et des officiers supérieurs. Cette mesure est inédite.   


Questions autour du post-Mattis
Les relations entre l'armée libanaise et le Pentagone n'ont jamais été aussi fortes et solides. Des milieux politiques attribuent le renforcement de ces liens, en grande partie, au secrétaire américain à la Défense démissionnaire, James Mattis, qui a joué un rôle de premier plan dans l'accélération des livraisons de matériel et d'équipements militaires à l'armée, y compris des véhicules blindés de type Bradley et des avions super Tucano. Ces mêmes milieux affirment que le départ de M. Mattis pourrait avoir des incidences sur le niveau de coopération et sur le degré d'engagement américain à soutenir l'armée libanaise. Il soulignent que l'enthousiasme de l'ancien secrétaire à la Défense à soutenir l'armée n'était pas partagé par tous les responsables du Pentagone, dont certains souhaitaient poser des conditions politiques, concernant notamment la nécessité de rompre tout lien avec le Hezbollah. D'autres sources assurent cependant que le départ de M. Mattis ne changera rien au niveau d'engagement américain.


2054
est le nombre d'heures de survol du territoire libanais par des avions israéliens ces quatre derniers mois, selon des sources libanaises qui suivent ce dossier. Ces survols constituent une violation flagrante de la souveraineté nationale libanaise, qui vient s'ajouter aux autres violations terrestres et maritimes. Un rapport du secrétaire général des Nations unies chiffre à 550 le nombre des violations israéliennes de la souveraineté libanaise en l'espace de 125 jours.


Wagner au Liban?
Un diplomate occidental a interrogé plusieurs journalistes et experts libanais sur une visite présumée au Liban de responsables du Groupe Wagner, considéré comme le bras privé du ministère russe de la Défense. Ce groupe, essentiellement composé d'ex-militaires, est actif en Syrie et dans plusieurs pays africains. Il aurait enrrainé et réorganisé certaines unités de l'armée soudanaise. Après ses entretiens, le diplomate n'est pas mieux éclairé. Il faudra qu'il cherche ailleurs des réponses à ses questions.  


Clandestins
Les services de sécurité ont noté une recrudescence de l'activité des réseaux de passeurs de clandestins en provenance de Syrie depuis le durcissement des mesures contre l'entrée des Syriens au Liban. «Cela n'est pas paradoxal car depuis qu'il est plus difiicile de venir au Liban, le prix du passage par tête a grimpé à 2 000 dollars voire plus. Cette activité devient donc plus lucrative et les gangs comptent bien en tirer profit», explique un officier de la Sûreté de l'Etat (SE). Les réseaux ont donc réorienté leur activité et de nouveaux acteurs sont apparus. Dans le même temps, les services de sécurité redoublent de vigilance. La SE a arrêté un passeur syrien à Jbeil, début décembre.

 

 

 

«Bouclier du Nord»
Le niet ferme de la Russie

L'objectif de l'opération israélienne «Bouclier du Nord» n'est pas de trouver un prétexte pour déclencher une action militaire d'envergure contre le Hezbollah mais de convaincre les grandes puissances d'isoler politiquement et diplomatiquement le Liban, affirment des sources politiques et militaires à Beyrouth. Cette mesure viserait à compléter les sanctions économiques instaurées par les Etats-Unis. Munis des «preuves»  sur l'existence de présumés tunnels partant du Liban vers Israël, une importante délégation militaire israélienne a rencontré à Moscou, le 12 décembre, de hauts responsables du ministère russe de la Défense. Cette réunion avait pour but d'obtenir l'adhésion de la Russie à un projet d'amendement de la résolution 1701, ou, du moins, garantir sa neutralité. Cependant, la délégation israélienne n'a entendu qu'un niet russe contre toute action susceptible de préparer le terrain à une modification des rapports de force.

 


Terrorisme
900 Libanais sont passés par Daech

Un chercheur d'un important think tank occidental a passé plusieurs semaines au Liban et en Syrie, dans la deuxième moitié de l'année dernière, pour préparer ce qui sera présentée comme l'une des plus importantes études sur le rôle et l'influence des jihadistes arabes (à l'exception des Syriens et des Irakiens) ayant rejoint les rangs du groupe Etat islamique. Ce spécialiste des mouvements islamistes a rencontré des dizaines de personnes et a eu accès à des documents importants auprès des services de sécurité. Selon lui, plus de 900 Libanais ont combattu avec Daech depuis 2013 mais aucun d'eux n'a occupé des postes clés même si une dizaine ont quand même gravi les échelons de la hiérarchie militaire du groupe terroriste.  

 

Complicités transfrontalières
Au lendemain de la mort d'un soldat libanais lors d'une attaque contre une patrouille dans le quartier de Charawina, à Baalbek, le 13 décembre, des inconnus ont tiré une roquette RPG qui a raté sa cible contre un check-point militaire dans la localité de Matraba, à la frontière libano-syrienne. La multiplication de ces incidents montre que les gangs de criminels qui sévissent depuis des années dans la région, et que l'armée tente de démanteler, bénéficient d'un soutien logistique du côté syrien de la frontière, où ils disposeraient de complicités et de repères. Les services de sécurité libanais ont demandé aux autorités compétentes en Syrie de renforcer la lutte contre ces gangs dans la zone frontalière mais ils n'ont obtenu que de vagues promesses. La partie syrienne a souligné que sa priorité dans cette période est la lutte contre les «terroristes» non pas contre les «criminels de droit commun». 


Les détenus dans les prisons syriennes
Des activistes de la société civile soutenus par un collectif d'avocats projettent de remettre sur le tapis la question des Libanais détenus dans les prisons syriennes après l'adoption par le Parlement libanais de la loi sur les disparus de la guerre, affirme une source informée. Un comité de coordination a été formé à cet effet et ses membres ont déjà tenu une série de réunions au cours desquelles ils ont établi les grandes lignes de leur action future. Après la collecte et la vérification des informations, qui devraient s'achever fin janvier, un comité de suivi sera chargé de faire le tour des principales forces politiques pour obtenir leur soutien.   



Le Liban proteste auprès de Damas
Pour la première fois depuis l'organisation des opérations de retour volontaire de réfugiés syriens dans leur pays, des déplacés ont été interdits de passer la frontière par un officier de la sécurité militaire syrienne, bien que leurs noms figuraient sur les listes et qu'ils avaient obtenu les autorisations préalables nécessaires. Cet incident s'est produit le 6 décembre au passage de Masnaa. Alors que les bus attendaient du côté libanais le feu vert pour entrer en Syrie, un officier syrien a remis une liste de noms de personnes qui ont été priées de descendre des bus et de rester au Liban car «le moment de leur retour n'est pas encore venu». Beyrouth a protesté auprès des autorités syriennes compétentes de cet incident qui risque de freiner le processus de retour volontaire. Damas a promis d'intégrer ces personnes dans la prochaine opératon, prévue en janvier.

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Éditorial
En retard… comme toujours

Le retrait américain de Syrie et le début de la normalisation des relations avec un régime que la moitié de la planète voulait voir disparaitre marquent la naissance d’un nouveau Moyen-Orient, bien différent de celui qu’annonçait Condoleezza Rice en 2006. Au Levant, la Russie est une puissance de premier plan et l’Iran un acteur incontournable. Sans se soucier d’expliquer à leur opinion publique les raisons de leur brusque revirement, des Etats arabes qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars pour faire tomber le régime du président Bachar al-Assad se bousculent aux portes de Damas pour rouvrir leurs ambassades. Les Emirats arabes unis seront suivis, dans les semaines à venir, par d’autres pays arabes et européens. L’heure est au pragmatisme. Le retournement des pires ennemis de la Syrie s’explique par le souci de ne pas laisser le terrain libre à la Turquie et à l’Iran. Mais ce retour est celui des vaincus, même s’ils espèrent engranger quelques dividendes politiques en participant à la reconstruction du pays. Il est cependant peu probable qu’ils obtiennent en contrepartie des milliards qu’ils feront miroiter ce qu’ils n’ont pas réussi à arracher par la force des armes. Le retour des Arabes à Damas permettra tout au plus au régime syrien d’élargir ses marges de manœuvres vis-à-vis de ses alliés. Mais il ne les lâchera jamais, et ceux qui ne l’ont pas encore compris se fourvoient.Dans ces changements dramatiques qui s’accélèrent, le Liban est, une nouvelle fois, à la traîne. Pourtant, il est le mieux placé pour cueillir les fruits de l’après-guerre. Le consensus politique interne nécessaire pour entamer une normalisation avec Damas fait défaut et l’absence d’un tel accord freine toute initiative. Au lieu de miser sur sa position privilégiée, aussi bien sur les plans politique que géographique, pour jouer le rôle d’intermédiaire entre la Syrie et les pays arabes, il se mure dans un attentisme stérile. Beyrouth finira par normaliser ses relations avec Damas lorsque tous les Arabes l’auront fait. Il arrivera alors en retard et n’obtiendra que les miettes d’un immense marché estimé à des centaines de milliards de dollars.L’attitude d’une partie de la classe politique est incompréhensible. Au lieu de faire primer l’intérêt national, certains adoptent des postures idéologiques d’un autre âge, au risque de laisser échapper une occasion que le monde des affaires attend avec impatience. Les banques libanaises sont les seuls établissements bancaires étrangers présents en Syrie; le savoir-faire libanais est très apprécié et recherché au pays des Omeyyades; les relations des Libanais avec le monde entier sont demandées; les ports du Liban peuvent jouer le rôle de hub pour un marché syro-irakien de 60 millions de personnes, sans compter la Jordanie et les pays du Golfe. Sur un plan politique, le retour des réfugiés syriens sera plus facile et plus rapide s’il est organisé, sans complexes, avec les autorités syriennes.Il n’est pas nécessaire d’être un génie de la politique ou un grand stratège pour comprendre ces vérités de la Palice. Il faut juste être libre d’esprit et réellement indépendant.


 Paul Khalifeh
   

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