Le bloc du Changement et de la Réforme s’approprie le crédit des autres
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Le bloc du Changement et de la Réforme s’approprie le crédit des autres

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    Le bloc du Changement et de la Réforme s’approprie le crédit des autres
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J'étais hors du Liban quand je reçus, il y a quelques mois, un mail de Charbel Sarkis, conseiller juridique du ministre d’Etat pour la Réforme administrative, m’informant de la promulgation de la loi sur l’accès à l’information, et joignant des coupures de presse qui en attribuaient le crédit tantôt au député Ghassan Moukheiber, tantôt aux membres du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme. «Cette loi ne repose-t-elle pas sur le projet initialement élaboré par le Bureau du ministre d’Etat de la Réforme administrative (OMSAR)?» lui demandais-je. Il confirma. A l’époque, le projet de loi portait alors le nom de Loi pour l’organisation des relations entre le citoyen et l’Administration, dont l’essentiel consistait à donner aux citoyens l’accès aux documents administratifs. Le rapport annuel de l’OMSAR en 2002 en attestait noir sur blanc. Or dans le tintamarre médiatique qui a suivi la parution de la loi en janvier 2017, nul mot ne mentionne l’OMSAR.
A l’époque, aussi, le ministre en fonction était Fouad el-Saad, dont j’étais la conseillère et c’est pour cela que le courriel du conseiller Sarkis me fut adressé. Le ministre el-Saad m’avait informée que Souheil Bougi (ce fameux secrétaire général du Conseil des ministres aux pouvoirs surnaturels) avait laissé dormir le projet dans un tiroir, et que, s’en plaignant au Premier ministre Rafic Hariri, il eut droit à cette réponse sèche: «C’est quoi cette loi qui permet à quiconque d’accéder aux documents de l’Etat? Tu te crois à Washington?»
En 2003, Fouad el-Saad et ses idées réformatrices furent balayés par un changement ministériel. Ghassan Moukheiber reprit à son compte l’idée et la reformula avec l’aide… des représentants de l’OMSAR. Pendant plus d’une dizaine d’années, ceux-là allaient l’accompagner sans relâche, enivrés par la survie de cette idée réformatrice, mettant à sa disposition leurs connaissances juridiques, leur expérience, leur lobbying pour convaincre les réticents, assistant sans jamais défaillir à toutes les réunions qu’il fallait. Mais ils se sont sentis bien déplumés lors de la cueillette des lauriers, après la parution de la loi, en découvrant qu’ils furent les premiers à être jetés dehors. La main basse sur la propriété intellectuelle existe, et sur les thèses, et sur les lois, et sur les idées, et sur les efforts d’autrui: telle est la saga de la nature humaine. Toujours est-il que, remis de sa déconvenue et de sa naïveté, l’OMSAR s’est empressé de sortir un (timide) communiqué de presse rappelant qu’il est à l’origine de cette loi.
On attend des membres du bloc du Changement et de la Réforme qu’ils se conduisent comme des réformateurs, c’est-à-dire des moralisateurs, la morale de base de toute réforme étant un esprit soucieux de déontologie et de vérité.  
C’est d’ailleurs uniquement parce que nous sommes soucieux de déontologie et de vérité que cet article a été écrit.     

Leila Barakat
Docteur en politique culturelle francophone, Docteur en management public,
Ecrivain.

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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