Levons le voile sur l’Orient!
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

Levons le voile sur l’Orient!

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    Levons le voile sur l’Orient!
    Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient… Ces appellations ne seraient-elles pas désuètes? Relevant d’une logique géopolitique dépassée, elles ne qualifiaient l’Orient qu’en fonction de la distance qui le séparait de l’Europe. Une consonance...
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Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient… Ces appellations ne seraient-elles pas désuètes? Relevant d’une logique géopolitique dépassée, elles ne qualifiaient l’Orient qu’en fonction de la distance qui le séparait de l’Europe. Une consonance servant à délimiter l’influence occidentale dans la région n’a pas sa raison d’être aujourd’hui… du moins géographiquement!
La notion de Moyen-Orient, qui vient de l’anglais «Middle East», a été employée pour la première fois par le stratège naval américain Alfred T. Mahan, au début du XXe siècle. Depuis, essayistes, historiens, politiques n’ont cessé de lui donner des définitions égocentriques, faisant fi des limites, englobant des pays, retranchant d’autres, en se basant sur une carte virtuelle à géométrie variable. Ceci, quand les visiteurs eux-mêmes ne se gênaient pas à découper nos terres sur mesure, à la pointure de leurs bottes…
Ne serait-il pas temps de repenser ces dénominations moyenâgeuses, qui parlent tantôt d’un Orient proche, pour dire le conflit israélo-palestinien, tantôt d’un Orient moyen – comme une note moyenne, un modèle, un coût? – quand il s’agit de convoiter les richesses pétrolières du Golfe? Quoi que plus tard le Grand Moyen-Orient (The Greater Middle East) verra le jour au temps du gouvernement de George W. Bush, qui, lui, aspirait encore plus grand!
Que les Occidentaux nous classifient proches, un peu, beaucoup ou à l’extrême, on comprend leur perception, mais nous, pourquoi continuons nous à négocier «la paix au Proche-Orient» alors que nous nous trouvons dans l’œil du cyclone? Pourquoi parlons-nous toujours du Moyen-Orient alors que lesdits pays sont à nos portes ou de l’Extrême-Orient, quand la Chine est presque une voisine?
Appelons l’Orient, l’Orient. Comme l’Occident, l’Occident. Ou alors, l’Orient de l’Est, du Sud, du Sud-Ouest… des repères relatifs au cosmos plutôt qu’aux ambitions de puissances rivales friandes de gloire et de pouvoir! On parle bien de la Corée du sud, de l’Amérique centrale, de l’Europe de l’est… Même l’Afrique n’a pas perdu son nord!
Faisons une Nahda, côté nomination. Lançons un concours à nos poètes et intellectuels pour une désignation plus affirmée de l’Orient, un peu plus indépendante!
Pour mentionner sa date de naissance, Victor Hugo, a dit: «Le siècle avait deux ans quand je suis né?». Empruntons à l’auteur de Les Orientales son orgueil, pour dire que l’Europe était taxée de vieux continent quand on parlait de l’Orient des lumières; que le nouveau monde et les Etats-Unis d’Amérique n’étaient pas encore nés quand le Levant était un des foyers de développement culturel et scientifique et que le Liban, si on regarde bien la carte, est, quasiment et toujours, au centre du monde!


Léa G. Bachour
Chef de Publicité
au Groupe Magazine.
Journaliste

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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