Chrétiens et musulmans, il est temps de nous réconcilier!
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Nº 3087 du vendredi 2 mars 2018

Chrétiens et musulmans, il est temps de nous réconcilier!

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    Chrétiens et musulmans, il est temps de nous réconcilier!
    Aux premiers rayons de l’islam, les relations entre musulmans et chrétiens étaient prometteuses et porteuses d’espoirs. Elles ont été vite condamnées à l’échec pendant plusieurs siècles à cause de la...
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Aux premiers rayons de l’islam, les relations entre musulmans et chrétiens étaient prometteuses et porteuses d’espoirs. Elles ont été vite condamnées à l’échec pendant plusieurs siècles à cause de la conquête, du tempérament agressif de quelques souverains et lorsque les Etats chrétiens ont fait de la question des chrétiens d’Orient un prétexte pour s’ingérer dans les affaires des empires islamiques. A aucun moment, le fait religieux n'est invoqué comme prétexte pour justifier les cruautés commises à une occasion ou une autre. En réalité, il reste en dehors.
Pourtant, des nombreux événements témoignent de cette grande estime que le Prophète portait aux chrétiens. Dans une liste riche des témoignages, nous rencontrons le choix du Prophète d’envoyer sans aucune hésitation ses premiers convertis chez le roi chrétien Abyssin pour y trouver refuge et vivre en sécurité. A cette liste s’ajoute aussi le bon accueil que le Prophète a réservé aux chrétiens de Najran, après avoir conquis toute l’Arabie. Les historiens mentionnent unanimement que le Prophète leur a demandé de  célébrer la messe à l’intérieur de sa mosquée de Médine. Ils décrivent comment les musulmans priaient dans un coin et les chrétiens dans un autre coin de la mosquée sacrée.
A l’heure actuelle, à chaque crise politique, des propos incendiaires sont échangés pour ébranler les relations entre les musulmans et les chrétiens. Certes, dans notre histoire commune, nous avons commis des erreurs d’interprétations et avons porté de faux jugements, contraires aux principes de nos religions respectives pendant plusieurs siècles. Nous nous sommes combattus, tout en nous côtoyant; nous nous sommes injuriés, moins lorsque l’on était face à face que lorsqu’on se tournait le dos; nous nous sommes conciliés tout en cachant notre méfiance; nous nous sommes comportés comme des dieux vengeurs, assassins, à la place de Notre Dieu Clément et Miséricordieux. N’est-il pas temps de nous réconcilier une fois pour toutes? N’est-il pas temps de connaître nos erreurs et nos comportements indécents, pour instaurer un pardon sincère, une paix durable et une vie commune fraternelle et solide?

Mohamed Nokkari
Docteur en droit, juge, ancien secrétaire général de Dar al-Fatwa, secrétaire général de la Rencontre islamo-chrétien autour de Marie  


 

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Éditorial
Désordre de priorités

Le gouvernement multiplie les réunions pour adopter le projet de budget 2018. Cette gesticulation frénétique a surtout pour objet de faire figure de bon élève devant les bailleurs de fonds et les pays donateurs en prévision des conférences internationales consacrées au Liban, organisées ces prochaines semaines. L’aide attendue, sous des formes multiples, varie, selon que l’on soit réaliste ou optimiste, entre 8 et17 milliards de dollars. Quelles que soient les sommes engrangées par ces conférences, elles traduiront le souci de la communauté internationale de voler au secours du Liban, après les rapports pas très encourageants du FMI et de la Banque mondiale sur l’état de l’économie et des finances du pays.Mais il ne faut pas se réjouir trop vite. Car cette aide, si elle n’est pas utilisée à bon escient, risque d’avoir des effets négatifs à moyen terme. En effet, si elle est dépensée pour honorer le service de la dette et combler une partie du déficit budgétaire abyssal, elle contribuera simplement à faire gagner au Liban un an ou deux supplémentaires, à un prix exorbitant, avec une dette publique qui avoisinerait les 100 milliards de dollars.Les milliards qui vont arriver doivent servir, en priorité, à relancer l’investissement dans le but de booster la croissance et de créer des emplois. Ces objectifs ne peuvent être atteints sans l’introduction de réformes en profondeur, dans un pays où 85% du budget de l’Etat partent dans les salaires des fonctionnaires et des membres des forces armées et dans le remboursement du service de la dette.Mais de quelles réformes parle-t-on? Celles qui consistent à privatiser à tour de bras tous les secteurs de l’économie et les entreprises publiques, vendues à des vautours de la finance qui ne se soucient que d’un gain rapide? Ce serait donner un très mauvais signal alors que le Liban ambitionne d’entrer dans le club des pays producteurs et exportateurs de gaz et de pétrole. Ou alors faut-il comprendre par réforme l’abolition des maigres subventions et la réduction des aides sociales, dans un pays où de plus en plus de familles ont du mal à boucler leurs fins de mois? La troisième voie pour les réformes est l’augmentation des taxes et des impôts, un outil déjà utilisé, il y a quelques mois à peine, pour financer l’échelle des salaires dans le secteur public.Si l’augmentation des recettes par ces trois méthodes n’est pas louable en raison de leurs répercussions sociales, il est possible d’envisager une réduction des dépenses. Cela passe nécessairement par une politique d’austérité, qui est une condition indispensable pour réduire le déficit budgétaire afin de ralentir puis de freiner la hausse de la dette.La réduction des dépenses passe par la lutte contre la corruption et le gaspillage des deniers publics, qui engloutissent chaque année des centaines de milliards de livres. Les pots-de-vin, le détournement de l’argent public, les délits d’initiés et autres crimes de la même famille provoquent un manque à gagner difficilement quantifiable mais sans doute très important pour l’Etat.Tel devrait être le point de départ de toute réforme, et non pas demander aux plus démunis de consentir des sacrifices supplémentaires.


 Paul Khalifeh
   

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