Ingérences et soutien: l’étrange destin du Liban
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

Ingérences et soutien: l’étrange destin du Liban

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    Les élections législatives! Les Libanais ne croyaient plus à ce miracle après deux prolongations successives qui nous ont plongés dans une forme inédite de gouvernance à la libanaise: une «dictature...
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Les élections législatives! Les Libanais ne croyaient plus à ce miracle après deux prolongations successives qui nous ont plongés dans une forme inédite de gouvernance à la libanaise: une «dictature parlementaire».
Jusqu’à récemment, les rumeurs et les théories de complots dont sont très friands les citoyens libanais désabusés, évoquaient une troisième prolongation infondée mais «officiellement légitimée». Il est vrai que l’éventualité a été évoquée, mais il était impossible de rééditer encore dans une situation constitutionnellement récusable, alors que tous les régimes de la région sont mis au pilori. En plus de l’incompétence et de l’avidité apparentes de nos dirigeants, nous ne pouvions pas décrédibiliser notre régime auprès des quelques pays qui soutiennent encore la pérennité de la nation libanaise; ceux-là même qui refusent que le Liban redevienne un terrain d’expérimentation pour les conflits régionaux. Notre fragilité face aux ingérences étrangères engendre le besoin constant de recours à des alliés internationaux capables d’intercéder en notre faveur. Et pour preuve, l’intervention salvatrice du président Français Emmanuel Macron, qui a aidé à désamorcer la crise générée par la démission du Premier ministre Saad Hariri, piégé par l’Arabie saoudite. Ceci, indépendamment de la gestion magistrale de la crise interne orchestrée par le président Michel Aoun.
Dans le cadre de la préservation de l’entité libanaise, de nombreux efforts sont fournis par les nations amies, tant sur le plan de l’aide fournie pour supporter le poids des Syriens qu’il a accueillis, que sur le plan de l’assistance à l’armée libanaise et aux forces de sécurité dont le rôle est vital vu les menaces qui nous entourent. Mais ces aides ne couvrent pas toutes les charges financières, économiques, écologiques, sécuritaires, éducatives, sociologiques, et autres, que le Liban assume. D’où le recours à des donateurs internationaux pour pourvoir au manque et manquements.
Mis à part les conférences de Rome et de Paris, ce ne sont pas des aides accordées au Liban qu’il s’agit mais aux déplacés, pour différer l'explosion d’une bombe à retardement qui menace tout autant l’Orient que l’Occident. Mais certains pays donateurs formulent directement ou indirectement une requête impossible: désarmer le Hezbollah ou du moins l’empêcher d’intervenir dans les conflits régionaux. Nous espérons que cette sollicitation restera dans le cadre d’une recommandation ou un souhait, que nous partageons d’ailleurs, car l’enjeu est bien plus grand que la déstabilisation du Liban, ou l’adoption d’une «stratégie défensive» illusoire. Le seul facteur de l’endoctrinement d’enfants sur notre sol suffit à mesurer la pléthore de dégâts envisageables à l’échelle planétaire à moyen terme si nous n’agissons pas immédiatement.
Il est grand temps pour le monde de sortir du politiquement correct ou de la politique de l’autruche, et d’envisager sérieusement le retour des déplacés en Syrie là où cela est possible. Car il est plus judicieux de les aider à se reconstruire chez eux, plutôt que de continuer à en faire des assistés ailleurs.

Joe Moukarzel
Doyen de la faculté d’Infocom de l’Université Antonine



 

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un passeport biométrique?
Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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