La culture de l’instant
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Nº 3095 du vendredi 2 novembre 2018

La culture de l’instant

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    La culture de l’instant
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La culture n’a jamais été aussi présente sur la scène locale, c’est un fait indéniable; il suffit de jeter un coup d’œil sur le nombre d’activités culturelles que le pays nous propose, de jour comme de nuit. Festivals, musique, cinéma, théâtre, expositions… à Beyrouth ou en région, la culture est là, à portée de main. Notre agenda d’événements culturels est à tel point chargé, surchargé que l’envie pointe parfois, souvent, de rester chez soi, un livre à la main, ou même un bon film sur notre petit écran.
Mais l’appel à sortir est urgent, parce qu’il est vital nous presse-t-on de tous côtés, de prendre part à cette résistance culturelle, la seule voie qu’il nous reste encore, porteuse d’ouverture, de diversité, de tolérance, si l’on veut bien tendre le regard et l’oreille. L’invitation est ouverte, tout aussi bien au public, plus pressante de ce côté, qu’aux acteurs de la scène culturelle. Et Beyrouth s’anime, dans l’effervescence et la créativité effrénée, dans les projets et les concepts, les installations et les «mixed medias» qui conditionnent désormais toute création artistique contemporaine. Les régions du pays commencent aussi à être atteintes par le phénomène de mode qu’est devenue la démocratisation de l’art, l’art à portée de tous, que moult associations prétendent en être les championnes, au point de le porter à cor et à cri.
Chez un grand nombre d’acteurs culturels, on entend souvent formuler le souhait de rassembler tous ces élans créatifs, toutes ses initiatives privées, sous un même chapiteau, dans un même mouvement fédérateur, mais faisant, à chaque fois, face à l’égo des Libanais qu’il est impossible de rassembler. Cela est dû en grande partie, hélas, à une incompréhension étatique très proprement libanaise de la centralité sociale de la composante culturelle et artistique. Loin de voir dans ces quelques mots une atteinte à la vitalité créative de nos artistes, et des organisateurs d’initiatives culturelles, il s’agit de se demander ce que pourrait cacher cette frénésie. Axé sur la création en soi, sur l’objet créatif, on pourrait y lire un désintérêt des affaires de la cité, de la culture dans son aspect le plus large. Peut-être.
Mais là où le bât blesse, c’est que la profusion des activités, générée par la généralisation dangereuse et néfaste du phénomène d’appropriation de l’identité de l’artiste, ne laisse plus le temps à la réflexion, à la critique, à laisser ces œuvres tracer leur chemin dans notre esprit, pour vraiment s’en approprier, et percevoir ce qui est dit frontalement ou entre les lignes. Etant sollicités de toutes parts, les œuvres artistiques défilent devant nos yeux à une vitesse surprenante, prises elles aussi dans l’étau hallucinant de la consommation, du consumérisme, d’une offre plus grande que la demande. Nous voilà vite essoufflés, voire repus de la culture et des arts. Alors même que ces œuvres poussent à des questionnements, à des interrogations sur l’état du monde. A peine vues, les voilà remplacées par d’autres, sans qu’on n’ait eu le temps d’en garder une trace indélébile. La culture va au-delà de l’émerveillement de l’instant, elle est ancrage et enracinement. Le reste n’est que spectacle.


Nayla Rached
Journaliste culturelle

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Éditorial
Le réflexe de Samson

La guerre menée par les Etats-Unis et ses alliés contre le Hezbollah est entrée dans une nouvelle phase. C’est l’impression qu’ont eue des diplomates européens et des hommes politiques libanais après avoir rencontré des responsables américains ces dernières semaines. Washington durcit progressivement les sanctions contre le Hezbollah dans le but de «l’affamer». Le président Donald Trump a signé, jeudi 25 octobre, un projet de loi élargissant la liste des personnes pouvant être sanctionnées pour avoir fait affaire avec le parti chiite. «Nous allons cibler, déstabiliser et démanteler leurs réseaux opérationnels et financiers, qui étaient nombreux, et qui le sont beaucoup moins maintenant», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, avait désigné le Hezbollah comme étant une «organisation transnationale criminelle contre laquelle les Etats-Unis vont mener des enquêtes approfondies et engager des poursuites». «Une équipe spéciale de procureurs expérimentés dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme, le crime organisé et le blanchiment d’argent va enquêter sur des individus et réseaux soutenant le Hezbollah», a affirmé Jeff Sessions. Le durcissement des sanctions américaines n’est pas une surprise. Dans une interview publiée par le quotidien israélien The Jerusalem Post à la mi-août, un ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, avait reconnu qu’il n’était plus possible de vaincre militairement le Hezbollah mais qu’il fallait imposer des sanctions au Liban pour en venir à bout. Cette nouvelle stratégie mise au point entre Washington et ses proches alliés n’a pas échappé au commandement du parti, qui les prend très au sérieux. «Le Hezbollah fait l’objet de pressions, a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah dans un de ses discours de Achoura. C’est plutôt une menace psychologique qu’une véritable menace. Ceux qui conspirent contre notre région, comme Israël, les Etats-Unis et leurs alliés, ne reconnaîtront pas notre victoire. Ils ont échoué dans la guerre militaire contre nous, alors ils essaient de nous frapper de l’intérieur».   Le Hezbollah pense que le véritable objectif des mesures américaines est de l’isoler sur le plan interne en le coupant de sa base populaire et de ses soutiens au sein des autres communautés. C’est ce qui expliquerait le fait que les sanctions pourraient être progressivement élargies pour englober des noms et des entités qui ne sont pas forcément liés au parti mais qui appartiennent à des alliés de différentes communautés. Des sources informées affirment, qu’à terme, entre 300 et 1 000 noms seraient inscrits sur les listes américaines. Si elle est prise, une telle mesure risquerait d’avoir de sérieuses répercussions sur l’économie. C’est cela qui a inquiété les diplomates européens et les hommes politiques libanais, qui ont senti que Washington ne se souciait plus de la stabilité du Liban et avait développé un réflexe de Samson, qui a détruit le temple sur sa tête et sur celles de ses ennemis philistins. Le Hezbollah ne reste pas les bras croisés face à ce changement de tactique. Il a lui aussi entamé une nouvelle étape de son parcours politique. La première étape, en 1992, a été son entrée sur la scène politique libanaise avec sa participation aux élections législatives. La deuxième, en 2005, a marqué sa participation au pouvoir exécutif, avec, pour la première fois, des ministres nommés au gouvernement. En 2018, le Hezbollah entame la troisième étape: la conquête de l’administration publique.


 Paul Khalifeh
   
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