Retour sur le mandat Chéhab. Terrorisme et espionnage ne datent pas d’aujourd’hui
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Retour sur le mandat Chéhab. Terrorisme et espionnage ne datent pas d’aujourd’hui

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    Retour sur le mandat Chéhab. Terrorisme et espionnage ne datent pas d’aujourd’hui
    Depuis son indépendance, le Liban a été confronté à de nombreux défis politiques et sécuritaires. Entre cellules terroristes et réseaux d’espionnage, les autorités libanaises ont eu du pain sur la...
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Depuis son indépendance, le Liban a été confronté à de nombreux défis politiques et sécuritaires. Entre cellules terroristes et réseaux d’espionnage, les autorités libanaises ont eu du pain sur la planche, mais les affaires ne sont jamais allées trop loin, comme en témoigne l’attentat de la place Sassine, en 1959. Retour sur l’histoire.
 

Après l’insurrection de 1958, les incidents se sont multipliés et le jeune Etat libanais s’est vu confronté à des problèmes de plus en plus difficiles.
Le 5 août 1959, les autorités arrêtent Georges Nasr, auteur d’un attentat commis quelque temps plus tôt place Sassine, à Achrafié. Ses révélations sont choquantes. Il évoque l’implication de certaines personnalités dans des attentats perpétrés à la même époque. La presse se saisit de l’affaire et commence à creuser. Des accusations politiques sont lancées. Elles visent tantôt le Parti populaire syrien (l’actuel PSNS), tantôt le Parti national libéral (PNL).
Georges Nasr avait été l’une des victimes du tramway de Nasra. Le 26 mai 1958, au niveau de la station Nasra, près du Lycée français, rue de Damas, le tramway 112, bondé, a été soufflé par une bombe placée dans une valise abandonnée. Bilan: quatre tués et dix-huit blessés.
Nasr a fait des révélations impliquant des milieux politiques. Le député Henri Traboulsi du PNL et Sobhi Abou Eid du PPS n’apportent cependant aucun élément nouveau à l’enquête. Mais, à la suite de ces révélations, le 24 août 1959, six terroristes sont arrêtés à Achrafié. Les autorités saisissent des explosifs dans un appartement de la rue Zahar dans le même quartier. Ils sont reconnus responsables de certains attentats à la bombe commis dans différentes régions. Condamnés le 5 novembre 1959 à des peines de travaux forcés de trois à cinq ans, la Cour de cassation militaire confirme le jugement, le 29 décembre.

 

Espions israéliens
La situation sécuritaire semblait se normaliser pendant un certain temps, mais d’autres cellules terroristes réapparaissent. Le 
9 février 1963, une enquête menée dans le plus grand secret aboutit au démantèlement d’un réseau basé à Tripoli. Il s’est avéré que les terroristes planifiaient des actes contre des édifices publics.
Les autorités se démènent entre terrorisme et espionnage. Les tentatives d’un retour à l’Etat butaient contre des obstacles majeurs. Les ordres vont dans le sens du démantèlement de tout ce qui peut nuire d’une façon ou d’une autre à la sécurité.
Début octobre 1959, un réseau d’espionnage pro-israélien est démantelé. Le juge d’instruction Nagib Kfoury lance un mandat d’arrêt contre Toufic Mizrahi, directeur du Commerce du Levant. Il interroge aussi le commerçant Elie Lévy, Fayek Khoury, journaliste, Amine Zeytouni, inspecteur à la Sûreté générale, Mohammad Zayour, reporter, et Samir Salem, ex-informateur des services de renseignements syriens, tous accusés d’être impliqués dans ce réseau. C’est une période pendant laquelle des milliers de juifs décident de quitter le Liban pour Israël. L’enquête dure six mois, mais elle n’est pas concluante. Le 8 avril 1960, faute de preuves, le Tribunal militaire acquitte les inculpés.
L’affaire s’arrête là. Mais en juin 1962, un autre réseau d’espionnage est découvert. La peine de mort est requise contre ses vingt-sept membres. L’enquête révèle qu’ils opéraient en Syrie et au Liban et étaient dirigés par Jamil Karah. Ils fournissaient à Israël, depuis 1954, des renseignements militaires, économiques et politiques sur les deux pays.
Sous le mandat du président Fouad Chéhab, plusieurs affaires de ce type ont dû être traitées, mais la situation encore précaire dans le pays ne permettait pas d’aller trop loin, et la plupart des affaires n’ont pas abouti et de nombreux suspects ont été graciés.

Arlette Kassas

Les informations citées dans cet article sont tirées du Mémorial du Liban - le mandat Fouad Chéhab, de Joseph Chami.
 

La Brigade 16
Après les événements de 1958, l’état de 
sécurité exigeait des mesures exceptionnelles. Le 11 mars 1959, la Brigade 16 de la police voit le jour. Sa mission est d’intervenir 24/24h dans tous les cas d’urgence. Elle regroupe cent agents spécialement entraînés, auxquels s’ajouteront cent autres. Elle devait seconder les soixante patrouilles de police chargées de la sécurité à Beyrouth.

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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