Au lendemain de l’indépendance. Les Karamé pris pour cibles
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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

Au lendemain de l’indépendance. Les Karamé pris pour cibles

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    Au lendemain de l’indépendance. Les Karamé pris pour cibles
    Le 22 novembre 1943, après de multiples et importantes tentatives des autorités françaises de passer outre la volonté libanaise, le Liban obtenait son indépendance. Les troupes du mandat capitulent et...
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Le 22 novembre 1943, après de multiples et importantes tentatives des autorités françaises de passer outre la volonté libanaise, le Liban obtenait son indépendance. Les troupes du mandat capitulent et le nouveau drapeau libanais remplace le tricolore de la France. Les relations entre le Liban et le pays mandataire depuis la Première Guerre mondiale sont régies par des accords, parfois bipartites, parfois tripartites, englobant la Syrie.
 

Malgré son indépendance, le Liban se sent toujours menacé. Les incidents se multiplient. Les tentatives d’assassinat aussi. Après de multiples problèmes confessionnels internes, liés surtout à la formation du Parlement, Damas, Le Caire et le général Spears, représentant la Grande-Bretagne, interviennent. La célèbre formule, six députés chrétiens pour cinq musulmans, voit le jour. En août 1943, la nouvelle Chambre est en place. Abdel-Hamid Karamé est élu député.
Le 10 décembre 1944, à Wadi Rihane, entre Mirriata et Ahna, le député de Tripoli échappe à un attentat… Karamé rentrait chez lui, accompagné de son frère, quand il fut la cible de tirs nourris. Il est touché au bas du visage. Son frère est atteint à la jambe. Mais ils échappent à l’attentat. Leurs blessures étant superficielles, ils continuent leur chemin jusqu’à Tripoli.
L’attentat suscite une indignation générale, une situation précaire régnant dans le pays. Les autorités s’activent rapidement et ouvrent une enquête. Habib Abi Chahla, chef du Parlement, se rend sur les lieux de l’incident avant de rejoindre le député au Nord pour recueillir son témoignage et celui de son frère.
L’affaire est déférée devant la Cour de justice, créée en avril 1944 et dissoute en mai 1946. Plusieurs arrestations sont faites, surtout parmi les membres des deux familles du Nord, Mokaddem et Omari.
Le chef du gouvernement Riad el-solh qualifie l’attentat de «très grave» et le dénonce vivement. Le jeune pays qu’était le Liban ne pouvait pas assumer des actes de cette envergure. La Chambre se réunit pour dénoncer un tel acte contre un de ses membres. Une affaire qui devait opposer Sami et Riad el-Solh.
Abi Chahla poursuit son enquête qui sera conclue quelques jours plus tard. Les agresseurs, quatre hommes, qui ont attaqué la voiture de Karamé et tiré sur lui et sur son frère, se sont réfugiés dans les montagnes du nord de la Syrie. Malgré la requête des autorités libanaises, les agresseurs ne sont pas arrêtés.
Un mois plus tard, le 9 janvier 1945, 
Abdel-Hamid Karamé succède à Riad el-Solh, à la tête du gouvernement. Le nouveau Premier ministre est appelé à calmer les critiques, le cabinet Solh faisant l’objet d’une vaste campagne parlementaire contre lui. Mais la vie du nouveau gouvernement est de courte durée. Riad el-Solh revient à la tête du gouvernement en août 1945, après la démission de Abdel-Hamid Karamé. Ce dernier avait remis son tablier malgré le vote de confiance que la Chambre lui avait accordé. La crise politique battait son plein, et les ministres appuyés par le chef de 
l’Etat lui menaient la vie dure. Il choisit de se retirer.
Le 1er septembre 1945, il crée un nouveau groupe parlementaire, «Le Parti de l’indépendance». Vingt-deux députés assistent à sa première réunion, au domicile d’Henri Pharaon. Le nouveau parti critique le pouvoir et se démarque de sa politique en luttant pour l’indépendance du pays dans ses frontières actuelles, soutenant la politique de coopération avec les pays arabes et le renforcement des liens avec les Nations unies.

Arlette Kassas

Les informations de cet article sont tirées d’articles sur Internet et du Mémorial du Liban - Le mandat Béchara el-Khoury, de Joseph Chami.

Abdel-Hamid Karamé
Abdel-Hamid Karamé, né le 23 octobre 1890, fait partie des figures politiques libanaises arrêtées par les Français au moment de l’indépendance de 1943. Elu député sunnite de Tripoli, puis Premier ministre, il est considéré comme l’une des personnalités politiques les plus connues de la période d’après le 
mandat. Il décède en 1950. Ses deux fils, Rachid Karamé et Omar Karamé ont tous deux occupé le fauteuil de Premier ministre.

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Éditorial
Mauvais remake

Si certains se réjouissent des intentions guerrières de l’Occident en Syrie, d’autres, au contraire, en sont consternés. Ce n’est pas qu’ils soient fans du régime syrien ou inquiets de l’avenir de Bachar el-Assad. De toute façon, Washington et ses alliés ont fixé les contours de la frappe avant même qu’elle ne se produise: elle sera «brève et limitée», elle n’aura pas pour objectif de renverser le président syrien mais seulement de le «punir» d’avoir utilisé des armes chimiques. Tout le monde y trouvera son compte. Cette tristesse, mêlée à une profonde déception, vient du fait que l’Occident affiche, une fois de plus, une hypocrisie sans borne, foulant du pied ce qui lui reste comme principes humains, qu’il a lui-même érigés en valeurs universelles. D’ailleurs, l’opinion publique dans les pays occidentaux ne semble pas dupe, puisqu’une majorité affirme être opposée à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Encore une fois, ce n’est pas que les gens ont de la sympathie pour le régime syrien, mais c’est que les arguments, un peu trop hâtivement avancés pour justifier une nouvelle aventure guerrière aux conséquences inconnues, ne sont pas assez convaincants. Les centaines de victimes de la présumée attaque chimique de la Ghouta sont-elles les morts de trop, ceux qui ont donné un coup de fouet à la conscience des grands de ce monde? Les 100000 morts, tombés depuis le début du conflit, n’étaient-ils pas suffisants pour réveiller cette conscience? 100500 semble être le chiffre magique, celui qu’il ne faut pas atteindre ou dépasser, au risque de se voir puni par la très respectable communauté internationale. L’autre prétexte, celui de la «ligne rouge» qu’il ne fallait pas franchir, frôle le ridicule. L’utilisation des armes chimiques est donc prohibée et celui qui oserait violer cet interdit en payera le prix. On peut comprendre, par conséquent, que ce n’est pas l’acte en soi de tuer, d’exterminer, d’annihiler, d’écraser, de découper en morceaux, qui est répréhensible, mais l’outil utilisé pour le commettre. Les avions et les tanks du régime ou les machettes des takfiristes ne semblent pas constituer une transgression de la fameuse ligne rouge. Du moment que les gaz toxiques ne sont pas utilisés, les massacres peuvent continuer en toute tranquillité… et impunité. Poursuivons la réflexion. Cette affaire nous pousse à nous demander si ce n’est pas l’identité des victimes qui réveillerait la conscience du «monde civilisé». Cette remarque est légitime, car il semble que cette conscience reste endormie, comme anesthésiée, lorsque 200 paysans se font massacrer dans la «montagne alaouite» de Lattaquié, que 150 civils pro-régime et militaires sont exécutés froidement à Khan al-Assal et que des dizaines de chrétiens sont passés par les armes à Marmarita et Hawash, dans la région de Homs; pour ne citer que les tueries perpétrées en juillet et août. Mais quand des civils pro-rebelles sont tués, le monde s’émeut et crie vengeance. Il y a enfin une dernière possibilité. Ce ne serait pas l’identité des victimes, mais plutôt celle des tueurs présumés qui servirait d’alarme pour réveiller la conscience internationale. Quand les crimes sont imputés au régime, le monde se révolte, condamne, dénonce et veut jouer le rôle de gendarme et de justicier. Cependant, tous deviennent sourds, aveugles et introuvables, quand les massacres sont l’œuvre des rebelles. Plus affolant encore est le manque d’imagination des décideurs américains. Car c’est exactement le même scénario utilisé en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak qui est reproduit dans le cas syrien. Mais le remake est de moindre qualité que l’original, car le réalisateur, Barack Obama, a été formé sur le tas.


 Paul Khalifeh
   

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