Journée internationale des archives à la Fondation arabe pour l’image. La photographie arabe sur son 31
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Nº 2953 du vendredi 13 juin 2014

Journée internationale des archives à la Fondation arabe pour l’image. La photographie arabe sur son 31

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    Journée internationale des archives à la Fondation arabe pour l’image. La photographie arabe sur son 31
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Tout récemment honorée du prix Sharjah de l’Unesco pour la culture arabe, la Fondation arabe pour l’image (FAI) n’a pas boudé son plaisir d’ouvrir les portes de sa caverne d’Ali Baba aux 600 000 clichés, au grand public les 7, 8 et 9 juin dernier dans le cadre de la Journée internationale des archives. L’occasion de se familiariser avec l’une des fondations culturelles les plus dynamiques de Beyrouth.
 

S’il faut lire le passé pour comprendre le présent, alors la photographie est un témoin-clé pour résoudre l’énigme. Témoignage d’un autre temps, le cliché est traité comme un roi dans les locaux de la Fondation arabe pour l’image (FAI). Bichonné, il est tout d’abord collecté, préservé et documenté. Ce traitement de faveur, il le doit à trois amoureux de l’image, les photographes Akram Zaatari, Samer Mohdad et Fouad el-Khoury. Estimant qu’il manquait un lieu consacré à la photographie arabe, les trois compères créent à Beyrouth en 1997 la FAI, avec à sa tête Zeina Arida, sa directrice emblématique depuis dix-sept ans qui vient d’ailleurs tout juste de passer la main à Rima Mokaiesh.
 

Collecter… mais pas seulement
Très vite après sa création, la fine équipe s’agrandit, d’autres artistes ou photographes viennent gonfler les rangs des chercheurs de clichés. Leur objectif: collecter un maximum de photographies à renfort de voyages dans les différents pays arabes et pays de diasporas, pour pouvoir les préserver et les exploiter. «Au départ, beaucoup de clichés provenaient de familles. Puis les sources se sont diversifiées, informe Rima Mokaiesh. La fondation est par exemple allée à la rencontre de photographes de studio en fin de carrière. De belles rencontres où les générations dialoguent, et dont les entrevues enregistrées sont à consulter dans nos locaux; les photographies ont toujours plus de sens quand elles sont racontées par ceux qui les ont prises». Au total donc, quelque 600 000 photos (négatifs ou positifs) sur tout type de format (verre, planche de contact, album, etc.), forment aujourd’hui la collection estampillée Fondation arabe pour l’image. Pris par des photographes professionnels ou amateurs, ces portraits, publicités, paysages urbains, photographies de studio datant majoritairement des années 1920-60, même si certains remontent au milieu du XIXe siècle, peuvent avoir autant une valeur esthétique, sociologique ou historique. Aujourd’hui, si «seulement» 50 000 clichés ont été numérisés (dont la moitié est disponible sur son site Internet), la fondation ne relâche pas la pression et n’a de cesse de scanner ses pépites d’or à longueur de journée.
A la croisée des chemins entre centre d’archivage et centre d’art contemporain, la fondation a plusieurs cordes à son arc. Récemment, l’architecte et photographe réputé, Rifaat Chadirji, lui a confié pour une dizaine d’années son impressionnante collection de 100 000 photographies très bien documentées, révélant Bagdad des années 40 et 50, entre paysages urbains et rites sociétaux. «Nous travaillons sur la manière d’aborder une collection, sur les possibilités que l’on a pour la mettre en valeur, notamment en faisant collaborer des chercheurs et artistes de plusieurs domaines, reprend la nouvelle directrice. Nous faisons également beaucoup de projets de formation
à travers le programme Middle East Photograph Preservation Initiative (Meppi). Nous avons par exemple collaboré à mettre en place plus de soixante collections photographiques dans quinze pays du monde arabe que ce soit pour des bibliothèques nationales ou des archives de journaux. D’autre part, nous avons recensé quelque trois cents collections publiques ou privées de photos dans la région, ce qui nous a permis de créer un réseau à travers lequel nous collaborons tous ensemble. Et nous allons bientôt pouvoir mettre à jour un répertoire de ces collections, très utile pour fournir aux chercheurs une base de données».
La Fondation arabe pour l’image c’est également une bibliothèque de 1 300 ouvrages, quinze expositions et huit publications depuis sa création, sans compter la cofondation de l’Observatoire du patrimoine moderne, catalyseur d’initiatives. Le 2 mai dernier, la fondation a reçu le prix Sharjah de l’Unesco, qui récompense les efforts d’une personnalité ayant contribué par ses œuvres artistiques, intellectuelles ou promotionnelles, au développement et à la propagation dans le monde de la culture arabe (le second lauréat du prix étant  l’éditeur Farouk Mardam-Bey).
«Historiquement, le prix est plus souvent remis à des individus, souligne Rima Mokaiesh. L’année passée, nous avions été nominés et la question de savoir si la photographie était un élément important dans la culture arabe avait été posée. Nous avons reçu la réponse cette année et nous en sommes très fiers. C’était très important pour nous que notre travail et la photographie soient reconnus dans la culture arabe». Qui plus est, cette reconnaissance institutionnelle, délivrée par une entité comme l’Unesco, met du baume au cœur à la fondation privée de subventions publiques malgré ses efforts destinés à l’intérêt public.

Delphine Darmency
Photos Julien Bonnin
www.fai.org.lb

La Journée des archives
Si, pour sa première édition en 2013, la Journée internationale des archives avait regroupé sept institutions, cette année, dix de plus ont répondu présentes. Du 7 au 9 juin dernier, dix-sept institutions, orchestrées par l’Observatoire du patrimoine moderne (le Moho) ont donc joué le jeu et accepté d’ouvrir les portes et placards de leurs archives au grand public: Le Centre arabe pour l’architecture, la Fondation arabe pour l’image, la Fondation pour la recherche et l’archivage de la musique arabe, an-Nahar, l’AUB, L’Orient-Le Jour, la Bibliothèque orientale, la Fondation Liban Cinéma, la Collection Fouad Debbas, l’Institut Cervantes, la Bibliothèque nationale, Solidere, le centre de documentation et de recherche Umam, l’Usek, la bibliothèque Recto Verso, l’Institut des études palestiniennes et Dar al-Hayat.

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Éditorial
La présidentielle enlisée dans le désert irakien

La classe politique libanaise multiplie ses gesticulations autour de la présidentielle, dont la tenue dans des délais raisonnables semble plus improbable que jamais, avec le nouveau mélange de cartes survenu sur la scène régionale. Les positions exprimées ces derniers jours par Walid Joumblatt, Samir Geagea et Sleiman Frangié, aussi importantes soient-elles, ont été éclipsées par la tempête venue d’Irak. Les chefs du Parti socialiste progressiste et des Forces libanaises ont accordé leurs violons sur la nécessité d’empêcher l’accession du général Michel Aoun à la première magistrature de l’Etat. Le leader des Marada, dont la position était jugée ambiguë par certains milieux du Courant patriotique libre, a, quant à lui, exprimé son soutien explicite à la candidature du général Aoun. L’Eglise maronite est, pour sa part, très en colère contre les chefs politiques de la communauté. Selon son entourage, le patriarche Béchara Raï est profondément amer et déçu par le comportement de ses ouailles, qui, par leur égoïsme et leur manque de clairvoyance, mettent en danger le rôle des maronites et leur poids dans le système politique libanais. En permettant au vide de s’installer à la présidence, ils risquent de priver les maronites de ce poste, qu’ils ont obtenu après des siècles d’efforts, affirme-t-on dans les couloirs de Bkerké. Les uns et les autres poursuivent leurs manœuvres - ou faut-il dire leurs basses œuvres -, sans se soucier de la tempête destructrice, qui balaie tout sur son passage. Après avoir dépecé la Syrie, la voilà qui frappe en Irak. A la surprise générale, l’Etat islamique en Irak et au Levant (n’oublions jamais que le Liban fait partie du Levant) s’est emparé, en un clin d’œil, du tiers de l’Irak et a aboli les frontières entre ce pays et la Syrie. Son énigmatique chef, Abou Bakr el-Baghdadi, contrôle désormais - du moins théoriquement -, un territoire de 150000 km2, riche en hydrocarbure. Ses hommes se trouvent aux portes de Bagdad. Ce séisme, les Libanais ne l’ont pas directement ressenti, mais ses répliques ne tarderont pas à les ramener à l’effrayante réalité. Le renversement inattendu des rapports de force, survenu en Irak, aura des répercussions sur l’ensemble du Moyen-Orient et influera sur tous les dossiers régionaux, y compris la présidentielle libanaise. Daech s’impose, désormais, comme un acteur incontournable. Ce nouveau paramètre aura certainement des répercussions directes sur l’équilibre des forces entre les acteurs étatiques, notamment l’Iran et l’Arabie saoudite. Les premières observations montrent que l’allié de Téhéran, Nouri el-Maliki, renforcé par les résultats des élections législatives de mai dernier, est, maintenant, très affaibli par ces nouveaux développements. L’Arabie saoudite, de son côté, tire des avantages de cette situation. Vraisemblablement, les événements d’Irak éloignent la perspective de négociations prochaines entre les deux pays. L’Iran ne souhaitera pas discuter avec Riyad d’éventuels arrangements régionaux dans les circonstances actuelles. Il encouragera, d’abord, ses alliés, à stopper la progression des troupes de Daech et, dans un second temps, à tenter de reprendre les grandes villes contrôlées par cette organisation. L’Irak se trouve donc au seuil d’une longue confrontation, qui risque de se transformer en guerre civile, si elle est mal gérée. Et comme la présidentielle libanaise semble de plus en plus liée à un accord irano-saoudien, il est peu probable qu’elle ait lieu dans un proche avenir. Le vide, prévu à l’origine pour quelques semaines, pourrait durer plusieurs mois. L’élection présidentielle libanaise s’est tout simplement enlisée dans les sables du désert irakien.


 Paul Khalifeh
   

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