Caroline Codsi, présidente de «La Gouvernance au féminin». L’égalité des sexes, jusque dans l’entreprise
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Nº 3099 du vendredi 1er mars 2019

Caroline Codsi, présidente de «La Gouvernance au féminin». L’égalité des sexes, jusque dans l’entreprise

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    Caroline Codsi, présidente de «La Gouvernance au féminin». L’égalité des sexes, jusque dans l’entreprise
    Influente, charismatique, fonceuse? Comment qualifier cette jeune libano-canadienne qui, en moins de 10 ans, est parvenue à côtoyer le gratin des Pdg canadiens pour instaurer la parité hommes-femmes dans leur...
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Influente, charismatique, fonceuse? Comment qualifier cette jeune libano-canadienne qui, en moins de 10 ans, est parvenue à côtoyer le gratin des Pdg canadiens pour instaurer la parité hommes-femmes dans leur conseil d’administration?
 

La brillante conférencière qui sillonne la planète (Paris, Londres, Lima, Casablanca, Mexico City, New Delhi, Bahreïn, Dubaï, St-Petersbourg, Reykjavik et bientôt Jordanie) et qu’on invite pour l’écouter parler de la parité des genres est une Libanaise élégante, brune, mince, s’exprimant avec aplomb et détermination.
Une battante. Caroline Codsi sait ce qu’elle veut et comment y arriver. C’est à Montréal que Magazine l’a rencontrée. Un coup d’œil sur le site et les chiffres de son organisation sans but lucratif, La gouvernance au féminin, donne l’ampleur de sa mission. Crever le plafond de verre qui maintient les femmes dans des postes mineurs. Et pour donner l’opportunité au sexe dit faible de percer ce milieu fermé des Pdg, sa démarche ne fait pas dans la dentelle.  Oui, il faut habiliter les femmes à apprendre à gravir les échelons, mais aussi, il faut inciter les décideurs à leur faire une place. 
Les racines de son engagement, il faut sans doute les chercher dans le parcours de Caroline Codsi.  A 17 ans, quand elle quitte le Liban pour la France, elle se retrouve, séparée des siens par la guerre, sans argent, à devoir payer sa scolarité en exécutant de petits boulots de gardiennage et en donnant des leçons particulières. Elle en profite toutefois pour décrocher un diplôme en langues et civilisations étrangères (Paris VII).  Une fois au Québec, c’est avec le même courage qu’elle poursuit ses études (HEC - diplôme en ressources humaines et McGill -Institut des administrateurs de sociétés) alors qu’elle lorgne déjà sur les grandes compagnies où elle a vite fait de gravir les échelons. Très bonne négociatrice, grande bûcheuse, parlant couramment plusieurs langues, elle se voit confier par ses patrons des responsabilités qui consolident sa réputation et lui font bien vite comprendre que, oui, une femme peut, dans les affaires, non seulement rêver d’être l’égale de l’homme mais aussi et surtout le devenir. «Si moi j’y suis arrivée, pourquoi toutes les femmes ne le pourraient-elles pas?», lance-t-elle.
Occupant les fonctions de vice-présidente principale et directrice générale chez Cira services médicaux (une grande société canadienne d’évaluation médicale), la jeune femme réalise le grand décalage entre le nombre de femmes éduquées, expérimentées, engagées et disponibles et leur représentation dans les postes de haute direction.  Elle n’hésite pas alors à créer une organisation dédiée à cette cause.  La Gouvernance au féminin était née. C’était en 2010. 
Elle appuie son action avec des mentorats qui ont pour objectif de faire tomber les préjugés, à savoir que les femmes manquent d’ambition, ou pire encore, qu’elles sont incompétentes. Elle lance des ateliers de formation qui aident les femmes dans leur cheminement corporatif: développer leur leadership, avancer dans leur carrière, siéger aux conseils d’administration, accéder aux postes de cadre… En un mot, comment être dans le viseur des chercheurs de tête.
Pour avoir grandi dans une société machiste, la jeune libano-canadienne se rend bien vite compte que malgré le succès de son organisation, il faut inciter les décideurs eux-mêmes à faire une place aux femmes. «Quand on légifère, on trouve des femmes dans les conseils d’administration (CA), quand on ne légifère pas, on trouve des excuses. En France, comme au Canada, 12 % de femmes siégeaient au CA des entreprises. Avec les années, la France est arrivée à en avoir 40 % alors qu’au Canada, on en était resté à 15,9 %». Vient alors l’idée à Caroline Codsi de valoriser les entreprises qui font avancer la cause en y introduisant des quotas. Pour cela, elle fait appel au cabinet de conseil McKinsey & Company, à qui elle demande d’établir une liste de critères à remplir pour se voir octroyer la certification Gouvernance au féminin.
En trois ans, 31 entreprises sont certifiées «parité». Les plus grands noms de la finance, de la politique, des télécommunications, des assurances sont en lice pour obtenir cette certification à ses différents niveaux: cuivre, or, platine. Lors de gigantesques soirées de gala ou d’événements d’envergure avec les personnes les plus influentes du pays, la course est lancée. «Peu à peu, l’égalité des sexes devient une réalité au Québec», se satisfait-elle.
Hissée au rang des 100 femmes les plus influentes au Canada, des 75 Grands Immigrants au Canada et des 20 Personnalités de la diversité du Québec, décorée du prestigieux Mercure du leadership féminin par la Fédération des chambres de commerce du Québec ainsi que du Prix Leader of the Decade du Women Economic Forum de New Delhi entre autres, Caroline Codsi a toujours beaucoup œuvré dans les communautés auxquelles elle appartient. 
Énergique, combative, bourrée d’intelligence émotive et d’estime de soi, optimiste, flexible au changement, la jeune femme au sourire éclatant n’a pas une notion aseptisée d’une vie où tout est bien. «On n’est jamais en sécurité, il faut pouvoir mettre en place les mécanismes pour rebondir». La résilience a d’ailleurs été le sujet de sa conférence TEDex en 2017. Le Liban l’invitera-t-il un jour à témoigner de sa fulgurante ascension et de son impact réel pour défendre la cause des femmes?

Gisèle Kayata-Eid (à Montréal)

 

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Éditorial
Comparer le comparable

Le retour des réfugiés syriens dans leur pays est une vraie bataille dans l’intérêt du Liban et une fausse cause pour ceux qui, au nom de diverses considérations, tentent d’en discuter les modalités et les conditions, au risque d’en entraver ou d’en retarder le processus. La balance penche résolument du côté des facteurs qui plaident pour un retour sans délai des réfugiés. L’argument qui vient le plus naturellement à l’esprit est que le cas des déplacés syriens risque de connaître le même sort que la présence palestinienne, qui dure «provisoirement» depuis 1948. Les défenseurs zélés des réfugiés affirment qu’il ne faut pas «comparer» deux situations qui ont des commencements et des cheminements différents et qui n’auront pas forcément le même dénouement. Ceux-là et celles-là semblent oublier que la comparaison a de tout temps été l’outil le plus important de l’homme, celui qui lui permet de créer des repères pour évaluer une situation présente afin d’imaginer des solutions ou une conduite à adopter. C’est la comparaison avec des situations antérieures qui permet d’établir une échelle de valeur pour en tirer une grille de lecture. L’homme «compare» tout et depuis toujours. Lorsqu’il admire une œuvre d’art, il le fait par rapport à d’autres toiles ou sculptures qu’il connaît déjà. Quand il savoure un mets, il ne peut s’empêcher de le «comparer» à d’autres cuisines. En se plongeant dans un nouveau livre, il l’évalue par rapport à une lecture précédente ou aux auteurs avec lesquels il est familier, quelle que soit l’opinion qu’il peut en avoir. Lorsqu’il dit avoir rencontré l’amour de sa vie, il le fait en fonction de toutes les relations amoureuses qu’il a pu avoir dans le passé.La comparaison est l’outil le plus légitime, le plus efficace, y compris et surtout dans le cas des réfugiés syriens. Le risque qu’ils restent au Liban est sérieux. Les études des Nations unies montrent que 35% des déplacés restent dans les pays d’accueil et que la durée moyenne d’un exil est de 17 ans. On n’oserait pas imaginer les conséquences que cela pourrait avoir sur la démographie, le tissu social et l’économie.Le redressement économique passe inéluctablement par le retour des réfugiés syriens chez eux. L’infrastructure du Liban, sa production d’électricité, déjà déficitaire, l’ensemble de ses services publics, son territoire exigu, sa composition démographique délicate, ne peuvent plus supporter la présence sur son sol d’une population qui représente le quart de ses habitants.Ceux qui adhèrent aux arguments de la communauté internationale pour refuser le retour des réfugiés avant une solution politique en Syrie servent, consciemment ou inconsciemment, des agendas politiques desquels le Liban n’a rien à tirer. L’objectif des puissances occidentales et de leurs alliés régionaux est de garder les 5 millions de réfugiés syriens en réserve, dans l’espoir de peser sur le résultat de l’élection présidentielle en Syrie, en 2021. Il est inadmissible de lier le sort de notre pays à ces enjeux géopolitiques qui le dépassent. La priorité, pour le Liban, est qu’ils rentrent chez eux dignement, dans les régions pacifiées. Que les Nations unies et les faux objecteurs de conscience leur fournissent l’aide sur place.


 Paul Khalifeh
   

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