Le diabète au Liban. Presque un demi-million de cas
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Nº 3095 du vendredi 2 novembre 2018

Le diabète au Liban. Presque un demi-million de cas

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    Le diabète au Liban. Presque un demi-million de cas
    Avec 425 millions1 de personnes qui en sont atteintes dans le monde et 464000 au Liban, le diabète est, avec l’hypertension artérielle, la maladie chronique la plus fréquente.    Maladie chronique liée...
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Avec 425 millions1 de personnes qui en sont atteintes dans le monde et 464000 au Liban, le diabète est, avec l’hypertension artérielle, la maladie chronique la plus fréquente. 
 

Maladie chronique liée à une augmentation du taux du glucose dans le sang, le diabète ne connaît plus de limites. «D’ici 2045, nous allons assister à une augmentation du nombre de malades de l’ordre de 50%. Soit 629 millions de diabétiques sur la planète Terre. Pour ce qui est du Liban, l’augmentation de cette prévalence pourrait aller, en 2045, jusqu’à 22%», explique le Dr. Marie-Hélène Gannagé, endocrinologue. A noter que cette proportion ne regroupe pas tous les diabétiques. Elle constitue la moitié de ceux qui le sont, l’autre moitié en étant atteinte mais ne le sachant pas. Il est également important de souligner que «les maladies non transmissibles (MNT) ou maladies chroniques, auxquelles appartient le diabète, sont considérées comme étant  la principale cause de mortalité parmi les populations du Moyen-Orient. Au Liban, les MNT ont été responsables de 85% du total des décès en 2014», atteste le Dr. Mounia Amrani, Coordinatrice Médicale de Médecins Sans Frontières (MSF) au Liban2. Et pour cause? Surtout le mode de vie très sédentaire et l’augmentation de la prévalence de l’obésité.

Plusieurs formes
Chez un individu normal, le taux de glucose dans le sang doit être inférieur à 100 mg par dl. Il devient diabétique s’il a une glycémie de plus de 126 mg par dl. Parfois, le médecin a recours à la technique de l’hyperglycémie provoquée orale ou à un dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1C)  (c’est la part de l’hémoglobine qui capte le sucre dans le sang. Son taux élevé peut être le signe d’un diabète mal contrôlé). Quels sont les différents types de diabète?
● Le type 1: il représente 10% des diabétiques. Il est dû à une destruction du pancréas (des cellules Bêta du pancréas) ce qui mène à une carence absolue en insuline. Dans la plupart des cas, le type 1 survient chez des enfants et chez des sujets qui n’ont pas d’antécédents familiaux.
● Le type 2: c’est le plus fréquent. Il est dû à une résistance à l’action de l’insuline, combinée à un déficit de la sécrétion d’insuline. Cette forme de maladie est surtout liée au surpoids et à l’obésité. Elle survient à un âge un peu avancé, mais vu la prévalence importante de l’obésité chez les enfants et les jeunes, ce type de diabète est en train d’apparaître aussi chez les personnes en bas âge.
Les autres types de diabète sont beaucoup moins fréquents: diabète héréditaire (déficit héréditaire de la sécrétion de la cellule Beta ou déficit génétique de la fonction des cellules Bêta qui sécrètent l’insuline ou une anomalie de l’action de l’insuline).
D’autres genres de diabète peuvent aussi survenir. Ils peuvent être secondaires à une maladie du pancréas (inflammation du pancréas, tumeur…), avoir des causes endocriniennes, être provoqués par la prise de certains médicaments (comme les corticoïdes à forte dose), etc. Aussi, le diabète gestationnel n’est-il pas à négliger. Celui-ci survient en cours de grossesse (résistance à l’action de l’insuline). Il a tendance à disparaître après l’accouchement. 

Précautions et traitements
Il existe une étape entre le diabète et la normale, comme le précise le Dr. Gannagé. « Quand la glycémie se situe entre 100 et 126 mg par dl, cette phase de prédiabète place l’individu dans une situation où il est exposé à un très haut risque de développement du diabète», indique le Dr. Gannagé. Afin d’empêcher cette conversion, il suffit parfois d’adopter un changement du mode de vie (activités physiques régulières, perte de poids, prise de médicaments prescrits par le médecin, etc.). Toutefois, une fois atteint, le patient se voit face à une panoplie de traitements. Tout dépend, en réalité, du type de diabète. Pour le type 1, comme c’est le pancréas qui ne fonctionne pas, la base du traitement est l’insuline. Il existe aujourd’hui des techniques de transplantation qui sont en cours de développement, mais l’avancée la plus importante serait dans la création d’un mini-pancréas artificiel. La recherche dans ce domaine est très active actuellement et cette technique sera bientôt commercialisée. Pour le type 2, c’est la metformine (traitement qui agit principalement sur le foie, en inhibant la fabrication de glucose) qui est prescrite. Elle est souvent combinée à la prise d’insuline.

1- Fédération des diabétiques et  Fédération Internationale du Diabète
2- Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

MSF se mobilise
MSF a débuté son programme «MNT» en 2013. «Nous avons aujourd’hui une cohorte active de 12 000 patients à travers le pays. L’année dernière, 104 000 consultations MNT ont été effectuées dans les cliniques MSF à la Bekaa, au Nord du pays et à Beyrouth», déclare le Dr. Mounia Amrani. D’après elle, les pathologies les plus fréquentes sont l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. «Nos services sont offerts gratuitement aux populations les plus vulnérables. Ils consistent en des consultations médicales,  en des tests de laboratoire, en provision de médicaments et en éducation à la santé», continue-t-elle. Pour ce qui est des patients diabétiques, MSF propose un programme complet d’éducation du patient. Ce dernier pourrait ainsi améliorer son hygiène de vie. Plus encore, en 2018, MSF a développé une thématique relative aux enfants atteints de diabète juvénile. «Aussi en matière d’innovation technique, avons-nous piloté un implant pour mesurer le taux de glucose dans le sang sans avoir à piquer les enfants 3 fois par jour. Cet implant est sous cutané et doit être remplacé 2 fois par mois. La limitation reste malheureusement le prix», conclut le Dr. Amrani.

 

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
Le réflexe de Samson

La guerre menée par les Etats-Unis et ses alliés contre le Hezbollah est entrée dans une nouvelle phase. C’est l’impression qu’ont eue des diplomates européens et des hommes politiques libanais après avoir rencontré des responsables américains ces dernières semaines. Washington durcit progressivement les sanctions contre le Hezbollah dans le but de «l’affamer». Le président Donald Trump a signé, jeudi 25 octobre, un projet de loi élargissant la liste des personnes pouvant être sanctionnées pour avoir fait affaire avec le parti chiite. «Nous allons cibler, déstabiliser et démanteler leurs réseaux opérationnels et financiers, qui étaient nombreux, et qui le sont beaucoup moins maintenant», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, avait désigné le Hezbollah comme étant une «organisation transnationale criminelle contre laquelle les Etats-Unis vont mener des enquêtes approfondies et engager des poursuites». «Une équipe spéciale de procureurs expérimentés dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme, le crime organisé et le blanchiment d’argent va enquêter sur des individus et réseaux soutenant le Hezbollah», a affirmé Jeff Sessions. Le durcissement des sanctions américaines n’est pas une surprise. Dans une interview publiée par le quotidien israélien The Jerusalem Post à la mi-août, un ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, avait reconnu qu’il n’était plus possible de vaincre militairement le Hezbollah mais qu’il fallait imposer des sanctions au Liban pour en venir à bout. Cette nouvelle stratégie mise au point entre Washington et ses proches alliés n’a pas échappé au commandement du parti, qui les prend très au sérieux. «Le Hezbollah fait l’objet de pressions, a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah dans un de ses discours de Achoura. C’est plutôt une menace psychologique qu’une véritable menace. Ceux qui conspirent contre notre région, comme Israël, les Etats-Unis et leurs alliés, ne reconnaîtront pas notre victoire. Ils ont échoué dans la guerre militaire contre nous, alors ils essaient de nous frapper de l’intérieur».   Le Hezbollah pense que le véritable objectif des mesures américaines est de l’isoler sur le plan interne en le coupant de sa base populaire et de ses soutiens au sein des autres communautés. C’est ce qui expliquerait le fait que les sanctions pourraient être progressivement élargies pour englober des noms et des entités qui ne sont pas forcément liés au parti mais qui appartiennent à des alliés de différentes communautés. Des sources informées affirment, qu’à terme, entre 300 et 1 000 noms seraient inscrits sur les listes américaines. Si elle est prise, une telle mesure risquerait d’avoir de sérieuses répercussions sur l’économie. C’est cela qui a inquiété les diplomates européens et les hommes politiques libanais, qui ont senti que Washington ne se souciait plus de la stabilité du Liban et avait développé un réflexe de Samson, qui a détruit le temple sur sa tête et sur celles de ses ennemis philistins. Le Hezbollah ne reste pas les bras croisés face à ce changement de tactique. Il a lui aussi entamé une nouvelle étape de son parcours politique. La première étape, en 1992, a été son entrée sur la scène politique libanaise avec sa participation aux élections législatives. La deuxième, en 2005, a marqué sa participation au pouvoir exécutif, avec, pour la première fois, des ministres nommés au gouvernement. En 2018, le Hezbollah entame la troisième étape: la conquête de l’administration publique.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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