Kleiat. L’urgence d’un aéroport d’appoint
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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

Kleiat. L’urgence d’un aéroport d’appoint

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    Kleiat. L’urgence d’un aéroport d’appoint
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A la lumière des récents incidents sécuritaires, dont le rapt des pilotes de la Turkish Airlines et des menaces de bloquer la route de l’AIB, le comité de suivi de la réactivation de l’aéroport de Kleiat a tenu une réunion pour dénoncer «une phase charnière, difficile pour ceux qui contrôlent le pouvoir de décision politique, après la révélation au grand jour de la vulnérabilité sécuritaire de l’aéroport».
 

La réactivation de l’aéroport du président René Moawad, situé à Kleiat, au 
Liban-Nord, n’est pas une demande qui date d’aujourd’hui. Chaque fois que la sécurité de l’AIB (Aéroport international de Beyrouth) est mise en cause, des voix s’élèvent pour réclamer une alternative de transport aérien. Le comité avait même prévu un vol symbolique de l’aéroport Rafic Hariri vers celui de Kleiat, la semaine dernière, afin d’appeler à la réhabilitation de ce site. Mais le vol n’a finalement pas 
eu lieu.
Au cours des années de guerre, l’aéroport de Beyrouth n’étant plus fonctionnel, pour une raison ou une autre, des pistes d’envol improvisées le remplaçaient pour éviter que le Liban ne soit totalement coupé du monde.
En juin 1973, à l’issue d’une réunion au Palais de Baabda du président Sleiman Frangié avec le président Camille Chamoun et cheikh Pierre Gemayel, la nécessité de construire un aéroport dans les régions chrétiennes avait été au cœur des entretiens. Il fallait parer à l’éventualité d’une fermeture soudaine de l’aéroport de Beyrouth.
L’aéroport de Kleiat était, à l’époque, sous le contrôle des forces palestiniennes. En avril 1975, les factions armées palestiniennes ont pris possession des routes menant à l’aéroport de Beyrouth. L’urgence de l’existence d’un autre aéroport s’imposait. Une commission avait été chargée du dossier et devait suggérer d’utiliser la région de Hamate à Batroun qui offrait une piste d’une longueur de 4 000 mètres, pour une largeur de 120 mètres, suffisant dans une première période. L’étude a montré que l’aéroport pourrait recevoir plus de trois millions de voyageurs par an, et trente-cinq avions par jour. Mais en 1978, les troupes syriennes, entrées dans la région de Batroun, s’y sont installées. Elles ont utilisé cette piste pour l’atterrissage de leurs hélicoptères. Cela a duré plus de vingt-sept ans. En avril 2005, l’armée syrienne a vidé les lieux, et l’aéroport a été remis à l’Armée libanaise.

 

L’aéroport de Baadaran
Un autre aéroport a pris forme durant la guerre, c’est celui de Baadaran dans la région du Chouf. Pendant longtemps, il est considéré comme un aéroport militaire, mais des travaux y sont entrepris en 2007 pour l’élargir.
Un second aéroport est une nécessité pour des raisons sécuritaires mais aussi économiques. Il est urgent, par conséquent, de remettre en service celui de Kleiat. Cette mise en service pourrait entraîner la création de plus de 5 000 emplois et le développement de nouveaux marchés.
Le premier impératif reste cependant sécuritaire. La route de l’aéroport est, à plusieurs reprises le champ des manifestations. En dépit des affirmations des responsables que cette zone est une ligne rouge, qu’il serait interdit de la fermer quelles qu’en soient les raisons, des manifestations l’ont récemment bloquée pendant des heures.
L’aéroport de Kleiat peut-il être mis en service dans la situation actuelle?

Arlette Kassas

Etude de faisabilité
Le 6 septembre 2012, le chef du 
gouvernement chargé de l’expédition des affaires courantes, Najib Mikati, demande au ministre des Transports et des Travaux publics, Ghazi Aridi, de préparer une étude de faisabilité concernant l’ouverture de 
l’aéroport de Kleiat. La suggestion de 
l’ouverture de l’aéroport René Moawad avait été faite, en Conseil des ministres, par Mohammad Safadi, ministre des Finances.

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Éditorial
Mauvais remake

Si certains se réjouissent des intentions guerrières de l’Occident en Syrie, d’autres, au contraire, en sont consternés. Ce n’est pas qu’ils soient fans du régime syrien ou inquiets de l’avenir de Bachar el-Assad. De toute façon, Washington et ses alliés ont fixé les contours de la frappe avant même qu’elle ne se produise: elle sera «brève et limitée», elle n’aura pas pour objectif de renverser le président syrien mais seulement de le «punir» d’avoir utilisé des armes chimiques. Tout le monde y trouvera son compte. Cette tristesse, mêlée à une profonde déception, vient du fait que l’Occident affiche, une fois de plus, une hypocrisie sans borne, foulant du pied ce qui lui reste comme principes humains, qu’il a lui-même érigés en valeurs universelles. D’ailleurs, l’opinion publique dans les pays occidentaux ne semble pas dupe, puisqu’une majorité affirme être opposée à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Encore une fois, ce n’est pas que les gens ont de la sympathie pour le régime syrien, mais c’est que les arguments, un peu trop hâtivement avancés pour justifier une nouvelle aventure guerrière aux conséquences inconnues, ne sont pas assez convaincants. Les centaines de victimes de la présumée attaque chimique de la Ghouta sont-elles les morts de trop, ceux qui ont donné un coup de fouet à la conscience des grands de ce monde? Les 100000 morts, tombés depuis le début du conflit, n’étaient-ils pas suffisants pour réveiller cette conscience? 100500 semble être le chiffre magique, celui qu’il ne faut pas atteindre ou dépasser, au risque de se voir puni par la très respectable communauté internationale. L’autre prétexte, celui de la «ligne rouge» qu’il ne fallait pas franchir, frôle le ridicule. L’utilisation des armes chimiques est donc prohibée et celui qui oserait violer cet interdit en payera le prix. On peut comprendre, par conséquent, que ce n’est pas l’acte en soi de tuer, d’exterminer, d’annihiler, d’écraser, de découper en morceaux, qui est répréhensible, mais l’outil utilisé pour le commettre. Les avions et les tanks du régime ou les machettes des takfiristes ne semblent pas constituer une transgression de la fameuse ligne rouge. Du moment que les gaz toxiques ne sont pas utilisés, les massacres peuvent continuer en toute tranquillité… et impunité. Poursuivons la réflexion. Cette affaire nous pousse à nous demander si ce n’est pas l’identité des victimes qui réveillerait la conscience du «monde civilisé». Cette remarque est légitime, car il semble que cette conscience reste endormie, comme anesthésiée, lorsque 200 paysans se font massacrer dans la «montagne alaouite» de Lattaquié, que 150 civils pro-régime et militaires sont exécutés froidement à Khan al-Assal et que des dizaines de chrétiens sont passés par les armes à Marmarita et Hawash, dans la région de Homs; pour ne citer que les tueries perpétrées en juillet et août. Mais quand des civils pro-rebelles sont tués, le monde s’émeut et crie vengeance. Il y a enfin une dernière possibilité. Ce ne serait pas l’identité des victimes, mais plutôt celle des tueurs présumés qui servirait d’alarme pour réveiller la conscience internationale. Quand les crimes sont imputés au régime, le monde se révolte, condamne, dénonce et veut jouer le rôle de gendarme et de justicier. Cependant, tous deviennent sourds, aveugles et introuvables, quand les massacres sont l’œuvre des rebelles. Plus affolant encore est le manque d’imagination des décideurs américains. Car c’est exactement le même scénario utilisé en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak qui est reproduit dans le cas syrien. Mais le remake est de moindre qualité que l’original, car le réalisateur, Barack Obama, a été formé sur le tas.


 Paul Khalifeh
   

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