Un risque d’embrasement général
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Nº 2896 du vendredi 10 mai 2013

Un risque d’embrasement général

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    Un risque d’embrasement général
    Cette semaine, la lecture des articles de la presse internationale traitant de l’actualité libanaise n’a rien de réjouissant. Les communautés s’affrontent et les secousses qui frappent le Liban s’accentuent. Le Temps Le...
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Cette semaine, la lecture des articles de la presse internationale traitant de l’actualité libanaise n’a rien de réjouissant. Les communautés s’affrontent et les secousses qui frappent le Liban s’accentuent.

Le Temps
Le journal suisse Le Temps revient sur les «hommes libres de la Békaa» qui «menacent le Hezbollah».
Dans les rues de Baalbek, des posters géants montrent les portraits des derniers martyrs du Hezbollah libanais. Il s’en ajoute de nouveaux chaque semaine, tous tombés dans les combats en Syrie. En réponse à l’ingérence du Hezbollah, les rebelles syriens ont menacé de porter la guerre au-delà des frontières. Au Liban aussi, le Hezbollah, littéralement le «Parti de Dieu», se fait des ennemis de plus en plus nombreux. Deux imams sunnites ont appelé à la guerre sainte contre les forces de Bachar el-Assad et contre ceux qui les soutiennent, nommément le Hezbollah. Milices contre milices: ce scénario réveille le souvenir de la guerre civile qui a embrasé le Liban de 1975 à 1990.
Les «hommes libres de la Békaa», un groupe totalement inconnu, ont menacé d’attaquer le Hezbollah si ce dernier ne cessait pas ses ingérences dans le conflit syrien. Au risque d’importer la guerre au Pays du Cèdre. Cet ultimatum intervient quelques heures après les fatwas appelant au jihad contre Damas.
«Le Hezbollah constitue la principale milice libanaise. Si sa supériorité militaire n’est pas menacée par d’éventuelles milices sunnites», explique Joseph Bahout, politologue à Sciences Po, Paris, et chercheur à l’Académie diplomatique internationale, «une escarmouche violente entre les militants chiites et ceux d’autres factions peut survenir à n’importe quel moment. Le risque d’embrasement grandit de jour en jour. La frontière libano-syrienne est devenue poreuse».
Misbah Ahdab, ancien député de Tripoli, dénonce les influences extérieures: «La réponse contre l’alliance du Hezbollah avec Damas ne doit pas être le choix des armes, ou la création de milices jihadistes. Le Qatar tente d’exporter au Liban son jihadisme, mais nous n’en voulons pas. Notre tradition est différente, mystique et soufie, et n’a rien à voir avec le wahhabisme».


Vice
Vice est un mensuel québécois, gratuit et international, axé sur la photographie et l’international. Cette semaine, Sulome Anderson parle des enfants soldats libanais sunnites.
Le père de Jamal sirote un thé dans un bunker de fortune à Tripoli, dans la rue la plus dangereuse du quartier violent de Bab el-Tebbané. Le père de Jamal, leader d’une petite milice locale, apparaît tel un ours à la barbe épaisse. Il est entouré de combattants; certains semblent avoir 16, 17 ans. Mais à neuf ans, Jamal est de très loin le plus jeune de la petite assemblée. Un petit garçon au visage doux, trop timide pour dire un mot. Mais son père le pousse à parler. «Je veux être un soldat comme mon père quand je serai grand», dit-il avec fierté. «Les snipers alaouites tirent sur nos femmes et nos enfants, alors nous leur tirons dessus. Nous protégeons notre quartier».
Les enfants soldats sont depuis longtemps un problème au Liban. Pendant la guerre civile qui a ravagé le pays pendant près de quinze ans, de nombreux enfants sont pratiquement nés avec des mitrailleuses dans les mains. En particulier dans les villes du Nord comme Tripoli, le conflit en Syrie a conduit une nouvelle génération d’enfants à prendre les armes.
Jamal saisit un téléphone portable et lance une vidéo. Elle montre le gamin, tenant une mitrailleuse d’au moins trois fois sa taille. Sous le regard de son père, il tire quelques balles sur les maisons alaouites. Lorsqu’on lui demande s’il aime l’école, il hoche la tête avec insistance. Son père, lui, acquiesce lorsqu’on lui demande si son fils obtient de bonnes notes. «Il est deuxième de sa classe», dit-il. «Tout comme son père. J’ai aimé aller à l’école, aussi».


Taraf
Taraf est l’un des plus grands quotidiens de Turquie, considéré comme un opposant farouche au pouvoir militaire du pays. Il y a plusieurs jours, il se posait une question: «Pourquoi la presse turque ignore-t-elle le Liban?».
Le journalisme sélectif des médias turcs est de plus en plus évident, surtout lorsqu’il s’agit des questions du Moyen-Orient qui concernent au premier chef le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.
Des Libanais ont manifesté contre la Turquie et Erdogan pendant plusieurs jours. Ils ont érigé des tentes en face de l’ambassade de Turquie (à Beyrouth). Il y a même eu des incidents entre policiers et manifestants, qui ont également essayé de fermer l’agence beyrouthine de la Turkish Airlines. Des appels à boycotter les produits turcs sont émis et les camions transportant des marchandises turques au Liban sont bloqués. L’événement fait la une de l’actualité au Liban.
En Turquie, on se demandera peut-être de quoi je parle car, en dehors de petites brèves ici et là, nos grands médias n’ont pas considéré que cette affaire était digne d’intérêt. On me dit que l’agence officielle Anatolian News Agency, qui dispose d’un bureau à Beyrouth, ne couvre pas vraiment cette histoire. De quoi s’agit-il? De l’enlèvement, le 22 mai 2012, de pèlerins chiites libanais près d’Alep, kidnappés par un groupuscule dirigé par Abou Ibrahim qui combat le président syrien Bachar el-Assad. Les familles des pèlerins, faisant allusion au fort soutien politique et logistique que donne la Turquie à l’opposition syrienne, veulent qu’Erdogan use de son influence pour obtenir leur libération. Mais tous ces gens ne croient pas qu’Ankara fasse son maximum.


The Wall Street Journal
The Wall Street Journal s’est intéressé cette semaine à une figure artistique injustement méconnue du grand public. Découverte.
Dans les années 1940, une artiste libanaise en herbe, Saloua Raouda Choucair, débarque à Paris pour s’imprégner de l’humeur artistique d’après-guerre. Elle a travaillé avec l’artiste de l’abstrait Fernand Léger et a étudié le style architectural de Le Corbusier. De retour dans son pays natal en 1951, elle réalise des sculptures et des peintures qui combinent certaines de ses leçons occidentales, les principes de l’art islamique avec lequel elle avait grandi et son unique interprétation de l’abstrait.
Si elle était restée à Paris, il est probable que sa réputation aurait été assurée. Mais son expression particulière est largement méconnue, d’abord parce qu’elle a peu vendu et qu’elle a rarement eu l’occasion d’exposer ses œuvres.
Mais aujourd’hui, une exposition à la Tate Modern de Londres montre qu’elle a été un personnage important dans l’histoire du modernisme, peut-être le premier artiste moderne abstrait au Liban et même du monde arabe. Il y a quelque chose de terriblement poignant dans cette histoire. Féministe énergique dans son jeune âge, Choucair est, à 97 ans, maintenant trop vieille et trop faible pour apprécier pleinement la reconnaissance internationale qu’elle méritait et qui lui est donc accordée.
Son drame, avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle était femme, à une époque où les artistes féminines étaient rares, druze donc ostracisée par les autres communautés, et a vécu la guerre civile dans sa chair, la maison familiale ayant été arrachée par une bombe.

Julien Abi Ramia
 

Al-Arabiya
Que devient Michel Samaha?
Le site de la télévision satellitaire saoudienne al-Arabiya se pose la question de savoir ce que devient l’ancien ministre de l’Information, emprisonné depuis août 2012, pour avoir transporté des explosifs.
Pourquoi l’ancien ministre de l’Information est-il toujours en prison? Certains estiment qu’avec le peuple syrien, Michel Samaha est le seul à payer le prix de la guerre universelle contre le régime syrien. Samaha est allé en prison pour trahison, mensonge et politique; il en ressortira pour exactement les mêmes raisons. Tout le monde a agi comme s’il était déjà condamné et reconnu coupable, et certains l’ont même décrit comme un «criminel» et un «terroriste». Mais tout s’est dit avant même le début de son procès. Nous ne connaissons même pas sa version des faits et, plus grave, nous ne savons même pas ce qu’il devient.

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Éditorial
Il ne reste que le rêve… et encore!

Alors que les magouilles gangrènent les institutions du pays, que le chômage bat son plein et que les citoyens, livrés à la loi de la jungle, souffrent d’une absence totale de protection, le Liban perd au fil des ans l’énergie de sa jeunesse. Jamais mieux qu’aujourd’hui, ne s’est appliquée au Liban, la célèbre formule de Georges Clemenceau: «Le pouvoir est tombé si bas qu’il faut se baisser pour le ramasser». Il fut une époque, très courte aux yeux de l’Histoire, où la jeunesse du pays, formée dans les grandes universités, que tous nos voisins nous envient, ne rêvait que de servir et de promouvoir le Liban, modèle de modernité, de démocratie et de liberté, pas seulement dans la région. Qu’en reste-t-il? Un pays qui s’apprête, quelque trente ans après la fin de la guerre civile pour les uns, et la guerre des autres pour certains, à rééditer la dramatique expérience. S’impliquer dans la crise syrienne, et encore plus dans son conflit probable avec Israël, est-ce dans nos cordes? En a-t-on les moyens? Au milieu de ce sombre tableau, nos universitaires, quelle que soit leur formation, privent, à leur corps défendant, le pays de leur savoir-faire et s’exilent vers des horizons plus cléments. Pendant que le Liban se vide de son sang jeune et de ses forces vives, ses dirigeants se disputent un siège place de l’Etoile ou un fauteuil confortable au Sérail. La question que les citoyens, ignorés par leurs représentants tant que les élections ne se dessinent pas à l’horizon, est celle de savoir à quoi sert un gouvernement dont l’inexistence passe pratiquement inaperçue ou ce Parlement, dont les réunions se font extrêmement rares, alors que ses tiroirs craquent sous les liasses de documents, jaunis à force d’attendre et très probablement devenus caducs. Dans cet abîme constitutionnel, où seuls les échos sifflent, les affaires aventureuses se multiplient. La dernière en date est celle du bateau promis à grands coups de déclarations outrageusement optimistes, après quelques décennies de rationnement électrique et même d’obscurité totale dans certaines régions oubliées. Lancée officiellement, par une publicité tapageuse et des panneaux prometteurs, la «barque turque», Fatmagül Sultan, nous promettait, «immense performance», deux heures de courant de plus dans tout le pays. Mais elle vécut ce que vivent les roses laissant derrière elle des relents sulfureux de négligence ou de scandale… l’avenir le dira peut-être. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis que les armes se sont tues dans le pays, mais la lumière des bougies, qui n’ont rien des romantiques chandelles, n’a toujours pas disparu dans de très nombreux foyers. En parallèle, les tours luxueuses jalonnent les rues et montent toujours plus haut, les boutiques offrant les collections les plus huppées remplissent les quartiers et les restaurants aux menus gastronomiques par excellence, pullulent pour le plaisir d’une minorité nantie. Mais tout cela paraît factice et, pour une affaire qui connaît le succès, combien ne sont-elles pas forcées de baisser leur rideau aussitôt levé. Le chaos que connaît le Liban, depuis si longtemps, fait la richesse d’autres pays de la région. La Syrie, elle, avait connu ses beaux jours et son développement dès les premières années de notre guerre. Elle n’a pas su, elle non plus, sauvegarder ses acquis. Il n’en reste pas moins que le Libanais, optimiste invétéré, retrouve son rêve au moindre signe de détente. Ainsi, nous avons assisté aux retrouvailles des «cousins ennemis»: Sleiman Frangié à Bikfaya à l’invitation de Sami Gemayel, le Courant patriotique libre, représenté par le ministre démissionnaire Gebran Bassil, prendre la route de Maarab et les émissaires de Walid Joumblatt chez Nabih Berry, comme l’ancien vice-président de la Chambre à Aïn el Tiné. Le tout ponctué de quelques informations, diffusées sans, peut-être, beaucoup de conviction, annonçant un gouvernement dans les prochains jours… Et voilà que l’espoir renaît, que la vie s’annonce plus belle, à la lueur de la détermination affirmée du Premier ministre désigné et du président de la République. Il n’en reste pas moins que les jeunes exilés, partis vers d’autres horizons donner la preuve de leurs capacités et de leurs compétences, ne sont pas encore près de rentrer au bercail.


 Mouna Béchara
   

Santé

La tendance à la paresse. Ecrite dans les gènes?
Nos gènes pourraient être responsables de notre paresse! Autrement dit, un individu serait génétiquement prédisposé à ce comportement. Les chercheurs…

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