Ils ont tout quitté pour entrer au sacerdoce. Que Ta volonté soit faite!
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Nº 2876 du vendredi 21 décembre 2012

Ils ont tout quitté pour entrer au sacerdoce. Que Ta volonté soit faite!

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    Ils ont tout quitté pour entrer au sacerdoce. Que Ta volonté soit faite!
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Il ne leur avait rien promis. Il leur avait juste demandé de porter la croix, de tout laisser et de le suivre. Plus de 2000 ans après, des hommes et des femmes continuent à entendre Son appel et y répondent. Pour lui, qui a été crucifié pour racheter nos péchés, beaucoup ont tout quitté. Ils ont renoncé à leur vie facile, à l’argent, au succès et à la gloire. Aujourd’hui, alors que les chrétiens d’Orient se sentent menacés et de lourdes interrogations pèsent sur leur sort, la foi existe encore et les vocations sont toujours vivaces. Magazine raconte l’histoire de ces personnes qui, par amour pour Jésus-Christ, armées uniquement de leur foi, ont choisi de le suivre sur un chemin qui n’est pas toujours facile. Beaucoup ont laissé derrière eux des familles riches, des carrières prometteuses ou tout simplement une vie facile. Leur devise aujourd’hui est: «Que Ta volonté soit faite».  


Père Roland Mrad, le soldat inconnu
C’est dans le magnifique monastère Saint Jean, sur le site de Deir el-Kalaa, dont il supervise la restauration depuis 1995, qu’il nous reçoit. Le père Roland Mrad est un grand timide. Il se voit comme le soldat inconnu qui fait tout simplement ce qu’il doit faire. Il n’aime pas parler de lui et avoue que c’est la première fois qu’il se confie. Pour nous, il fait un effort et met sa tenue de prêtre. «En temps normal, je suis habillé comme les ouvriers et je travaille avec eux à l’extérieur», dit-il avec le sourire. Depuis qu’il était tout jeune, il était un grand pratiquant. Il assistait à la messe tous les jours et ne ratait jamais l’occasion d’aider les personnes âgées, les pauvres et les handicapés. «Je faisais cela très discrètement car je n’aimais pas attirer l’attention sur moi», confie le père Mrad. En parallèle, il aimait les soirées, la mode et sortait avec de belles filles. Sous un faux nom, il aidait financièrement beaucoup. Il enseignait la catéchèse, organisait des camps et  travaillait avec les handicapés de Beit Chabab. Il ne touchait jamais son salaire et le donnait aux familles des handicapés. Roland Mrad est le fils de Wadih Mrad, propriétaire de l’une des grandes boutiques de luxe de Beyrouth. Il était accompagné par son professeur et guide spirituel, le frère Nour et le père Khawand, devenu depuis ermite. Il étudie les sciences politiques à la Sorbonne ainsi que la philosophie et la théologie. Il devient même séminariste à Saint-Sulpice, à Paris. «J’ai ressenti ce besoin spirituel, ce désir de me consacrer entièrement à cette vocation et j’ai intégré l’Ordre antonin maronite alors que j’avais 24 ans». En annonçant sa décision à ses parents, sa mère le soutient immédiatement mais par contre son père n’est pas très heureux. «Il a essayé de me tenter avec des biens matériels, me dire que je devrais me marier et avoir des enfants, mais je ne voulais rien entendre. J’avais ce besoin spirituel que seul Dieu peut remplir», confie le père Mrad. Quand on lui dit qu’il a encore plus de mérite car il a quitté une famille nantie pour prononcer le vœu de pauvreté, avec conviction il répond: «Je n’ai aucun mérite car je ne suis pour rien dans cette fortune, c’était celle de mon père». Le père Roland Mrad aime la vie simple et le travail accompli dans la discrétion. Sa foi et sa force, il les tire de la prière et de ses lectures spirituelles. D’ailleurs, après trente-deux ans de vie monacale, il estime que ce sont ces deux choses qui renforcent un prêtre. «C’est cela qui me fait tenir et qui m’aide à surmonter les instants difficiles. Je ne réussis pas tous les jours à atteindre les objectifs que je me fixe, mais la foi donne la force de dépasser tout», dit-il. Il se pose toujours la question de savoir si son but était de se sauver lui-même ou de sauver les autres. Il estime que s’il n y a pas de renouveau eucharistique, les ordres ne se développeront pas. «La société laïque est plus développée que nous et c’est pour cela que les ordres doivent travailler plus dans ce sens». Le père Mrad considère qu’avec le développement de la technologie, tout le monde cherche à être libre. «La vie sacerdotale ne plaît pas forcément. Les jeunes préfèrent rester laïques car ils ne peuvent pas respecter les trois vœux solennels: obéissance, chasteté et pauvreté». Sa dévotion pour la Sainte Vierge l’a poussé à étudier la science et l’éducation familiale à l’Institut catholique de Lyon. Il estime que la société chrétienne a besoin de beaucoup de prières et d’attentions. «Elle doit se développer et avoir une vision d’avenir. Nous sommes une minorité dans cet Orient mais une minorité de qualité, pourtant je ne cache pas ma peur pour l’avenir des chrétiens dans la région». Aujourd’hui, son action est concentrée sur les enfants atteints du cancer, les filles-mères et les aveugles.


 

Père Neemtallah Saghbini, du barreau au monastère
«Après avoir participé à une procession à Harissa qui m’a apporté la sérénité provisoirement, j’avais le sentiment continu de vivre dans une mer agitée». Ces propos sont du père Neemtallah Saghbini, qui appartient à l’Ordre maronite des moines libanais. Il fait aussi partie de ceux qui ont rejeté une carrière prometteuse pour suivre Jésus-Christ. Comme tous ceux qui travaillent dans l’ombre, il est discret et n’aime pas parler de lui. Avocat de formation après des études à l’USJ, il a 34 ans lorsqu’il ressent en permanence un sentiment d’insatisfaction. Avant d’intégrer l’ordre, il vit quelque moment de grande sérénité à l’occasion d’événements ponctuels qui ne lui apportent qu’une paix temporaire. En 2000, au cours du mois de mai, il participe à la procession de Jounié à Harissa, vit des moments de prières et de recueillements à Annaya ou à Bechwat. «Mais cette joie était momentanée. Dès que je retournais à ma vie agitée, tout disparaissait», confie le père Saghbini. Au courant de la même année et à l’occasion de l’Assomption (la fête de la Vierge célébrée le 15 août), il décide de se recueillir quelques jours au monastère Saint-Maron à Annaya et se dit intérieurement «que Ta volonté soit faite». Il essaie de réserver une chambre à l’oasis mais celle-ci affiche complet. Qu’à cela ne tienne, il monte à l’ermitage et en redescendant s’enquiert une nouvelle fois de la disponibilité des lieux. «Tu as de la chance, quelqu’un vient tout juste de quitter», lui dit le responsable. Avec le recul, le père Saghbini le considère comme un signe du destin. «J’ai averti le cabinet que je m’absentais pour quelques jours qui se sont transformés en trois semaines, prévenu mes parents et éteint mon portable», raconte le père Saghbini. Le soir à l’ermitage d’Annaya, j’ai été attiré par la voix de jeunes qui récitaient le rosaire. «Ils m’ont proposé de me joindre à eux mais j’avais oublié comment l’on priait. Mes parents ne sont pas pratiquants. Une des prières m’a ramené à l’époque où j’étais enfant et où ma grand-mère m’emmenait avec elle à l’église. Ils m’ont proposé un rosaire mais j’ai refusé, me promettant de m’en acheter un le lendemain», se souvient-il encore. Même la confession lui pose un problème et il a besoin de cinq jours pour pouvoir la faire.
Après ces quelques jours, il décide de changer de vie et de vivre dorénavant en chrétien pratiquant. «Mais cela ne me suffisait pas. Je ressentais toujours le même manque, alors j’ai décidé de faire l’expérience de la vie religieuse», confie le père Saghbini. Pourtant, le désir de se consacrer totalement à la vie sacerdotale n’est pas nouveau pour lui. Après avoir achevé des études de droit, il s’était confié à un prêtre qui lui conseille de faire son stage et de voir comment la situation évoluera. «Dans le tourbillon de ma vie, j’ai complètement oublié ce désir et c’est ce même prêtre qui me l’a rappelé au moment où je suis entré au monastère», dit-il. Au cours de son existence, le père Saghbini a connu trois grands accidents de voiture qui ont failli lui coûter la vie. «A cette époque, je vivais dans le péché et c’est une bénédiction que je ne sois pas mort à ce moment-là», souligne-t-il humblement. Ses parents rejettent l’idée et essaient de le convaincre par tous les moyens. Ils lui envoient ses amis pour essayer de le faire revenir sur sa décision mais rien n’y fait. Il prévient le cabinet d’avocat dans lequel il travaille qu’il ne reviendra pas et va passer un week-end avec ses parents pour leur dire au revoir. «Je ne savais plus comment retourner à Annaya. Mon attitude avait changé. Je priais et restais la plupart du temps seul. Je suis retourné à Annaya puis j’ai été au monastère de Kfifane». Son séjour à Annaya le pousse à réfléchir profondément et ses préjugés tombent les uns après les autres. Pourtant, il n’est pas à l’abri des doutes. «Pendant les sept premières années, je me disais chaque fois: cette année je m’en vais. C’était dû essentiellement à des raisons de santé. J’avais des problèmes de dos et d’estomac. Je me demandais comment je pourrais servir les autres si j’avais tous ces problèmes», dit-il. Aujourd’hui, douze ans après avoir prononcé ses vœux, le père Saghbini vit au couvent Mar Michael à Bickfaya et il est plus convaincu que jamais de sa décision et estime que son choix est une véritable grâce. Son action porte essentiellement sur l’accompagnement spirituel et pastoral et il s’occupe des prisonniers, en particulier les délinquants juvéniles dans les prisons. «Leur situation est intolérable. Ils vivent tous dans des milieux et des conditions défavorables qui sont la raison majeure de leur emprisonnement. Il y a des enfants qui, une fois libérés, sont acculés à commettre de nouvelles infractions pour revenir en prison où ils sont sûrs d’avoir un toit et de quoi manger», confie père Saghbini. Ceci le pousse à réfléchir à l’ambitieux projet de créer un foyer de relais pour ces jeunes, le temps de leur assurer un métier qui pourra les faire vivre honnêtement. Son histoire ressemble à celle de beaucoup d’autres qui ont porté leur croix pour suivre Jésus-Christ. Mais lui partage l’opinion de sainte Thérèse qui disait: «Il ne faut pas porter sa croix, il faut l’enlacer»…


 

Rabih Khawli, de la chanson au sacerdoce
En 1980, un jeune homme nommé Rabih Khawli fait sa première apparition dans l’émission Studio el-Fan. Son succès est immédiat. Il enregistre les titres les uns après les autres. Sa notoriété devient grande et il est connu dans tous les pays arabes. Il donne des concerts partout dans le monde, à Paris, Londres, en Suède, Australie, ainsi que dans des pays d’Amérique du Nord et du Sud. Il perd son frère dans un accident de moto. Le 25 juin 2000, il renonce à tout et intègre l’Ordre maronite des moines libanais et entre au couvent de Kfifane sous son nom véritable Tony Khawli. Il prononce ses vœux provisoires en 2002, ses vœux perpétuels en 2005 et il est ordonné prêtre en 2008. Il décroche une licence en théologie de l’Usek. Le monde du show-biz est une période révolue pour lui et maintenant il écrit et compose des chants religieux. Aujourd’hui, le père Tony Khawli est au couvent du Sacré-Cœur à Jounié connu sous le nom de l’école centrale de Jounié.


 

 

 

 

Charles Sawaya, un metteur en scène reconverti en moine
Charles Sawaya, célèbre metteur en scène, directeur du département de production de la LBC, il fut, un moment, également directeur des programmes de la chaîne et possède à son actif plusieurs films, feuilletons télévisés, ainsi que la fameuse soirée du nouvel an organisée par la LBC tous les ans. Pendant sept ans, il fut le metteur en scène de Miss Liban ainsi que Miss Europe. On lui connaît aussi plusieurs clips et téléfilms à caractère religieux. Mais depuis le 3 janvier 2003, Charles Sawaya est moine dans l’Ordre des pères Carmes. Pour lui, aucun déclic ne le pousse à prendre cette décision venue le plus naturellement du monde au bon moment. Depuis son enfance, il a toujours voulu être moine. Il vivait un éternel conflit entre sa vocation artistique et sa vocation spirituelle. Entre l’art et le sacerdoce, son cœur balançait. Et puis un jour, il regarde le film de Franco Zeffirelli sur la vie de saint François d’Assise. Il réalise alors que l’une n’empêchait pas l’autre. Il a toujours cru à ce que sainte Thérèse disait, que Dieu ne met pas dans le cœur d’un homme un désir s’Il n’a pas l’intention de le lui exaucer. Il se disait que s’il avait suivi sa voie dans la mise en scène, c’est que Dieu attendait de lui quelque chose. Et lorsque le pape Jean-Paul II lui octroie une décoration pour l’ensemble de son œuvre religieuse (clips, téléfilms et documentaires), Charles Sawaya considère ceci comme la consécration de son travail. Désormais, à 47 ans, après avoir accompli ce qu’il voulait dans le monde artistique, il peut se tourner vers ce qu’il a toujours voulu et devient moine chez les Carmes. Ses parents ne sont pas surpris car ils s’attendaient bien à ce qu’il franchisse le pas un jour ou l’autre. Toutefois, ils ont peur qu’il ne devienne ermite et refuse de les voir. Il a continué à les rencontrer et depuis il n’a jamais eu de regret ou la nostalgie de son ancienne vie.


 

Lamia, de la banque au couvent
Très émouvante également l’histoire de Lamia, une jeune fille comme beaucoup de ses semblables. Des études à l’AUB suivies d’un master à l’ESA et un poste intéressant dans une des grandes banques de Beyrouth. Très coquette, Lamia prenait toujours soin d’elle-même. Elle sortait aussi avec un jeune homme. En somme sa vie était toute tracée. Mais un voyage à Medugorje a changé toute la donne. Lamia en est revenue métamorphosée. Elle a commencé à ressentir ce sentiment de l’insatisfaction, ce quelque chose qui manquait à sa vie et sur lequel elle ne savait pas encore mettre un nom. Et puis ce fut la révélation. Elle abandonne tout et intègre le couvent. Au début, elle refusait de rencontrer quiconque pour ne pas mettre en doute sa décision. Lorsqu’elle s’est assurée de sa vocation, elle a recommencé à voir sa famille. Ni le décès de son père ni la santé précaire de sa mère n’ont réussi à la faire changer d’avis. Même les quelques amies proches n’ont pas pu la faire revenir sur sa décision. Elle répondait à tout le monde qu’elle avait trouvé sa voie et servir Dieu était tout ce qu’elle voulait…

Joëlle Seif

 

La différence entre moine et prêtre
Nous avons rencontré le professeur Hareth Boustany qui nous a expliqué la différence entre un moine et un prêtre. La principale différence réside dans le fait que les moines font partie d’un ordre qui lui-même relève de la curie romaine et n’ont pas de lien direct avec le patriarcat maronite, alors que les prêtres et les curés de paroisse relèvent de l’évêque du lieu, qui à son tour relève de Bkerké. C’est l’évêque qui nomme les prêtres dans les paroisses. «Initialement, les prêtres et les curés vivent parmi les gens alors que les moines vivent dans des monastères. Leurs missions étaient de s’occuper de Dieu, de la terre et des sciences. C’est la raison pour laquelle les prêtres font partie de l’ordre séculier et les moines de l’ordre régulier». Selon le professeur Boustany, on les appelait séculiers car les prêtres vivaient dans le siècle, c’est-à-dire avec les gens. Ils s’occupaient des paroisses et travaillaient avec les civils. C’est aux alentours de 1700 que les ordres sont nés. Au Liban, il existe quatre ordres: l’Ordre maronite libanais (dont relève l’Usek), l’Ordre antonin maronite, l’Ordre mariamite maronite et l’Ordre des missionnaires libanais, qui est le seul à relever directement du patriarche.

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Éditorial
2012 s’achève sans regrets

Nous aurions tant voulu, en cette période de fêtes, offrir du rêve à nos lecteurs. Mais pouvions-nous échapper à cette formule historique, «Annus horribilis», par laquelle la reine d’Angleterre avait résumé en deux mots l’année 1992 marquée pour la famille royale par des divorces successifs? «Annus horribilis», s’écrient donc les Libanais tous concernés par les mêmes problèmes du quotidien et la même inquiétude, à des niveaux divers, autrement plus dramatiques que ceux d’Elizabeth II. Comment donc qualifier 2012? Une année meublée de grèves de tous genres, de sit-in permanents à travers le pays, de combats de rues meurtriers, de routes bloquées au Sud comme au Nord, de multiples enlèvements politiques ou crapuleux, souvent suivis de demandes de rançons de tous genres, de menaces paralysant toute action politique, du boycott d’un dialogue voué à l’échec avant d’être entamé, des appels à la stabilité lancés de l’étranger… Enfin et en bref, des dirigeants qui ne dirigent plus rien dans une République bananière, pour ne pas dire soumise à la loi de la jungle où l’on s’entre-tue autant par les actes que par les discours de bas niveau, triste exemple pour la jeune génération. L’insécurité, tant dénoncée par ceux qui, pourtant en sont responsables, continue à sévir. Nous entendons, après le décompte des victimes de chaque attentat ou de chaque échauffourée, le ministre de l’Intérieur, «assurer qu’il ne pourrait plus accepter l’inacceptable…», qu’il s’apprêtait à donner ses instructions pour que le nécessaire soit fait et qu’il soit mis un terme à «cette situation inadmissible». Cela continue jusqu’à faire dire à ce même ministre qu’il «jurait par sa mère être las et n’en pouvoir plus». On se souvient encore, qu’il y a peu de temps, il avait décrété un «mois de la sécurité». Grands biens lui fassent. Nous avons vu les agents de la sécurité se déployer dans les quartiers les plus tranquilles, histoire de rassurer au moins ceux qui ne sont pas concernés par le désordre régnant.   Faut-il à tout prix démontrer au monde que le Liban n’est toujours pas majeur. Dans les années 70, un Premier ministre en poste, aujourd’hui disparu, déclarait dans une conférence de presse que «le pays à trente ans n’était pas encore majeur…». Il ne l’est visiblement pas encore. D’une tutelle à l’autre, les Libanais ne sont toujours pas maîtres chez eux. Preuve en est la réunion officielle de quatre diplomates étrangers à l’invitation d’une chancellerie non moins étrangère, en l’absence de tout responsable libanais sur le territoire libanais et l’annonce, au Liban, par communiqué de leur position dans un conflit étranger. Sur cette situation de troubles sécuritaires, se greffe un malaise social toujours plus profond et plus inextricable. Les salariés vivent carrément dans la rue depuis plusieurs mois. Ils ne réclament rien de plus que le respect des promesses qui leur ont été faites. Certes, nous comprenons que la trésorerie nationale ne permet pas de telles dépenses, mais nous ne comprenons pas les raisons, sinon démagogiques, qui ont fait prendre au gouvernement, en toute connaissance de cause, de tels engagements. En outre, le temps court et les législatives qui posent, elles aussi, autant de problèmes, ne sont pas assurées pour autant. Les députés, ministres ou non, revêtiront bientôt le costume des candidats, prêts à tout pour plaire à des électeurs de plus en plus réticents. Auront-ils les moyens de satisfaire leurs revendications? Y iront-ils de leurs biens personnels? Les Libanais seront-ils, une fois de plus, bluffés par les discours prometteurs? Difficile pour le moment d’établir des pronostics, à l’ombre du flou qui entoure les projets de loi électorale dont le sort dépend des intérêts individuels ou partisans des uns et des autres et, certainement pas, des aspirations des citoyens à un régime parlementaire, dit démocratique. Devant ce sombre tableau que nous aurions souhaité ne plus voir, il ne nous reste plus qu’à regarder le futur avec plus d’optimisme et à rêver d’un «pays des merveilles» que le vieillard à la barbe blanche, nous apporterait dans sa hotte. L’homme, dit-on, vit d’espoir et de rêves, dans l’Histoire des Libanais, leur pays reste celui des miracles.


 Mouna Béchara
   

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