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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Résidentiel: Recul de la demande au 3ème trimestre
La demande sur l’immobilier résidentiel a ralenti au 3ème trimestre de 2017, à la suite d’une progression de 20% au 2ème trimestre de la même année. Plusieurs raisons ont sous-tendu ce recul, à savoir l’approbation par le Parlement, en juillet dernier, d’une série de taxes et de frais qui touchent de plein fouet le secteur de l’immobilier, freinant ainsi le momentum éphémère du précédent trimestre. Le ralentissement de l’indice de la demande sur l’immobilier de Bank Byblos avait enregistré 13,4% en juillet dernier et un recul supplémentaire de l’ordre de 11,7% en août, avant de reprendre de légères couleurs et d’accuser une amélioration de 3,8% en septembre.


Permis de construction. Baisse de 2,9% sur un an
Le nombre des permis de construction a régressé de 2,9% sur un an, s’élevant à 12 505 à septembre 2017. Les surfaces couvertes par les permis de construction ont reculé de 13,59% en rythme annuel, se fixant à 7,66 millions de m2. Un indicateur qui montre que les investisseurs préfèrent probablement les projets de construction de petites unités. Néanmoins, le ralentissement de l’activité de construction qu’a reflété l’indicateur du nombre de permis ne s’est pas appliqué à Beyrouth et au Liban-nord.   


Pied-à-terre à Londres
Karim Gorgy, directeur à la société de courtage Vanquish Realestate, était au Liban pour promouvoir des logements résidentiels à Londres. A Magazine, il a affirmé que «lorsque l’instabilité prévaut dans un pays, c’est le meilleur moment pour acheter un pied-à-terre à l’étranger, en l’occurrence à Londres, un paradis de sécurité financière, une destination de plaisance avec les meilleures universités». Avec le Brexit, la valeur de la livre sterling (L.S.) face au dollar a reculé de près de 25%, présentant une opportunité pour les Libanais dont l’économie est dollarisée, a-t-il souligné. M. Gorgy souligne que sa compagnie promeut les investissements immobiliers et non pas l’émigration. Ticket d’entrée: 250 000 L.S.


Four Seasons
Pas pressé de vendre

La due diligence effectuée par BlomInvest sur l’hôtel Four Seasons en vue de sa vente n’a rien avoir avec le timing de l’arrestation du prince al-Walid bin Talal, en Arabie saoudite. KHC, propriétaire de l’établissement et dont al-Walid est l’actionnaire principal, avait mandaté depuis plus d’un an la banque pour cette mission. Une telle offre de vente est commune aux grands investisseurs, qui une fois leur cagnotte assurée se retirent. La vente n’a pas encore eu lieu en raison des prix bas de l’immobilier.   


 

 


La circulaire 352
Le ministre de l’Intérieur, Nohad Machnouk, a émis la circulaire no 352 qui autorise les Libanais à construire un immeuble de trois étages (de 150 m2 maximum chacun) et ce, sur l’ensemble du territoire national, transgressant les principes basiques de la loi sur la construction, notamment les articles 1 et 2 et les règlements sur le zoning. Mona Fawaz, chercheuse au LCPS, qui ne soutient pas la circulaire, reconnaît que celle-ci contribue à répondre à un besoin réel. Celui des difficultés auxquelles font face la majorité des citoyens lorsqu’ils nécessitent d’accéder à la propriété d’un terrain pour construire une maison, une extension à un logement ou à un espace bureau. La circulaire cause des dommages irréversibles aux environnements naturels et physiques. Le président de l’Ordre des ingénieurs et architectes veut recourir aux tribunaux pour faire annuler la décision.

Liliane Mokbel
 

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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