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Nº 3090 du vendredi 1er juin 2018

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Le Conseil d’Etat a donné son avis sur l’affaire de la Maison Rouge de Hamra, qui avait défrayé la chronique pendant des mois. Le CE a débouté la Direction générale des Antiquités (DGA) et a confirmé le décret du ministre sortant de la Culture, Ghattas Khoury, qui avait déclassé ce bâtiment appartenant à des membres de la famille Rbeiz.


Logements résidentiels: 8 000 unités vendues en 2017
Le gel des ventes des appartements résidentiels se poursuit depuis quatre ans. Grâce aux prêts concessionnaires, les promoteurs immobiliers avaient réussi l’an dernier à vendre 8 000 logements résidentiels. Ce nombre ne serait pas atteint cette année, la reprise des prêts logements à taux d’intérêts subventionnés par la BDL ayant été limitée aux tranches sociales à revenu modeste et qui ont déjà obtenu la validation du dossier d’éligibilité avant le 15 mars dernier. Il faut ajouter à cela l’invalidation par
le Conseil constitutionnel de l’article 49 du budget général, qui octroyait un permis de séjour provisoire aux ressortissants étrangers ayant acquis un appartement à 350 000 dollars en dehors de Beyrouth et 500 000 dollars dans la capitale, à l’exception des Palestiniens.   


Transactions
Valeur en baisse de 14,03%

L’activité immobilière a connu un ralentissement au 1er trimestre de 2018 après avoir enregistré quelques éclaircies au cours des deux premiers mois de 2018. Le nombre des transactions immobilières s’est élevé à 14 181 à mars 2018, contre 17 081 au 1er trimestre de 2017. Quant à la valeur de ces transactions, elle a totalisé 2 milliards $ sur la même période, soit une compression de 14,03% sur un an, selon les chiffres de la Direction générale du cadastre. Cependant, la valeur par transaction a représenté une moyenne de 136 975 $ au 1er trimestre de 2017, alors qu’elle s’est élevée à 141 845 $ à la même période en 2018.




Loyers
Refus d’un réexamen de la loi

Les propriétaires et les locataires ne veulent plus entendre parler d’un réexamen de la nouvelle loi sur les loyers et réclament la mise en œuvre de son mécanisme d’exécution. Ils insistent sur la création du fonds de financement des anciens locataires et de la désignation des gérants. Ils rappellent que l’élaboration de cette loi a pris 24 ans de discussions et d’examens de la part des commissions parlementaire.

 

Conseil: relancer le marché
L’achat d’un appartement résidentiel est considéré par le citoyen libanais comme l’une des décisions d’investissement les plus importantes de sa vie. Dans cette optique, Nassib Ghobril, chef du département de recherches à la Byblos Bank, a estimé impératif d’établir un environnement propice à une reprise dans le domaine de l’immobilier en poussant le gouvernement à injecter dans l’immédiat 500 millions de dollars dans le système bancaire d’une part, et réduire les frais d’enregistrement des biens-fonds de 6% à 3% sur tous les logements sans distinction.


Achat
Forte baisse de la demande

La demande sur les appartements résidentiels a connu une forte baisse au 1er trimestre 2018, selon le bulletin économique de Byblos Bank. L’absence de subventions des prêts logement aux prix inabordables serait en cause. L’enquête a montré que 3,8% des résidents planifient d’acheter ou de construire un logement au cours des 6 prochains mois contre 5,1% sur la même période en 2017.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Un instinct de survie

Les Libanais ont toutes les raisons du monde d’être dubitatifs face aux promesses de changement formulées par leurs dirigeants. On leur demande de croire que les responsables des maux dont souffre le pays depuis des décennies possèdent aussi le remède et, de surcroît, sont disposés à l’administrer. Si c’était vrai, la première question qui nous traverse l’esprit est celle de savoir pourquoi ont-ils tellement tardé à appliquer les solutions si celle-ci étaient déjà en leur possession! Pourquoi ont-ils attendu que la gangrène ronge les structures de l’Etat jusqu’à la moelle avant de sortir de leur chapeau le remède miracle!Le scepticisme des Libanais est légitime, surtout qu’ils sont gavés de promesses depuis des générations et savent pertinemment que les paroles sont rarement transformées en actes. Comment peut-on prendre les mêmes au Parlement et au gouvernement et faire quelque chose de différent?Le doute est justifié, d’autant qu’un changement de mentalité et de comportement est, normalement, un processus long, qui exige assiduité, patience, esprit de sacrifice et sens de la responsabilité, des qualités qui font défaut chez nombre d’hommes politiques libanais.Mais c’est sans compter sur une autre qualité cardinale mais innée, qui existe chez la plupart des figures politiques: l’instinct de survie ou de conservation.Les fondements du temple sont pourris et l’édifice risque de s’effondrer sur tous ses occupants. Ce n’est pas par conviction mais par urgence que les dirigeants promettent d’agir. La situation économique a atteint des limites dangereuses. L’Etat est au bord de la faillite, comme l’a dit le président Michel Aoun, avant que ses propos ne soient tempérés par d’autres responsables. La dette publique a atteint des sommets vertigineux, 80 milliards de dollars, soit 150% du PIB. Le déficit s’élève à près de 40% du budget, le chômage est en hausse, les investissements en baisse, l’industrie en berne, le tourisme en souffrance. La hausse des taux d’intérêt sur la livre libanaise a compromis une des plus importantes réalisations sociales: les prêts logement en livres libanaises, subventionnés par la Banque du Liban, qui permettent aux couples aux revenus moyens d’acquérir un appartement.Le navire est en perdition, les rats l’ont déjà quitté. Les capitaines, eux, veulent tenter de le sauver pour ne pas couler avec lui. L’instinct de survie est capable des miracles les plus invraisemblables, comme par exemple convaincre Gebran Bassil d’inscrire le nom de Nabih Berry sur un bulletin de vote, pousser le chef du Législatif à envisager un autre que Ali Hassan Khalil au ministère des Finances, persuader les présidents Aoun et Berry d’enterrer la hache de guerre, ou, encore, décider le Hezbollah à former une commission spéciale chargée de la lutte contre la corruption au sein des institutions de l’Etat, dirigée par le député Hassan Fadlallah.Il est permis de croire que des choses peuvent changer, car la bougeotte des dirigeants est motivée par leur salut, et non par le bien-être du citoyen.Il faut seulement espérer qu’il ne s’agira pas d’une opération d’esthétique ou d’un vulgaire replâtrage pour limiter les dégâts. Sinon, l’effondrement, retardé un peu, n’en sera que plus brutal.


 Paul Khalifeh
   

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