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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Acquisition de logements
La diaspora libanaise au top aux émirats

La plateforme Olx Real Estate-Liban a montré l’intérêt que portent les émigrés libanais à l’investissement dans l’immobilier sur une période s’étendant entre mars 2017 et septembre 2017. Ces conclusions sont importantes dans la mesure où elles interviennent à la suite de la baisse des taux d’intérêts subventionnés par la BDL de 5% à 3%. Le paramètre pris en considération est le nombre de visites du site web depuis les pays d’émigration. La diaspora aux EAU occupe la tête du peloton en termes de recherches pour l’acquisition d’un appartement (24%) suivie par celle d’Arabie saoudite (13%), du Qatar (10%), des Etats-Unis (8%), de Grande-Bretagne (5%), de France (5%), du Canada (5%), de Suède (2,5%), du Koweït (2%), d’Allemagne (2%). Les Libanais de l’étranger convoitent, par ordre décroissant, les zones de Beyrouth, Tripoli, Baalbeck, Saïda, Tyr, Zahlé, Nabatiyé, Chouf, Bchamoun et Aramoun. Sachant que la diaspora libanaise dans le monde effectue des transferts vers la patrie de l’ordre de 7,5 milliards $ en rythme annuel soit près de 17% du PIB.


Sarkis Nassif, libano-australien
Personnalité 2017  dans le développement urbain

Le Libano-australien Sarkis Nassif s’est vu décerner le prestigieux prix du groupe de travail australien pour l’urbanisme (Urban Taskforce). Ainsi, il a été désigné comme la personnalité 2017 dans le domaine du développement urbain. Sarkis Nassif est aujourd’hui à la tête de Holdmark Property Group, une entreprise phare dans le développement immobilier à Sydney. Il avait quitté en 1987 le Liban en guerre pour se rendre en Australie et poursuivre ses études alors qu’il ne connaissait pas un mot d’anglais. Deux jours après son arrivée, il commence à travailler comme ouvrier détaché. Un an de labeur lui suffit pour s’acquitter de son premier versement pour l’acquisition de son appartement à Sydney. Quelques années plus tard, il monte Holdmark Property Group. Le premier projet qu’il développe est situé à Victoria Avenue Concord West. Il repère une pancarte «A vendre» le matin, l’après-midi il avait acheté le chantier. Depuis, Sarkis Nassif a développé des centaines d’unités de logement à Strathfield, Burwood, Concord and Parramatta. Fort de son réseautage avec les banques et de son penchant pour la prise de risque, il saisit une opportunité d’achat d’immobilier lorsque la crise financière internationale touche le marché australien, en 2011. Aidé par les banques à capitaliser sa société, il prend en charge le développement de grand projets comme celui de Sherperds Bay comprenant 3 000 appartements pour le coût de 2 milliards $, le projet Majors Bay à Mortlake incluant 500 appartements pour un montant de 500 millions $ et celui de Burwood Plaza portant sur 5 tours multi-usage, de 44 étages chacune.


Restauration
Christine Sfeir se tourne vers l’étranger

Christine Sfeir, connue pour gérer 35 restaurants, l’enseigne américaine Dunkin’ Donuts et les chaînes de ses propres restaurants, a décidé l’année dernière de s’ouvrir sur les pays du Golfe, raconte Zeinab Fawaz dans son livre consacré à la diaspora libanaise. Citant la femme d’affaires, elle rapporte que 1/5 de ses 500 employés au Liban ont déjà rejoint des postes divers auprès de ses restaurants à l’étranger. Dans un an, Christine Sfeir espère que 200 autres opèreront dans ses restaurants en Arabie saoudite et au nord de l’Irak. Elle reconnaît qu’il n’est pas toujours facile de travailler dans ces pays mais au moins les loyers sont inférieurs à ceux appliqués au Liban (près de 1 200$/m2) et les clients ont un pouvoir d’achat supérieur à celui des Libanais.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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